‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 143 sur 194 · CG · texte numérisé non relu

CG

Oxygène.

Oxvgène.

La première analyse donne Zn3Si -f- Aq.

La deuxième 2Zn3Si + 3Aq.

• té È

La troisième et la quatrième. . . . Zn3Si -f- 2Aq.

Des quatre composés que je viens de décrire, deux sont trèsrares, ce sont le zinc hydrocarbonaté et le zinc silicate anhydre; deux sont très-communs, ce sont le zinc carbonaté et le zinc hydrosUicaté. Ce sont ces deux derniers composés mélangés et rendus plus ou moins impurs encore par d'autres mélanges, qui constituent la plus grande partie des calamines, dont on distingue deux variétés de couleurs, la blanche et la rouge.

La calamine blanche est d'un blanc grisâtre, compacte, pesant de 3,5 à 4; offrant une cassure unie avec un éclat mat, et présentant souvent des ébauches de cristaux dans les cavités de la masse. Deux échantillons, analysés par Karsten, ont donné :

Oxyde de zinc

Acide carbonique.

Silice

Eau

De Scharley.

De Gustave 53,25 29,76 11,25 1,30 95,50

ZINC EYDHOSILICATÉ. 373

De Scharley. De Guslave.

neport 96,97 95,5b

Protoxyde de fer 1 ,S£> 3,45

— de manganèse. 0,50 0,66

— de cadmium.. 0,25 0,09 Chaux 0J0 0,03

Calamine rouge. — D'un rouge de brique, d'un rouge brunâtre, ou d'un jaune d'ocre ; compacte, à cassure unie ou terreuse; pesant de 4 à 4,33. Deux analyses de Rarsten ont donné :

Do Scharley. De Michowitz.

Oxyde de zinc 44,50 37,30

— ferreux 3,27 »

— ferrique 13,25 34,56

— manganeux 1,66 »

— manganique » 1,75

Acide carbonique 27,41 ) „„

Eau 3,64 j

Silice 0,65 0,83

Alumine 3,58 0,40

Les différentes espèces de calamine se trouvent dans les mêmes lieux que j'ai indiqués pour le carbonate de zinc, et principalement dans le pays de .Liège, où il en existe un dépôt encaissé entre deux bancs [de schiste [quarzeux, long de 500 mètres, large de 30 et d'une profondeur inconnue. On en extrait annuellement plus de ,750 milliers de kilogrammes de calamine.

Nous parlerons du zinc aluminaté, nommé aussi gahnite ou spinelle zincifere, à la suite du spinelle magnésien.

Extraction du zinc. — Autrefois on retirait le zinc de la blende seulement, et môme ce métal n'était qu'un produit très-secondaire des galènes mélangées de blende. Il résultait du grillage de ces minerais une certaine quantité d'oxyde de zinc condensé dans la partie supérieure des fourneaux et nommé tuthie ou cadmie des fourneaux, que l'on réduisait ensuite à l'aide du charbon. Depuis, on s'est attaché principalement à retirer le zinc de la calamine, et enfin, aujourd'hui que les usages du zinc se sont considérablement multipliés, on extrait ce métal de tous ses composés naturels, c'est-à-dire principalement de la blende et de la calamine.

Le traitement de la blende consiste à la bocarder d'abord et à la laver pour la priver d'une partie de la gangue, et ensuite à la griller deux fois dans des fours à réverbère, ce qui en dégage le soufre à l'état, d'acide sulfureux et fait passer le zinc à celui d'oxyde.

Pour exploiter la calamine, on la trie d'abord autant que possible pour en séparer la gangue calcaire ou argileuse ; mais pour en obtenir une séparation plus complète on laisse le minerai exposé à l'air pendant longtemps, afin que l'argile se délite et devienne friable; alors on opère un second triage delà calamine et on la calcine dans un fourneau à réverbère pour en dégager l'eau et l'acide carbonique.

Lorsque l'oxyde de zinc est obtenu par l'un ou l'autre moyen, on le mélange avec du poussier de charbon ou de houille, et on le réduit dans des conduits en fonte ou en terre qui sont placés en grand nombre dans un fourneau,' et qui communiquent par leur partie supérieure ou inférieure avec des récipients; de sorte que le métal est obtenu dans le premier cas par une distillation per ascensum, ou per descensum dans le second. Ce zinc distillé* est en grenailles que l'on fond dans un creuset pour le couler en plaques.

Le zinc pur est d'un blanc bleuâtre assez éclatant ; mais il se ternit et s'oxyde promptement à l'air humide. Il pèse 7,9. Lorsqu'il est pur, il est à peu près aussi malléable que l'étain ; mais celui du commerce ne se lamine bien qu'àune température supérieure à 100 degrés. Il se fond au rouge obscur et se volatilise sans altération, à une chaleur plus forte, dans des vaisseaux fermés. Il se combine très-difficilement avec le soufre.

Si, lorsque le zinc est fondu dans un creuset et fortement rouge, on le met en contact avec l'air, il brûle avec une flamme blanc verdâtre éblouissante; en même temps, une partie se volatilise dans l'air, et forme un oxyde blanc, floconneux, trèsléger, que l'on nommait autrefois nihil album, laine philosophique, et pompholix. Le zinc se dissout facilement à froid dans l'acide sulfurique étendu d'eau, dans les acides chlorhydrique et nitrique, et en général dans tous les acides. Toutes ses dissolutions sont incolores, et forment, avec la potasse, la soude ou l'ammoniaque, un précipité blanc qui peut être redissous par un excès d'alcali. Ces mêmes dissolutions forment un précipité blanc avec les sulfhydrates alcalins; blanc demi-transparent par le cyanure ferroso-potassique. Elles ne précipitent pas par la noix de galle.

Le zinc n'est usité en pharmacie que pour préparer l'oxyde de zinc; mais, employé comme un des éléments delà pile voltaïque, il donne lieu à l'un des plus puissants moyens d'analyse que possède la chimie. On l'utilise aujourd'hui pour faire des conduits d'eau, des gouttières et des couvertures de toits; on a aussi essayé d'en fabriquer des casseroles et d'autres ustensiles de cuisine; mais la facilité avec laquelle les acides les plus faibles

CADMIUM.

déterminent son oxydation et sa dissolution doit détourner de l'appliquer à cet usage.

Métal volatil et sùsceptible'd'être distillé, découvert en 1818 par M. Hermann dans des fleurs de zinc où l'on soupçonnait la présence de l'arsenic, parce que, lorsqu'on les dissolvait dans un acide, la liqueur précipitait en beau jaune par l'acide sulfhydrique, propriété qui appartient au cadmium tout aussi bien qu'à l'arsenic.

Le cadmium sulfuré a été trouvé dans une roche trappéenne porphyritique près de Bishoptown en Angleterre. Il est cristallisé en prismes à six pans, terminés par une ou plusieurs pyramides à six faces tronquées au sommet. Il est assez dur, d'une couleur de miel orangée. Il est translucide et présente un lustre brillant à sa surface. Il pèse 4,8 et contient:

Quelques minéralogistes lui ont donné le nom de greenockite. Sa formule est GdS.

Le cadmium existe aussi, presque toujours en petite quantité, à l'état de sulfure, dans la blende, et à l'état de carbonate dans certaines calamines. Il se trouve dans la tuthie qui provient du grillage de la blende, et dans les premières portions de zinc qui distillent. On dissout cette tuthie ou ce zinc dans l'acide sulfurique, et on y fait passer un courant d'acide sulfhydrique qui y forme un précipité de sulfure de cadmium mélangé de sulfure de cuivre et d'un peu de sulfure de zinc. On dissout ces sulfures dans l'acide chlorhydrique, on évapore presque à siccité, on redissout dans l'eau et on ajoute du carbonate d'ammoniaque en excès qui redissout les carbonates de zinc et de cuivre formés, et laisse celui de cadmium. On lave celui-ci, on le calcine pour en chasser l'acide carbonique, on le mélange de noir de fumée et on le chauffe dans une cornue au fourneau à réverbère. Le cadmium distille dans un récipient.

Le cadmium est d'un blanc d'étain; très-éclalant, et bien ductile. Il pèse 8,604, est très-fusible et presque aussi volatil que le mercure. Chauffé avec le contact de l'air, il se convertit en un oxyde brunâtre qui paraît sous forme d'une fumée de même couleur, mais qui est très-fixe. Il se dissout dans les acides cblorhydrique et sulfuriquc étendus, avec dégagement de gaz hydrogène;

FAMILLE DU CADMIUM.

Soufre. .

Cadmium

3"rô FAMILLE DU MAGNÉSIUM. -

ses dissolutions, qui sont incolores, forment avec l'acide su 1 l'hydrique un sulfure jaune insoluble qui est usité en peinture.

Humphry Davy est'le premier qui ait réduit le magnésium à l'état métallique; mais il ne l'a obtenu qu'amalgamé avec le mercure, fin 4828, M. Bussy est parvenu à obtenir le magnésium pur, en décomposant le chlorure magnésique anhydre par le potassium. Ce métal est plus lourd que l'eau, d'un blanc d'argent, malléable, inaltérable à froid dans l'air sec, inaltérable même dans l'eau bouillante ; fusible à la même température que l'argent et volatil comme le zinc (1). Il s'enflamme au rouge obscur lorsqu'il a le contact de l'oxygène, et produit de la magnésie. Il se combine de même avec le chlore, le brome et l'iode, mais pas avec le soufre. A la chaleur rouge, la magnésie est décomposée par le chlore, et non par les autres. C'est au contraire l'oxygène qui décompose les bromure, iodure et sulfure de magnésium.

La magnésie forme avec plusieurs acides, et notamment avec les acides sulfurique, chlorhydrique et azotique, des sels solubles pourvus d'une saveur amère désagréable. Les carbonates simples dépotasse, de soude et d'ammoniaque forment dans la dissolution de ces sels un précipité blanc d hydro carbonate de magnésie, qui est insoluble dans un excès du liquide précipitant. La même chose a lieu avec les alcalis caustiques ; seulement il faut remarquer que l'ammoniaque ne précipite que la moitié de la magnésie du sel, et même qu'elle ne la précipite pas du tout si on a préalablement ajouté une suffisante quantité d'acide à la liqueur. Le réactif le plus sensible pour découvrir et doser la magnésie est le sous-phosphate d'ammoniaque, qui occasionne dans la liqueur un précipité de phosphate ammoniaco-magnésien d'une composition constante, et reconnaissable au microscope, par les belles formes qu'il y présente (2).

La magnésie communique à plusieurs de ses composés naturels un toucher onctueux qui sert à les faire reconnaître. Ces mômes composés, additionnés de nitrate de cobalt et chauffés au rouge, acquièrent une couleur rose qui les distingue des composés alumineux dont la couleur devient bleue dans les mômes circonstances.

(1) Comptes rendus de V Académie des Sciences, t. XLIV, p. 394.

(2) Voir Guibourt, Mémoire sur le phosphate ammoniaco-magnésien. Travaux de l'Académie royale des sciences el arts de Rouen, année 1841 .

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