‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 146 sur 194 · II . — noire du Salzbourg, par Berthier · texte numérisé non relu

II . — noire du Salzbourg, par Berthier

Formule : MgC.

On a donné les noms de pistomésite et de mésitine à une espèce mixte composée de carbonate de fer et de carbonate de magnésie,

s'approchant plus ou moins de la formule FeC -f MgC. Elle est au carbonate de fer ce que la dolomie est au carbonate de chaux.

MAGNÉSIE I1YDR0CAKI30NATÉE. 381

Magnésie carbonatée silicifere, magnésie carbonatée terreuse, baudissérite. — Cette substance se trouve en veines ou en nodules dans les roches serpentineuses, où elle accompagne la magnésie hvdrosilicatée ou magnésite (spécialement à Baldisscro, près de Turin); et dans le fait elje est formée par un mélange variable de carbonate et d'hydrosilicate de magnésie.

Cette substance est sous forme de rognons blancs, souvent mamelonnés à leur surface, fibreux et un peu caverneux à l'intérieur. Elle est quelquefois très-dure, peu happante à la langue et non altérable à l'air, lorsqu'elle contient une forte proportion de silicate; mais d'autres fois elle est tendre, facile à briser, trèshappante à la langue, et fort ressemblante à de la craie, dont elle se distingue cependant facilement aux caractères suivants : elle fait difficilement effervescence avec les acides, et laisse de la silice gélatineuse insoluble; le dissoluté neutralisé précipite peu ou pas par l'oxalate d'ammoniaque, et précipite au contraire par l'ammoniaque caustique. La substance elle-même s'altère et se délite à l'air, par suite de l'action de l'eau atmosphérique sur le carbonate neutre de magnésie.

Analyse du carbonate de magnésie silicifère de Baldissero, par Berthier :

Rapports fnoliSculaires.

Acide carbonique 41,8 152

Magnésie 39 151

Magnésie hydrosilicatée (magnésite). 19,2

Magnésie hydrocarbonatée.

Cette substance, d'après les analyses qui en ont été faites, constituerait deux espèces, dont l'une serait du carbonate neutre sous-hydraté, et l'autre un sous-carbonate hydraté semblable à la magnésie blanche des pharmacies. Voici ces deux analyses :

Analyse de magnésie hydrocarbonatée du Harz, par M. Walmstedt :

Acide carbonique 48,58 X 3,6364 = 170,66 2

Magnésie- 40,84 x 3,8707 = 158,08 )

Oxure ferreux 6,16 X 2,2222 = 13,69 176,14 2

— manganeux 1,69 X 2,194 = 4,37 )

Eau 10,51 X 8,8889 = 93,42 1

Silice 0,30

Formule : 2 (Mg, Fe, Mn) C + H.

Magnésie hydrocarbonatée de Hoboken, par Wachtmeisler :

Acide carbonique 3fi,82 = 133,89 4

Magnésie 42,41 = 164, lu ]

Oxure ferreux 0,27 — 0,60 \

Eau 1*,53 = 164,71 o

Silice 0,57

Formule : Mg5C* + H5 ou 4MgC -f- MgH5 (1).

Magnésie boratée ou Boracite.

Celte substance se trouve sous forme de petits cristaux disséminés dans un sulfate de chaux granulaire, près de Luncbonrg

Fig. 182. — Magnésie boratée. Fig. 183. — Magnésie boratée.

dans le Brunswick, et à Segeberg clans le Holstein. Ces cristaux sont des cubes (fig. 482 et 183) ou des dodécaèdres rhomboïdaux (fig. 184), jamais simples et toujours modifiés au contraire. Mais ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que ces modifications

(l)On admet que cet hydrocarbonate naturel est identique avec la magnésie blanclte des pharmacies, obtenue par la précipitation à froid du sulfate de magnésie par le carbonate de soude, et par la dessiccation du précipité à l'air libre. Mais celle-ci ne contient que 4 de magnésie, et sa formule est, d'après

Berzélius, Mg4C3 + 4H ou 3MgC + MgH4. On explique d'ailleurs facilement la formation de la magnésie blanche, en supposant qu'on agisse sur 5 molécules

de sulfate de magnésie et autant de carbonate de soude, soit 5MgS + 5SdC.

Par la double décomposition des deux sels, il se forme 5SdS qui restent dissous,

et 5MgC qui devraient se précipiter. Mais, sur les 5 molécules de magnésie, il y en a une qui se combine séparément à 2 molécules d'acide carbonique pour

former MgC2, qui reste dissous dans la liqueur. Il ne reste donc plus que 3 molécules d'acide carbonique et 4 molécules de magnésie qui, combinées à 4 molécules d'eau, forment le précipité. On pourrait expliquer d'une manière semblable la formation de Thydrocarbonate naturel de Hoboken. II est facile de concevoir du reste que la composition du précipité doit varier avec la temperature.

MAGNÉSIE BORATEE.

Fig. 184. — Magnésie boratée.

ne sont pas complètement symétriques, comme cela a toujours lieu dans le système cubique. Ainsi, dans la figure 184, les douze arêtes du cube sont bien remplacées par les douze facettes tangentes qui conduisent au dodécaèdre rhomboïdal ; mais, sur les huit angles du cube, il n'y en a que quatre qui présentent la modification de l'octaèdre ; les autres sont intacts. Dans la figure 183, autre dissymétrie :

les huit angles du cube présentent bien les faces de l'octaèdre; mais il y en a quatre qui présentent en outre une troncature triple qui appartient au trapézoèdre.

La même disposition existe dans la figure 184 qui dérive de celle 182, avec un accroissement considérable des faces du dodécaèdre et addition, sur les quatre angles simples, de la troncature triple du trapézoèdre.

Haiiy, qui a signalé le premier l'anomalie de cristallisation de la boracite, a montré qu'elle se liait à la propriété d'acquérir l'électricité polaire, par l'intermédiaire de la chaleur, de même que cela a lieu pour les autres cristaux dissymétriques. On a reconnu de plus qu'une lame de boracite, interposée entre deux tourmalines croisées, rétablissait la lumière dans l'espace occupé par les deux tourmalines, comme le font les substances pourvues de double réfraction. Et comme les substances qui cristallisent dans le système régulier ne jouissent pas, en général, de cette propriété, plusieurs personnes en ont conclu que la forme primitive de la magnésie boratée était un rhomboèdre très-voisin du cube et non un cube véritable. Mais indépendamment de ce que cette supposition ne ferait pas disparaître la dissymétrie des cristaux, celle-ci peut s'expliquer en supposant, avec M. Delafosse, que la molécule intégrante de la boracite est le tétraèdre régulier.

La magnésie boratée est incolore et transparente lorsqu'elle i est pure; mais elle est souvent translucide ou rendue complètement opaque par un mélange de chaux qui vient y remplacer une i partie de la magnésie. Elle est assez dure pour rayer le verre; mais elle est rayée parle quarz. Elle se boursoufle au chalumeau et se fond en un globule blanc et opaque qui cristallise en refroidissant. Elle se dissout dans l'acide nitrique.

La composition de ce minéral n'est pas moins remarquable que ses propriétés. L'acide borique y contient quatre fois autant

d'oxygène que la magnésie, ce qui est une forte présomption en faveur de ceux qui pensent que la formule de l'acide est BO2; mais la composition des autres borates, et surtout celle du borate de soude, s'accorde mieux avec la formule BO3 que j'ai adoptée.'

Analyse de la boracitc par M. Arfwcdson :

Acide borique Magnésie

Oxygène.

Formule : Mg3B*.

Rapports moléculaires.

Deux analyses faites par M. Rammelsberg conGrment le résultat précédent. Il faut dire cependant qu'une analyse antérieure, faite par M. Pfaff, avait donné 63,7 d'acide borique et 36,3 de

magnésie, ce qui répond à MgB.

Hydroboracite. — Substance fibro-lamelleuse, ayant la dureté et l'éclat nacré du gypse, auquel elle ressemble beaucoup. L'analyse

a montré qu'elle contenait Mg3B* -f 3H. Elle a été trouvée dans des minéraux provenant du Caucase.

Magnésie aluminatée on Spinelle.

Le nom de spinelle ou de rubis spinelle a été longtemps le nom spécifique d'une gemme rouge et transparente qui ressemble beaucoup au rubis oriental ou corindon rouge hyalin; mais aujourd'hui ce nom est appliqué à un groupe de pierres très-variables par leurs caractères extérieurs, puisqu'elles peuvent être rouges, noires, vertes ou incolores, et transparentes ou opaques; mais ces pierres se touchent par deux points essentiels : elles cristallisent toutes en octaèdre régulier, et leur formule générale

paraît être celle d'un aluminate de magnésie MgAl, dans lequel

l'alumine peut être suppléée par de l'oxure ferrique, et la magnésie par le protoxure de fer, de zinc ou de manganèse.

Les caractères généraux des spinelles sont donc de cristalliser, en octaèdre régulier, ou en formes dérivées (1). Ils ont une dureté un peu supérieure à celle de la topaze et qui ne le cède qu'à celles du corindon et du diamant; leur pesanteur spécifique varie de 3,523 à 3,585. Il possèdent la réfraction simple; enfin ils sont infusibles au chalumeau. Décrivons-en maintenant les diverses sous-espèces.

(1) Voyez les figures 116, 117 et 118 (pages 225 et 226).

MAGNÉSIE ALUMINATÉE.

Rubis spinelle ou spinelle ronge. — Cette gemme se trouve à Ceylan, dans les mômes sables d'alluvion que les corindons, les zircons et autres. Elle est transparente, d'un rouge ponceau ou d'un rose foncé, et d'autres fois d'un rouge rosé faible {rubis balais); elle est d'un prix trôs-élevé, bien qu'inférieur à celui du rubis oriental, avec lequel on la confond facilement; mais celui-ci est plus dur, d'une pesanteur spécifique de 4 environ et pourvu de la double réfraction. M. Biscbop possède un spinelle rouge d'une grande beauté et du poids de 11,29 grammes qu'il estime à 100 ou 110,000 francs. Dufrénoy en a examiné un autre, taillé et du poids de 12,641 grammes, qui était complètement incolore, et que l'on prenait pour un diamant dont il avait presque la pesanteur spécifique (3,5275). Mais il avait un éclat beaucoup moins vif et il polarisait la lumière sous un angle de 60° 45', tandis que la polarisation de la lumière par le diamant a lieu sous un angle de 68°. Les spinelles d'Aker, en Sudermanie, sont bleus.

Quel que soit l'accord présenté par les analyses modernes des

spinelles, qui les ramènent tous à la formule M Al, je ne puis

passer complètement sous silence les analyses plus anciennes de Yauquelin, de Klaproth et de Berzélius, parce qu'il serait possible que la composition de ces minéraux ne fût pas aussi constante qu'on le pense, et qu'elle se rapprochât quelquefois davantage du corindon.

Spinelle rouge, Spinelle rouge, Spinelle bleue d'Aker, par Vauquelin. par Klaproth. par Berzélius.

Acide chromique.. 0,18 » »

Alumine 82,47 74,50 72,25

Magnésie 8,78 8,25 14,63

Chaux » 0,75 »

Oxure ferreux » 1,50 4,26

L'analyse de Vauquelin répond à AluMg*Cr. L'analyse de Klaproth, en admettant que la silice soit accidentelle, conduit à la formule MgAl3, et celle de Berzélius donne à . ...

peuprès MgAl2. Autres analyses, par M. Abich :

Spinelle rouge.

Spinelle roug

Oxygène.

Oxygène.

Oxure ferreux..

— chromique?

Formule : MgAl.

C'jibourt, Drogues, 5« édition. T. I. — 25

Chlorospinelle ou spinelle vert de l'Oural. — En petits octaèdres d'un vert d'herbe, trouvés à Slatoust. M. H. Rose en a retiré :

Oxygène.

Alumine 57,34 26,77 j

Oxure ferrique 14,77 3,36)

Magnésie 27,69 10,67 1

Oxyde de cuivre 0,62

Formule : Mg (Al,Fe).

Candite, ceylanile, pléonaste. — Les deux premiers noms ont été donnés à desspinelles de Geylan cristallisés en octaèdres et qui se trouvent mêlés au spinelle rouge, mais qui sont opaques et noirs (candite) ou d'un vert foncé (ceylanile). Le pléonaste est un autre spinelle noir et opaque, cristallisé en dodécaèdres réguliers, (pie l'on trouve dans un grand nombre de lieux, au milieu des roches volcaniques ou disséminé dans leurs débris, comme au Mont- Somma (Vésuve), à Montferrier (Hérault), à l'abbaye de Laach, sur les bords du Rhin, etc.

Ceylanite, par Laugier. Pléonaste, par Abich.

Oxygène. Oxygène.

Alumine 65 30,36 3,27 67,46 31,51 2,82

Magnésie 13 5,03) 25,94 10,04

Oxure ferreux.. 16,5 3,67 9,27 1 5,06 1,12

Chaux 2 0,57 ) »

Silice 2 2,38

Formule : (Mg, Fe)Al.

Spinelle zincifère ou gahnite. — En octaèdres d'un vert foncé, translucides sur les bords. Pesanteur spécifique 4,232. Dureté du spinelle. Ce minéral a été trouvé par Gahn, dans un schiste talqueux des environs de Fahlun; on l'a observé depuis à Franklin, dans les États-Unis.

Analyse par Abich :

De

Franklin.

De Fahlun.

Oxygène

Oxure ferrique. .

— ferreux...

— zincique..

Dysluile. — Ce minéral provient de Sterling, dans le New- Jersey, où il accompagne le fer oxydulé et la franklinile. Il est

SILICATES DE MAGNÉSIE NON ALUMINEUX. 387

en octaèdres réguliers d'un jaune brunâtre; il a la dureté du feldspath seulement, et pèse 4,55.

Analyse par Thompson :

* Oxygène.

Alumine 30,49 = 30,49 14,23

n a a f /j o<> (peroxyde. 27,96 8,57

Oxyde de fer 41 '93 =j proloxyde. 12,55 1,64

Protoxyde de manga- ( 7oq K

nèse 7,60 = 7,60 2,85

Oxyde de zinc 16,80 = 16,80 3.34/

Silice 2,97

Eau 0,40

Ce minéral, par l'absence complète de la magnésie et par la substitution d'une grande quantité d'oxydes de fer et de manganèse à l'alumine et à l'oxyde de zinc, ne conserve plus rien des spinelles, si ce n'est sa cristallisation en octaèdre régulier.

llagiiésie flao-phosphatée.

Wagnérite. — Minéral très-rare, cristallisant en prisme rhomboïdal oblique ; translucide, d'un jaune de miel, rayé par le quarz, pesant 3,1. Difficilement fusible au chalumeau; composé

de MgF -f- Mg3P. Trouvé à Hollegraben, dans le Salzbourg, disséminé^dans une veine de quarz traversant un schiste argileux.

Magnésie fluosllicatée.

Chondt'odite o u brucite. — Substance égalementfortrare, en grains cristallins et d'un jaune de cire, trouvés disséminés dans une chaux carbonatée lamellaire dans l'état de New-Jersey et en Finlande.

Formule : 2Mg3Si" -f- MgF.

llagruésie silicatée.

Les minéraux qui renferment la magnésie à l'état de silicate sont rarement cristallisés, de sorte que les espèces en sont trèssouvent confuses, mal définies ou multipliées sans grande nécessité. Je n'en nommerai qu'un petit nombre que je diviserai en deux sections seulement, les silicates non alumineux et les silicates alumineux.

SILICATES DE MAGNÉSIE NON ALUMINEUX.

Péridot.

Nommé aussi ohvinc et cJivysolitc des volcans .— Silicate vitreux, transparent ou fortement translucide; d'un vert jaunâtre ou d'un

vert olive clair; rayant le verre, mais non le quarz; pesant 3,338 à 3,344. Il ne donne pas d'eau par la calcination et est infusible au chalumeau. Il est attaquable par les acides minéraux concentrés.

Le péridot ne paraît pas exister dans les terrains primitifs ni dans les dépôts de tracbytes; mais on le trouve dans les roches basaltiques, partout où elles se sont épanchées, comme en Auvergne, dans le Velay et le Vivarais, sur les bords du Rhin, etc. Il y est disséminé en petits cristaux, en grains, ou en rognons granulaires. Les laves des volcans modernes en renferment aussi. Enfin, une des manières d'être les plus remarquables du péridot granulaire ou olivine, est son gisement dans les cavités des masses de fer météorique. Un certain nombre de grains vitreux, observés dansles diversespierresmétéoriques, lui appartiennentégalement.

Les cristaux du péridot paraissent dériver d'un prisme rhomboïdal oblique; cependant Hauy avait adopté pour la forme primitive le prisme rectangulaire droit. La composition en paraît

constante, quant à la formule, qui est Mg3Si ; mais la magnésie y est toujours en partie remplacée par de l'oxure ferreux. On admet môme aujourd'hui un péridot calcaire ou balrachite% dans lequel une grande partie de la magnésie est remplacée par de la chaux; un péridot manganésien ou knébélite qui présente en place de la magnésie des protoxydes de fer et de manganèse; enfin un péridot ferreux qui est un pur silicate de protoxyde de fer. Voici la composition particulière de ces différents minéraux :

Page 1