BASES
Oxure céreux
— yttrique....
— thorique. . .
— lanthanique.
— glucique...
— zirconique..
— aluminique.
— cadmique..
— zincique. . .
— magnésique.
— calcique....
— strontique. .
— barytique. .
— lithique....
— sodique....
— potassique. .
SIGNES
CeO
YO
ThO
LaO
Cl203
Zl'203
CdO
ZnO
MgO
CaO
SrO
BaO
LiO
SdO
PsO
en 3 « J
ce s u H
Pi H
Conversion d'une analyse chimique en formule.
J'ai fait suivre le tableau des corps simples de celui des principaux acides et des bases qui constituent le plus ordinairement les minéraux, et j'ai ajouté aux uns et aux autres leur signe ou formule chimique, leur poids moléculaire, et une dernière colonne comprenant ce que j'appelle leur multiplicateur moléculaire, dont l'usage est de faciliter considérablement la conversion de l'analyse quantitative d'un minéral en sa formule chimique. Voici d'ailleurs de quelle manière on s'y prend ordinairement pour déduire la composition moléculaire d'un minéral des résultats de son analyse.
Prenons pour premier exemple l'analyse suivante de l'or tellure argentifère [tellure graphique ou sylvane) faite anciennement par Klaproth :
Tellure 60 parties.
Or 30
Argent 10
100 parties.
Il est évident que, pour trouver le nombre des molécules de tellure, d'or et d'argent contenues dans les quantités ci-dessus, il faut diviser ces quantités par le poids moléculaire de chaque corps; et comme ces poids moléculaires sont beaucoup plus
70 FORMULES CIIÏMIQUES.
grands que les quantités données par l'analyse, il en résulte que les quotients n'offriront que des fractions assez minimes des molécules, mais dont la comparaison fera toujours connaître le rapport de ces molécules.
Par exemple, dans l'analyse de Y or tellure argentifère, en divisant, ainsi qu'il est indiqué ci-dessous, les quantités de l'analyse par le poids moléculaire de chaque substance, on trouve :
Poids moléculaire. Rapports moléculaires.
Tellure 60 : 80i,î5 = 0,07:; 10
Or 30 : 1229,16 = 0,024 3
Argent 10 : 1349,1 == 0,007,4 1
Les quotients 0,075, 0,024 et 0,007.4, indiquent le rapport des molécules de chaque substance; et comm e cesnombres sont entre eux très-sensiblement, comme 10, 3 etl, on en conclut que le minéral analysé est formé de Tei0Au3Ag.
Maintenant, il est certain qu'au lieu de représenter le nombre des molécules par les fractions 0,075, 0,024 et 0,007,4, il serait préférable de multiplier ces fractions par 1000 et de représenter le nombre des molécules par 75, 24 et 7,4. Or, au lieu de diviser les quantités de l'analyse par le nombre moléculaire, ou par m, et de multiplier le quotient par 1000; ou, ce qui revient au même, au lieu de multiplier les quantités de l'analyse par 1000 et de les diviser par m, il est bien préférable d'opérer par avance la division de 1000 par m et de multiplier les quantités de l'analyse par le produit. L'opération se dispose de la manière suivante, en empruntant au tableau des corps simples les multiplicateurs du tellure, de l'or et de l'argent.
Rapports moléculaires.
Tellure 60 + 1,2476 = 73 Te10
Or 30 + 0,8135 = 24,4 Au3
Argent 10 + 0,7412 = 7,4 Ag
Après avoir tiré de l'analyse les nombres moléculaires les plus probables de chaque corps, il reste deux choses à faire pour se former une idée plus nette de la composition du minéral. La première est de repasser de la formule chimique à la composition en centièmes, et d'obtenir ainsi la composition du minéral dégagée du mélange possible de particules étrangères et des erreurs inévitables de l'analyse ; la seconde est de disposer les molécules du principe minéralisateur ou électro-négatif, qui est ici le tellure, par rapport aux deux métaux, de manière à savoir sous quel état de combinaison chacun de ceux-ci se trouve dans le minéral.
Le premier résultat s'obtient très-facilement en multipliant les
nombres de molécules déduits de l'analyse par le poids moléculaire de chaque corps, et formant une somme du tout.
Ainsi 10 molécules de tellure ou 10 X 801,5 == 8015
3 molécules d'or (3 X 1216,7) == 3687
1 molécule d'argent (1 X 1349,1)... = 1349
Somme 13051
Ce nombre représente le poids moléculaire du composé minéral ; mais si on le prend pour la quantité du minéral qui ait été analysée, on réduira facilement le poids des composants en centièmes, au moyen des proportions suivantes :
Enfin il nous reste à déterminer l'état de combinaison de chaque métal avec le tellure. Pour arriver à ce résultat, il faut re- . marquer que les combinaisons des métaux avec le chlore, le • soufre, le tellure, etc., répondent le plus ordinairement à leurs : combinaisons avec l'oxygène. Or, l'oxure d'argent contenant une - seule molécule d'oxygène et l'oxyde d'or en contenant trois, il est probable que tel est aussi le rapport du tellure combiné à l'or et I à l'argent. Si donc, sur les 10 molécules de tellure données par l'analyse, nous en prenons une pour former dutellurure d'argent AgTe, il en restera neuf pour les trois molécules d'or, et la comi position du minéral pourra être représentée par AgTe -f- Au3Te9, ou mieux par AgTe + 3AuTe3, qui indique la combinaison d'une molécule de tellurure d'argent avec trois molécules de tri-tellurure d'or.
Il est d'autant plus probable que telle est la composition réelle du tellure graphique analysé par Klaproth, que des analyses plus récentes conduisent à admettre l'existence des mêmes tellurures d'or et d'argent, bien que réunis en proportion différente. Par exemple, l'analyse du tellure graphique d'Offenbanya par M. Pest,
présente :
Rapports moléculaires.
Tellure 59,97 x 1,2476 = 75 17
Or 26,97 X 0,8135 = 22 5
Argent 11,47 x 0,7412 = 8,5 2
Plomb 0,25
Antimoine... 0,58
Cuivre 0,76
D'où l'on tire la formule 2AgTe + 5AuTe3.
il FORMULES CHIMIQUES.
La méthode que je viens d'indiquer peul être employée sans exception pour régulariser toutes les analyses minérales, môme celles des minéraux oxygénés. C'est par cette raison que j'ai fait suivre la liste des corps simples de celle des acides et des bases oxydées que l'on rencontre le plus ordinairement dans les minéraux, en y joignant leur multiplicateur moléculaire ou •
Prenons pour exemple l'analyse du plomb chromaté on plomb rouge de Sibérie, faite par Berzelius, et traitons cette analyse comme nous avons fait précédemment. Nous aurons :
Rapports moléculaires.
Acide chromique. . . 31,5 x 1,5910 = 50 i Oxure plombique. . . 68,8 0,717 = 49,3 1
Il résulte évidemment de ce calcul que le chromate de plomb naturel est un chromate neutre, formé d'une molécule d'acide chromique et d'une molécule d'oxyde de plomb, et que sa formule est PbO,Cr03, que l'on peut écrire PbCr, en remplaçant les molécules d'oxygène par un nombre égal de points placés sur le signe de chaque radical.
Les minéralogistes emploient presque toujours de préférence une autre méthode pour trouver la formule des composés salins oxygénés, et cette méthode consiste à comparer les quantités d'oxygène de l'acide et de la base. Par exemple,' étant donnée l'analyse ci-dessus du chromate de plomb, on calcule combien il y a d'oxygène dans l'acide chromique et dans l'oxure de plomb, au moyen des tables précédentes qui donnent en centièmes la quantité d'oxygène de ces deux corps'. On trouve alors que
Si 100 parties d'acide chromique contiennent 47,75 d'oyxgène, 31,5 d'acide en contiennent 15,04
et que
Si 100 parties d'oxure de plomb'conliennent 7,17 d'oxygène, 68,5 d'oxure en contiennent 4,91
On compare alors les deux nombres 15,04 et 4,91, qui sont trèssensiblement entre eux comme 3 et 1 ; et comme une molécule d'acide chromique^conlient en effet trois molécules d'oxygène, tandis qu'une molécule d'oxure de plomb n'en contient qu'une, on en conclut, comme nous l'avons fait précédemment, que le chromate de plomb naturel est composé d'une molécule d'acide et une d'oxure, et que sa formule est PbOjCrO3 ou PbCr. Celte méthode conduit au môme résultat que la première, mais elle est moins directe.
Voici cependant sur quoi se fonde la préférence qu'on lui accorde généralement. On connaît bien en réalité la composition en centièmes des acides et des bases, et l'on sait par exemple que
L'acide silicique contient 52,93 d'oxygène pour 100.
L'acide borique 68,78
L'acide carbonique 72,73
L'alumine 46,71
La glucine 63,26
La zircone 26,33, etc.
Mais on n'est pas certain que cette quantité d'oxygène représente trois molécules d'oxygène dans l'acide silicique, trois dans l'acide borique, deux dans l'acide carbonique, un dans la glucine, etc., parce que l'acide silicique, par exemple, étant le seul degré d'oxydation connu du silicium, on ne voit pas pourquoi on ne le supposerait pas formé de SiO, auquel cas le poids moléculaire du silicium se trouverait au moyen de la proportion suivante :
et le poids moléculaire de la silice serait 188,94.
Mais on pourrait supposer aussi que la quantité d'oxygène trouvée dans la silice en représentât deux molécules, et dans ce cas le poids moléculaire du silicium deviendrait
celui de la silice serait 377,99 et sa formule SiO2.
Enfin, si on admet que l'acide silicique renferme trois molécules d'oxygène comme l'acide ebromique et l'acide sulfurique, le poids moléculaire du silicium devient
la molécule de la silice pèse 566,82 et sa formule est SiO3.
Prenons maintenant l'analyse de la wollastonite dont la composition, débarrassée de quelques substances hétérogènes, est de :
Oxygène.
Acide silicique 51,92 27,48 2
Chaux 48,08 13,74 1
En cherchant, au moyen des tables précédentes, les quantités d'oxygène contenues dans l'acide silicique et la chaux, on trouve 27,48 d'oxygène pour le premier, et 13,74 pour la chaux, et l'on voit que l'acide contient deux fois autant d'oxygène que la base.
Or, pour remplir cette condition avec la formule SiO, il faut prendre deux molécules d'acide silicique et écrire pour la wollastonite CaO -f 2SiO ou CaSi2.
Si l'on adopte SiO2 pour la formule de l'acide silicique, celle de la wollastonite devient CaO + SiO2 ou Ga Si.
Si l'on prend enfin SiO2 pour la formule de l'acide silicique, il faut écrire pour la wollastonite 3CaO + 2Si02 ou Ca'SÏ1.
Dans ces trois formules de la wollastonite il n'y a qu'une chose qui ne varie pas et qui soit indépendante de l'opinion qu'on peut se former sur la constitution de l'acide silicique, c'est le rapport de l'oxygène de l'acide à celui de la base. C'est pour cette raison même que Berzelius a proposé pour les minéraux oxydés un système de formules différent du système chimique, et qui consiste à écrire seulement le signe des radicaux et le rapport de l'oxygène qui s'y trouve combiné. Dans ce système, on représente la wollastonite par CaSi2, parce que Ga et Si ne représentent plus seulement du calcium et du silicium, mais représentent de la chaux et de la silice, et que l'exposant 2 placé à la droite de Si exprime que la silice contient deux fois autant d'oxygène que la base. Quel que soit l'avantage attaché à cette notation, nous nous en tiendrons presque toujours à la formule chimique, qui exprime d'une manière bien plus explicite la composition des corps, et quand il s'agira des minéraux formés de bases et d'acides oxygénés, nous en déterminerons indifféremment la formule par l'une ou l'autre des méthodes que nous avons exposées.
Dans la classification des corps simples que nous avons adoptée, le silicium et le bore composent un genre tellement naturel qu'il est véritablement impossible; en chimie d'étudier ces deux corps autrement que l'un auprès de l'autre. Tous deux, en effet, sont solides, fixes au feu, et peuvent être obtenus sous trois formes analogues à celle du carbone : ou amorphes, en une poudre brune, foncée, privée de tout éclat métallique ; ou en lamelles, graphitoïdes ; ou en cristaux. Tous deux forment par leur combinaison avec l'oxygène un acide peu soluble dans l'eau, fixe au feu, produisant par la voie sèche des sels fusibles et vitreux avec un grand nombre d'oxydes métalliques. Tous deux forment avec le fluoré un gaz permanent et d'une forte acidité, et le chlore forme avec tous les deux des chlorides dont l'un, celui de bore, est un acide gazeux, et dont l'autre, celui de silicium, est un liquide acide et très-volatil. Enfin leurs oxydes, nommés acide borique et acide si-
licique, se combinent de la même manière avec les élhers éthylique, méthylique et amylique, et forment des éthers composés de propriétés très-analogues; de sorte que, malgré l'opinion de M. Ebelmen, auteur de la découverte de ces composés très-remarquables, je persiste à penser qu'on ne peut pas adopter pour les acides borique et silicique deux formules différentes. Et puisque l'acide borique, en raison de la composition du borax, ne peut guère être représenté autrement que par la formule BO3, il me semble qu'on doit aussi représenter l'acide silicique par SiO3. C'est donc cette formule que j'adopterai.
Le bore, pas plus que le silicium, ne se trouve à l'état natif dans la terre. Peut-être tous deux se trouvent-ils sous- quelque état de combinaison non oxygénée, au-dessous des terrains primitifs et dans la masse encore fondue du globe ; mais, à la surface, ces deux corps n'existent que combinés à l'oxygène, et constituent les acides borique et silicique, qui tantôt sont libres et tantôt sont combinés aux bases oxygénées. Nous ne parlerons ici que de ces acides à l'état de liberté.
Acide silicique ou silice.
La silice est sans contredit la substance la plus abondante de la croûte solide du globe, et celle qui la forme principalement ; car elle domine dans toutes les roches primitives et de transition, dans les porphyres, les basaltes, les laves et les autres produits volcaniques. On la trouve également dans les grès et les argiles qui forment la plus grande masse des terrains de sédiment et d'alluvion. Mais ces différentes roches nous offrent, la plupart du temps, la silice à l'état de combinaison, et c'est de la silice pure ou peu mélangée que nous devons nous occuper présentement.
Ainsi restreinte, la silice se présente encore sous un grand nombre de formes, que l'on désigne ordinairement en masse sous le nom de quartz, et dont on distingue plusieurs variétés, qui sont :
Le quartz hyalin ou vitreux,
— agate,
— jaspe,
— silex,
— terreux.
Enfin la silice se trouve combinée avec de l'eau, ou à l'état A hydrate, et constitue une espèce distincte qui offre encore plusieurs variétés.
Quartz hyalin ou vitreux.
Ce corps, lorsqu'il est transparent et incolore, porte communément le nom de cristal de roche et nous offre la silice à l'état de
pureté. Sa forme dominante est celle d'un prisme hexaèdre terminé par deux pyramides à six faces (fig. 64) ; mais sa forme primitive est un rhomboïde obtus dont les angles dièdres culminants sont de 94° lo et les angles dièdres latéraux de 85° 45' (fig- 65).
On le trouve également sous forme d'un dodécaèdre triangulaire formé par la réunion de deux pyramides hexaèdres jointes base à base, sans prisme intermédiaire (fig. 66).
Le clivage est très- difficile à opérer, les cristaux ayant très-généralement une cassure irrégulière et conchoïde. On ne peut même obtenir le clivage qu'avec des cristaux noirs des montagnes de la Toscane, que l'on fait rougir au feu et que l'on plonge ensuite dans l'eau froide, afin de faciliter la séparation des lames.
Le quartz pur est donc tout à fait incolore et transparent. Il pèse spécifiquement 2,653. Il raie la chaux flualée, le verre et le feldspath, et fait feu avec le briquet ; mais il est rayé par la topaze, le corindon
Fig. 64. — Quartz hyalin en prisme hexaèdre pyramidé.
l ig. 65. — Quartz hyalin en rhomboïde obtus.
Fie. 66. — Quartz hyalin en dodécaèdre triangulaire.
et le diamant. Il fait éprouver à la lumière la double réfraction, mais seulement en allant d'une des faces de la pyramide à la face opposée du prisme. Il ne conduit pas l'électricité et prend l'électricité vitrée par le frottement de la laine. Il devient lumineux dans l'obscurité par le frottement réciproque de ses morceaux. Il est infusible au chalumeau ordinaire et au foyer du miroir ardent ; mais il fond au chalumeau alimenté parle gaz oxygène. Il est inattaquable par tous les acides, hormis
l'acide fluorhydrique qui le corrode et le dissout. Il se dissout à la chaleur rouge dans la potasse et la soude, et forme avec ces deux alcalis, mis en excès, des sous-silicates solubles dans l'eau, d'où les acides précipitent la silice hydratée et gélatineuse (1).
Le quartz cristallisé pourrait être confondu à la vue avec la chaux phosphatée cristallisée en prisme hexaèdre pyramidé (chrysolite), si ce n'était sa dureté bien plus grande et sa pyramide plus aiguë. Ainsi, la chaux phosphatée est rayée par le feldspath, et les faces de la pyramide font avec les faces du prisme un angle de 129° 13', tandis que le quartz raie le feldspath et offre des angles correspondants de 141° 40'.
Le quartz taillé en diamant simule assez bien ce dernier corps ; mais le quartz ne pèse que 2,653, et est rayé par la topaze et le corindon, tandis que le diamant pèse 3,5, raie les deux corps désignés, et offre un éclat de surface bien plus considérable, qui lui est particulier, et qui porte le nom d'éclat adamantin.
Quelquefois les cristaux de quartz offrent des cavités intérieures disposées sur un même plan et qui contiennent soit de l'eau, soit du naphte, soit un gaz qui paraît être de l'azote, et quelquefois ces trois corps ensemble. Quelquefois aussi le quartz se présente sous des formes qui appartiennent à d'autres minéraux qu'il a remplacés peu à peu dans le lieu qu'ils occupaient. C'est ainsi qu'on le trouve modelé en chaux carbonatée métastatique, dans le département des Côles-du-Nord ;
En chaux carbonatée équiaxe à Schneeberg en Saxe ;
En chaux sulfatée lenticulaire dans les couches de marne des collines de Fassy ;
En chaux fluatée cubo-octaèdre, en fer oxydé primitif , etc. ;
Enfin, le quartz qui provient de la destruction des terrains anciens par les eaux de la mer ou des fleuves, se trouve sous forme de galets ou de cailloux roulés et plus ou moins arrondis (tels que les cailloux du Rhin, de Gayenne, de Médoc, etc.), ou bien sous la forme de sable plus ou moins fin, qui constitue des terrains modernes d'une étendue très-considérable ; et ce sable, lorsqu'il se trouve agglutiné et solidifié par une infiltration de carbonate de chaux (qui communique quelquefois à la masse sa forme rhomboédrique), constitue une espèce de grès, tel que celui de Fontainebleau, qui sert au pavage des rues de Paris. Le grès n'est pas toujours calcaire. Le plus estimé ne l'est pas. Les grains de quartz sont agglutinés par un ciment siliceux.
Le quartz est souvent coloré par des oxydes métalliques qui, en raison de leur faible quantité, ne lui ôtent pas sa transparence.
(1) Il faut souvent chauffer le mélange à Pébullition pour opérer la précipitation de l'acide siliciqtie.
Alors il imite certaines pierres précieuses dont il usurpe le nom.
Ainsi, on donne le nom d'améthyste ou de quartz améthyste au quartz coloré en violet par de l'oxyde de manganèse, tandis que la vraie améthyste orientale est du corindon ou alumine cristallisée de couleur violette.
Le quartz rose, dit rubis de Bohême, est une très-jolie pierre fort rare que l'on croit aussi colorée par du manganèse.
Le quartz jaune, ou topaze d'Inde, est sous forme de petites masses roulées que l'on fait passer pour des topazes du Brésil. Celles-ci sont un fluosilicate d'alumine. Quant à la topaze orientale, c'est du corindon jaune. On suppose que le quartz jaune est coloré par de l'oxyde de fer.
Quartz enfumé, dit topaze de Bohême ou diamant d' Alençon. Pierre assez commune, mais d'une belle transparence et d'un bel effet de lumière, qui paraît colorée par une matière organique.
Indépendamment des variétés précédentes, le quartz est quelquefois mélangé de matières diverses qui lui ôtent sa transparence. Ainsi on en trouve de noir coloré par une matière carbonée ; de blanc laiteux, devant sa couleur et son opacité à un mélange intime de carbonate de chaux ; de rouge jaunâtre, dit quartz hématoïde ou hyacinthe de Compostelle, coloré par de l'oxyde de fer hématite. Ces trois variétés sont généralement en prismes hexaèdres pyramidés très-réguliers. La dernière tire son nom, hyacinthe de Compostelle, du lieu d'Espagne où on la trouve, et de l'usage qu'on en faisait autrefois pour les compositions de pharmacie, au lieu de la vraie hyacinthe de Ceylan. Le même quartz hématoïde massif et non cristallisé se nomme sinople.
Quartz aventuriné, ou aventurine. Matière siliceuse, rougeâtre ou verdàtre, offrant des points scintillants dus à la réflexion de la lumière à la surface des particules distinctes dont la pierre est composée. D'autres fois cette scintillation est produite par des paillettes de mica disséminées dans le quartz. On imite assez bien l'aventurine avec un verre coloré mélangé de limaille de cuivre.
Quartz agate.
Translucide, à cassure terne et cireuse, mais susceptible de prendre un poli brillant ; dureté aussi grande que celle du quartz hyalin; couleurs variables souvent vives et tranchées; blanchit et devient opaque à une haute température, sans dégager sensiblement d'eau.
Le quartz agate reçoit différents noms, suivant, sa couleur: ainsi on nomme calcédoine celui qui est doué d'une transparence nébuleuse uniforme, avec une teinte blanchâtre ou bleuâtre ou
vcrdâtre. On en connaît une variété de Kapnik, en Transylvanie, d'une couleur azurée, et nommée saphirine, qui se présente sous forme de cristaux agglomérés en plaques plus ou moins épaisses. D'après Haiïy, ces cristaux sont des rhomboèdres presque cubiques et appartiennent en propre à la calcédoine ; suivant d'autres minéralogistes, ce sont des cubes appartenant primitivement à du fluorure de calcium qui a été remplacé fpar de la calcédoine.
La calcédoine est souvent colorée en brun noirâtre par une matière carbonée qui peut s'y trouver uniformément répandue, ou disposée en dendrites, en zones, etc. ; on dit alors qu'elle est enfumée, ponctuée, herborisée, zonée, rubanée, etc. La calcédoine zonée porte spécialement le nom d'onyx (mot grec qui signifie ongle), parce qu'il est facile, en la taillant, d'y produire des taches arrondies d'une des couleurs sur l'autre ; mais son plus grand usage est pour la gravure des camées, qui offrent une figure en relief prise dans l'une des couches de la pierre, sur un fond différent, formé par la couche immédiatement inférieure.
Cornaline : c'est une agate d'un rouge orangé assez homogène. Elle devient opaque à une forte chaleur, sans perdre sa couleur rougeâtre, à moins que des vapeurs combustibles ne viennent réduire le peroxyde de fer qui la colore. Elle contient aussi un peu d'alumine.
On nomme sardoine une agate qui doit sa couleur brun orangé foncé au mélange des deux matières colorantes de l'onyx et de la cornaline.
Prase ou ch?ysoprase : agate colorée en vert pomme par de l'oxyde de nickel.
Le quartz hyalin se trouve dans tous les terrains, mais surtout dans les terrains primitifs, dont il remplit les fissures et où on le trouve souvent cristallisé et servant de gangue aux substances métalliques. Le quartz agate appartient plutôt aux terrains volcaniques anciens, de nature trappéenne, comme en Auvergne, en Irlande, en Islande, en Sicile, dans le duché des Deux-Ponts, le Palatinat, etc. Il est le plus ordinairement en masses concrétionnées ou en nodules formés de couches concentriques, qui paraissent s'être déposées et solidifiées en allant de la circonférence au centre, et qui offrent souvent au milieu une géode occupée par du quartz cristallisé ou par d'autres substances telles que du soufre ou de la chaux carbonatée. On fabrique avec les différentes variétés d'agate des objets d'ornements, des bijoux et des mortiers pour l'analyse chimique. Presque tous ces objets viennent aujourd'hui d'Oberstein, dans la Prusse rhénane.
Quartz jaspe.
11 diffère du quartz agate par son opacité, par ses couleurs quelquefois uniformes, souvent variées et rubanées, mais non concentriques. Il contient toujours beaucoup d'alumine et d'oxyde de fer et est quelquefois magnétique.
Le jaspe constitue quelquefois des collines entières, sous forme de bancs épais et continus. C'est à lui également qu'il faut rapporter la plupart des bois silicifiés ou qui, s'étant détruits peu à peu dans le sein de la terre, ont été remplacés, molécule à molécule, par du quartz qui en a pris exactement la forme et la structure ; on en trouve aussi cependant changé en calcédoine ou en quartz hydraté .
Quartz silex ou silex.
Quartz translucide sur les bords, à cassure terne, de couleurs ternes et non concentriques, à pâte moins fine que celle des agates et non susceptible de poli. On en distingue trois variétés nommées silex corné, silex pyromaque, silex molaire.
Silex corné, kératite, hornstein infusible des Allemands. Substance rayant fortement le verre, tenace, à cassure droite mais inégale et comme esquilleuse. Elle présente la translucidité de la corne et ressemble à une matière gélatineuse endurcie. On trouve cette variété de silex à peu près dans tous les terrains ; par exemple remplissant en partie les filons de la mine de plomb de Huelgoët (Finistère) ; dans le calcaire compacte fin des environs de Grenoble, dans les assises inférieures du terrain crétacé, dans le calcaire grossier et dans le calcaire siliceux du bassin de Paris, et enfin dans le terrain d'eau douce supérieur du même terrain. Il renferme dans ces dernières positions des coquilles marines ou d'eau douce, des graines de Chara et d'autres débris organiques qui ont été pénétrés et agglutinés au moyen de la substance siliceuse.
Silex pyromaque ou pierre à fusil. Silex translucide à pâte uniforme, de couleur noirâtre, rougeâtre, blonde ou verdâtre ; il est divisible par le choc en fragments conchoïdes et à arêtes tranchantes, qui, frappées sur l'acier, en tirent de vives étincelles. Ce silex contient environ 0,01 d'eau interposée qui est nécessaire à son emploi, et sans laquelle on ne pourrait pas le tailler, car lorsqu'on le laisse exposé à l'air sec, il devient plus opaque, et perd sa cassure conchoïde pour en prendre une fragmentaire ; il blanchit et devient opaque par l'application du feu. On le trouve surtout dans la craie sous forme de rognons isolés, mais disposés par lits horizontaux.
Le silex molaire ou pierre meulière, se trouve dans certains ter-
SI
rains tertiaires, lacustres ou d'eau douce, supérieurs au gypse à i ossements et au terrain de sable ou de grès marin qui le recouvre. Telle est spécialement sa position géologique dans le bassin de Paris, qui offre les meulières les plus estimées et dont on fait un commerce qui s'étend à toutes les parties du monde. Les plus belles viennent delà Ferté-sous-Jouarre.
La pierre meulière se trouve en bancs peu épais et souvent interrompus ; sa texture est le plus souvent cellulaire, et les cellules sont très-irrégulières et souvent traversées par des lames ou des fibres grossières de silex.
La cassure de ce silex est droite, et il est plus difficile à casser et plus tenace que le silex pyromaque. Il est faiblement translucide,, d'une couleur terne, blanchâtre, jaunâtre ou rougeâtre.
A la Ferté-sous-Jouarre, l'exploitation de la meulière se fait à découvert. Lorsqu'on est parvenu au banc de silex, on taille dans la masse un cylindre qui, selon sa hauteur, doit fournir une ou deux meules, rarement trois. On creuse sur la circonférence du i cylindre une forte rainure qui détermine la hauteur de là meule, < et on y fait entrer de force des calles de bois et des coins de fer, ! qui séparent la meule. Une belle pierre de la Ferté se vend jusi qu'à 1,200 francs. Les morceaux d'un certain volume ne sont pas perdus; on les taille en parallélipipèdes et on en forme des meules assujetties au moyen de cercles de fer.
Le silex molaire qui ne se trouve pas en bancs assez continus pour qu'on en fasse des meules sert aux constructions, principalement pour les parties exposées à l'humidité. Il se lie trèsbien avec le mortier. Telles sont les meulières de Montmorency, Sanois, Cormeil et Meudon.
Quartz terreux.
Les différentes variétés de silex disséminées dans les terrain i calcaires sont ordinairement recouvertes d'une couche mince, blanche, opaque et d'apparence terreuse, que l'on prendrait en apparence pour de la craie, mais qui est de la silice sensiblement pure. Ces silex eux-mêmes, par suite de quelque circonstance i qui n'a pas permis au suc siliceux de s'isoler complètement du milieu calcaire, peuvent offrir tous les degrés possibles d'opacité i et d'apparence terreuse, et il n'est pas rare d'en trouver des ro- ; gnons plus ou moins translucides, denses et tenaces au centre, i qui se convertissent peu à peu à l'extérieur en une matière trèsi blanche, opaque, légère, happant à la langue, et dont la masse est ■ souvent considérable. Cette substance contient environ 20 p. 100 de carbonate de chaux et le reste en silice blanche et anhydre,
Guiboubt, Dropues, 5<= édition. T T R