‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 183 sur 194 · Henry. Saladin · texte numérisé non relu

Henry. Saladin

g'-- gr-

Sels desséchés 1,25 3,105

Carbonate de chaux ' 0,503 1,225

— de magnésie 0,050 »

— de soude » 0,189

Sulfate de soude 0,028 0,274

— de chaux 0,042 »^

Chlorure de calcium.. » 1,185

— de magnésium ! 0 100 »

— de sodium j '

Silicates de chaux et d'alumine 0,500 »

— de soude 0,020 »

Oxyde de fer à l'état de crénate et de carbonate . 0,040 0,232

Il existe, à trois lieues et demie de Bourbon-l'Archambault, deux autres sources minérales connues sous les noms d'eaux de Saint-Pardoux et de la Trollière. Voyez Saint-Pardoux.

Bourbonne-les-Bains (Haute-Marne). — Petite ville à dix lieues de Chaumont, dix lieues de Langres et soixante-douze lieues de Paris, célèbre depuis longtemps par ses eaux thermales, qui sont des plus salées que l'on connaisse. Un hôpital militaire, pouvant contenir 500 malades, y a été fondé sous Louis XV. Il y a trois sources, dont celle de la place marque 58°, 75, celle des bains civils 57°, 50, et celle de l'hôpital militaire 50°. Les analyses qui en ont été faites à diverses époques ne s'accordent pas complètement, ce qui tient peut-être à la différence des sources (1).' En 1827, M. Desfosses, pharmacien à Besançon, y a constaté la présence du brome.

M. Miahle et Figuier en ont donné la composition suivante, pour un litre d'eau :

Source de la Source des Place. bains civils,

grammes. grammes.

Carbonate de chaux 0,108 0,098

Sulfate de chaux 0,899 0,879

— de potasse 0,149 0,129

Chlorure de sodium 5,783 5,771

— de magnésium 0,392 0,381

(i) D'après M. Chevallier, cependant, la salure des sources varie non-seulement d'une année à l'autre, niais quelquefois môme dans la même saison.

DE L'EAU

Source du la

Source des

Bains civils.

grammes.

irpa III IripG „ l U 1 1 1 II l< 9 .

Report

Bromure de sodium.

Silicate de soude

Alumine

M. Chevallier a signalé des traces d'arsenic dans les boues et les concrétions de ces eaux.

Bussang (Vosges). — Village à dix lieues de Plombières et près de la source de la Moselle.

On y trouve cinq sources ferrugineuses froides, très-cbargées d'acide carbonique et contenant, d'après l'analyse de Barruel, en principes fixes et par litre :

Carbonate de soude 0,770

— de fer 0,016

Sulfate de sodium 0,110

Chlorure de soude 0,080

Silice 0,056

MM. Chevallier et Schauelffe y ont trouvé de l'arsenic. Cannstadt (Allemagne), sur le Neckar, à quatre kilomètres de Stuttgard.

Cette station compte environ quarante sources très-abondantes, et il suffit de forer le sol dans les environs pour en obtenir de nouvelles. Leur température (18° — 21°) et leur composition sont peu différentes. Voici, d'après M. Fœhling, l'analyse de deux d'entre elles pour 1 litre d'eau :

AVilhemsquelle. Sprudel.

cent, cubes, cent, cubes.

Acide carbonique 127,33 149,9

gr. gr.

Chlorure de sodium 1,795 1,999

— de potassium » »

— de magnésium » »

Carbonate de chaux 0,943 1,087

— de magnésie » »

— de fer 0,088 0,019

Sulfate de soude 0,349 0,269

— dépotasse 0,146 0,164

Silice 0,0<9 0,023

EAUX MINÉRALES

Cahlsbad. — Ces bains célèbres de l'empereur Charles sont situés en Bohême, dans une vallée étroite et profonde, et sont peu éloignés de l'endroit où cette vallée s'ouvre dans celle de l'Éger. Un ruisseau, nommé le Tepei, coule au milieu, et les sources chaudes sourdent en très-grand nombre sur ses deux rives, à de petites distances les unes des autres. Toutes ces sources, dont la principale se nomme le Sprudel, ont une origine commune, et sortent à travers les ouvertures d'une croûte de calcaire que l'eau a formée elle-même, en abandonnant le carbonate de chaux qu'elle tient en dissolution.

Celte croûte de calcaire fut brisée au commencement du siècle dernier, et l'on vit au-dessous plusieurs grandes cavités remplies d'eau, dont le fond était également une croûte de calcaire. On perça cette seconde croûte, et l'on découvrit sous elle des cavités semblables d'où l'eau sortit avec une force prodigieuse, et dont le fond consistait en une troisième croûte épaisse, comme les précédentes, de 1 à 2 pieds, et recouvrant enfin un vaste réservoir d'eau bouillante nommé le Chaudron du Sprudel, qui s'étend sous la plus grande partie de la ville de Carlsbad. Ce réservoir paraissait avoir, suivant l'inégalité du fond, de 11 à 14 pieds de profondeur, sauf dans une certaine direction, où l'on ne put atteindre la limite, et c'est par cet endroit que l'eau afflue avec force en paraissant venir des lieux les plus profonds du globe.

Ce qu'on nomme le Sprudel n'est proprement qu'une certaine ouverture du bassin-chaudron, par laquelle l'eau est poussée, par intervalle, avec de grandes quantités de gaz acide carbonique ; sa température, à la sortie, est de 73 degrés centigrades; les autres sources varient de 62 à 50 degrés, suivant leur élévation sur le terrain et le refroidissement plus considérable qu'elles éprouvent avant d'arriver à l'air. La quantité d'eau qui en sort est prodigieuse, et on a calculé, d'après son analyse, qu'il s'écoulait avec elle annuellement, sans aucun profit pour les arts, 200,000 quintaux de carbonate de soude et 300,000 de sulfate de soude cristallisé.

L'analyse des eaux de Carlsbad a été faite par Beccher, Klaproth, Reuss, et offrait assez de concordance pour qu'on pût juger inutile de l'expérimenter une quatrième fois. Il était réservé cependant à Berzélius d'y découvrir des principes jusqu'alors inaperçus dans les eaux minérales ; voici les résultats de son analyse (I), modifiés d'après ceux qu'a obtenus plus récemment M. Gottl :

(1) Berzélius, Annales de chimie et de physique, t. XVIII, p. 254.

DE L'EAU

Eau du Sprudel, 1 kilogramme.

cent. cubes.

Acide carbonique 210,590

Azote 0,850

grammes.

Sulfate de soude desséché 2,154

— de potasse 0,053

Carbonate de soude 1 ,304

Chlorure de sodium 4,256

— de magnésie 0,057

— de protoxyde de fer 0,004

Silice 0,151

Phosphate d'alumine avec excès de base

Cauterets (Hautes-Pyrénées). — Village à l'extrémité de la vallée de Lavédan, au pied des Pyrénées, à dix lieues de Tarbes, à sept lieues de Baréges. On y trouve des sources nombreuses et abondantes d'eaux sulfureuses thermales, dont les principales sont celles de la Raillère, des Espagnols et de César. Celles-ci, dont la température est la plus élevée, et marque 51 degrés centigrades, est en même temps la plus sulfureuse et doit être considérée comme le type de l'eau de Cauterets ; les autres sources devant probablement leur température inférieure et leur moindre sulfuration à un mélange d'eau des terrains supérieurs, ou à l'action de l'air dans les conduits qui les amènent à la surface de la terre. Les eaux de Cauterets sont remarquables par la minime quantité de substances salines qu'elles contiennent, et elles ont, du reste, une composition analogue à celle des autres eaux sulfureuses primitives des Pyrénées. M. Longchamp a retiré de l'eau de la source de la Raillère, pour un litre d'eau (i) :

litres.

Azote 0,0004

gram.

Sulfure de sodium 0,0194

Sulfate de soude 0,0443 .

Chlorure de sodium 0,0496

Soude caustique 0,0034

Chaux 0,0045

(f) Cette analyse laisse à désirer au moins pour la manière dont les résultats ont été interprétés. On a reconnu depuis que la potasse et la soude ne se rencontraient jamais à l'état caustique dans les sources.

Henri prétend que la source de la Raillière, et probablement les autres, contiennent de l'iodure de sodium.

EAUX MINÉRALES

gram .

Report 0,1823

Magnésie 0,0004

Potasse caustique \

Ammoniaque [ traces

Barégine ) ,

MM. Gintrac, Filhol, François et Buron ont fixé de la manière suivante la quantité de monosulfure de sodium contenue dans les différentes sources . Su,fure de sodium

par litre, gram.

Source des Espagnols 0,0254

— de Bruzaud 0,0150 Z

— de César 0,0267

— de Pause 0,0245

— du Pré 0,0223

— du Bois 0,0161

— Maouhourat 0,0134

Cauyallat (Gard). — Auprès du Vigan. On y trouvé une eau sulfureuse secondaire, froide et d'une composition presque semblable à l'eau d'Enghien. Elle a été analysée par O.Henry (1).

Challes (Savoie). — Hameau dépendant de la commune de Triviers, à trois quarts de lieue de Cbambéry. En 1841, M. le docteur Domenget y a découvert, sur sa propre propriété, trois sources d'une eau minérale froide fortement sulfurée et iodurée, qui contient sur 1000 parties, d'après l'analyse faite par O. Henry (en sels anhydres) (2) : ^

Sulfure de sodium 0,2950

Sulfate de soude. . . . J ft

— de chaux, peu j '

Carbonate de soude 0,1377

Chlorure de sodium 0,0814

— de magnésium 0,0100

Bromure de sodium 0,0100

Iodure de potassium • 0,0099

Silicate de soude 0,0410

— d'alumine 0,0380

Carbonate de chaux 0,0430

— de strontiane 0,0010

Phosphate de chaux j n„nn

— d'alumine j °'0200

Sulfure de fer avec un peu de manganèse.. 0,0015

Matière organique azotée. 0,0220

Perte ; 0,0325

(1) Bulletin de l'Acad. royale de médecine, t. VII, p. 743.

(2) Bulletin de l'Académie de médecine, t. VIII, p. 94.

DE L'EAU

Ciiateldon (Puy-de-Dôme). — Petite ville à trois lieues de Vichy et à neuf de Clermont. On y trouve cinq sources, dont deux, dites des Vignes, sont peu éloignées de la ville et sont les seules exploitées. Les trois autres, dites de la Montagne, sont à 1600 mètres de la ville, et à mi-côte d'une montagne; elles sont presque abandonnées aujourd'hui.

Les eaux de Ghatcldon sont froides, limpides, très-gazeuses et dégagent à la source une grande quantité d'acide carbonique presque pur. Elles verdissent le sirop de violettes, prennent une teinte vineuse par la noix de galle, et se colorent en bleu par le cyanure ferroso-potassique. 0. Henry père et fils et Gonod ont retiré pour un litre :

Source du

Source Andral.

Mont-Carme.

gram.

gram .

non douteux

non doute

Silice, alumine, phosphates terreux,

principe arsenical sans doute uni au

fer et à la soude, matière organique.

Ciiatel-Guyon (Puy-de-Dôme). — Village qui possède sept sources d'une eau acidulé, saline, calcaire et ferrugineuse, dont la température varie de 30 à 35 degrés centigrades. Une analyse de la source Brosson, a donné, pour 1 litre, à M. Gonod ;

Acide carbonique libre

Chlorure de sodium

— de potassium

— de magnésium

lodure et bromure de sodium

Bicarbonates de chaux et de strontiane

— de magnésie

— de protoxyde de fer

— de manganèse

Sulfate de soude

Arséniate de fer

Silice et alumine

Matière organique ■

gramm.

0,610 traces.

EAUX MINÉRALES

Ciiaudes-Aigues (Cantal). — Petite ville à cinq lieues sud de Saint-Flour, qui doit son nom aux nombreuses sources d'eaux thermales dont elle est environnée. La principale, nommée fontaine dn Par, se trouve au milieu de la ville. Sa température est de 81,05 degrés centigrades. Cette eau dépose dans la première partie du conduit qui la reçoit, à la sortie de la source, du sulfure de fer arsenical, sans que l'on puisse dire s'il était tenu en dissolution par l'eau bouillante dans l'intérieur de la terre, ou s'il a été seulement détaché, en particules très-ténues, des roches traversées par l'eau. Quoi qu'il en soit, l'analyse des eaux de Chaudes-Aigues a été faite par différents chimistes, et, suivant l'ordinaire, leurs résultats sont assez différents. Voici ceux qui ont été obtenus par M. Blondeau de Rodez :

grammes.

Carbonate de soude 0,471

Oxyde de fer 0,001

Sulfate de- soude 0,045

— de chaux.. ► 0,014

— de magnésie. .... . . 0,008

Sulfure d'arsenic traces.

— de fer »

Chlorure de sodium 0,063

— de magnésium 0,007

Bromure de sodium 0,020

Iodure de sodium 0,018

Silicate de soude 0,082

Silice 0,013

Alumine 0,001

Matière organique 0,010

Chelteneam (Angleterre, Gloucèstershire). — D'après MM. Parkes et Brande, qui ont fait l'analyse des eaux minérales, il y en a trois sources qui diffèrent par leur nature sulfureuse, ferrugineuse ou purement saline. En voici les résultats, calculés d'après ceux donnés dans le Journal de Pharmacie (t. VI, p. 499) : -

Eau Eau Eau

Eau, i kilogramme. saline. ferrugineuse, sulfureuse.

litres. litres.

Acide carbonique » 0,087 0,052

— sulfhydrique » » 0,087

grammes. grammes. grammes.

Chlorure de sodium 6,844 5,654 4,791

Sulfate de soude 2,053 3,107 3,217

540 DE L'EAU

Eau Eau Eau

Eau : i kilogramme. saline. ferrugineuse, sulfureuse.

grammes. grammes. grammes.

Report , 8,897 8,761 8,008

Sulfate de magnésie 1,506 0,821 0,688

— de chaux 0,616 0,342 0,16o

Carbonate de soude » 0,068 »

Oxyde de fer » 0,109 0,041

On consultera également, sur la composition réelle de l'eau minérale de Gheltenham, les observations de M. John Murray (1).

Contrexeville (Vosges). — Village à six lieues de Bourbonne : on y trouve trois sources d'une eau froide et séléniteuse, qui est vantée dans les aflections des voies urinaires. O. Henry assigne à l'une de ces sources {source du Pavillon), la composition suivante. Pour un litre d'eau :

Acide carbonique libre 0,019

Oxygène indéterminé.

Bicarbonate de chaux 0,673

— de magnésie 0,220

— de soude 0,197

— de fer et de manganèse 0,009

— de strontiane indices.

Sulfate de chaux 1,150

— de magnésie 0,190

— de soude 0,130

— de potasse indices.

Chlorures de sodium, de potassium, de ma- j o 180

gnésium ( '

Iodure, bromure indices.

Acide silicique j o 120

Alumine )

Azotate indices.

Phosphate de chaux et d'alumine \

Matière organique et arsenic | 0,070

Perle )

Cransac (Aveyron). — Village à une demi-lieue d'Aubin, dans une étroite vallée formée par deux collines élevées, dont Tune présente dans son intérieur une chaleur considérable et laisse souvent échapper des flammes accompagnées de vapeurs sulfureuses. Ces phénomènes, qu'on pourrait supposer de nature volcanique, ne paraissent dus qu'à une houillère embrasée. Ils doivent être d'ailleurs circonscrits dans un assez petit espace, puisque les eaux

(t) Ann. de chimie, t. XCV1, p. 27C.

; EAUX MINÉRALES. 541

de Cransac, produites par des sources très-rapprochées de la montagne, sont froides et offrent une température à peu près constante de 40 à 12 degrés centigrades. Plusieurs de ces sources sont très-remarquables par leur nature fortement vitriolique, qui les rend plutôt toxiques que médicinales, et par la présence d'une certaine quantité de sulfate de manganèse, qui y a été signalé par Vauquelin. Mais les proportions relatives des différents sulfates qui les constituent sont très-variables, ainsi qu'il résulte des analyses qui ont été faites par MM. Henry et Poumarède. Les sels sont anhydres et fournis par 1000 grammes d'eau.

Sulfate de fer »

— de manganèse. .. . 0,40

— de magnésie 1,12

— de chaux 1,21

— d'alumine 0,95

Silice »

Matière organique bi- j .

tumineuse }

I. Source douce, ou basse Beselgues. — Elle est usitée en boisson.

II. Source douce, ou basse Richard. — C'est la plus utilisée comme eau médicinale. Elle a l'inconvénient d'être fortement séléniteuse.

III. Source haute, ou forte Richard. — Elle est fortement styptique et le sulfate de fer y est en partie au maximum d'oxydation. Elle est trop active pour ne pas être employée avec précaution.

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