II. Jade blanc laiteux de l'Inde, moyenne de deux analyses
par M. Damour. Formule : Mg3Si2Ca Si. Cette composition étant exactement celle de la trémolite, on regarde le jade oriental comme une simple variété de trémolite. Pendant longtemps on a cru que l'alumine était un des éléments essentiels du jade oriental, mais on sait aujourd'hui qu'elle n'y entrait que par exception.
On nomme jade ascien, un jade à cassure écailleuse, susceptible d'un beau poli et d'un vert foncé ou d'un vert olivâtre, presque transparent dans ses fragments. Son poli est plus parfait et plus éclatant et son toucher est plus sec, sans être cependant entièrement privé d'onctuosité. Je possède un échantillon de ce jade, façonné en un fer de hache de 8 centimètres
Cuibourt, Drogues, 5e édition. T. I. — 2 8
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de long sur 4,3 ccntimèlrcs de large, et j'en ai vu un aulre de môme forme, qui a été trouvé dans les alluvions de la Seine par M. Duval, pharmacien et géologue très-distingué. On sait, en effet, que les peuples demi-sauvages de toutes les parties du monde, les premiers habitants de la Gaule comme ceux de l'Amérique, se sont servis des pierres les plus dures de leur pays, avant qu'ils connussent l'usage du fer, pour en fabriquer des armes et des instruments tranchants. Sur l'ancien sol parisien, c'étaient principalement le silex pyromaque et le grès de Fontainebleau qui servaient à cet usage; la petite hache de jade dont je viens de parler y avait peut-être été apportée par le commerce. En Amérique, sur les bords de l'Amazone et dans les îles de la mer du Sud, c'est principalement le jade qui sert à faire les haches et les casse-tête des indigènes.
De Saussure avait donné le nom de jade à un feldspath à base de soude, compacte, tenace, d'un gris bleuâtre ou d'un vert grisâtre, qui sert de base à la roche diallagique nommée vert de Corse. La cassure en est esquilleuse et assez semblable à celle du jade néph rétique; la pesanteur spécifique indiquée est de 3,34. Le caractère qui distingue le mieux cette substance du jade néphrétique réside dans l'éclat vitreux de sa surface polie et dans son toucher sec et dépourvu de toute onctuosité.
Actinote ou amphibole vert. — En cristaux bacillaires, non terminés, d'un vert clair, transparents et à structure lamelleuse. Fusible en un verre peu coloré en vert. Pesanteur spécifique, 3,0o.. L'analyse montre que l'aclinote n"est autre chose que de la trémolite dans laquelle une partie de la magnésie est remplacée
par de l'oxyde de fer, de sorte que sa formule est Ca Si -f (Mg,
Fe)3 Si2.
Amphibole alumineux ou hornblende. — Cette substance est presque toujours cristallisée, ou pour le moins en masses très-lamelleuses et d'un clivage facile. Sa forme primitive est un prisme oblique rhomboïdal de 124° 34', comme celui de la trémolite, et ses cristaux les plus habituels sont des prismes à six faces tels que ceux présentés figures 223 et 226. Ces cristaux ressemblent d'autant plus à un prisme hexaèdre régulier, et en particulier à certaines tourmalines, qu'ils sont terminés par un poinfementà trois faces composé delà base primitive et d'un biseau placé sur les arêtes de derrière. Mais on reconnaît très-facilement, à l'aide du goniomètre, que le prisme est seulement symétrique et non régulier; les deux angles qui restent de la forme primitive étant de L2i° 34', et les quatre autres mesurant 117° 32'. Ces cris-
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taux se distinguent en outre de ceux de la tourmaline parleur fusibilité en un verre noir, et parce qu'ils ne sont pas électriques par la chaleur. Enfin ils sont complètement noirs et opaques.
La composition de la hornblende présente toujours, comme i éléments principaux, la silice, la chaux, la magnésie et le prot-
Fig. 225.— Amphibole. . Fig. 226. .— Amphibole.
oxyde de fer; mais il est difficile d'y reconnaître la formule de lia trémolite, et d'ailleurs la présence de l'alumine, dont la quantité varie de 4 à 26 centièmes, ne permet d'en conclure aucun arrangement certain. On s'est beaucoup occupé d'expliquer comimenl la hornblende, avec une composition si variable, peut offrir mne cristallisation aussi nette, aussi constante, et toute sembla- Ible à celle de la trémolite. La manière la plus plausible d'expliiquer ce fait consiste à supposer que la hornblende est une trétmolite qui a cristallisé dans un milieu très-chargé de parties akunineuses, dont l'élimination n'a pu se faire complètement, et l'on sait que les sels qui cristallisent dans ces circonstances présentent presque toujours des formes plus simples et plus nettes ique ceux qui sont d'une pureté parfaite.
Les diverses espèces d'amphibole appartiennent aux terrains primitifs et à ceux de transition. La hornblende forme a elle seule des couches très-étendues, soit à l'état lamellaire, soit à l'état >schistoïde , et constituant le hornblendeschiefer. Mélangée au ifcldspath compacte ou laminaire, elle forme, des roches trèsétendues nommées diorites et syénites. Elle fait également partie fldes terrains volcaniques anciens et modernes, et c'est môme de eces sortes de terrains que proviennent les plus beaux cristaux. IL'actinote forme des couches dans les micaschistes et se trouve
FAMILLE DU STRONTIUM.
aussi disséminée dans les roches talqueuses. La trémolile et l'asbcste se trouvent dans les roches serpentineuses et les stéaschisles. L'asbeste vient surtout de la Corse et de la Taranlaise.
FAMILLE DU STRONTIUM.
Le strontium ressemble au barium comme le brome au chlore, le sélénium au soufre, l'arsenic au phosphore; aussi leurs composés naturels ont-ils d'abord été confondus ensemble. Le docteur Crawfort est le premier qui, en 1790, ait annoncé qu'un minéral pesant, trouvé à Stronlian en Écosse, et pris pour du carbonate de baryte, contenait une base différente, qui reçut bientôt après le nom de strontiane. Plus tard on reconnut aussi que de beaux groupes de cristaux apportés de Sicile et qui flguraient dans les collections comme sulfate de baryte, étaient du sulfate de strontiane. Ces deux états sont les seuls sous lesquels on trouve la strontiane.
Strontiane sulfatée.
Cette substance, à l'état de pureté, est sous forme de cristaux transparents et incolores, composés de 56,36 de strontiane et de
43,64 d'acide sulfurique, ou de SrS ; elle pèse de 3,85 à 3,96; elle raie la chaux carbonatée; elle présente un éclat vitreux et nacré, et possède deux axes de double réfraction. Elle décrépite au chalumeau et se fond en un émail blanc et laiteux; chauffée avec du charbon, elle donne lieu à du sulfure de strontium dont la saveur est sulfureuse et alcaline. Ce sulfure, traité par l'acide chlorhydrique, dégage du sulfure hydrique et forme une dissolution qui précipite en blanc par l'acide sulfurique et qui colore en pourpre la flamme de l'alcool .
La forme primitive de la strontiane sulfatée est un prisme droit
rhomboïdal de 104° et 76° {fig. 227). Le prisme primitif de la baryte sulfatée présente des angles de 101° 42'et 78° 38'. Cette différence de près de 3 degrés avait paru une anomalie inexplicable à Hauy, ! jusqu'au moment où l'analyse chimique vint démontrer la nature différente des deux sels. La pesanteur spécifique du sulfate de baryte est un peu plus considérable (4,3); du reste, les propriétés et les formes cristallines présentent une grande analogie.
Fig. 2-27. — Strontiane.
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On trouve en Sicile des cristaux laiteux qui affectent la forme primitive, et on en trouve aussi dans les mines du Salzbourg, qui sont bleuâtres et fortement striés sur leurs faces; mais la plupart des cristaux ont la forme de prismes rhomboïdaux de 102°58' {fig. 228) qui proviennent de l'allongement de la forme primitive
Fig. 223. — Strontiane. Fig. 2Î9. — Slrontiane.
dans le sens de la petite diagonale AA, joint à un biseau formé sur les angles E. Les beaux cristaux de Sicile se présentent sous cette forme ou sous celles représentées (fig. 229 et 230), qui n'en
Fig. 230.— Strontiane. Fig. 231.— Strontiane.
sont que des modifications. Ces cristaux rassemblés en groupes un peu rayonnants, remplissent les cavités de bancs de soufre qui alternent avec de la chaux sulfatée. Autres formes de la slrontiane sulfatée :
Laminaire; à Bristol, en Angleterre, ayant pour gangue une argile ferrugineuse.
Fibreuse; comme aux environs de Toul, en couches minces dans une argile glaise. Elle est ordinairement colorée en bleu. D'après "Wiltsein et plus tard Crawford, la coloration bleue de la strontiane sulfatée d'Iéna est due à un mélange de fer phosphaté.
Compacte et terreuse; en masses ovoïdes aplaties, ou en rognons engagés clans une marne qui sépare les bancs de chaux sulfatée,
FAMILLE DU BARIUM.
à Montmartre. Cette variété est impure et contient de 10 à 20 de carbonate de chaux. Les masses sont presque toujours crevassées à l'intérieur par suite du retrait causé par la dessiccation, et les crevasses sont ordinairement tapissées de petits cristaux brillants qui ont la forme opotome représentée figure 231. La slrontiane sulfatée qui .tapisse l'intérieur de quelques silex de la craie, à Meudon, se présente sous la môme forme.
Strontiane carbonatée.
Cette substance se trouve rarement cristallisée. Ses cristaux sont des prismes à six pans, souvent bordés par un rang de facettes annulaires, comme cela a lieu pour le prisme hexaèdre régulier; mais quelques cristaux, qui ont offert une double bordure de facettes sur quatre faces seulement, tandis qu'il n'existait qu'une seule facette sur les deux autres faces, ont montré que le prisme hexaèdre était seulement symétrique. Il dérive d'un prisme droit rhomboïdal de 117° 32' et 62° 28', presque semblable à'celui de l'aragonite. La strontiane carbonatée se trouve beaucoup plus ordinairement sous la forme-de masses à structure fibreuse et rayonnante. Elle est d'un blanc un peu jaunâtre, ou grisâtre, ou verdâtre. , Elle pèse 3,65 (la baryte carbonatée pèse 4,29); elle est rayée par la chaux fluatée, et se fond au chalumeau en répandant une lueur purpurine; elle est phosphorescente étant projetée en poudre, dans l'obscurité, sur des charbons ardents. Elle se dissout lentement et avec effervescence dans l'acide nitrique un peu étendu. La dissolution précipite en blanc par l'acide sulfurique et colore en pourpre, la flamme de l'alcool.
La strontiane carbonatée a été trouvée, associée au plomb sulfuré, au cap Strontian et à Lead-Hills en Ecosse. A Braùnsdorff, en Saxe, elle est accompagnée de pyrite.
FAMILLE DU BARIUM.
La baryte, ou l'oxyde de barium, a été découverte par Schéele, en 1774, dans l'examen qu'il fit de l'oxyde noir de manganèse, lequel contient très-souvent, ainsi que nous l'avons vu, de la baryte à l'état de combinaison. Elle a été décomposée en 1808, par Humphry Davy, qui est parvenu à en retirer le barium, en la décomposant par la pile électrique avec l'intermède du mercure. Lorsqu'elle a été obtenue à l'état de pureté, elle est d'un blanc grisâtre, très-caustique, solublc dans l'eau, plus à chaud qu'à
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froid, et cris'tallisable par refroidissement. Elle verdit fortement la teinture de violette; elle neutralise complètement les acides; enfin elle possède à un haut degré tous les caractères d'un alcali.
Toutes ses dissolutions sont précipitées par l'acide sulfurique et les sulfates solubles, et le précipité est insoluble dans l'acide nitrique.
La baryte existe dans la terre principalement à l'état de sulfate, de carbonate et de silicate.
Baryte sulfatée.
Cette substance se distingue de la plupart des autres minéraux lilhoïdes (sels calcaires, silice ou silicates), par une pesanteur spécifique plus considérable (de 4,3 à 4,7); aussi portait-elle autrefois le nom de spath pesant. Elle est assez dure pour rayer la chaux carbonatée; mais elle est rayée par le calcium fluoruré. Elle possède la double réfraction entre deux faces non parallèles ; elle est insoluble dans les acides; elle se fond au chalumeau en un émail blanc qui tombe en poussière après quelques heures. Calcinée au milieu des charbons, puis exposée à la lumière et enfin portée dans un endroit obscur, elle répand une lueur rougeâtre. Pulvérisée et chauffée en vases clos avec du charbon, elle se convertit en sulfure de barium soluble dans l'eau; décomposable par l'acide chlorhydrique avec dégagement de sulfide hydrique et formation d'un dissoluté qui précipite en blanc par l'acide sulfurique et colore en jaune verdâtre la flamme de l'alcool.
La baryte sulfatée, quoique très-répandue clans la terre, ne forme jamais de montagne, de couche ni de masse considérable. Mais plus qu'aucune autre substance d'apparence non métallique, elle sert de gangue aux métaux, et principalement aux minerais de plomb, de cuivre, d'argent, d'antimoine, de mercure et de zinc. On ne la trouve pas clans les minerais d'étain qui appartiennent à une époque encore plus ancienne.
La baryte sulfatée se trouve en outre avec fréquence dans les arkoses situés vers la séparation des granités et des terrains secondaires. On la rencontre même dans les argiles de ces terrains jusqu'à la partie inférieure des formations jurassiques, où elle cesse de se montrer.
La baryte sulfatée cristallisée et incolore est uniquement formée de 65,63 de baryte et de 34,37 d'acide sulfurique, ou de
Ba S ; celle qui est massive, amorphe ou terreuse, est souvent