SCHISTE
terrains de transition et de sédiment inférieur. On la trouve à Coutances, etc.
Pumite = ponce.
Pyroméride. — Roche composée d'une pâte de feldspath compacte et de quarz, enveloppant des sphéroïdes de même nature à structure radiée. Elle est d'une couleur ocreuse inégale et renferme du fer oxydé en petits cristaux cubiques ou dodécaèdres pentagonaux, qui proviennent par conséquent delà décomposition du fer sulfuré de môme forme. Cette roche, qui porte le nom vulgaire de porphyre orbiculaire de Corse, n'a encore été trouvée qu'en Corse. Peut-être faudrait-il la réunir à l'espèce pegmatile, sous le nom de pegmatite orbiculaire.
Quarzite. — Roche essentiellement composée de quarz sublamellaire ou grenu, translucide, à cassure raboteuse, sub-vitreuse dans quelques-unes de ses parties. Elle forme des couches puissantes dans les terrains de cristallisation et dans les plus anciens terrains de sédiment. Elle peut avoir deux origines : ou c'est du quarz granitique isolé de ses autres éléments, ou c'est un grès quarzeux qui est repassé à l'état vitreux par l'approche des roches ignées.
Rétinite ou Résinlte. — Ces noms pouvant faire confusion avec le rétinasphalte et le quarz résinite, peut-être serait-il convenable d'adopter sans modification le nom allemand pechstein qui appartient à une roche pyrogône composée d'une grande quantité de silice (73 à 78 pour 100), d'alumine, de soude, de chaux, d'oxyde de fer, d'une petite quantité d'eau et quelquefois de bitume. Cette roche est compacte, homogène, opaque ou un peu translucide, à cassure vitreuse avec un éclat résineux très-marqué, quelquefois un peu gras. Elle donne de l'eau et souvent du bitume lorsqu'on la chauffe dans un tube fermé. Au chalumeau elle se fond tantôt facilement et d'autres fois difficilement, ce qui indique une nature variable.
Le pechstein présente une grande variété de couleurs dont les principales sont le vert olivâtre, brunâtre ou noirâtre ; le jaune* brunâtre, le rouge sale et brunâtre, le noir verdâtre. 11 se trouve en masses non stratifiées ou en couches, dans les terrains de porphyre et de trachyte. Mais il est rarement homogène sur une grande étendue ; il renferme souvent des grains de feldspath, du mica ou d'autres minéraux, et il constitue alors une roche plus composée à laquelle on a donné le nom de stigmite.
Schiste. — Roche d'apparence homogène, d'une structure fissile, non susceptible de se délayer dans l'eau et ne faisant pas pâte avec ce liquide, même après avoir été pulvérisée. Elle présente à la vue simple, à la loupe surtout, une multitude de petites la-
nielles de mica ; en sorle qu'elle paraît n'être souvent qu'un mica très-divisé, réuni en masse compacte. Elle a une cassure esquilleuse; elle est souvent assez tendre pour se laisser rayer par le cuivre, et elle est toujours rayée par le fer ; elle est complètement opaque, sans éclat ou n'ayant qu'un faible éclat soyeux. Les couleurs en sont ternes et varient entre le noir, le brun bleuâtre, le gris bleuâtre, le verdâtre, le jaunâtre et le rougeâtre. Presque tous les schistes sont fusibles en émail noir ou brun ; quelquesuns font effervescence avec les acides ; d'autres contiennent une matière charbonneuse ou bitumineuse; mais leurs principes essentiels sont la silice, l'alumine, l'oxyde de fer; la magnésie, la potasse ou la chaux et l'eau. En voici les principales variétés :
1° Schiste luisant. — 11 est luisant et comme soyeux dans le sens de ses lames, qui sont souvent ondulées ou plissées. Il se fond facilement en un émail gris ou jaunâtre rempli de bulles. Il est évidemment composé de mica, et il passe au micaschiste par des nuances insensibles. Il appartient aux premiers terrains de sédiment ; il ne renferme aucun débris de corps organisé.
2° Schiste ardoise. — En masses très-fissiles et faciles à diviser en grands feuillets minces et planes. Il est encore un peu luisant ; il est sonore lorsqu'on le frappe avec un corps dur, et est souvent assez dur pour recevoir la trace du cuivre; il fond facilement au chalumeau.
On trouve le schiste ardoise dans un grand nombre de localités, et, en France, à Angers principalement. Le schiste y forme masse de plusieurs lieues d'étendue, à stratification très-relevée ou presque verticale, qui vient affleurer le sol presque partout. On l'exploite à ciel ouvert, ou dans de vastes excavations souterraines qui ont plus de 100 mètres de profondeur. On y trouve des cristaux cubiques de fer sulfuré, et fréquemment des empreintes de trilobites.
3° Schiste argileux. — Plus tendre que le précédent, ce schiste répand une odeur argileuse très-sensible et absorbe l'eau assez abondamment. Il ne reçoit pas la trace du cuivre. Il ne peut se diviser en feuillets minces. 11 appartient, comme le schiste ardoise, aux terrains primordiaux de sédiment, et l'on peut admettre qu'il n'en diffère que parce que le mica qui le compose est réduit par sa grande division à l'état argileux.
4° Schiste novaculaire on pierre à rasoir. — Ce schisle est formé d'une pâte beaucoup plus fine que les autres, compacte et à cassure plutôt écailleuse que feuilletée. Il présente des couches superposées de deux couleurs différentes, l'une jaune, l'autre d'un brun violacé. La présence de deux couches ainsi diversement colorées est un caractère si reconnu dans le commerce, qu'on les réunit
STÉASCIIISTE.
toujours artificiellement, lorsqu'elles ne le sont pas naturellement. Cette roche me paraît contenir de la stéalite à l'état de mélange intime et essentiel ; peut-être serait-elle mieux rangée parmi les stéaschistes.
5° Schiste siliceux. — Solide, à structure fissile, assez dur pour rayer le fer, très-difficile à fondre. Il est ordinairement noir et les fissures de stratification sont souvent enduites d'un vernis brillant de la nature de l'anthracite ou du graphite. C'est un mélange en parties non distinctes de schiste argileux et de silice.
6° Schiste bitumineux. — Noir, solide, à feuillets épais et contournés; il perd en partie sa couleur au feu, en répandant une odeur bitumineuse. Il alterne avec les phyllades pailletés et les psammites dans les terrains houillers. Il se confond presque avec le phyllade carbonifère.
7° Schiste graphique, ampélite graphique, crayon noir, crayon des charpentiers. — Cette substance est tout à fait noire, à cassure homogène et conchoïde, assez tendre pour laisser des traces sur le papier. Elle est fissile en grand. Elle perd sa couleur noire par la calcination et laisse un résidu coloré en rouge par l'oxyde de fer. Elle se délite et s'effleurit souvent à l'air humide, en raison du sulfure de fer qu'elle renferme.
8° Schiste alumineux, ampélite ou terre à vigne des anciens. — Il ne diffère du précédent que par le mélange d'une plus grande quantité de fer sulfuré qui le rend très-altérable à l'air et trèspropre à la fabrication de l'alun.
Sélagite . — C'est une diorite qui contient du mica disséminé.
Serpentin = ophite.
Sidéhocriste. — Roche composée de fer oligiste micacé et de quarz, observée dans les environs de Villarica au Brésil. Elle paraît être le gîte originaire de l'or et des diamants déposés dans le terrain d'alluvion.
Spillite. — Roche composée d'une pâte d'aphanite renfermant des noyaux arrondis de nature différente. Le spillite commun présente des noyaux de calcaire spathique, et quelquefois des noyaux d'agate, dans une pâte compacte d'un vert sombre ou d'un brun violâlre ; par exemple, la roche nommée variolite du Drac. Le spillite bufonite a la pâte noire. Le spillite veiné renferme des veines et de petits grains de calcaire cristallisé. Le spillite porphyroïde contient dans la pâte des cristaux de feldspath. Cette roche appartient à des terrains d'épanchement probablement postérieurs aux terrains de sédiment moyens.
Stéascuiste. — Ce nom devrait signifier roche composée de stéatite et de schiste (tel est le schiste novaculaire) ; mais il a été donné à une roche formée d'une base de talc enveloppant des minéraux
très-variables, et qui sont principalement le quarz, le feldspath, la diallage, le grenat, la chlorite, la serpentine, le fer oxydulé, les pyrites, etc. Au moins aurait-on dû la nommer talschiste, comme le font les Allemands. Cctlc roche constitue des roches subordonnées dans les micaschistes primitifs et les schistes argileux.
Stigmite. — Pâte de pechslein ou d'obsidienne renfermant des ' grains ou des cristaux de feldspath. Les parties accessoires sont le quarz, le mica, l'obsidienne perlée. Celte roche fait partie des terrains d'épanchement trachyliqucs et trappéens et des terrains pyroïdes de tous les âges.
Syénite. — Roche composée de feldspath laminaire prédominant, d'amphibole et de quarz. On peut dire que c'est du granité dans lequel l'amphibole a remplacé le mica. Sa couleur dominante varie avec celle du feldspath, et elle est souvent d'un rouge incarnat. On y trouve comme parties accidentelles du mica, du zircon, du fer oxydulé ou titané ; des cristaux de sphène, etc. La syénite existe d'abord en couches subordonnées dans le gneiss et le micaschiste ; elle est beaucoup plus répandue dans les terrains de transition, où elle existe d'abord en formation parallèle aux porphyres les plus anciens ; on la trouve ensuite en couches subordonnées aux schistes argileux; elle constitue enfin, au-dessus de ces terrains, une formation indépendante et parallèle aux porphyres et à la diorite porphyroïde métallifère.
Téphrine. — D'après de Lamétherie, la téphrine est une pierre volcanique intermédiaire entre le pétrosilex et l'amphibole. Elle est grisâtre, rude au toucher, remplie de vacuoles et fusible en un émail grisâtre ou verdâlre picolé de noir. C'est elle qui forme la base des anciennes laves de Volvic, d'Andernach, etc., et celle des laves actuelles de l'Etna, du Vésuve et de la Guadeloupe. Elle peut renfermer des cristaux distincts de diverses substances, et on la désigne alors par les noms de téphrine feldspathique, pyroxénique, amphigénique, etc., suivant la nature des cristaux.
Tbonpokphyre = argilophyre.
TuoNScniEFER = schiste argileux et phyllade.
Trachyte. — Roche àbase d'albite grenue empâtant des cristaux de feldspath vitreux. Elle est généralement d'un gris terne, un peu celluleuse et présente une cassure très-raboteuse. Elle fond an chalumeau. Elle présente comme parties accessoires ou accidentelles dumica,deramphibole,dupyroxène,duferoligiste,etc. Elle passe par des degrés peu distincts à l'eurite ou à la leucostine ; à l'argilophyre, au porphyre, au basalte et à la dolomie. Elle appartient aux terrains d'épanchement qui portent son nom, antérieurs aux volcans de l'époque actuelle; elle forme des plateaux à escarpements