‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 1 sur 194 · DE LA SIXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA SIXIÈME ÉDITION

M. Guibourt avait depuis longtemps déjà projeté de publier une nouvelle édition de Y Histoire Naturelle des Drogues simples lorsque la mort l'a surpris : il avait réuni sur un exemplaire de son livre quelques annotations et quelques indications qu'il se proposait de développer. Cet exemplaire a servi pour le travail actuel.

Chargé du soin de revoir cette sixième édition, je devais m'efforcer de lui laisser son caractère et n'y apporter qu'avec une respectueuse réserve les modifications rendues nécessaires< par les études des pharmacologistes français et étrangers dans les vingt dernières années.

Je savais, ainsi que l'a dit M. Dumas (1), que « la science et l'expérience » de M. Guibourt lui donnaient sur ces questions « une autorité particulière ; » je savais avec quel soin minutieux l'auteur a revu chacune des éditions qui se sont succédé, vérifiant ses descriptions sur les pièces originales, recommençant des analyses déjà faites, améliorant toujours son œuvre de prédilection.

Je n'avais donc qu'à m'inspirer de son esprit pour tâcher de conserver à cette œuvre tous les avantages qui l'ont fait estimer et rechercher : c'est dans cette pensée que j'ai enregistré pour ainsi dire les derniers progrès de la science, que j'en ai développé les acquisitions nouvelles.

Le tome I", qui comprend la Minéralogie, n'a guère reçu que quelques additions de détail, en raison même du peu d'importance des applications nouvelles de cette science à

(t) Voyez Codex medicamentarius, Pharmacopée française. Paris, 18GG, p. 26. Introduction par M. J. Dumas, président de la Commission.

AVANT-PROPOS

l'histoire des médicaments : cependant, dans la partie qui traite des eaux minérales, outre quelques articles nouveaux, j'ai cru devoir remplacer les analyses anciennes par des analyses plus récentes exécutées avec plus de rigueur et de précision et publiées officiellement sous les auspices de l'Académie de médecine (1).

Pour les tomes II et III, qui embrassent l'ensemble de la Botanique, je n'ai négligé, dans la révision que j'ai entreprise, aucune des questions qui présentaient un intérêt au point de vue des études pharmaceutiques : je ne saurais ici tout citer ; je mentionnerai seulement quelques sujets sur lesquels s'est plus particulièrement portée mon attention, en faisant suivre cette nomenclature du nom des auteurs auxquels j'ai emprunté les matériaux de ces additions :

Champignons (Boudier).

Ergot du seigle, du blé, du diss (Tulasne, Leperdriel, Lallemant).

Sorgho (Joulie).

Farines [falsification des) (Moitessier).

Vératrine (Schaffner, Merck).

Scille (Marais).

Aloès (Smith et Stenhouse).

Salsepareille (Berg, Cauvet, Wigand).

Cardamome (Hanbury, F. Daniell).

Vanille et Coumarine (Gobley).

Matico (Marcotte, Bentleyj.

Slorax (Hanbury).

Houblon (Personne).

Gomme d'Euphorbe (0. Berg, Fluckiger).

Kamala (Hanbury, Fluckiger).

Daphnées (Gueilliot, Swenger).

Cascarille (Daniell).

Mannes (Berthelot, Buignet).

Loganiacées (Bureau).

Bicin (Bouis). Aristoloches (Bâillon).

Bhubarbes (Fero.)

(1) Bulletin de V Académie de médecine. Paris, 1er octobre 183G à 1SG9.

AVANT-PROPOS

Semen-Contra (Berg).

Chameleon blanc (Lefranc).

Ipecacuanha (Triana).

Assa fœtida (Borszczow).

Cousso et Meusenna (Eug. Fournier, Gourbon).

Gommes (Mohl).

Baume du Pérou et de Tolu (Hanbury).

Encens et Myrrhe (Hanbury, Vaughan, Berg, Léon Marchand).

Redoul (Riban).

Cresson (Chatin).

Opium (Smith, Gastinel, Délia Suda, Réveil). Fève de Calabar (Vée).

Ratanhia (Cotton).

Copal (Daniell).

Quinquinas. L'histoire des quinquinas demandait une étude nouvelle, en raison des matériaux de première importance accumulés dans ces dernières années par MM. Howard, Phœbus, Flùckiger, Rampon, etc. J'ai cru devoir la reprendre tout entière en lui donnant pour base le travail que j'avais déjà publié en 1864 (1).

J'ai apporté le même soin à la révision du tome IV, qui comprend la Zoologie, et parmi les questions étudiées à nouveau dans ces dernières années je citerai les suivantes :

Musc (Alph. Milne Edwards).

Huiles de poisson (L. Soubeiran, Derocque, etc.).

Sangsues (Moquin-Tandon, Gratiolet).

Huîtres (Davaine).

Infusoires (Balbiani).

Toutes ces additions ne portent aucune atteinte au plan primitif de l'ouvrage ; le texte ne se trouve nulle part interrompu : le nouveau n'est séparé de l'ancien que par des crochets [ ] qui indiquent les limites des intercalations. Je signalerai encore l'addition d'un certain nombre de figures nouvelles et la distinction établie dans le choix de deux caractères typographiques, l'un plus fort, l'autre plus compacte,

(1) G. Planchon, des Quinquinas. Thèse d'agrégation, Paris, 1 8G4.

AVANT-PROPOS

selon qu'il s'agissait de ce qui constitue le sujet même du livre, ou de détails soit purement botaniques, soit d'importance secondaire.

Dans le cours de mes études, j'ai beaucoup appris avec Y Histoire naturelle des Drogues simples ; appelé aujourd'hui à remplacer M. Guibourt dans sa chaire de l'École de Pharmacie, je serais heureux si mes efforts pouvaient continuer à cet ouvrage, devenu classique depuis un demi-siècle, un succès justement mérité, et faire profiter les générations nouvelles de ce livre qui a déjà formé plusieurs générations de praticiens et d'élèves.

G. PLANCHON.

10 novembre IS68.

NOTICE SUR M. GUIBOURT

La vie de Guibourt (Nicolas-Jean-Baptiste-Gaston) s'est écoulée tout entière loin du bruit et des ambitions, uniquement consacrée aux études qu'il affectionnait.

Né à Paris le 2 juillet 1790, il y a passé les soixante dix-sept années de son existence et a su très-jeune se tracer la route bonorable qu'il a toujours suivie. Dès l'âge de quatorze ans (1er avril 1865), il entrait dans une des pharmacies les plus justement renommées de Paris et y puisait auprès de M. Boudet père le goût de la profession pharmaceutique et des études sérieuses. Nommé interne dans les hôpitaux (1er mai 1808), puis successivement lauréat de l'École pour les premiers prix de Chimie et de Pharmacie (avril 1810) , interne à la Pharmacie centrale (1er octobre 1810), chef des magasins du même établissement (1816), il se préparait par de fortes études à ses travaux et à son enseignement. En 1832, il s'était déjà fait connaître par de nombreux mémoires et par des ouvrages de longue haleine; il avait toute l'autorité d'un maître, lorsqu'il fut appelé à l'École supérieure de pharmacie pour y remplacer Pelletier, dans la chaire d'histoire naturelle des médicaments. Plus tard, en 1845, il ajouta à ses fonctions celles de secrétaire agent comptable, et, dès lors, abandonnant l'officine qu'il avait dirigée pendant vingtsept ans, il se consacra uniquement à l'École et à ses élèves.

L'enseignement de la matière médicale, successivement confié, avant Guibourt, àRobiquet et à Pelletier, avait quelque peu dévié de sa direction normale, entre les mains de ces savants illustres. Plus préoccupés des propriétés chimiques des drogues simples que de leurs caractères extérieurs et des détails de leur

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