‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 176 sur 194 · PHYLLADE · texte numérisé non relu

PHYLLADE

On trouve, au milieu de cet amas d'enveloppes vitreuses, des fragments d'obsidienne vitreuse, presque transparents. PnoNOLiTiiE = leucostine compacte.

Phtuanite. Kieselschiefer ou jaspe schisteux, pierre lydienne, pierre de touche. — Roche d'apparence homogène, noire et opaque, plus dure que l'acier, ayant une cassure terne, à grain trèsfin, droite ou conchoïde. Elle est infusible au chalumeau. En masse, elle offre une structure schisloïde; elle est entrecoupée de veines de quarz blanc. On la trouve en couches, en amas ou en rognons, dans les terrains intermédiaires et dans ceux de sédiments inférieurs. Quelques personnes ont regardé cette roche comme un jaspe, c'est-à-dire comme formée essentiellement de silice; d'autres, comme une aphanite. Il est plus probable qu'elle a été formée, de même que la plupart des roches intermédiaires, par l'action du feu central sur un mélange de parties très-atténuées de une ou de plusieurs roches primitives, d'anthracite et de fer sulfuré. L'analyse faite par Vauquelin, delà meilleure qualité de pierre de touche, s'accorde avec cette supposition. Elle a

donné :

Alumine 2,0

Chaux 1,0

Fer 1,7

Soufre 0,6

Charbon 2,7

Eau 2,5

Perte 4,5

Phyllade. — Roche des terrains de transition ou des premiers terrains de sédiment, composée essentiellement de schiste argileux, comme base, et de minéraux disséminés. Elle a une structure fissile, et elle manifeste souvent une tendance à se diviser en prismes obliques rhomboïdaux de 120 et 60 degrés. Elle est assez tendre pour se laisser rayer par le fer et même par le cuivre. Elle est toujours opaque et présente les mêmes couleurs dominantes que le schiste qui lui sert de base. Elle est presque toujours fusible en un verre noir ou grisâtre. Les principales variétés sont :

Le p/iyllude micacé qui est un schiste très-chargé de mica en paillettes distinctes. Il est pmilletè ou satiné, suivant que les paillettes de mica y sont très- distinctes ou peu discernables. Les pierres à faux de Viel-Salm près de Liège, et les ardoises de Glaris et de Gênes, appartiennent à ces variétés;

Le phyllade carburé ; noir, tachant, décolorable par le feu; de Bagnères de Luchon ;

Le phyllude porphyroïde, renfermant des cristaux de différente nature, soit de quarz, soit de feldspath, soit de macle, etc.

Ponce ou Pumite. — Substance d'origine volcanique, spongieuse et légère, composée de fibres vitreuses, courtes, rudes au toucher, laissant entre elles des interstices de grandeurs variables. Elle est ordinairement d'un blanc sale; mais il y en a de grise, de jaunâtre et de brune. Elle fond au chalumeau. Elle contient quelquefois des cristaux de feldspath disséminés. Elle est susceptible de se disgréger et de se décomposer comme toutes les roches volcaniques ; elle donne lieu, dans ce cas, soit à de la ponce arénacée, soit à une substance blanche d'apparence crayeuse, nommée asclérine.

Quoique certaines ponces aient coulé des volcans, à la manière des laves, le plus ordinairement elles paraissent avoir été lancées hors du cratère, et s'être ensuite tassées sur les terrains environnants, à la manière de la grêle. On en trouve principalement aux îles Lipari. On l'emploie surtout comme matière à polir.

Porphyre. — Roche très-dure, compacte et susceptible d'un beau poli, composée d'une pâle de feldspath compacte ou de pétrosilex, enveloppant des cristaux de feldspath ou d'albite. Ceuxci étant ordinairement blanchâtres, tranchent plus ou moins avec la pâte qui présente diverses teintes de rouge, de brun, de noir ou de vert. Les principales variétés sont : le porphyre rouge antique, à pâle d'un rouge vif et foncé, enveloppant des cristaux petits et très-nombreux de feldspath blanchâtre. Il venait autrefois d'Egypte ; le porphyre brun de Suède, à pâte brune et à cristaux rougeâtres, dont on fait maintenant la plupart des vases d'ornements, urnes et tables à porphyriser ; le porphyre rosâtre, a pâte d'un rouge pâle, renfermant, indépendamment des cristaux de feldspath, de nombreux grains ou cristaux de quarz (entre Roanne et Saint-Symphorien) ; le porphyre violùtre de Niolo en Corse, etc. Pour le porphyre noir, voyez méluphyre ; et pour le porphyre vert, voyez ophite.

Les porphyres sont des roches qui sont sorties de terre à l'état d'une fusion incomplète, et à différentes époques. On les trouve dans les lorrains primitifs, au-dessus des gneiss et des granités ; dans les terrains de transition, parallèlement avec la syénite et la diorite, et même dans le grès rouge des anciens terrains de sédiment. Plus tard, les porphyres ont été remplacés par les eurites et par les leucoslines.

Poudingue. — Ce nom n'a pas la même signification pour tous les géologues. Les uns, n'ayant égard qu'à la disposition des parties, et non à leur nature, donnent le nom de poudingue à toute roche formée de parties assez grosses, non cristallisées, arrondies

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et plus ou moins roulées, agglutinées par une pâte de nature diverse. Les autres restreignent ce nom aux seules roches formées de cailloux siliceux roulés, empâtés dans un ciment siliceux. En admettante définition la plus large, il faut alors distinguer comme espèces ou variétés :

1° Le poudingue anagénique ou anagénite, formé de fragments arrondis de roches primitives, réunis par un ciment de schiste ou de calcaire saccharoïde.

2° Poudingue pétrosiliceux. — Roches de toutes sortes réunies par un ciment pétrosiliceux {brèche universelle).

3° Poudingue argiloïde. — Noyaux quarzeuxdansun ciment argiloïde {gmuivacke de Glausthal au Harz).

4° Poudingue ophiteux. — Roches de toutes sortes, dans une pâte de serpentine.

5° Poudingue polygénique. — Roches de toutes sortes dans un ciment calcaire {nagelflue du Righi).

6° Poudingue calcaire ou gompholite. — Noyaux calcaires dans un ciment calcaire {nagelflue de Salzbourg).

7° Poudingue siliceux. — Noyaux de silex dans une pâte de grès homogène (poudingue de la plaine de Boulogne près de Paris).

8° Poudingue jaspique. — Noyaux d'agate ou de jaspe, dans une pâte de nature semblable (caillou de Rennes).

9° Poudingue psammitique. — Noyaux siliceux ou autres dans une pâte de psammite {pudingstone des Anglais).

Pouzzolane. — Sable volcanique d'apparence terreuse, d'un brun rouge ou d'un gris sombre, tiré d'abord de Pouzzoles, près de Naples, où il en existe des dépôts immenses ; on l'a trouvé depuis dans beaucoup d'autres terrains volcaniques, comme aux environs de l'Etna et de l'Hécla, ainsi que dans les volcans éteints de l'Italie, de l'Auvergne et du Brisgaw. Ces sables peuvent être le résultat de l'altération de laves qui se seraient changées sur place en matière terreuse et pulvérulente ; ou peuvent avoir été rejetés par les volcans, à peu près tels qu'on les trouve aujourd'hui. Le caractère essentiel des pouzzolanes, celui qui en fait le seul mérite et la valeur, est la propriété dont ils jouissent de former, avec la chaux et le sable commun, des mortiers qui durcissent sous l'eau. Leur importance est devenue moins grande ou moins exclusive, depuis que l'on sait fabriquer de la chaux hydraulique et des ciments artificiels.

Protogyne. — Roche de cristallisation primitive formée de feldspath, de quarz et de talc, de stéatite ou de chlorite. On peut dire que c'est un granité dans lequel le talc, la stéatite ou la chlorite remplace le mica. Cependant le talc n'y est pas en général aussi également disséminé que le mica dans le granité ; il y

forme plutôt des espèces de paquets souvent disposés à peu près parallèlement, ce qui donne à la roche une apparence un peu feuilletée* La plupart des grandes masses des Alpes et du Saint- Gothard, notamment la chaîne du Mont-Blanc et le Mont-Blanc lui-même, sont formés de celte roche.

Psammite. — Roche grenue, formée par voie d'agrégation avec les déhris atténués des roches primitives, et composée principalement de quarz sahleux, de mica et de feldspath altéré, liés au moyen d'une petite quantité d'argile (1). Le quarz est souvent prédominant. Les principales variétés sont :

Le psammite micacé ou grès des houillères. — Pâle sablonneuse grossière, grisâtre, renfermanl de nombreuses paillettes de mica. On y voit des parties charbonneuses disséminées, ou en petits lits interposés, et souvent des empreintes de végétaux.

Le psammite carbonifère des houillères. — Pâle très-fine, noire et schisteuse, très-imprégnée de charbon et portant de nombreuses empreintes de fougères ou d'autres végétaux analogues.

^ Le psammite schistoïde, Brongn. — Pâte grenue, quarzeuse, assez fine, d'un gris noirâtre, assez chargée de mica qui s'y trouve en outre quelquefois disposé par lits. Structure un peu schisteuse, ou fissile en lames d'une certaine épaisseur. Les pierres à faux de Normandie, de Lombardie et de beaucoup d'autres contrées, sont faites de cette roche

Le psammite verdâtre, dioritique ou chloritique. Ne diffère du précédent que par l'addition des grains de diorite ou de chlorite à ses éléments habituels. Pierres à faux également.

Le psammite rougeâtre. — Pâte sablonneuse, jaunâtre, brunâtre ou rougeâtre, moins mélangée de feldspath, de mica et d'argile que le psammite commun. Exemple : beaucoup d'anciens grès rouges, et la roche dite pierre à dresser de la Belgique. Il passe au grès rouge.

Le psammite sablonneux. — Quarz à l'état sableux très-prédominant, mica plus rare; passe au grès micacé.

Pséphite. — Roche composée essentiellement d'une pâle argiloïde enveloppant des fragments pisaires et même avellenaircs de schistes divers et de phyllade. Ses parties accessoires sont des fragments de même volume de quarz, de feldspath, de granité, de micaschiste, de porphyre, etc. Elle répond au grès rudimentaire de Haiiy et à la plupart des todtliegende des Allemands. Elle est rougeâtre ou verdâtre. Elle appartient à l'époque classique des

(l) L'agglutination des parties peut être due aussi en partie à l'action du feu.

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