‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 154 sur 194 · CHAUX CARBONATÉE PRISMATIQUE · texte numérisé non relu

CHAUX CARBONATÉE PRISMATIQUE

driques droits ou contournés, croisés en tous sens, et comme accompagnés de feuilles, de sorte qu'elle ressemble plutôt à des rameaux d'arbrisseaux entrelacés qu'à des branches de corail.

Elle est d'un blanc parfait et composée à l'intérieur d'aiguilles très-fines qui sont inclinées sur l'axe.

L'aragonite se trouve dans divers dépôts métallifères, et le plus souvent dans ceux de fer, soit en cristaux, soit sous forme coralloïde, comme à Framont (Vosges), à Yizille (Isère), à Baigorry, aux Pyrénées, en Saxe, en Bohême, etc. ; ou bien dans les fissures des roches serpentineuses, comme au mont Rose et à Baldissero en Piémont. Elle est disséminée dans les argiles qui accompagnent les gypses, comme à Molinaen Aragon, à Bastène près de Dax, où sont particulièrement les groupes en prismes hexagones. Enfin elle est très-souvent associée aux terrains de trapp et de basalte, ou disséminée dans les tufs qui en dépendent, comme à Vertaison (Puy-de-Dôme), à Velay dans le Vivarais, à Cziczow en Bohême, d'où viennent les cristaux les plus réguliers.

Les chimistes se sont beaucoup occupés de rechercher la cause de la cristallisation particulière de l'aragonite. D'abord Fourcroy et Vauquelin n'y ont trouvé que de l'acide carbonique et de la chaux, et en ont donné des quantités un peu fautives. Ensuite Biot et Thénard y ont trouvé une petite quantité d'eau, indépendamment de ce qu'ils ont rectifié les doses d'acide et de base. Leur analyse a donné :

Chaux 56,327

Acide carbonique... . 43,045 ' Eau p,fias

Enfin, en 4813, M. Stromeyer ayant découvert dans un assez grand nombre d'échantillons une certaine quantité de carbonate de strontiane, on crut pouvoir attribuer à ce corps la cause de la cristallisation particulière de l'aragonite; mais, indépendamment de ce que la quantité du carbonate de strontiane ne dépasse pas 4,5 pour 100, et de ce qu'elle est souvent égale à 2, à 1, ou même à 0,50 pour 400, des chimistes très-habiles, tels que Laugier et Bucholz, ont trouvé des aragonites tout à fait exemptes de strontiane,'et l'aragonite coralloïcle, entre autres, n'en contient pas; il est donc certain que ce n'est pas à la présence du carbonate de strontiane que l'aragonite doit ses propriétés particulières. Je ne crois pas non plus que l'eau, qui existe toujours dans l'aragonite, mais en très-petite quantité, puisqu'elle varie de \ millième 1/2 à 6 millièmes, doive être considérée comme la cause

Guiboubt, Drogues, 5» édition. T. I. — 27

immédiate de sa forme particulière; mais elle a mis sur la voie pour en trouver la véritable cause. En effet, M. Gustave Rose, ayant remarqué qu'une partie des concrétions formées par les eaux de Carlsbad était à l'état d'aragonile, a examiné les circonstances qui concourent à cette formation, et il a été amené à conclure que, lorsque les eaux acidulés qui tiennent en dissolution du carbonate de chaux sont maintenues à une température élevée, le dépôt qu'elles produisent est de l'aragonite; tandis que, lorsqu'elles arrivent plus ou moins refroidies à la surface du sol, avant d'avoir perdu leur acide carbonique, les incrustations qu'elles produisent sont à l'état de simple chaux carbonatée. Cette observation concordant tout à fait avec le gisement habituel desaragonites au milieu de terrains qui ont évidemment subi l'influence de la chaleur d'anciens volcans, tandis que tout le calcaire concrétionné qui se forme dans les eaux parvenues à la surface du sol est à l'état rhomboédrique, il faut en conclure que M. G. Rose a trouvé les véritables circonstances qui déterminent la formation de l'aragonite.

Chaux fluo-phosphatée.

Cette substance a pour forme primitive un prisme hexaèdre régulier dont la hauteur est au côté de la base environ comme 7:10. Les cristaux les plus habituels sont : le prisme hexaèdre (fig. 212), le même prisme modifié par un rang de facettes sur

Fig. 212. — Chaux fluo-phosphatée. Fig. 213. — Chaux fluo-phosphatée.

les bases (fig. 213), le prisme pyramidé (fig. 214), le péridodécaèdre (fig. 215), le didodécaèdre (fig. 216), et quelques autres plus compliqués, dans lesquels domine toujours cependant la forme primitive. Sa densité varie de 3,166 à 3,285. Elle raie le calcium tluoruré et môme très-légèrement le verre ; elle est rayée par le feldspath. Sa réfraction est simple, d'après Hauy ; elle est infusible au chalumeau ; l'acide nitrique la dissout lentement et sans effervescence. On reconnaît facilement dans la liqueur la présence de la chaux par le moyen de l'oxalate d'ammoniaque,

CHAUX FLUÔ-PIIOSPIIATÉE.

et celle de l'acide phosphorique par une addition de sulfate de magnésie et d'une petite quantité d'ammoniaque.

Du reste la cristallisation, ou quelque circonstance inconnue, influe assez sur une des propriétés de la chaux fluo-phosphatée pour qu'on ait pensé pendant quelque temps à en faire deux es-

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