‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 48 sur 194 · MERCURE · texte numérisé non relu

MERCURE

Je chlorure d'argent est décomposé par le fer, et donne lieu à du chlorure de fer qui se dissout dans l'eau, et à de l'argent mclallique très-divisé qui s'unit au mercure; les sulfates de soude, de fer et de cuivre se dissolvent également dans l'eau.

On relire l'amalgame des tonneaux, on le lave et on l'exprime fortement pour en séparer l'excès du mercure. L'amalgame est ensuite moulé en boules de la grosseur d'un œuf, et placé sur une sorle de trépied ou de chandelier en fer muni par étages de ..plusieurs plateaux ou soucoupes de môme matière. Le tout est recouvert d'une cloche de fer autour de laquelle on allume du ifcu. Le mercure se volatilise ; mais, ne pouvant s'échapper par Je haut, il est obligé de gagner le bas de l'appareil, qui est formé par une caisse de fer continuellement rafraîchie par un courant ild'cau, et il s'y condense à l'état liquide. L'argent reste sur les plateaux du chandelier.

Les quatre procédés que je viens de décrire peuvent suffire [pour donner une idée générale de l'exploitation des mines d'arggent; les personnes qui voudront plus de détails, et surtout conmaître les appareils dont on se sert pour l'extraction des différents métaux, devront recourir aux livres spéciaux (1).

Usages. — Les usages de l'argent sont généralement connus : con en fait des monnaies, des ustensiles et des bijoux; mais, lavant de l'employer, on l'allie toujours avec une certaine i quantité de cuivre qui lui donne de la dureté et le rend plus [.propre à résister aux effets de l'usure. Cette quantité de cuivre cesl déterminée par la loi, et forme ce qu'on nomme le titre de l'argent. Le litre de l'argent des monnaies de France est de 0,900 ipour la monnaie blanche, c'est-à-dire que 1000 parties d'alliage icontiennent 900 parties d'argent pur; celui de la monnaie de ibillon est de 0,200. L'argent d'orfèvrerie peut avoir deux titres: Ile premier à 0,950, le second à 0,800.

On bat l'argent pur en feuilles, et on le réduit en fils comme I l'or : il faut dire même que ce qu'on nomme fil d'or n'est que de 1 l'argent doré; l'or seul étant trop mou et trop peu tenace pour i être tiré èn fils très-fins.

L'argent est employé en chimie et en pharmacie pour préparer le nitrate d'argent cristallisé et fondu.

Le mercure se trouve sous cinq états dans la terre : natif, allié à l'argent, sulfuré, sulfo-sélénié, chloruré.

(1) Brongniart, Traité de minéralogie; Dumas, Traité de chimie appliquée aux arts .

Le mercure natif ne peut être confondu ayec aucun autre corps : sa liquidité, qui persiste jusqu'à 40 degrés au-dessous de zéro; sa pesanteur spécifique, qui égale 13,568; son opacité complète, sa blancheur et son grand éclat métallique le font reconnaître à l'instant.

Lorsqu'il est solidifié par le froid, il est malléable et peut être étendu sous le marteau. Il se volatilise à 350 degrés, et forme un gaz incolore, qui se condense sur les corps froids en un enduit blanc composé d'une infinité de globules métalliques.

Le mercure natif se trouve sous forme de petits globules dans la plupart des mines de sulfure de mercure, ou disséminé dans les roches qui lui servent de gangue. Souvent les gouttelettes se détachent des masses et coulent à travers les fissures des rochers, jusqu'à des cavités où l'on va le puiser de temps à autre. Ce mercure ne demande d'autre préparation que d'être passé à travers une peau de chamois; mais la quantité qu'on en obtient ainsi est toujours fort petite; la presque totalité de celui qui est employé provient de la réduction dusullure.

J'ai déjà parlé du mercure amalgamé à l'argent ou mercure argenfalde Haiiy, à l'occasion des différents états sous lesquels on trouve l'argent. Cet amalgame ne se trouve qu'en petite quantité dans quelques mines de mercure, comme à Almaden, en Espagne ; à Idria, dans le Frioul ; dans le duché de Deux-Ponts ; à Allemont, en France. Il est solide, d'un blanc d'argent, très-éclatant, tendre et fragile. Il cristallise en dodécaèdre rhomboïdal, en octaèdre ou en formes qui en sont dérivées. Il blanchit le cuivre à l'aide du frottement et donne du mercure à la distillation. Il pèse 14,12. Cette densité, qui est plus forle que celle du mercure lui-même, est très-remarquable et indique une grande condensation des éléments; car, en partant de la composition du mercure argental, telle que l'a déterminée Klaproth,

Argent 36 1

Mercure 64 2

100 AgHg5

et des densités des deux métaux 10,47 et 13,568, on trouve par le calcul que la densité de l'alliage serait de 12,26, s'il n'y avait pas de condensation.

On connaît deux autres amalgames naturels d'argent, formés, comme le premier, de proportions définies des deux métaux constituants : l'un, qui a été analysé par Cordier, était composé de

Page 1