‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 49 sur 194 · CINABRE · texte numérisé non relu

CINABRE

Rapports moléculaires.

Argent 27,5 + 0,7412 = 20 1

Mercure 72,3 -j- 0,8 — 58 3

100,0 AgHg3

l'autre, bien différent des deux précédents, constitue la principale richesse de la mine d'Arqueros, au Chili : il est tout à fait solide, malléable comme l'argent, et peut être coupé au couteau. Il est cristallisé en octaèdres, ou sous forme de dendrites ou de masse grenue. Il pèse seulement 10,80, -et contient :

Rapports moléculaires.

Argent... 8G + 0,7412 == 63,7 6

Mercure 13,5 -j- 0,8 = 10,8 1

100,0 Ag6Hg

Ce dernier amalgame a reçu le nom à'arquérite.

M. Domeyko a trouvé en outre dans les minérais de La Rosilla (Chili) trois amalgames répondant aux formules Ag3Hg4,AgHg et Ag5Hg3, et dans un bloc des Cordillères du Chili un minerai ayant pour formule Ag6Hg -j- AgHg = Ag7H2.

Mercure sulfuré ou Cinabre.

Sulfure solide, rouge et transparent lorsqu'il est pur et cristallisé; mais souvent opaque et pourvu d'un éclat demi-métallique d'un brun foncé. Il devient toujours d'un rouge vif par la pulvérisation. Il est fragile et assez tendre pour laisser une trace rouge sur le papier. Il pèse 8,098 lorsqu'il est pur. Il se volatilise complètement par l'action du feu ; projeté sur un charbon allumé, il dégage de la vapeur mercurielle qui blanchit le cuivre ou l'or.

Le mercure sulfuré offre quelque ressemblance de couleur avec l'argent sulfo-antimonié (argent rouge), avec l'arsenic sulfuré rouge (réalgar), et avec le plomb chromalé. Mais le premier ne laisse pas de trace sur le papier, et laisse un bouton d'argent lorsqu'on le chauffe au chalumeau.

Le réalgar donne une poudre orangée et dégage une forte odeur d'ail lorsqu'on le jette sur des charbons, ou qu'on le chauffe au chalumeau.

Le plomb chromaté donne une poudre aurore; il ne se volatilise, pas dans un tube de verre; il se divise parallèlement aux faces d'un prisme quadrangulaire, tandis que le cinabre se divise parallèlement aux plans d'un prisme hexaèdre.

Le sulfure de mercure cristallise en prismes hexaèdres réguliers ou en formes qui dérivent d'un rhomboèdre aigu et profon-

dément tronqué au sommet. C'est ce rhomboèdre qui est sa l'orme primitive. On le trouve aussi sous forme mamelonnée, granulaire, compacte ou pulvérulente. Ce dernier est toujours d'un beau rouge et porte le nom de vermillon natif.

Enfin, le mercure sulfuré est souvent intimement mélangé de bitume ou d'argile bitumineuse, qui lui donnent une couleur noirâtre et la propriété de dégager une odeur bitumineuse par l'action du feu. C'est principalement à Idria, en Illyrie, que le mercure se trouve sous cet état. M. Dumas, en distillant ce minerai bitumineux, en a retiré un carbure d'hydrogène particulier (C3I12), volatil, solide, blanc, cristallisable, qui paraît y exister tout formé. M. Dumas a nommé ce carbure idrialine.

Mercure sulfo-sêlénié. — Minerai du Mexique analysé par M. H. Rose, et qui lui a fourni :

Rapports moléculaires.

Mercure 81,33 -f- 0,8 = 65 o

Soufre 10,30 -fvS =51,5 4

Sélénium 6,49 + 2 02 = 13 1

Formule : 4HgS + HgSe.

Mercure chloruré. — Ne se trouve qu'en petite quantité dans les mines de sulfure de mercure et notamment à Mosche-Landsberg, dans le duché de Deux-Ponts. Il y occupe les cavités d'un grès ferrugineux; il est quelquefois cristallisé en petits prismes rectangulaires, dont les arêtes sont remplacées par des facettes ; mais il est le plus souvent concrétionné et mamelonné dans l'intérieur des cavités de la gangue. Il est d'un gris de perle, fragile, volatil, et peut être sublime lorsqu'on le chauffe dans un petit tube de verre. Ces deux derniers caractères le distinguent de l'argent chloruré.

Fourcroy supposait que ce minéral était du dcutochlorure de mercure ; mais la nature ferrugineuse de sa gangue, son aspect corné, et le mercure métallique qui l'accompagne presque toujours, ne permettent guère de douter que ce ne soit un protochlorure.

D'après ce que j'ai dit jusqu'ici, on a pu voir que quatre des cinq états naturels du mercure, à savoir, les mercures natif, argental, sulfo-sélénié, et chloruré, sont très-rares et ne forment, pour ainsi dire, que des accidents au milieu dû mercure sulfuré, qui constitue partout la masse principale du minerai et celle dont on extrait réellement le mercure du commerce.

Celte substance est môme assez rare et d'un gisement trèsrestreint. On en trouve très- rarement et très-peu dans les terrains primitifs, et seulement dans les plus élevés, tels que le micaschiste ; c'est ainsi qu'on l'observe à Szlana, sur les bords du Sajo,

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