‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 151 sur 194 · CHAUX CARBONATÉE · texte numérisé non relu

CHAUX CARBONATÉE

Fig. 193. Rhomboèdre cuboïde, moins aigu que l'inverse et assez voisin du cube (la figure le représente modifié par six facettes latérales appartenant au prisme hexaèdre) ; cette variété a été trouvée principalement à Castelnaudary (Aude). Sa forme et sa cou-

Fig. 195. — Chaux carbonatée. Fig. 196.

leur jaunâtre lui donnent une assez grande ressemblance avec la chaux fluatée cubique ; mais la mesure des angles, qui ont environ 92 et 88 degrés, et non 90, la fait facilement reconnaître.

Fig. 196. Prisme hexaèdre régulier modifié sur chaque base par trois facettes alternatives qui appartiennent au cuboïde.

Fig. 197. Même prisme hexaèdre régulier terminé par les faces

Fig. 197. Fig. 198. fig. 199.

du rhomboèdre primitif. Ce^prisme, raccourci, formerait une sorte de dodécaèdre pentagonal. Ces cristaux ont été trouvés au Harz, dans le Cumberland, dans le département de l'Isère.

Fig. 198. Autre prisme hexaèdre régulier terminé par les faces du rhomboèdre primitif ; trouvé dans le Cumberland. La figure, raccourcie, formerait un dodécaèdre rhomboïdal. La différence très-frappante que l'on observe entre cette forme et la précédente résulte de celle du prisme hexaèdre qui les constitue.

Le prisme de la figure 197 a été formé par un décroissement tangent sur les angles latéraux du rhomboèdre primitif, et si le noyau rhomboédrique était indiqué, chacun de ses angles latéraux se trouverait placé au centre d'une face du prisme ; et celleci, en venant couper horizontalement la face du rhomboïde qui lui correspond, en forme un pentagone. Dans la figure 19S, le prisme hexaèdre, ce qui est beaucoup plus rare, ayant été formé par un décroissement tangent sur les arôtes latérales du rhomboèdre primitif, les arêtes terminales du prisme, de même que ses faces culminantes, ne diffèrent pas de celles du rhomboèdre.

Fig. 199. Prisme hexaèdre terminé par une pyramide à six faces. Ce prisme est le même que celui de la figure 197, dans lequel trois arêtes culminantes du rhomboèdre ont été remplacées par une facette triangulaire égale à celle qui reste de la face primitive (voyez page 48, où cette transformation se trouve expliquée). Ce cristal ressemble beaucoup à ceux du quarz (fig. 64, page 7) et de la chaux phosphatée pyramidée ; mais les angles sont différents.

Quarz. Chaux Chaux

carbonatéc. phosphatée.

Angles dièdres culminants 133° 48' 140° 38' 142° 15'

Angle dièdre formé par la rencontre

de P avec la face du prisme 141° 41' 134° 36' 130° 10'

Fig. 200. Dodécaèdre métastatique formé par un décroissement, sur les arêtes latérales, de deux rangées en largeur sur une rangée

Fig. 200— Chaux carbonatée.

Fig.201.— Chaux carbonatée.

Fig. 202. — Chaux carbonatée.

en épaisseur, ainsi que cela se trouve expliqué page 39. Il existe beaucoup d'autres dodécaèdres à triangles scalènes, dont plusieurs très-aigus ; mais le plus commun est le métastatique, ainsi

CIIAUX CARBONATÉE.

nommé parce qu'il offre comme une métastase ou un transport des angles du rhomboèdre primitif : l'angle plan obtus du rhomboèdre se retrouvant dans l'angle obtus <de l'un quelconque des triangles scalènes, et l'incidence de deux faces du dodécaèdre, prise à l'endroit des arêtes culminantes les plus courtes, étant égale à celle des faces du noyau, prise vers un même sommet.

La forme métastatique est peut-être la plus fréquente de toutes celles qui appartiennent à la chaux carbonatée. Elle est quelquefois complète ; mais le plus ordinairement elle se trouve combinée avec d'autres formes telles que le prisme hexaèdre, ou différents rhomboèdres. La figure 201 nous offre le cristal métastatique terminé par les faces du rhomboèdre primitif ; la figure 202 représente un autre dodécaèdre très-aigu (axigraphe de Haiïy) terminé par la base du prisme hexaèdre.

Indépendamment des formes déterminables dont nous venons de parler, des hémitropies que plusieurs d'entre elles présentent, et de la forme lenticulaire qui est produite, ainsi que nous l'avons dit, par un arrondissement du rhomboèdre équiaxe, on trouve la chaux carbonatée sous la forme de masses considérables, tantôt laminaires, c'est-à-dire formées de grandes lames dont on retire très-facilement par le clivage des rhomboèdres primitifs ; tantôt lamellaires ou formées de lames bien moins étendues et croisées dans tous les sens ; tantôt enfin les lames sont tellement petites et confuses que la masse prend l'aspect saccharoïde. Dans tous les cas, ces calcaires, qui occupent une étendue considérable à la partie supérieure des terrains primitifs, ont tout l'aspect d'une matière qui a cristallisé par refroidissement, après avoir éprouvé la fusion ignée. Cette opinion, émise pour la première fois, en 1798, par Breislak, a été confirmée en 1804 par les expériences de James Hall, qui ont montré que le carbonate de chaux pouvait éprouver la fusion ignée, sans se décomposer, lorsqu'on le chauffait sous une forte pression. Alors on peut expliquer de deux manières la formation du carbonate de chaux cristallisé dans les terrains primitifs : ou bien ce sel existait tout formé et fondu à la surface de la terre, lorsqu'elle était elle-même en état de fusion complète, et cela en raison de l'énorme pression due à une atmosphère chargée de soufre, de mercure, de zinc, et sans doute d'autres métaux, et il aura cristallisé un des premiers par le refroidissement de la surface ; ou bien on peut admettre que, à des époques bien postérieures, l'influence calorifique de roches ignées sorties du centre du globe aura déterminé la fusion des premiers calcaires de sédiment enfermés, comme dans un vase clos, sous les terrains supérieurs. Dans tous les cas, c'est à cette variété de calcaire, cristallisée par le feu, qu'il faut rapporter les

marbres les plus beaux et en particulier le marbre statuaire. Ces marbres sont très-peu variés en couleur. Les plus célèbres étaient autrefois :

Le marbre cipolin d'Êgypte, lamellaire, et d'un blanc grisâtre, avec des bandes ondulées etverdâtres dues à un mélange de talc. On en a trouvé de semblable en Corse et dans les Pyrénées.

Le marbre de Paros, dans l'archipel grec, remarquable par sa blancheur, sa belle transparence et sa structure lamellaire trèsmarquée. Les statues antiques en sont formées.

Parmi les marbres modernes, il faut citer :

Le marbre de Carrare, près de Gênes, ou marbre sacchoroïde proprement dit, qui est blanc ou blanc veiné de gris. Le premier est réservé pour les statues et pour les monuments d'une grande importance ; le second est employé pour faire des piédestaux et des ornements de palais ou de demeures particulières.

Le marbre bleu turquin, calcaire sub-lamellaire d'un bleu grisâtre, dans lequel viennent se fondre des veines blanchâtres et noirâtres. Il est très-recherché pour les meubles, et vient également de Carrare.

Après les marbres primitifs, dans lesquels la cristallisation ignée est évidente, viennent des marbres secondaires, chez lesquels un mélange d'argile, d'oxydes métalliques, de bitume, de corps organisés, viennent démontrer une origine première neptunienne ou sédimentaire. Ces marbres ont une cassure plus terne ou à peine cristalline, mais reçoivent encore un beau poli ; ils offrent en général des couleurs très-vives et très-variées. Les principaux sont :

Le marbre de Languedoc, des carrières de Caunes, près de Narbonne ; il est d'un rouge de feu, rubané de blanc et de gris. Il sert principalement pour les églises.

Le marbre griotte, provenant des mômes carrières. Il est d'un rouge brun, avec des taches ovales d'une teinte plus vive et des cercles noirs dus à des coquilles.

Le marbre sarancolin, dans les Pyrénées, d'un rouge foncé mêlé de gris et de jaune, avec des parties transparentes.

Le marbre campan, des Pyrénées également, de couleur rouge, rose ou vert clair. Il s'altère à l'air.

Le marbre portor, de Porto -Venere en Italie ; marbre noir avec des veines d'un jaune vif.

Le jaune de Sienne, d'un jaune vif mélangé de pourpre et de rouge.

Le marbre sainte-anne, d'un gris foncé veiné de blanc. Le marbre granité, d'un gris foncé veiné de blanc, presque entièrement formé de débris d'en troques (articulations d'enennes,

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