IV. Source d'Omergue
V. Source du fossé Galtier. — Elle paraît sortir d'une houillère abandonnée. Le fer est en partie au maximum d'oxydation. Elle est trop active pour être employée en boisson.
VI. Source haute, ou forte Beselgues. — Cette eau peut donner lieu à des symptômes d'empoisonnement, en raison de la forte quantité de sulfate de fer qu'elle contient. '
A un mille environ d'Aubin, en remontant le ruisseau de Cransac, on aperçoit sur la gauche une source très-abondante, connue sous le nom de source du pré Galtier, dont la composition diffère complètement de toutes celles que nous venons d'énumérer. Cette eau est acidulé, gazeuse et ferrugineuse. Elle ne fournit que 6 décigramrnes de résidu sec par kilogramme, et ce résidu est composé principalement de carbonate de fer et de manganèse, d'une petite quantité de carbonates de chaux et de magnésie, et de quelques traces de sulfate de chaux. Cette eau mériterait peut-être de remplacer, pour l'usage médical, toutes
* .art
DE L'EAU
les eaux de Gransac, dont la composition est si variable et dont l'usage peut ne pas être à l'abri d'inconvénients.
Dax (Landes). — Ville sur la rive gauche de l'Adour, à dix lieues de Bayonne. On y trouve un grand nombre de sources dont la température varie de 66 degrés à 30 degrés, et dont la composition est peut-être aussi variable que la température. L'eau de la fontaine Chaude a fourni à MM. Thore et Meyra :
grain.
Sulfate de chaux 0,170
— de soude 0,151
Chlorure de sodium 0,032
— de magnésium 0,095
Carbonate de magnésie 0,027
Eger ou Egra (Bohême, Autriche). — Ville près de laquelle se trouvent des sources d'eaux minérales, qui ont été très-vantées par Frédéric Hoffmann. Elles naissent d'un terrain volcanique ; elles sont froides, pétillantes, et sont à la fois acidulés-alcalines et salines. Elles contiennent en sels anhydres, suivant l'analyse de Berzélius :
gram.
Sulfate de soude 2,610
Chlorure de sodium 1,000
Carbonate de soude 0,560
— de magnésie 0,070
— de lithine 0,004
— de strontiane 0,001
— de protoxyde de fer 0,017
— de manganèse 0,003
Phosphate de chaux 0,021
— d'alumine 0,012
Silice 0,048
Ems (duché de Nassau). — Village à deux lieues de Coblentz, célèbre par ses eaux minérales. On y trouve une source d'eau froide et plusieurs sources d'eaux thermales, dont la température varie de 23° à 55°, mais dont la nature paraît être semblable. Elles sont acidulés-alcalines, ainsi qu'il résulte des analyses suivantes, dues à M. Frésénius :
Kruncheu-Brunnen. Nouqucllc.
cent, cubes. cent, cubes.
Acide carbonique 109,8 77,2
gr. gr.
Bicarbonate de soude 1,93198 2,09252
— de chaux 0,22456 0,23319
EAUX MINÉRALES
Krimchcn-Brunnen, cent cubes.
Report 2,15054
Bicarbonate de magnésie 0,19598
— de fer 0,00217
— de manganèse i 0,00094
— de strontiane et baryte. 0,00015
Chlorure de sodium 0,92241
Sulfate de potasse 0,04279
— de soude 0,00179
Phosphate d'alumine 0,00042
Silice 0,04919
Carbonate de lilhine traces.
Iodure de sodium faibl. traces
Bromure de sodium très-douteux.
Neuqucllc.
cent cubes.
traces, faibl. traces, très-douteux.
Encausse (Hante-Garonne). — Village à une lieue de Saint- Gaudens. On y trouve trois sources d'une eau séléniteuse, dont la température est de 23°, 7. Elle contient, d'après l'analyse de M. Filhol :
Grande et petite Source d'Argut
litr.
Acide carbonique J
Azote et oxygène ) '
Carbonate de chaux. 0,0270
— de magnésie ,.. 0,0155
Sulfate de potasse ,. . traces.
— de soude 0,0204
— de chaux 2,1390
Chlorure de sodium i 0,3202
Silicate de soude traces.
Acide silicique 0,0100
Iode »
Oxyde de fer J
Arsenic { traces.
Matières organiques )
litr.
Sr' 0,0258
traces.
0,0120 traces.
Enghien-Montmorency (Seine-et-Oise). — Hameau situé dans la vallée de Montmorency, sur le bord de l'étang de Saint-Gratien, à un quart de lieue de Montmorency et à quatre lieues de Paris. On y trouve des eaux sulfureuses froides, dont la plus anciennement connue, produite par la source Cotte ou source du Boi, a été le sujet d'une fort belle analyse faite par Fourcroy et Vauquelin. Depuis on a découvert plusieurs autres sources. Ces eaux ont été analysées par M. Frémy, pharmacien à Versailles ; par MM. De
8*4 de l'eau.
Puisaye et Leconte et par M. Bois, M. Longchamp, surtout par Henry fils, qui a mis à la détermination exacte de leurs principes une rare sagacité et une grande persévérance. Ceux qui voudront apprécier toutes les difficultés d'un semblable travail pourront consulter le Journal de Pharmacie (1), mais, ici, nous ne pouvons guère que présenter les résultats comparés de Fourcroy et de Henry fils et de MM. de Puisaye et Leconte :
Fourcroy. Henry fils. De Puisaye
et Leconte.
Eau d'Enghicn Source Source Source Source
1 litre ou J ,000 grammes. du Roi. du Roi. de la pêcherie, du Roi.
Br- gr. gr. gr.
Azote » 0,017 0,010 0,01956
Acide carbonique 0,2007 0,248 0,254 0,11958
— sulfhydrique 0,0967 0,018 0,016 0,02554
Sulfhydrate de magnésie... » 0,101 0,119 »
— de chaux » 0,1 16 » »
Sulfate de chaux 0,3613 0,450 0,061 0,31909
— de magnésie 0,1714 0,105 0,073 0,09051
— dépotasse » » » 0,00890
— de soude » » » 0,05031
— d'alumine » » »> 0,03904
Carbonate de chaux 0,2322 0,330 0,400 0,21785
— de magnésie 0,0145 0,038 0,030 0,01676
Chlorhydrate de magnésie. 0,0868 0,010 » »
Chlorure de sodium 0,0260 0,050 0,0205 0,03923
Silice traces. 0,040 o,05i 0,02878
Matière organique traces, quant, ind. 0,025 indéterm.
■Les 0,0967 grammes d'acide sulfhydrique, trouvés par Fourcroy, et les 0,11958 trouvés par De Puissaye et Leconte, représentent la totalité de cet acide libre ou combiné; tandis que les nombres correspondants de Henry fils n'expriment que la quantité d'acide libre. Aussi les résultats de Fourcroy et de MM. de Puissaye et Leconte ne présentent-ils pas les sulfhydrates indiqués dans ceux de M. Henry. Je dois faire remarquer, cependant, que la quantité d'acide sulfhydrique trouvée par M. Henry, clans ses deux analyses, ne s'élève qu'à 0,063 et 0,064 grammes; mais de nouveaux essais lui ont donné 0,085, quantité beaucoup plus rapprochée de celle trouvée par Fourcroy. Au surplus, l'acide sulfhydrique est un principe si fugitif et si altérable par le contact de l'air, qu'il" est extrêmement difficile d'en déterminer la quantité avec exactitude. M. Longchamp admet dans l'eau d'Engbien du chlorure de potassium en place de sel marin, et M. Frémy en a extrait une petite quantité de fer qui paraît effectivement devoir s'y trouver.
(1) T. IX, p. 482 ; t. XI, p. Cl, 83 et 124 ; et t. XII, p. 341 et 5Ci.
EAUX MINÉRALES
Epsom (Surrey, Angleterre). — Village à 22 kilomètres de Londres. On y trouve des eaux amères et salées qui contiennent 0,03 de sulfate de magnésie, et qui fournissent de très-grandes quantités de ce sel au commerce. Ces eaux sont donc purgatives, mais à un moindre degré que celles de Sedlitz et de Seidschutz en Bohême.
Forges-les-Eaux (Seine-Inférieure), à 40 kilomètres de Rouen et à 111 kilomètres de Paris. On y trouve des eaux ferrugineuses qui ont acquis quelque célébrité par l'usage qu'en firent, en 1633, la reine Anne, stérile encore après dix-huit années de mariage, Louis XIII et le cardinal de Richelieu. Ce fut alors qu'on isola les trois sources qui les fournissent, et que le nom de Cardinale fut donné à la source la plus active, celui de Royale à la source moyenne, et celui de Reinette à la plus faible. Elles ont conservé jusqu'aujourd'hui leurs noms et leur force relative, ainsi qu'il résulte de l'analyse qui en a été faite par Robert en 1814, et en 1845 par M. 0. Henry (1). Voici ces analyses, calculées pour 1 litre :
Robert.
Reinette.
Royale.
Cardinale
litres.
litres.
litres.
grammes.
grammes.
grammes.
Chlorhydrate de magnésie
Reinette. Royale. Cardinale,
litres. litres. litres.
grammes, grammes, grammes.
"j 0,006 0,010 0,00li
traces. 0,002 0,002
traces, traces, traces.
.. traces. Iraces. sensible.
(1)0. Henry, Dullet. de l'Acad. de méd., t. X, p. 985.
CuiBOunT, Drogues, a* édition, T. I. — 35
O. Henry.
Acide carbonique libre
Bicarbonate de chaux
— de magnésie. . . .
Chlorure de sodium
— de magnésium
Sulfate de chaux
Sulfate de soude
— de magnésie
Crénate de potasse?
— de proloxyde de fer
— de manganèse
Silice et alumine
Sel ammoniacal
DE L'EAU
Forges (commune de la Chapelle sur Erdre, département de la Loire-Inférieure), village à !) kilomètres de Nantes où l'on trouve une eau très-ferrugineuse, qui porte le nom d'eau de Forges. Elle a été analysée par MM . Prevel et Lésant, pharmaciens à Nantes (1).
Forges-sur-Briis (Seine-et-Oise), à 38 kilomètres au sud de Paris, et à 2 kilomètres de Limours, village dans lequel on trouve plusieurs sources d'une eau presque pure, à laquelle on a attribué, dans ces dernières années, la propriété de guérir les scrofules (2). Il est certain qu'un assez grand nombre d'enfants scrofuleux, qui ont été traités dans ce village, ont été guéris ou ont éprouvé une grande amélioration dans leur état ; mais cet heureux résultat doit être attribué plutôt à la nature du sol et à l'heureuse exposition du pays qu'à la composition des eaux. Il ne mérite pas moins d'être pris en grande considération.
Graville-l'Heure, village à 4 kilomètres à l'est du Havre, dans lequel, en creusant un puits, on a découvert, à la profondeur de 2 ou 3 mètres, une source d'une eau très-remarquable, en ce qu'elle réunit la présence du fer à celle de l'iode. D'après MM. Leudet et Duchemin, pharmaciens du Havre, qui ont d'abord reconnu ces principes dans l'eau de Graville, cet iode serait à l'état d'iodure de potassium ou de sodium ; suivant M. Henry, dont voici l'analyse, il y serait à l'état d'iodhydrale d'ammonia-
que. Produits secs pour un litre d'eau :
gram.
Chlorure de sodium 0,700
— de potassium 0,060
— de calcium 0,21 1
— de magnésium 0,080
Iodhydrate d'ammoniaque 0,012
Sulfates de soude et de chaux 0,014
Silicates de chaux et d'alumine 0,088
Bicarbonates de chaux et de magnésie 1,699
Peroxyde de fer 0,042
Matière organique indét.
Gréoulx (Basses-Alpes). — On y trouve une eau sulfureuse secondaire, ayant une température de 35 degrés, et qui paraît avoir été connue des Romains. En 1835, on a découvert une nouvelle source, dont la température n'est que de 16 à 22 degrés, dont la qualité sulfureuse est nulle ou douteuse, et qu'on doit regarder
(1) Journ. pharm., t. VII, p. 306.
(2) Bulletin de V Académie de médecine, t. VIII, p. 2G3.
EAUX MINÉRALES
comme un mélange de l'eau ancienne avec des infiltrations superficielles. L'analyse de l'eau ancienne a été faite par M. Grange,
et a donné pour un litre :
gr-
Carbonate de chaux 0,155
— de magnésie 0.059
Sulfure de calcium 0,050
Sulfate de soude 0,150
— de chaux 0,1 5G
Chlorure de sodium l,ob\
— de magnésium 0,195
Iodure et bromure 0,064
Acide silicique 0,120
Alumine 0,049
• Matière organique 0,029
Hammàn-Mescoutine (province de Constanline, -Algérie). — On y trouve des sources thermales incrustantes, connues sous le nom de Bains maudits, et qui paraissent avoir formé un plateau très-considérable de travertin calcaire, surmonté de plusieurs centaines de pyramides ou de monticules coniques, dus pareillement au carbonate de chaux déposé par les eaux. Ces eaux d'ailleurs ne sont pas de môme nature : les unes, chaudes à 95 degrés, sont sulfureuses, principalement formées de sels sodiques, et présentent une composition analogue à celle des eaux sulfureuses des Pyrénées ; les autres, chaudes seulement à 62°, 5, sont plutôt de nature calcaire et incrustante, et ce sont elles principalement qui ont dû former le dépôt de travertin dont il vient d'être parlé. M. Tripier, pharmacien militaire, qui, le premier, a examiné ce travertin, a trouvé qu'il contenait de l'arsenic, très-probablement à l'état d'arséniate de chaux. Ce résultat, qui n'avait pas été confirmé d'abord par les expériences de O. Henry, a été reconnu exact depuis, et O. Henry a constaté pareillement la présence de l'arséniate de chaux dans le produit de l'évaporation de l'eau sulfureuse (1). Cet exemple a conduit d'autres chimistes à chercher l'arsenic dans les eaux minérales, et déjà il paraît à peu près certain que toutes les eaux ferrugineuses carbonatées en contiennent.
Hetlbbunn. — Village près de Tolz, dans l'Oberland bavarois ; on y voit une source minérale, dans laquelle, en 1825, M. Vogel a découvert de l'iodure de sodium. Cette eau, dont l'efficacité contre les affections scrofuleuses a été constatée, contient, d'après Barruel :
(1) Voyez Bulletin de l'Académie de médecine, t. III, p. 880 ; t. X, p. 1001, et Journal de pharmacie, t. XXV, p. 247 et 525, 3» série; t. VII, p. 457.
DE L'EAU
litre.
Hydrogène carboné 0,025
Acide carbonique 0,005
gram.
Chlorure de sodium 3,928
lodure de sodium 0,098
Bromure de sodium 0,032
Sulfate de soude 0,048
Carbonate de soude 0,506
— de chaux 0,054
— de magnésie 0,025
Peroxyde de fer 0,006
Silice 0,013
Matière organique traces.
Hombourg (capitale du duché de Hesse-Hombourg). — Ville située sur la Lahn, à 17 kilomètres de Francforl-sur-le-Mein et à 17 kilomètres de Darmstadt. On trouve aux environs un grand nombre de sources salées froides, qui servaient depuis longtemps à l'extraction du sel, lorsque, il y a une dizaine d'années, on y a fondé des établissements de bains et des lieux de plaisir et de réunion pour y attirer les étrangers. L'analyse des principales sources, faite par M. Liebig, a d'ailleurs montré que ces eaux devaient être très-actives.
Source
Source
Source
Eau, 1 kilogramme.
des bains.
d'Elisabeth.
dite
Neubrunuen
gram.
6ram.
— de protoxyde de fer. . . .