MANGANÈSE SILICATE
à Orlcz en Sibérie. Il peut être cristallisé en rhomboèdre presque semblable à celui de la chaux carbonatée ; mais il est le plus souvent en masses lamellaires ou amorphes. Il est ordinairement d'un rose pâle et nacré; mais on en trouve aussi de blanchâtre, de jaunâtre ou de brun. Il pèse de 3,2 à 3,6, il est rayé parl'arragonite. Il passe au brun noirâtre par l'action du feu et forme une fritte verte avec le carbonate de soude. Il se dissout avec effervescence dans les acides nitrique et chlorhydrique. Le dissoluté évaporé à siccité et débarrassé d'abord du fer par le succinate d'ammoniaque, forme ensuite un précipité blanc abondant par le cyanure ferroso-potassique. Le carbonate de manganèse est toujours plus ou moins mélangé des carbonates de chaux, de fer et de magnésie. L'échantillon le plus pur qui ait été analysé par Berthier provenait de Nagyag, et lui a fourni :
Il existe probablement plusieurs silicates de manganèse, dont le plus important et le mieux déterminé est une belle substance rose, ou rose tirant sur le violet, nommée rhodonite; à cassure cristalline ou granulaire, faisant feu avec le briquet et susceptible de poli, ce qui la rend utile pour faire de petits meubles ou des objets d'ornement. Ce silicate pèse de 3,6 à 3,9; il ne donne pas d'eau par la calcination ; il fond en émail rose au feu de réduction, et noir au feu d'oxydation. Il est souvent mélangé de carbonates de manganèse et de chaux qui en diminuent la dureté, le poli et le prix. Les plus beaux échantillons viennent d'Orlez en Sibérie. On en trouve également dans la mine de fer magnétique de Langbanshytta en Suède, dans les mines de plomb argentifère de Kapnick et de Nagyag en Transylvanie. Il accompagne aussi l'oxyde de manganèse barytifère de la Romanèche près de Mâcon.
Analyse de la rhodonite lamellaire de Langbnnshytla, par Berzélius.
Acide carbonique.
Oxure manganeux Chaux
Rapports moléculaires.
Formule : Mn Ca
Oxure manganeux
Chaux
Magnésie
Oxyde de fer
Oxygène.
traces.
Mn»Sis.
310 FAMILLE DU CÉftlUM.
On a admis pendant quelque temps, comme espèce distincte, sous le nom de marceline, une substance massive, noir-grisâlre, d'un éclat légèrement métalloïde, trouvée en amas assez considérables au milieu d'un terrain de micaschiste, au haut de la vallée de Saint-Marcel, en Piémont. Mais d'après sa pesanteur spécifique, qui est de 4,75, sa dureté, et quelques rares cristaux qui dérivent d'un octaèdre à base carrée, comme ceux de la braunite ou sesquioxyde de manganèse, M. Damour est porté à croire que cette substance n'est que de la braunite mélangée de manganèse silicaté.
FAMILLE DU CÉSIUM,
Le cérium a été découvert en 180-4 par M. Hisinger et Bcrzélius dans un minéra confondu jusque-là avec le wolfram (tungstate de fer et de manganèse), et que la présence du nouveau métal a fait nommer depuis cérite. C'est un hydrosilicate de cérium amorphe, opaque, quelquefois d'un rouge violacé qui lui donne quelque ressemblance avec le manganèse silicaté rose; mais il est le plus ordinairement d'un brun noirâtre. Il raie difficilement le verre, pèse de 4,66 à 4,9, fournit de l'eau à la distillation, est infusible au chalumeau. Il donne avec le borax un verre rougeâtre au feu d'oxydation, et incolore au feu de réduction. Il forme avec les acides concentrés des dissolutés rouges qui, privés de leur excès d'acide par l'évaporalion à siccité et repris par l'eau, forment avec l'oxalate d'ammoniaque un précipité qui devient brun par la calcination.
Mais ces propriétés, que l'on avait cru caractériser le cérium, paraissent ne pas lui appartenir, et être dues à un autre métal nommé didymium, dont l'existence a été signalée dans ces dernières années par M. Mosander quelque temps après celle du lanthane ; de sorte que ces trois métaux forment avec Vyttrium, le terbium, Yerbium et le thorium, qui les accompagnent aussi ordinairement, un groupe de corps très-voisins les uns des autres. Ce fait vient à l'appui d'une idée que j'ai déjà émise à l'occasion des propriétés si analogues du chlore, du brome et de l'iode, ou de celles du platine et des sept ou huit métaux qui l'accompagnent : c'est qu'il existe une certaine corrélation entre le gisement des corps simples ou les circonstances qui ont présidé à leur formation et leurs propriétés, et qu'on peut supposer, par suite, que les corps simples de la chimie peuvent n'être que des modifications résultant de divers arrangements entre les atomes primitifs d'une seule et môme matière.
Quoi qu'il en soit, le cérium est un métal très-difficile à réduire
DIDYMIUM. 31(
et susceptible de deux degrés d'oxydation, CeO et Ce203. Le protoxyde est blanc à l'état d'hydrate et forme avec les acides des sels incolores. L'hydrate jaunit par le lavage et la dessiccation à l'air, et paraît se convertir en oxyde intermédiaire CeaO;'. Le même hydrate céreux, traité par un courant de chlore, se transforme en oxyde cérique hydraté jaune, insoluble, non salifiable, qui, chauffé fortement, devient anhydre et d'un jaune pur et foncé. Par une longue calcination, cependant, il prend une légère teinte rougeâtre. Quand il devient rouge foncé ou rouge-brun, c'est qu'il contient de l'oxyde de didymium.
Le sulfate céreux jouit de la propriété singulière, qui est cependant partagée par ceux de lanthane et de thorium, d'être assez facilement soluble dans l'eau froide, de devenir moins soluble à mesure que la température s'élève, et d'être à peu près insoluble dans l'eau bouillante. Il en résulte que, au rebours des autres sels, on peut l'obtenir cristallisé en chauffant lentement son dissoluté. Le sulfate cristallisé == CeO,S03 + 3H20.
Didymium. — Ce métal ne se trouve qu'en très-petite quantité mélangé au cérium et au lanthane. Il se rapproche beaucoup du manganèse, et c'est lui qui est cause que l'on a pensé pendant longtemps que l'oxyde de cérium se colorait en rouge par la calcination.
Le didymium forme un protoxyde blanc DO, un oxyde brun intermédiaire D304, et probablement un sesquioxyde D203, brun ou noir, qui dégage du chlore par l'acide chlorhydrique. L'oxyde brun lui-même en dégage. Les sels d'oxyde brun sont d'un rouge améthyste; le sulfate est très-soluble dans l'eau.
Lanthane. — Ce métal ne forme qu'un seul oxyde LaO, qui est blanc ou d'une faible couleur de saumon. Cet oxyde ne se suroxyde ni par l'air, ni par le chlore, ni par la calcination. Calciné, il reste soluble dans les acides, et forme des sels incolores, sucrés et astringents comme ceux d'yttria et de glucine. L'oxyde calciné, mis en contact avec l'eau froide ou mieux chaude, forme un hydrate blanc, volumineux, pulvérulent. Cet hydrate rétablit la couleur bleue du tournesol rouge et chasse en partie l'ammoniaque de ses composés salins. L'oxyde de lanthane constitue donc une base assez puissante qui, sous ce rapport, tient le milieu entre la glucine et la magnésie.
Je reviens aux minéraux du cérium, qui sont fort rares et d'une composition ordinairement fort compliquée et mal définie ; de sorte que je ne ferai presque que les indiquer.
1° Cérium fluorure {fluocérine, Beudant). — Substance très-rare, rougeâtre ou jaunâtre, rayant la chaux carbonatée; sous forme de prismes hexaèdres très-courts, ou de petites masses irrégulières
Ji2 FAMILLE DU CÉRIUM.
disséminées dans l'albite. Trouvée à Broddbo et Finbo en Suède ; composée, d'après l'analyse de Berzélius, de Ce:,Fl8 = GeFl2 4- Ce2Flfi, avec une petite quantité de fluorure d'yttria.
2° Cérium oxyfluoruré (basicérine, Beud.). — Trouvé dans les mêmes lieux ; jaune, à texture cristalline, rayant le fluorure calcique, donnant un peu d'eau par la chaleur, infusible au chalumeau et y devenant noir, mais passant au rouge ou à l'orangé par le refroidissement. Il est formé de 1 molécule de fluoride cérique combiné à 3 molécules d'oxyde cérique hvdraté = Ce2Fl6+ 3(Ge203,H20).
3° Cérium carbonate. — Trouvé à Bastnaès, en Suède, sous forme de petites couches, minces, cristallines, d'un blanc grisâtre, sur de la cérite. L'analyse, faite par M. Hisinger, a donné :
Rapports moléculaires.
Oxure céreux 75,7 x 1,481a =112 3
Acide carbonique.. 10,8 X 3,6364 === 39 1 Eau 13,5 x 8,8889 = 4 20 3
Formule : Ce3 C + 3H.
4° Cérium phosphaté, cryptolite. — Ce minéral se trouve contenu et caché, pour ainsi dire, dans l'apatite compacte (chaux fluophosphatée compacte) d'Arendal, en Norwége. M. Woehler, en dissolvant cette apatite dans l'acide nitrique, a vu qu'il restait de petits prismes hexaèdres insolubles qui lui ont fourni à l'analyse :
Rapports moléculaires.
Acide phosphorique. 27,37 X 1,11! = 30 1
Oxure céreux 73,70 X 1,48 ss 109)
— ferreux 1,51 X 2,222 = 3 j112 J'/5
En raison du gisement de ce minéral au milieu de l'apatite,
qui a pour formule 3Ca3P -f- CaF2 ; en raison de la forme cristalline du nouveau minéral, qui est la même que celle de l'apatite; enfin en raison de la quantité d'oxyde de cérium trouvée, qui dépasse de beaucoup celle qui est nécessaire au simple phosphate de cérium, il est très-probable que la cryptolite est composée, à l'instar de l'apatite, de 3 molécules de phosphate de cérium tribasique et de 1 molécule de fluorure.
5° Cérium phosphaté lanthaai fere ou monazite. — Ce minéral a élé trouvé à Slatoust et à Miask dans les monts Ourals. Il est cristallisé en prismes à huit faces, très-aplatis et terminés par un pointement à quatre faces, qui dérivent d'un prisme oblique rhomboïdal. M. Karsten en a retiré 28,50 d'acide phosphorique; 26 d'oxyde de cérium; 23,40 d'oxyde de lanthane; 17,95 de
CÉRIUM.
thorine, et de petites quantités de chaux, d'oxyde de manganèse et d'acide stannique. La thorine ne se rencontre que dans la monazite de l'Oural, que Brootke a décrite sous le nom de mengite.
M. Hermann, en analysant la monazite de Miask, a trouvé 28,05 d'acide phosphorique ; 40,12 d'oxyde céreux; 27,41 d'oxyde de lanthane; 1,46 de chaux; 0,80 de magnésie et 1,75 d'oxyde de zinc. Le rapport de l'acide phosphorique à la somme des hases est comme 1 est à 3,5.
6° Cérium hydrosilicatè ou cérite. — C'est le seul minéral de cérium qui soit un peu abondant. J'en ai donné les caractères précédemment (page 310). Il contient, d'après les analyses réunies de Vauquelin et d'Hisinger :
Rapports moléculaires.
Silice 17,5 X 1,764 = 31 1
Oxure céreux... 67,8 x 1,4815 = 100 )
— ferrique. 2X1 =2 V107 3,5 Chaux 1,6 X 2,857 = 4,7)
Eau 10,8 X 8,889 = 96 3
7° Cérium silicaté ferro-aluminifère. — Les minéralogistes en distinguent plusieurs formes, qu'ils désignent sous les noms de cérme, allanite, orthite et pyrorthite. Ce sont des composés variables de silice, d'oxydes de cérium et de fer, d'alumine, de chaux, d'yttria et d'eau. La pyrorthite contient en outre du charbon. Ce sont des substances compactes, noirâtres, assez dures, offrant une structure cristalline, donnant ou ne donnant pas d'eau par la chaleur , infusibles au chalumeau , et jouissant du reste des propriétés communes aux composés de cérium. On les trouve dans les gisements ordinaires de ce métal, à Riddarhytta, à Fahlun, à Finbo en Suède, au Groenland, etc.
8° Cérium titano-silicaté ou ischewkinite . — Minéral amorphe à cassure conchoïde, d'un noir brunâtre joint à un éclat vitreux ou résineux, trouvé dans le granité aux environs de Miask et de de Slatoust en Russie. Composition pour 100 parties, d'après M. Rose :
Acide silicique 21,04
— tilanique... 20,17
°xure cérique, avec ox. de lanthane et de didyme. 47,29
— ferreux 11,21
— manganeux 0,83
Chaux 3,50
Magnésie 0,22
Soude et potasse 0,12
L'excès trouvé par l'analyse provient de la suroxydation du cérium qui existe dans le minéral à l'état de protoxyde.
FAMILLE DE L'YTTIUUM .
FAMILLE DE L'YTTRIUM.
En 1787, le capitaine Arhenius trouva, dans le canton d'Ytlerby, en Suède, un minéral d'un noir grisâtre, dur et à cassure vitreuse, qui lui parut différent de ceux connus jusque-là ; en 1794, le professeur Gadolin découvrit que ce minéral contenait une terre nouvelle, à laquelle Ekeberg donna, deux ans plus tard, le nom d'ydria, en môme temps qu'il désigna le minéral sous celui de gadolinite. Depuis, la même terre ou le même oxyde métallique a été trouvé associé au cérium dans la plupart des minéraux qui le contiennent, et principalement dans Yorthite QlXàpyrorthile. Enfin en 1827, M. Wœhler est parvenu à isoler le métal de l'yttria en convertissant d'abord cette base en chlorure d'yttrium par le moyen du chlore et du charbon, et en décomposant ensuite le chlorure par le potassium. L'yttrium, obtenu de cette manière, est sous forme de petites paillettes métalliques, d'un gris noirâtre. Il ne s'oxyde à froid ni dans l'air ni dans l'eau, mais il brûle avec beaucoup d'éclat à la température rouge. Il se dissout dans les acides hydratés avec dégagement de gaz hydrogène.
Tel était l'état de nos connaissances sur cette matière, lorsque, en 1842, M. Mosander annonça que l'yttria, telle qu'on la connaissait, était un mélange de trois oxydes de propriétés presque semblables; de sorte que les minéraux, déjà si mal définis, qui réunissent le cérium et l'yttrium, contiennent au moins six métaux qui leur sont particuliers, sans compter la glucine, la zircone et les oxydes d'urane, de fer et de manganèse, qui s'y joignent aussi très-souvent. Les deux oxydes qui accompagnent plus spécialement l'yttria, et qui avaient été confondus avec elle, sont ceux de terbium et d'erbium, dont les noms sont également tirés de celui du lieu où la gadolinite a été rencontrée pour la première fois (à Ytterby). Ces trois oxydes ont pour caractères communs d'être blancs, insolubles clans les alcalis caustiques, ce qui les distingue de la glucine et de l'alumine, mais solubles dans les carbonates alcalins, comme la glucine et l'oxyde de cérium. Leurs sels solubles sont sucrés, comme ceux de la glucine, et leur sulfate est plus soluble dans l'eau froide que dans l'eau bouillante, comme ceux de cérium et de lanthane; on pourrait voir, en suivant cette comparaison, que les corps simples qui composent lesgroupes des cérides et les zirconides ont tous, à l'exception de l'aluminium, qui se trouve placé le dernier, des rapports tels qu'on ne peut les séparer les uns des autres. Voici maintenant quelques caractères qui distinguent Yyttrium, le terbium et Yer-
• YTTRIUM.
bium. De ces trois corps, l'erbium est celui qui se rapproche le plus du cérium par la faible basicité de son protoxyde et par la propriété que possède ce protoxyde de former, lorsqu'on le chauffe au contact de l'air, un peroxyde d'un jaune orangé foncé. C'est à la présence de cet oxyde que l'yttria doit la propriété qu'on lui. trouvait très-souvent de jaunir par la calcination, tandis qu'elle restait d'autres fois incolore. Les sels de protoxyde d'erbium sont incolores; le sulfate n'est pas efflorescent.
Le terbium ne forme qu'un protoxyde blanc, comme l'yltrium; mais ses sels solubles sont d'un rouge pâle; le sulfate est trèsefflorescent, et le nitrate non déliquescent.
L'oxyde d'yttrium est blanc, insipide, d'une pesanteur spécifique de 4,842, supérieure à celle de la baryte, et d'une basicité plus forte que celle de la glucine. Son sulfate n'est pas efflorescent, et son nitrate est déliquescent. Son phosphate est insoluble. Ses sels solubles sont précipités par le cyanure ferroso-potassique.
Les minéraux de l'yttrium sont presque la répétition de ceux du cérium, dont on les distingue difficilement. Les principaux sont :
1° Yttrium et cérium fluorures, xjttrocérite. — Substance grisâtre, violâtre ou rougeâtre, à texture lamelleuse ou compacte. Les masses se laissent assez fréquemment cliver suivant les faces d'un dodécaèdre rhomboïdal; elle raie la chaux fluatée. Elle est infusible au chalumeau, mais elle y perd sa couleur et devient d'un gris clair. On la trouve associée à la pegmatite, à Finbo et à Broddbo en Suède. Elle est formée de proportions variables de fluorures d'yttrium, de cérium et de calcium, de la même formule que ce dernier GaFl2, dont elle partage le système cristallin. •
2° Yttrium tantalaté, fergusonite. — Minéral trouvé à Kikertansak, au Groenland. Il est opaque, métalloïde, d'un brun noirâtre, assez semblable au wolfram. Il raie le verre et pèse 5,838. Il devient d'un jaune verdâtre au chalumeau et ne se fond pas. On en rencontre des cristaux formés par la réunion de deux pyramides carrées et tronquées dont tous les angles sont remplacés par des facettes, et qui dérivent d'un prisme droit à base carrée. Il contient, pour 400 parties, 47,75 d'acide tantalique; 41,91 d'yttria; 4,68 d'oxyde de cérium; 3,02 de zircone, et de petites quantités d'acide stannique, d'oxyde d'urane et d'oxyde de fer.
3° Yttrium tungsto-tantalaté, yttrotantalite. — Substance amorphe, noire, brune ou jaunâtre, à poussière gris-verdâtre, rayant difficilement le verre, pesant de 5,4 à 5,9; trouvée à Ytterby, Finbo et Korarfsberg, en Suède. Composition, d'après Berzélius :
316 FAMILLE DE L'YTTRIUM.
Variétés
noire. brune. jaune.
Acide tantalique 57 51,815 60,124
— tungstique , mélangé
d'acide stannique... 8,25 2,592 1,044
Yttria 20,25 38,515 29,780
Chaux 6,25 3,260 0,500
Oxyde d'urane 0,50 1,1 11 6,622
— de fer 3,50 0,555 1,155
4° Yttrium titano-tantalaté : euxénite, œschynite et polykrase. — Ces trois minéraux paraissent être des mélanges divers detantalates et de titanates d 'yttria, de zircone, de cérium, d'urane, de fer, etc. L 'euxénite a été trouvée à Jolster en Norwége ; elle est amorphe et d'un brun foncé, avec éclat métalloïde-résineux ; elle pèse 4,6. L'analyse a donné 49,66 d'acide tantalique; 7,94 d'acide titanique; 25,09 d'yttria; 6,24 de protoxyde d'urane; 2,18 d'oxyde de cérium; 2,47 de chaux; 0,96 d'oxyde de lanthane; 0,29 de magnésie et 3,97 d'eau. On l'a trouvée aussi à Alve, près d'Arendal, en prismes rhomboïdaux à faces mates.
Y? œschynite est d'un noir foncé et d'un éclat demi-métallique et résineux ; il pèse de 5,01 à 5, i 4 ; il raie la chaux phosphatée ; il se tuméfie sur le charbon au chalumeau et "devient jaunâtre ; il contient : acide tantalique 33, 39; acide titanique 1 1,94; zircone 17,52; oxure ferreux 17,65; yttria 9,35; oxyde de lanthane 4,76; oxyde de cérium 2,48 ; chaux 2,40 ; eau 1,56.
Le polykrase est noir vu en masse, mais d'un brun jaunâtre en petits fragments vus à la loupe; son éclat est métalloïde; sa poudre est d'un brun grisâtre; il raie le verre; il pèse 5,105; il se présente en prismes à huit faces, très-aplatis par l'élargissement de deux faces, et terminés par un double biseau. Ces cristaux dérivent d'un prisme droit rhomboïdal. Il est formé d'acide titanique, d'acide tantalique, de zircone, d'yttria et des protoxy des de fer, d'urane et de cérium. On l'a trouvé disséminé dans le granité rose d'Hitteroë qui contient delà gadolinite et du zircon.
5° Yttrium titanaté ferro-zirconifère, polymignite. — Suhstance métalloïde, opaque et d'un gris noirâtre foncé. Sa cassure est conchoïde et un peu vitreuse, elle raie le verre et pèse 4,8. Elle cristallise en prismes allongés et cannelés dont la forme primitive est un prisme droit rhomboïdal. On la trouve disséminée dans la syénite zirconienne de Friedrikswcern, en Norwége. Elle contient 46,30 d'acide titanique ; 14,14 de zircone ; 11,50 d'yttria ; 12,20 d'oxure ferreux; 5 d'oxure céreux; 2,70 d'oxure manganeux ; 4,20 de chaux.
6° Yttrium silicate ferro-cérifère, gadolinite. — Substance d'un
ZMCONIUM.
noir brunâtre ou jaunâtre à cassure conchoïde ou esquilleuse, éclatante; quelquefois cristallisée on prismes obliques rhomboïdaux; rayant le verre avec facilité; fusible au chalumeau en un
i verre opaque ; attaquable par les acides; la dissolution donne, avec la soude caustique en excès, un précipité qui se redissout en
; partie dans le carbonate d'ammoniaque. L'analyse des gadolinites de Finbo et deBroddboa fourni à Berzélius (moyenne des
i deux analyses) :
Oxygène.
Acide silicique 24,98 X 1,764 = 44 1
Yttria 45,47 X 1,99 = 90,5)
Oxyde céreux 16,80 X 1,44 = 24,9 [139 3
— ferreux 10,80 X 2,222 = 24 )
d'où l'on peut admettre la formule (Y,Ce,Fe)3Si.
7° Yttrium silicaté ferro-glucifère, ouytterbite. — Minéral trouvé à Ytterby, analogue à la gadolinite, mais dans lequel la glucine remplace en tout ou en partie l'oxyde de cérium, et contenant en outre un plus grand excès de base.
8° Yttrium niobaté ferro-uranifère, ou samarskite. — Substance métalloïde, d'un noir de velours, à poussière brun-rouge foncé, de Miask, en Sibérie. Elle est disséminée dans les roches granitoïdes, en grains aplatis, ayant pour densité 5,7.
9° Yttrium phosphaté, ou xénotime. — Ce dernier minéral cristallise en octaèdre très-obtus, comme le zircon, et a quelque ressemblance de couleur avec lui. Berzélius avait cru d'abord qu'il contenait une nouvelle terre à laquelle il avait donné le nom de thorine ; mais, en ayant depuis reconnu la véritable composition, il donna ce même nom de thorine h un autre oxyde métallique qu'il découvrit véritablement dans un minéral noir et vitreux provenant de l'île de Loewen en Norwége. Ce minéral, nommé thorite, contient 19 pour 100 de silice, 58 de thorine ; 9,5 d'eau; des oxydes de fer, d'urane et de manganèse; de la chaux, et des quantités minimes d'oxyde de plomb, d'oxydes d'étain, de magnésie, de potasse, de soude et d'alumine.
FAMILLE DU ZIRCONIUM.
La zircone, à laquelle nous arrivons maintenant, est encore une substance forlrare, qui faiteependantpartied'une pierre précieuse très-anciennement connue, nommée jargon ou zircon, dans laquelle Klaproth la découvrit en 1789. Il la trouva ensuite dans une autre pierre nommée hyacinthe, tirée de Ceylan, comme la première, à laquelle on la réunit aujourd'hui sous le seul nom spécifique de
FAMILLE DU ZIRCONIUM.
zircon. Cette substance est un silicate de zircone bien défini. Les autres composés naturels de la zircone sont peu nombreux, compliqués et encore mal définis.
1° Zircone si licatée, ou zircon. — Cette substance se trouve sous ^ l'orme de cristaux qui dérivent d'un octaè-
dre très-obtus, à base carrée (fig. 146), ou d'un prisme droit à base carrée, dont la hauteur est au côté comme 67 est à 74. Les octaèdres sont rares, mais les cristaux prismatiques sont très-communs.
Le prisme carré qui les constitue est toujours terminé par une pyramide obtuse, dont les quatre faces correspondent, tantôt aux arôtes du prisme, comme dans la figure 147, tantôt aux faces, comme dans la figure 148. Quelquefois les faces du prisme (fig. 147) se raccourcissent au point que les arôtes verticales deviennent nulles, et, dans ce cas, le cristal se trouve converti en un dodécaèdre rhomboïdal que l'on serait tenté de confondre, à la première vue, avec celui du système
Fig. 147. — Zircon. Fig. 148. — Zircon. Fig. 149. - Zircon.
cubique que présente le grenat ; mais l'incidence de toutes les faces de celui-ci est de 120 degrés ; tandis que l'incidence des faces de l'octaèdre obtus, les unes sur les autres, est de 123° 19', et que l'incidence des mômes faces sur celles du prisme est seulement de 118° 34'. Très-souvent les arêtes des cristaux précédents se trouvent remplacées par des facettes, comme on en voit un exemple dans la figure 149, qui présente un passage du prismç de la figure 147 au prisme de la figure 148. Ce sont les prismes de la forme 148 qui portaient spécialement autrefois le nom de
ZIRCONIUM.
zircons; la forme dodécaèdre (fig. 147),<jointe à une couleur orangée brunâtre, constituait Y hyacinthe.
Le zircon est transparent, ordinairement orangé brunâtre ; mais on en trouve aussi de verdâtre, de jaunâtre et de blanc. Il possède un éclat un peu gras, analogue â celui du diamant, ce qui est cause que les zircons blancs sont souvent vendus ou employés comme diamants; mais ils s'en distinguent facilement par leur densité plus forte (4,4), par leur double réfraction, et par leur dureté beaucoup plus faible, puisqu'elle se borne à rayer le quartz et qu'ils sont rayés par la topaze. Le zircon est infusible au cnalumeau qui lui fait perdre seulement sa couleur. Il est inattaquable par les acides. 11 est composé de :
Silice 33, 61 1 molécule.
Zircone 66,39 1
Formule : Zr Si.
Les zircons se trouvent disséminés dans les syénites, commeen Norwége, au Groënland, enËgypte; ou dans les gneiss qui en dépendent, comme à Ceylan. On le trouve aussi dans le basalte, comme en Auvergne, à Expailly et aux environs du Puy . Enfin on le rencontre abondamment, en cristaux roulés, dans le sable de quelques ruisseaux, comme à Expailly, à Ceylan, au Pégu. Il provient alors de la destruction des roches qui le renfermaient.
Les hyacinthes étaient prescrites par les anciens formulaires dans un grand nombre d'électuaires aromatiques auxquels on attribuait de grandes propriétés. Elles avaient même spécialement donné leur nom à la confection d'hyacinthes ; mais on employait en place de petits cristaux fort réguliers de quartz prismé coloré en rouge de sang par de l'oxyde de fer agileux (p. 78). Aujourd'hui ces diverses substances siliceuses sont tout à fait supprimées.
2° Zircone hydrosilicatée, zircon hydraté, malacon. — Ce minéral fort singulier a été trouvé dans les filons de Hitteroë (Norwége), avec lagadolinite. Il offre la même forme cristalline que le zircon et la même constitution moléculaire, sauf qu'il contient 3,03 d'eau pour 100, qui lui donnent une dureté et une pesanteur spécifique moins considérables. Il est d'un blanc bleuâtre ou d'un blanc de lait avec mélange de gris ; il est translucide en fragments minces ; il n'offre pas de clivage, et sa cassure estesquilleuse; il est rayé par le quartz et, à plus forte raison, par le zircon ; il pèse 2,903. Il perd 3,03 d'eau par la calcination et acquiert alors une densité de 4,82. L'acide chlorhydrique et l'acide sulfurique concentré l'attaquent à chaud, lorsqu'il a été porpbyrisé sans avoir été
32(> FAMILLE DU GLUCIUM.
calciné. Lorsqu'il a été calciné, il résiste à tous les acides, comme le zircon.
Zircone et alumine silicatces, chrichlonite. — Une substance analysée sous ce nom par Drappiez contenait 33 de silice, 46 de zircone, 14 d'alumine, 4 d'oxyde de fer et 4 d'oxyde de manganèse.
4° Zircone silicatée alcaline, eudialitc. — Substance à structure lamelleuse, inégale ou grenue, d'un violet rougeâtre, translucide sur les bords. Elle pèse 2,9 ; elle raie la chaux carbonatée ; elle fond au chalumeau en un vert foncé. Elle se dissout en gelée dans les acides. On en trouve des cristaux qui dérivent d'un rhomboèdre aigu. En voici trois analyses :
par Rammelsbcrg.
par Stromeycr.
Chlore
L'eudialite a été trouvé au Groenland, dans la même localité que la sodalite.
On peut encore compter au nombre des composés naturels de la zircone Yœschynile, la polymignite et le polykrase, dont il a été fait mention parmi ceux de l'yttria.
FAMILLE DU GLUCIUM.
La glucinea été découverte par Vauquelin, en 1798, dans deux pierres précieuses, le bêril et l'émeraude, et voici à quelle occasion. Plusieurs minéralogistes, et principalement Romé de l'Isle, se fondant sur l'identité de forme cristalline, de dureté et de densité des deux substances, avaient pensé qu'elles devaient former une seule espèce. Mais cette opinion avait été contredite par "Werner, lorsque Haiiy, reprenant l'examen des cristaux des deux pierres gemmes, prononça qu'on devait certainement n'en former qu'une espèce. Or l'émeraude avait été analysée par Klaproth et par Vauquelin, qui, même, venait d'y découvrir l'oxyde de chrome, et il semblait résulter de l'analyse de ces deux chimistes que l'émeraude, à part l'oxyde qui la colore, était composée d'environ 65 centièmes d'alumine et de 30 centièmes de silice. Sur ces entrefaites, Vauquelin, ayant analysé le béril,
GLUCIUM.
y découvrit une nouvelle terre qui reçut le nom de glucine, et ce résultat fut opposé aux conclusions de Haiïy. Mais celui-ci pria Vauquelin de recommencer l'analyse de l'émeraude, et c'est alors que l'on reconnut l'identité de composition des deux pierres. Ce résultat vint donner une grande valeur à l'opinion de Haùy, que l'étude des formes cristallines d'un minéral fournit un des meilleurs moyens d'en déterminer l'espèce.
La glucine est une terre blanche, douce au toucher, happant à la langue, faisant pâte avec l'eau, mais moins que l'alumine, et ne pouvant pas être moulée. D'ailleurs elle est soluble dans les acides, même après avoir été calcinée ; de sorte qu'elle ne pourrait servir dans aucun cas à la fabrication des poteries. Le sulfate, le nitrate, le chlorure, l'iodure et le bromure sont solubleset sucrés. Le carbonate et le phosphate sont insolubles.
Les sels solubles de glucine ne sont pas précipités par le cyanure ferroso-potassique, ce qui les différencie de ceux de thorine et d'yttria. Ils sont précipités par les alcalis libres ou carbonatés. Le précipité se redissout dans la potasse et clans la soude caustiques, non dans l'ammoniaque ; mais il se redissout facilement dans le carbonate d'ammoniaque, ce qui donne un moyen de séparer la glucine de l'alumine.
Jusqu'à ces dernières années, on a supposé que la glucine était formée, comme la zircone et l'alumine, de 2 molécules de métal et de 3 molécules d'oxygène, et qu'elle contenait en poids :
Glucium 68,83
Oxygène 31,17 Glucium = 331,26
Mais les expériences de M. Awdejew, capitaine au corps des mines de Russie, semblent prouver que la glucine possède une i constitution bien différente ; car elle contient véritablement:
Glucium 36,74 58,084
Oxygène 63,26 100
Et en admettant, ce qui paraît probable, qu'elle soit formée < d'une molécule de métal et d'une molécule d'oxygène, la molécule de glucium se trouve réduite à 38,084: poids moléculaire I le plus faible après celui de l'hydrogène, puisque la molécule du carbonate pèse 75, et celle de l'azote 88,5.
La glucine se trouve à l'état d'aluminate, de silicate simple et de silicate composé, constituant un petit nombre d'espèces minéralo- I giques.
GuiDOUnT, Drogues, 5< lidition. T. T. — 21
FAMILLE DU GLUCIUM.
Glucine alumiiiatée.
Cymophane, chrysolite orientale, chrysopal, chrysobéril. — Il n'y a que peu d'années que l'on sait, par l'analyse de M. Seybert, que la cymophane contient de la glucine; auparavant on la supposait formée d'une forte proportion d'alumine et de silice. Ensuite Thompson et Rose ont montré que la silice y était accidentelle et, provenait du mortier d'agate que l'on avait employé jusque-là pour pulvériser la matière. En se servant d'un mortier d'acier pour broyer la cymophane, et en enlevant par un acide le fer que l'opération a dû introduire dans la substance, on ne la trouve plus composée que de glucine, d'alumine et d'une petite quantité d'oxyde métallique colorant, ainsi qu'on le voit par les analyses suivantes :
ni.
Oxvgène
— de cuivre el de plomb.
0,29 sable