‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 14 sur 194 · MINÉRALOGIE · texte numérisé non relu

MINÉRALOGIE

Les caractères qui servent à décrire et à reconnaître les minéraux sont de deux sortes : physiques et chimiques.

Les premiers sont ceux dont l'observation n'apporte aucun changement à la nature du corps que l'on examine : tels sont l'état d'agrégation, la forme cristalline, la structure, la cassure, la pesanteur spécifique, Y impression sur les sens du toucher, du goût et de l'odorat ; les effets de lumière, cY 'électricité et de magnétisme.

Les seconds sont ceux qui résultent de l'action de différents agents chimiques sur la substance soumise à l'examen, et qu'on ne peut observer sans altérer plus ou moins la nature de celle-ci. Les agents que l'on emploie le plus ordinairement sont le calorique, Veau, les acides, quelques sels, différentes teintures végétales, etc.

États d'agrégation.

Les corps se présentent à nous sous trois états principaux, qui sont Y état solide, Y état liquide et Y état gazeux Ou aériforme.

Dans le premier, le corps résiste plus ou moins au choc, à la pression ou à la force de pesanteur.

Dans le second, les particules ne conservent qu'une si faible cohésion, qu'elles cèdent isolément à la force de pesanteur qui les attire vers le centre de la terre, et qu'elles roulent les unes sur les autres jusqu'à ce qu'elles se soient mises ôn équilibre parrapport à cette force, et que la surface du corps soit horizontale, c'est-à-dire parallèle à la surface de la terre. -; Dans le troisième état, la cohésion est à peu près nulle, et le corps ne paraît soumis qu'à l'influence du calorique, qui, en lui

supposant une tension constante, en écarterait les molécules indéfiniment, si elles n'étaient coercées par la pression de l'atmosphère.

L'état d'agrégation d'un corps, ou la distance à laquelle se tiennent ses particules, dépend d'une sorte d'équilibre qui s'établit entre la force attractive des molécules, plus la pression de l'atmosphère d'une part, et la force élastique du calorique de l'autre ; plus la première a de prépondérance sur la dernière, plus le corps est solide. Quant à la pression de l'atmosphère, elle n'ajoute pas sensiblement à la force d'agrégation, lorsque le corps est solide ; mais elle contribue puissamment à retenir un certain nombre de corps à l'état liquide; et, comme je viens de le dire, elle seule limite le volume des corps gazeux.

Ces différents étals ont chacun des degrés différents, et il est probable qu'ils passent à peu près de l'un à l'autre. Cela est trèssensible pour les corps solides, dont les uns sont très-durs et trèsdifficiles à rompre, et dont les autres ont une mollesse qui les approche des corps liquides. Il est facile de constater que la liquidité n'est pas non plus la môme pour tous les corps; par exemple, Veau, le mercure, le naphthe et le pétrole. On peut se convaincre également que les corps gazeux ne jouissent pas au môme degré de la fluidité aériforme, en les faisant passer, sous une même pression, à travers des tubes d'un même diamètre. En général, ce sont les gaz les moins denses qui s'écoulent avec la plus grande vitesse, quoique l'écoulement ne soit pas exactement en raison inverse de la pesanteur spécifique.

Mais c'est surtout aux différentes modifications de l'état de solidité qu'il convient de nous attacher.

On reconnaît ces modifications, en essayant, de différentes manières, de désunir les particules des corps solides; tels sont : le frottement réciproque des corps, le frottement de la lime, le choc du briquet, la percussion du marteau, la flexion, la pression du laminoir, la traction à la filière, la suspension d'un poids augmente jusqu'à fracture.

Frottement réciproque des corps, Dureté.

Le frottement des parties anguleuses d'un corps contre la surface d'un autre corps indique la dureté relative de chacun. Ainsi le carbonate de chaux cristallisé raie le sulfate de chaux et est rayé par le fluorure de calcium ou spath fluor. Le diamant raie tous les corps et ne peut être usé que par le frottement de sa propre poussière.

Pour donner une certaine précision à ce caractère, les minéralogistes ont choisi une série de dix corps disposés de telle manière qu'une substance minérale quelconque raiera toujours l'un de ces corps, et ne raiera pas le corps plus dur qui le suit. Voici cette série, commençant par le corps le plus tendre et finissant par le plus dur :

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