PLOMB NATIF
Le plomb, nommé saturne par les alchimistes, est un des métaux les plus abondamment répandus dans la terre; il y existe sous dix-neuf états principaux, savoir :
Très-rare et longtemps regardé comme le produit d'anciennes fonderies abandonnées. Ainsi Gensanne père disait avoir trouvé dans le Vivarais (Ardèche) des dépôts considérables de minerai de plomb terreux, dans lequel on voyait du plomb natif en globules ; mais son fils même a reconnu, par les scories, la litharge et d'autres indices trouvés sur les lieux, que ce plomb était un produit de l'art. Mais du plomb natif a véritablement élé trouvé par un voyageur danois, nommé Rathké, dans les laves de l'île Madère, et depuis on l'a observé dans celles du Vésuve. On en a également trouvé dans la galène, à Alstoon-Moore, dans le Cumberland, et en Bohême. Mais il n'en est pas moins très-rare.
Le plomb natif présente à pea près les mêmes propriétés que celui obtenu par l'art. Il est solide, d'un blanc bleuâtre, très-éclatant, mais se ternissant promptement à l'air. Il est assez mou pour se laisser rayer par l'ongle, sans sonorité et sans élasticité. Il est très-malléable, peu ductile et très-peu tenace. Il pèse 11,352. Il est fusible à 260 degrés, et un peu volatil à une haute température, avec le contact de l'air. Il se dissout dans l'acide nitrique, même à froid, mais mieux à chaud. La liqueur est incolore, et forme avec les alcalis un précipité blanc, soluble dans la potasse et la soude caustiques, mais non dans l'ammoniaque. L'acide sulfhydrique et les sulfhydrates y forment un précipité noir ; l'acide sulfurique et les sulfates, un précipité blanc insoluble dans l'acide nitrique.
Le plomb forme deux oxydes principaux, savoir : un oxyde jaune salifiable nommé massicot, ou litharge lorsqu'il est fondu au feu ; il est formé de PbO.
natif,
telluré,
sélénié,
sulfuré,
oxydé,
tungstaté,
molybdaté,
vanadaté,
chromaté,
antimonité.
antimoniaté,
ai'si'niaté,
phosphaté,
sulfaté,
sélénité,
carbonaté,
chloruré,
ioduré,
hydro-aluminaté.
Plomb natif.
H2 FAMILLE DU PLOMB
Secondement, un oxyde puce, formé de PbO2, non salifiable, décomposé par les acides en oxygène et en protoxyde.
Le plomb forme en outre un sous-oxyde Pb20, et un oxyde intermédiaire, d'un rouge vif ou orangé, nommé minium, composé le plus ordinairement de PbO -f- PbO2 ou Pb20:j.
Plomb tellure.
Ce composé existe dans la terre, mais toujours mélangé ou combiné avec les tellurures d'or et d'argent. Il portait autrefois le nom d'or de Nagyag, et était exploité comme mine d'or, ce qui m'a autorisé à le ranger au nombre des états naturels de l'or, bien que sa vraie place soit avec les composés plombiques; j'en ai décrit deux espèces nommées Mullerine et tilusmose, très-différentes par la proportion des corps qui les constituent ; il est inutile d'y revenir ici.
l'iomb sélénié.
Trouvé au Harz dans des dépôts ferrugineux situés dans les schistes argileux et les diorites, ou engagés dans la dolomie. Il contient un peu de séléniure de cobalt, d'après Stromeyer, qui en a retiré,
Rapports moléculaires.
Sélénium '28,11 56 \
Plomb. 70,98 54 (
Cobalt 0,83 2 )
Formule : PbSe.
Ce minéral offre presque tous les caractères physiques du sulfure de plomb, de sorte que ce n'est que par l'essai au chalumeau ou l'analyse, qu'on peut le distinguer. Il est d'un gris de plomb, éclatant, non ductile, facile à couper, offrant un clivage cubique. Il pèse spécifiquement 6,8 d'après Sillimann; 7,697 d'après Lévy; 8,2 suivant Haidinger. Au chalumeau, il dégage une odeur de rave pourrie qui caractérise le sélénium, et laisse de l'oxyde de plomb ou du plomb métallique, suivant qu'on a dirigé sur le résidu la flamme oxydante ou réductive de l'instrument.
Plomb sélénié hydrargyrifère. — Combinaison ou mélange à proportions variables de séléniure de plomb et de séléniure de mercure. Une analyse de M. H. Rose a donné :
Rapports.
Sélénium 24,97 55 4
Plomb 53,84 43 3
Mercure lG,9t 13 1
ce qui indique une combinaison de 3PbSe -f- HgSe. Cette substance est métalloïde, d'un gris foncé, lamellaire, non ductile, fa-