‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou, Cours d'histoire naturelle professé à l'École de pharmacie de ParisChapitre 51 sur 194 · HO FAMILLE DU MERCURE · texte numérisé non relu

HO FAMILLE DU MERCURE

A Almaden, on chauile la mine triée, et quelquefois, en outre, bocardée et lavée, dans des fourneaux carrés, disposés de manière que le sufure, placé sur un sol à jour, est traversé par la flamme du foyer qui se trouve au-dessous. A la partie supérieure de l'une des faces du fourneau sont pratiquées des ouvertures, à chacune desquelles est adaptée une suite de conduits dits aludels, qui passent au-dessus d'une terrasse, et vont se rendre dans une grande chambre ou réservoir commun. Au moyen de cette disposition et du courant d'air établi par le feu dans tout l'intérieur de l'appareil, le soufre de la mine se brûle et se dégage à l'état d'acide sulfureux ; le mercure, revenu a l'état métallique, se volatilise et se condense dans les aludels, d'où il coule dans le réservoir commun. La terrasse au-dessus de laquelle passent les aludels est inclinée des deux côtés vers son milieu, où elle forme une rigole destinée à recevoir et verser dans la chambre le mercure que les jointures des conduits laisseraient échapper.

AIdria, on emploie un fourneau semblable à celui d'Almaden; mais la condensation du mercure se fait dans une suite de chambres adossées l'une à l'autre, et communiquant alternativement parleur partie inférieure et supérieure, afin d'augmenter le trajet que les vapeurs doivent parcourir. Dans ce procédé, comme dans celui d'Almaden, les produits de la combustion du bois et ceux du bitume forment une suie grasse, qui salit le mercure, et dont on le débarrasse par le moyen de la chaux ou de tout autre alcali. La suie mélangée d'alcali est mise à la partie supérieure du fourneau et chauffée dans une autre opération.

Le mercure purifié est versé dans le commerce, renfermé dans des bouteilles en fer ou dans des outres de peau.

Usages. — Le principal usage du mercure est pour l'exploitation des mines d'or et d'argent, pour la fabrication du cinabre artificiel et du vermillon, pour l'étamage des glaces, pour la construction des baromètres et thermomètres, etc.

Il fournit à la pharmacie son oxyde rouge préparé par la calcination du nitrate, ses sulfures, ses deux chlorures, connus sous les noms de mercure doux et sublimé corrosif; ses deux iodures, et un grand nombre de sels. Il fait la base des pommades citrine et mercurielle, de l'emplâtre de Vigo., etc. Ses composés sont en général vénéneux, ou au moins dangereux; cependant, lorsqu'ils sont employés avec prudence, ils tiennent le premier rang parmi les antisyphilitiques connus.

Page 1