FAMILLE DU BAH IL' M
mélangée de sulfates et de carbonates de stronliane et de
chaux, de iluorure de calcium ou de silice.
La baryte sulfatée cristallisée a pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal de 101° 42' et 78° 18' {fig. 232) dont le rapport d'un des côtés de la base est à la hauteur comme 50:51. Cette forme est très-facile à obtenir par le clivage des masses lamellaires ; maison la trouve naturelle à Schemnitz en Hongrie, à Offenbanya et à Kapnick en Transylvanie. Elle a une grande tendance à se montrer en cristaux aplatis ou tabulaires
Fig. 232. — Baryte sulfaté.
Fig. 233. — Baryte sulfatée.
Fig. 234. — Baryte sulfatée.
modifiés, soit sur deux angles opposés de la base, comme dans la figure 233, soit par la troncature tangente de deux des arêtes du prisme, comme dans la figure 232, où chaque arête G est remplacée par une profonde troncature g. Lorsque la troncature
Fig. 235. — Baryte sulfatée. Fig. 236. — Baryte sulfatée.
tangente se fait sur les quatre arêtes du prisme, et de manière à en faire complètement disparaître les faces, il en résulte un prisme rectangulaire {fig. 235) qui n'existe jamais simple, mais qui donne naissance à un grand nombre de cristaux composés, tels que celui de la figure 236, qui provient des mines de mercure sulfuré du Palatinat.
La variété trapézienne de Haiiy {fig. 237) appartient au môme type, ainsi que celle de la figure 238, qui n'en diffère que par des rudiments des faces primitives M, placés sur les angles du prisme rectangulaire.
Les cristaux de baryte sulfatée présentent encore trois autres formes dominantes, dont l'une (la troisième des cinq), rcprésen-
BARYTE SULFATÉE.
tée figure 239, est donnée par un biseau naissant sur les angles A de la forme primitive, prolongé de manière à remplacer complètement la base, et allongé dans le sens de la grande diagonale. Il
Fig. 237. — Baryte sulfatée. Fig. 238 — Baryte sulfatée.
en résulte un prisme rhomboïdal de 102° 9', terminé par un biseau aigu formé par les faces M (fig. 240). La quatrième forme dominante (fig. 241) est un prisme inverse
Fig. 239. — Baryte sulfatée. Fig. 240. — Baryte sulfatée.
au précédent, résultant d'un biseau é formé sur les angles aigus E du cristal primitif. L'angle de ce prisme est de 103° 30', et le biseau donné par les faces M est obtus comme celui des cristaux
Fig. 241.— Baryte sulfatée. Fig., 242. — Baryte sulfatée.
analogues du sulfate de strontiane; mais comme celte forme est très-rare, et que la précédente au contraire est fréquente, la circonstance du biseau aigu donné par les faces M peut servir, presque toujours, à distinguer les prismes du sulfate de baryte de ceux du sulfate de strontiane.
La dernière forme du sulfate de baryte est un octaèdre rectangulaire ou cunéiforme (fig. 242) formé par les mômes biseaux que la variété trapézienne (fig. 238), prolongés de manière à faire disparaître les bases. Cet octaèdre est presque toujours modifié par des facettes appartenant, soit aux variétés précédentes, soit à la forme primitive.
Les cristaux tabulaires de la barvle sulfatée sont très-souvent
FAMILLE DU BARIUM.
serrés les uns contre les autres et arrondis sur leurs angles, de manière à figurer des crêtes de coq. Enfin cette substance se trouve en masses stalactiform.es, laminaires, lamellaires, bacillaires, fibreuses ou radiées.
Cette dernière variété, nommée pierre de Bologne, se rencontre au mont Paterno, près de Bologne en Italie, sous forme de rognons arrondis et tuberculeux, disséminés dans une marne argileuse grise. Les cristaux fibreux partent du centre, s'élargissent vers la circonférence et prennent à la surface une forme lenticulaire. Cette substance servait autrefois à faire le phosphore de Bologne, qui consistait en de petits gâteaux formés de la pierre de Bologne pulvérisée et agglutinée avec de la gomme. Ces gâteaux, chauffés sur des charbons et mis dans l'obscurité, brillaient d'une lumière assez vive.
Davyte carlionatée.
Substance blanche, rayant la chaux carbonatée, rayée par le calcium fluoruré, pesant 4,3, phosphorescente sur les charbons ardents, fusible au chalumeau en un globule transparent qui devient opaque en refroidissant. Elle est difficilement attaquable par l'acide nitrique, qui finit cependant par la convertir en un dépôt pâteux d'un volume plus considérable que celui du fragment. Pour bien dissoudre le carbonate de baryte, il faut le chauffer au rouge, le plonger dans l'eau froide, le pulvériser et le traiter par l'acide nitrique affaibli.
Les cristaux naturels de la baryte carbonatée présentent quelque chose de singulier : ayant pour forme primitive un prisme droit rhomboïdal, dont les angles sont de 118° 30' et 01° 30', ils se présentent sous des formes qui appartiennent le plus ordinairement au prisme hexaèdre régulier du système rhomboïdal. Ainsi on trouve ce minéral cristallisé en prisme hexaèdre terminé par une ou plusieurs rangées de facettes sur la base; ou en prisme hexaèdre pyramidé comme le quarz, ou en dodécaèdre triangulaire isocèle. Et il faut mesurer avec attention les angles du prisme pour s'apercevoir qu'il n'est pas régulier, et qu'au lieu d'avoir tous ses angles de 120 degrés, il y en a deux de 118° 30' et quatre de iïO° 45'. La baryte carbonatée se trouve en outre sous forme de rognons arrondis à structure radiée, nu en masses compactes. Elle a été découverte d'abord dans la mine de plomb de Snailbach, en Angleterre, par le docteur Withering, ce qui est cause que Werner l'a décrite sous le nom de withérite. On l'a trouvée également à Alslon-Moor, dans le Cumberland, et à Ncuberg dans la haute Styric. Elle porte en Angleterre le nom
BARYTE ET ALUMINE I1YDR0SILICATÉES.
de mort aux rats, parce qu'elle tue les rats et les chiens. Elle est plus vénéneuse que le carbonate artificiel, qui est seulement, vomitif. Sa formule chimique est Ba C.
On a décrit sous le nom de suif ato- carbonate de baryte un mélange naturel, mais non défini, de sulfate et de carbonate de baryte; il cristallise en prismes à six pans, terminés par une pyramide à six faces, comme le carbonate simple. On a trouvé également le carbonate de baryte uni en proportion définie au
carbonate de chaux (Ba C + Ca C), et cristallisé soit en prismes rhomboïdaux obliques {barylo-calcite de Brooke), soit en cristaux qui ressemblent à des dodécaèdres triangulaires isocèles, mais dont la forme primitive est en réalité un prisme droit rbomboïdal de 118° 50' dans lequel un des côtés de la base est à la hauteur comme 25 : 16 (alstonite ou baryto-calcite en prisme droit). C'est n nouvel exemple de dimorphisme.
Baryte et Alumine liydrosilicatées.
Harmotome et morvénite. Cette substance garnit l'intérieur de géodes dans les roches amygdaloïdes d'Oberstein (Prusse rhénane), ou se trouve disséminée dans des filons, comme à Andréasberg, au Harz et au cap Strontian, enÉcosse. Elle est composée de silice, d'alumine, de baryte et d'eau, dans des proportions qui paraissent assez constantes, et dont voici la moyenne, résultant de sept analyses faites par des chimistes différents :
Rapports moléculaires.
Silice 47,62 S4,0l 11
Alumine 16,40 22,51 3
Baryte 20,37 21,26
Chaux 0,17 0,;9
Potasse 0,51 0,*5
Soude 0,22 0,55,
Uau ... 14,35 127,56' 17
Il est peu probable que la quantité de silice doive être augmentée, parce que les analyses de silicates en donnent généralement un excès, et que celle faite par Berzélius, qui n'a pas concouru à établir la moyenne ci- dessus, n'en a donné que 44,10 pour 1C0. Si cependant on suppose, dans les résultats précédents, 12 molécules de silice et 18 d'eau, on arrivera à des rapports
beaucoup plus simples qui sont Aï, Ba, Si*, H6, et l'on en déduit
la formule M Si« -f- Ba Si -f 6H, qui répond à celle de la stilbite ou du feldspath hydraté.
L'harmotome a pour forme primitive un prisme rhomboïdal droit dont les angles sont de 110° 30' et 69° 30'; et on la trouve quelquefois sous cette forme modiliée par un commencement de pyramide quadrangulaire sur chaque base, et par deux facettes sur les angles aigus du prisme (morvénite de Strontian). On en trouve d'autres cristaux formés des mômes éléments, mais trèsallongés dans le sens de la petite diagonale de la base et fortement tronqués sur les arêtes aiguës du prisme, ce qui leur donne la forme de prismes rectangulaires aplatis, terminés par quatre ou six facettes (harmotome d'Oberstein) ; mais presque toujours ces derniers cristaux se trouvent maclés et croisés à angle droit, de manière à figurer comme un seul prisme quadrangulaire qui offrirait un angle rentrant à la place de chacune de ses arêtes longitudinales.
L'harmotome est d'un blanc laiteux, quelquefois un peu jaunâtre. Les cristaux d'Andréasberg et de Norwége sont opaques; ceux de Strontian sont fréquemment transparents. Elle raie la chaux fluatée et est rayée par la chaux phosphatée. Elle pèse de 2,392 à 2,447 ; elle dégage de l'eau, blanchit et devient friable au feu; elle fond difficilement au chalumeau. Réduite en poudre, elle est facilement attaquée par l'acide nitrique ou chlorhydrique. La liqueur séparée de la silice non dissoute précipite par l'acide sulfurique.
On a trouvé à Strontian un minéral analogue à l'harmotome par la nature de ses éléments, mais qui en diffère par leur proportion et par l'adjonction de la strontiane à la baryte ; on lui donne le nom de brewstérite. Il cristallise suivant un prisme rhomboïdal oblique de 136° et 44°; il pèse de 2,25 à 2,40; il est
composé de 4AÏ Si3 -f 3 (Ba, Sr) Si + t8H.
La lithine a été découverte en 1817, par M. Arfwedson, dans trois minéraux provenant de l'île d'Uto, en Suède. Ces minéraux étaient le triphane, le pétalite et la tourmaline rouge. On a trouve depuis la même base alcaline dans d'autres minéraux où elle remplace plus ou moins la potasse et la soude, et principalement dans une variété de mica très-brillante nommée lépidolithe; enfiu elle existe à l'état de phosphate, combiné aux phosphates de fer et de manganèse, dans deux minéraux nommés triphylline et tétraphylline (pages 304 et 305) ; ou combiné au phosphate d'alumine et formant un minéral très-rare qui a reçu le nom d'ambly-
gonite, et dont la formule est Al2 P -f Li P.
PÉTALITE.
La lithinc tient le milieu, par ses propriétés, entre la potasse et la soude, d'une part, dont tous les sels sont solubles, et la baryte, la strontiane et la chaux, qui en forment un assez grand nombre d'insolubles. Ainsi le sulfate, l'azotate et le tartrate de lithine sont très-solubles, et le borate de lithine ressemble beaucoup à celui de soude; mais le phosphate de lithine est très-peu soluble, et le carbonate ne se dissout bien que dans l'eau bouillante.
Triphane.
Substance d'un gris verdâtre ou blanchâtre, trouvée dans les roches granitiques d'Uto; on l'a rencontrée depuis, dans la même position, à Sterzing dans le Tyrol, à Killiney près de Dublin, à Peterhead, en Ecosse, à Sterling dans le Alassachusets. Elle est en masses lamelleuses, translucides ou opaques, d'un éclat un peu nacré, assez dures pour faire feu avec le briquet. Elle se clive suivant les faces d'un prisme rhomboïdal de 86 degrés. Elle se boursoufle et se fond au chalumeau en un verre incolore. Fondue avec la soude sur une feuille de platine, elle y forme une tache brune due à la forte action exercée par la lithine sur ce métal.
Nous possédons plusieurs analyses du triphane très-rapprochées, dont voici la moyenne :
Rapports moléculaires.
Formule : Al Si2 + Li Si.
Pétalite.
Ce minéral forme une veine dans la pegmalite d'Uto ; il est en masses lamelleuses d'un blanc laiteux ou d'un blanc rosé, dont les propriétés sont presque semblables à celles du triphane. On
admet généralement qu'il est formé de Al Si3 -f Li Si, et que sa composition répond à celle du feldspath ; mais aucune des analyses qui en ont été faites ne justifie cette supposition.
Gmelin.
Moléc.
Hagen.
Moléc.
Arfwedson.
Moléc
Alumine. ..
Lithine. . . .
La première analyse donne Al Si* + Li Si.
La seconde
— 4 Al Si'4 + 3 (Li, Sd) Si.
La troisième
— 5 Al Si* + 6 Li Si.
Le sodium est un métal d'un blanc d'argent, plus mou et plus malléable que le plomb, un peu plus léger que l'eau, car il pèse seulement 0,972. 11 se ramollit à 50 degrés, est liquide à 90 degrés, mais ne se volatilise pas à la température du verre fondant. Il s'oxyde lentement à l'air froid et brûle vivement à la chaleur rouge. Il s'agite vivement à la surface de l'eau et se convertit en soude, qui se dissout; mais il ne s'enflamme pas comme le polassium, à moins qu'on ne le fixe à la même place en donnant de la consistance à l'eau. Il forme deux oxydes, SdO et Sd203, dont le premier seul peut se combiner aux acides. Tous ses sels sont solubles (1), et le sont plus que ceux de potasse correspondants. Cependant le carbonate est moins soluble et efflorescent.
Yoici les principales espèces minéralogiques du sodium :
Sodium chloruré, sel gemme ou sel marin.
Soude sulfatée anhydre ou thénardite.
Soude sulfatée hydratée ou sel de Glauber.
Soude et chaux sulfatées, schelotou Glaubérile. ,
Soude carbonatée, natron et uroo .
Soude et chaux carbonalées, Gay-lussite.
Soude nitratée.
Soude boratée, iinckal ou borax.
Sodium etaluminium fluorurés, cryolite.
Quant aux silicates de soude, alumineux ou non alumineux, nous les étudierons conjointement avec ceux à base de potasse, avec lesquels ils sont presque toujours confondus, soit par leur mélange, soit parleur formule semblable et par leur forme cristalline.
Sel gemme ou sel marin; formule Sd Cl, ou sodium 39,35 ; chlore •00,65. Ce sel est soluble dans 2,79 fols son poids d'eau à 14 degrés centigrades, et ne devient pas beaucoup plus soluble dans l'eau bouillante; il possède une saveur qui lui est propre, nom-
Sodium chloruré.
(I) A l'exception de rudtiffloniate.