‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de Paris (volume 5)Chapitre 96 sur 121 · Autre sue astringent de Sidney. Voir le Mémoire cité · texte numérisé non relu

Autre sue astringent de Sidney. Voir le Mémoire cité

36. Kino en masse de Botany-Bay, Â?n0 de Murray (Apparatus medic., t. VI, p. 203) ; £ino de Botany-Bay de Duncan, (Edinburgh new dispensary, 1830 , p. 448). Je n’ai rencontré qu’une seule fois ce kino dans le commerce à Paris. Il est en morceaux qui ont dû faire partie d’une masse qui aurait été coulée dans un vase en forme de sébille , dont le fond était garni de bandes de feuilles de palmier ; de telle sorte que la masse a pris la forme d’un pain rond, plat en dessus, convexe en dessous, épais de 4 à 6 centimètres au milieu, et aminci à la circonférence. Mais cette masse à été ensuite coupée en morceaux de 500 grammes environ, et plus tard encore ces morceaux, complétement desséchés , fissurés et fatigués par le transport, se sont brisés en plus ou moins de parties.

Ce kino présente donc à la surface inférieure des gros morceaux une couche de bandes de feuilles de palmier, affectant la forme arrondie du vase, et souvent, au milieu de la masse , des lanières étroites du pétiole aiguillonné des mêmes feuilles. La surface des morceaux, qui a vieilli à l'air, est souvent recouverte d’une sorte d’efflorescence qui lui donne la couleur grise un peu violacée du lak-dye; d'autres fois le frottement réciproque des morceaux les recouvre d’une poussière d'un rouge brun, ce qui est aussi la couleur de fa poudre ; mais une fracture récente est toujours brillante et d’un brun noir. La substance fracturée n’est cependant ni vitreuse ni transparente ; elle est au contraire opaque, inégale

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h02 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

et rude au toucher, comme le produirait une poudre sablonneuse mélangée à la masse. Ce kino se broïe facilement sous la dent, sans être ni pâteux ni sablonneux, et développe une saveur astringente médiocre. Il est inodore. Il paraît se dissoudre complétement dans l’eau , et forme une liqueur rouge très foncée, mucilagineuse et se troublant par l’aicool. La liqueur évaporée à siccité se détache en écailles très fragiles, comme un suc gommeux desséché. L’extrait sec pèse autant que le kino employé, et il reste en plus 2 pour 100 d'un résidu insoluble dans l'alcool.

Lorsqu'on traite ce kino par lalcool d’abord , il parait se dissoudre en grande partie; mais les liqueurs, réunies et conservées pendant quelque temps , laissent déposer une substance rouge-brune et grenue, qui se dissout à l’instant dans l’eau, La liqueur alcoolique filtrée de nouveau et évaporée, fournit 55,6 pour 100 d'extrait. Le dépôt formé dans l'alcool, réuni au résidu insoluble, pèse 47 pour 400; total : 102,6. Ces résultats concordent tellement avec les caractères du suc naturel de l’eucalyptus resinifera, que je ne doute pas que le kino qui les présente ne soit un produit artificiel obtenu , à une certaine époque , par l’évaporation du suc provenant d'incisions faites à ce même arbre; mais d’après le docteur Thompson, il n’en serait pas arrivé dans le commerce depuis l’année 1810 environ.

37. Kino de la Jamaïque, Si le lieu d’origine indiqué par ce nom est exact, ce kino serait extrait du coccoloba wvifera, grand et bel arbre à bois très dur et de la famille des polygonées, qui croît aux Antilles. Ses fruits sont disposés en grappes, de la grosseur d’une petite cerise, rouges et d’une saveur aigrelette. Son bois est rougeûtre, et fournit par décoction dans l’eau un extrait qui doit faire partie des kinos du commerce, et qui est très probablement celui qui fait le sujet de cet article ; mais j'en ai deux qualités que je vais décrire séparément.

Kino Jamaique À, Ce kino est le premier que j'aie connu, et, autant que je me le rappelle, le seul qui existât dans le commerce français de 1808 à 4820. Il est en fragments de 4 à 12 grammes, provenant d'une masse qui a dû être coulée sur une natte d’écorce, et sur une épaisseur de 28 millimètres au plus ; car un certain nombre de morceaux portent l'empreinte d'un réseau rectangulaire qui paraît dû à une natte d’écorce , et aucun morceau n'offre une épaisseur plus grande que 28 millimètres. L'extérieur est d’un brun foncé, devenant rougeâtre par la poussière qui le recouvre. La cassure est noire, brillante, un peu inégale, et offre çà et là quelques petites cavités; quelques lamelles très minces qui s’en détachent paraissent jouir d’une demi-transparence , mais Ja masse est complétement opaque. La poudre est d’une couleur de bistre ou de chocolat. Ce kino paraît inodore ; mais lorsqu'on le pulvérise ou qu’on le traite par l’eau bouillante , il offre une légère odeur

bitumineuse., Il se pulyérise facilement sous la dent, et présenté une, saveur astringente et un peu amère, Il est peu soluble à froid dans l'eau, et dans l’alcool; mais il se dissout presque entièrement dans l'eau bouillante, et aux trois quarts dans l'alcool chaud. Il ne se ramollit pas par la chaleur.

Ayant une fois transmis cette sorte de kino à M. J. Pereira, à Londres, un de ses amis qui avait été médecin à la Jamaïque la reconnut pour être le kina préparé dans cette île avec le coccoloba wvifera. C’est également le troisième kino en extrait de Duncan (Edinb. new. disp., p. 489, auquel le docteur Wright attribue la même origine ; de sorte que, après beaucoup d’hésitation, je me suis arrêté à cet avis.

Kino Jamaique B. Je n'ai trouvé qu'une fois ce kino chez un droguiste à Paris. Il est en fragments semblables au précédent, mais moins volumineux et sans aucune espèce d’empreinte. Il a dû être un peu mou , et la surface des fragments s’est un peu arrondie avec le temps ; il a une cassure tout à fail vitreuse et ses lames minces sont entièrement transparentes el d’un rouge foncé. La poussière qui se forme à la surface, par le frottement des morceaux , est d’un rouge plus prononcé et lui donne presque l'aspect de l'extrait de ratanhia du Pérou. Je pense que ce kino ne diffère du précédent que par une préparation plus soignée.

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