‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 110 sur 194 · EXTRACTION DU FER · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU FER

Extraction du fer.

De toutes les mines de fer, on n’exploite, dans la vue d’en retirer le métal, que les oxydes et le carbonate, parce qu’elles sont les plus aisées à traiter et qu’elles suflisent à la consommation ; de plus, les oxydes, qui se trouvent presque partout, fournissent plus de fer que le carbonate, qui est beaucoup plus rare.

En général, pour extraire le fer, on bocarde la mine, et on la lave pour en séparer l’excès des matières terreuses ou de la gangue, surtout lorsqu’on opère sur les mines de fer limoneuses ; mais il faut laisser une partie de celle gangue qui facilite beaucoup la fusion de l’oxyde de fer, et même, comme il est nécessaire, pour que cette fusion s’opère bien, que le fondant soit composé de certaines proportions de craie et d’argile, d’après un premier essai, on ajoute à la mine bocardée et lavée celle de ces deux substances qui paraît ne pas y être en proportion suffisante. Quelquefois la mine de fer oxydé contient du soufre et de l’arsenic; alors on la grille avant d’y ajouter le fondant : lorsque la mine est convenablement préparée, on procède à la fonte.

Le fourneau qui sert à cette opération a de 10 à 13 mètres de hauteur, et se nomme, à cause de cela, haut fourneau ( fig . 145). 11 a dans son intérieur la forme de deux cônes tronqués appuyés base à base, et de telle manière que sa plus grande largeur se trouve être au tiers de sa hauteur environ; il est ouvert par le haut, et l’ouverture, que l’on nomme gueulard, sert à le charger; il est terminé inférieurement par un creuset en briques réfractaires, dans lequel doit se rassembler la fonte. On remplit ce fourneau, jusqu’au tiers, de charbon ou de houille épurée, dont on active la combustion au moyeu d’énormes soufflets, ou d’autres puissants appareils de ventilation ; bientôt après on y ajoute par pelletées et alternativement de la mine préparée et du charbon ; on en remplit le fourneau et on l’entretient dans cet état en y versant de nouvelles matières à mesure que celles qui s’y trouvent descendent, par suite de la combustion et de la fusion qui s’opèrent, dans la partie soumise à l’action des soufflets.

Voici ce qui se passe dans cette opération : l’acide carbonique de la craie se dégage ; la chaux se combine à la siiice et à l’alumine qui composent l’argile, les fond et détermine aussi la fusion d une certaine quantité d’oxyde de fer. Mais la plus grande partie de celui-ci est réduite à l’état métallique, soit par l’oxyde de carbone qui provient de l’action du charbon sur l’acide carbonique de la craie, soit par celui qui se forme directement par la combustion incomplète du charbon. Cet oxyde de carbone repasse ainsi à l’état d’acide carbonique, est réduit de nouveau à l’état

d’oxyde de carbone par le contact du charbon, et peut ainsi servir à plusieurs réductions successives du minerai, avant de s’échapper par l’ouverture supérieure du fourneau. Cependant rien n’empê¬

che de croire, comme on le pensait autrefois, que la réduction du métal s’opère aussi par le contact direct de l’oxyde de fer fondu et du charbon. Quoi qu’il en soit, le fer et le verre qui provient de la fusion des terres, coulent vers le creuset et le remplissent; mais ce verre, que l’on nomme laitier, étant plus léger que le fer, reste à sa surface et s’écoule par une ouverture pratiquée au haut du creuset. Lorsqu’on juge que celui-ci est plein de fer, on débouche un second trou percé au fond et bouché momentanément avec de l’argile, et l’on reçoit le métal dans une rainure creusée dans le sable. Pendant le temps que le fer coule

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