I. Pes. spéc. = 8,45 H, Pes. spéc
Tellure 37,76 1 at. 34,98 9 moléc.
Argent 61,55 1 46,76 7 —
Or 0,69 » 18,26 3 —
La première substance doit être considérée comme un simple tellurure d'argent, et la seconde comme le môme composé mélangé d'une certaine quantité de sous-tellurure d'or (7 AgTe -f- Au3Te2).
Or tellure plombifère, or de Nagyag, Mullerine (Beudant). — Substance métalloïde, d'un blanc, jaunâtre, non lamelleuse, cristallisant en prismes droits rhomboïdaux d'environ 105° 30' et 74° 30'. Pesanteur 9,22. Non flexible, aigre, ne tachant pas le papier. Fusible au chalumeau, couvrant le charbon d'oxyde de plomb, et se réduisant en un bouton métallique blanc peu ductile.
L'analyse de Klaproth a donné :
Rapports moléculaires.
Tellure 44,75 X V23 = «3,9 5
Or..../ 26,75 X 0,8135 = 21,8 2
Plomb 19,50 X 0,7725 = 15,1 )
Argent 8,50 X 0,7412 = 6,3 j Â
Soufre 0,50 X S = 2,5
Formule: 2F>b j ,
Plomb tellure aurifère, élasmose (Beudant). — Substance métalloïde, d'un gris de plomb foncé, lamelleuse et facilement clivable dans un sens. Fusible sur le charbon qu:elle couvre d'oxyde de plomb; réductible en un globule gris, qui finit par laisser un bouton d'or. Attaquable par l'acide nitrique avec résidu blanc de sulfate de plomb mélangé d'or.
La moyenne de deux analyses faites par Klaproth et par Brandes fournit :
loi
Molécules.
! Tellure 31,93 40 =
Plomb 54,57 42
lOr 9 7
Cuivre 1,25 3
Argent. . . . 0,25 »
-Soufre. ... 3 15
Pb Te
Au2 le3
-f- CuTe -f'
PbS
En répartissant les molécules, comme on le voit ci-dessus; en i divisant, par exemple, les 42 m de plomb en 2 parts, dont 15 néi cessaires pour convertir le soufre en PbS, et 27 pour former du tellurure de plomb avec 27 de tellure; il restera encore 13 de tellure pour convertir presque les 7 atomes d'or en Au2Te3, et lies 3 atomes de cuivre en CuTe; de sorte qu'on est conduit à : reconnaître dans Vélasmose (Beudant) un mélange de PbTe, de Au2Te3, de CuTe et de PbS. qui paraît caractériser cette variété de plomb telluré aurifère.
Celte substance, de même que les précédentes, se trouve à Nagyag, en Transylvanie, dans des dépôts aurifères qui paraissent appartenir a la formation trachy tique. Elle est souvent accompagnée de manganèse sulfuré et de manganèse carbonaté-silicalé rose.
Les Argyrides (de apyopo?, argent), sont des métaux blancs, ne décomposant l'eau que très-difficilement à une baute température, ou ne la décomposant pas du tout; solubles dans l'acide nitrique, insolubles dans l'acide chlorhydrique, formant avec les acides non colorés des sels incolores. Non acidifiabies par l'oxygène; formant au conlraire des oxydes basiques, et qui sont décomposés par l'iode. La pesanteur spécifique de ces métaux est assez considérable et varie entre 9,8 et 13,57. Leur nombre moléculaire est supérieur à 1200. Ils sont au nombre de quatre: l'argent, le mercure, le plomb, le bismuth.
L'argent est un métal très-anciennement connu, d'un blanc très-éclatant, susceptible d'un très-beau poli. Plus dur que l'or, un peu moins malléable, mais plus ductile à la lilière. Il pèse 10,4 quand il est fondu, et 10,6 après avoir été battu. Il fond à 20 degrés du pyromètre de Wedgwood, avant le cuivre qui fond h 27 degrés, et l'or à 32. A cette température, il est un peu volatil à l'air, sans s'y oxyder; cependant, d'après l'observation de
M. Chevillot, lorsqu'il rsete fondu à l'air, il absorbe une petite quantité d'oxygène, qui s'en dégage sous forme de bulles ;iu moment où il se solidifie; le gaz, en sortant, projette môme des parties d'argent bors de la masse, et constitue le phénomène du rochage.
L'acide chlorbydrique n'attaque pas l'argent hors du contact de l'air; mais, avec ce contact, une petite quantité d'acide se trouve décomposée, il se forme de l'eau et du chlorure d'argent.
L'acide sulfurique n'attaque pas l'argent à froid, mais le dissout à chaud en dégageant de l'acide sulfureux.
L'acide nitrique le dissout à froid, et surtout à chaud, avec un fort dégagement de deutoxyde d'azote, qui devient rutilant à l'air. Il se forme du nitrate d'argent, qui est très-soluble, mais facilement cristallisable en belles lames incolores et transparentes. Ce sel, fondu dans un creuset et coulé dans une lingolière légèrement enduite de suif, constitue la pierre infernale. Dissous dans l'eau, voici comment il se comporte avec les réactifs :
Acide chlorhydrique : précipité blanc, caillebotté, qui noircit à la lumière. Ce précipité est insoluble dans l'acide nitrique, et soluble dans l'ammoniaque ;
Sulfide hydrique et sulfures dissous : précipité noir de sulfure d'argent;
Alcalis fixes : précipité gris jaunâtre d'oxyde d'argent;
Ammoniaque liquide : précipité jaunâtee passant au noir, soluble dans un excès d'alcali; par l'évaporation spontanée de la liqueur, il se produit une poussière noire micacée, qui détone fortement par le simple frottement d'un autre corps, c'est l'argent fulminant.
Enfin le soluté de nitrate forme, sur le cuivre, une tache blanche qui résiste au feu; il noircit la peau et toutes les matières organiques.
L'argent se trouve sous quatorze états principaux dans la nature : natif, aururé, antirflonié, bismuthé, arséniuré, tellure, sélénié, sulfuré, sulfoantimonié, sulfoarsénié, ioduré, bromure, chloruré, curbonaté.
Argent natif.
Cet argent jouit de toutes les propriétés de celui qui a été obtenu par l'art; cependant il n'est jamais entièrement pur, et contient ordinairement un peu d'or, de cuivre, d'antimoine ou de plomb. Un argent natif de Johann-Georgenstadt, analysé par John, contenait :
Argent
Antimoine
Cuivre et arsenic
traces.
ARGENT ANTIMONIÉ.
Un argent de Curcy, analysé par Berthier, était formé de
Argent Cuivre
ce qui répond exactement à l'argent des monnaies de France.
La surface de l'argent natif est très-souvent noircie par du sulfure ou du chlorure d'argent, qui le feraient méconnaître s'il ne suffisait pas de le limer légèrement pour mettre à découvert la couleur blanche et l'éclat qui le caractérisent. On le trouve quelquefois cristallisé en cube, ou en formes dérivées, comme l'octaèdre ou le cubo-octaèdre ; mais le plus souvent il est sous forme de dendrites, de rameaux ou de filets, engagés dans des filons de quartz, de chaux carbonatée, de chaux fluatée, de baryte sulfatée, etc., et accompagnant les autres minerais d'argent.
On trouve l'argent natif au Pérou, au Mexique et en Sibérie. Il existe en Europe, dans les mines de Kongsberg en Norwége, de Freyberg et de Johann-Georgen stadt, eh Saxe, ù'Allemont et de Suinte-Marie aux Mines, en France. On en a trouvé anciennement, dans ce dernier endroit, des masses de 25 à 30 kilogrammes. On fait aussi mention d'un bloc d'argent natif de 400 quintaux (20,000 k.) trouvé à Schneeberg; mais ces faits sont rares, et le dernier peut paraître douteux.
J'en ai parlé à propos de l'or (p. 147), et j'ai dit que ces deux métaux se trouvaient presque toujours unis en proportions définies; je n'y reviendrai pas.
Blanc d'argent, tendre, fragile, d'un tissu lamelleux; pesanteur spécifique 9,44.
Il est fusible au chalumeau, en dégageant une vapeur d'antimoine qui se condense en petites aiguilles brillantes à l'entour du point de fusion; il reste un bouton d'argent malléable.
L'acide nitrique le dissout en laissant un résidu blanc d'acide antimonieux. Deux échantillons analysés par Klaproth ont donné :
Argent aururé.
Argent antimonié.
d'AndriSasberg.
Argent 77 2 moléc.
Antimoine. . . . 23 1 —
de Wolfach.
84 3 moléc.
L'argent antimonié se trouve cristallisé en prismes rectangulaires simples ou modifiés; mais le plus souvent, il est granulaire ou massif; il est assez rare; il a été trouvé à Andreasberg au Harz,
iai FAMILLE DE L'ARGENT.
à Wolfach dans le Purstemberg, à Allemont (Isère), et à Gassala, près de Guadalcanal, en Espagne.
Argent uismuthé.
L'argent bismuthé se trouve dans les minerais d'argent de San Antonio de Copiapo, en particules très-petites, se groupant parfois en veines irrégulières. Ces particules, sans traces de cristallisation, ont dans leur cassure fraîche l'éclat et la couleur de l'argent, mais elles prennent, en se ternissant, une couleur jaunâtre. M. Domeyko les a trouvées composées de :
Argent 84,7 (6,3)
Bismuth 13,3 (1,1)
Ce qui lui. fait supposer que la formule est : Ag6Bi.
Argent arséniuré.
Ce minéral se trouve dans les mines de Samson et de Neurang, à Andréasberg. Il est blanc d'étain, d'une cassure inégale et se présente en petits rayons ou en dendrites sur du spath calcaire. Sa densité est 7,473. Trois analyses ont donné :
Soufre 0,85 » 1,10
Arsenic 49,10 » »
Antimoine 15,46 » 15,43
Argent 8,88 8,81 8,21
Fer 24,60 21,33 »
Ce qui indiquerait plutôt des mélanges d'arséniure ou de sulfoarséniure de fer avec de l'antimoniure d'argent, et peut laisser des doutes sur l'existence de cette espèce.
Argent tellure.
Cette substance a été trouvée assez pure par G. Rose, parmi des produits de la mine de Sawodinski, dans l'Altaï. Sa pesanteur spécifique est de 8,41 à 8,56; elle est métalloïde, d'un gris de plomb et malléable. J'ai cité également un argent telluré de Nagyag d'une composition semblable (AgTc), comme on peut le voir par les résultats suivants :
De l'Altaï, De Nagyag,
par G. Rose. par Petz. Moyenne. Moldcules.
Argent 62,42 61,55 61,98 1
Tellure 36,92 37,76 37,34 1
Fer 0,24 » » »
Or '. » 0,69 » »