EXTRACTION DU FER
on cesse de souffler et de charger le fourneau; mais cela dure à peine un quart d’heure, l'on recommence de suite l’opération.
Le métal obtenu par celte opération se nomme fonte ; ce n’est pas du fer proprement dit, c’est plutôt un carbure de fer mélangé d’oxyde de fer, de laitier et de charbon non combiné; quelquefois même on y trouve du phosphore, du chrome et du cuivre,
La fonte varie en couleur, en dureté et en bonté, suivant la nature de la mine et le soin qu’on a apporté à l’opération. En général, la fonte la plus pâle, qu’on nomme fonte blanche , est la moins estimée; elle contient plus d’oxygène et moins de carbone que les autres. On distingue aussi la fonte grise, qui est plus estimée, et la fonte noire, qu’un excès de carbone rend peu propre à plusieurs usages. . •
Pour affluer la fonte, ou la convertir en fer malléable, on emploie plusieurs procédés, dont le plus ancien, qui est encore usité, consiste à se servir d’un autre fourneau qui n’est, à vrai dire, qu’un grand creuset que l’on remplit de charbon, et vers la surface duquel on dirige le vent de deux soufflets. On place au milieu de ce charbon embrasé l’extrémité d’un de ces gros lingots de fonte nommés gueuses, et on l’y pousse à mesure qu’elle fond : la matière fondue se rassemble au fond du creuset, et bientôt le remplit en partie.
Mais le vent des soufflets étant dirigé sur le métal, le charbon qui s’y trouvait combiné ou mélé brûle, et avec lui une certaine quantité de fer; et comme l’oxyde de fer qui se forme est plus fusible que le métal lui-même, il en résulte une matière presque fluide tenant comme suspendu un corps beaucoup plus dur qui est le fer; alors un ouvrier remue la matière avec une barre de fer qu’il plonge partout, pour rassembler autour et fixer le fer métallique; et lorsqu’il en a ramassé une masse de trente à trente-cinq kilogrammes, il la soulève et la fait glisser sur un plan incliné, jusque vers une grosse enclume où un lourd marteau, dit martinet, la bat, en rapproche les molécules, et en expulse la fonte interposée. Lorsque la masse est déjà bien formée et consistante, l’ouvrier la reporte au feu, la fait rougir de nouveau et la remet sur l’enclume, où alors elle se trouve frappée si vivement (le martinet, qui pèse environ 450 kilogrammes, tombe deux fois en une seconde), qu’il a le temps d’en former une partie en une barre plate et rectangulaire, qu’il achève enfin après avoir encore reporté au feu l’extrémité non forgée.
Propriétés, — Voici les propriétés du fer tel qu’on peut 1 obtenii, car il n’est jamais exactement pur, par la raison qu’on ne peut faire antrement que d’employer le charbon pour le fondre et le
travailler, el qu’il absorbe toujours une certaine quantité de ce corps combustible.
Le fer est d’un blanc gris très-éclatant ; lorsqu’il est poli, c’est le plus dur, le plus élastique, le plus tenace et peut-être le plus ductile de tous les métaux ductiles; cependant il se lamine difficilement, il pèse 7,78; un fll de fer d’un dixième de pouce de diamètre (0n,,0027) supporte un poids de 500 livres avant que de se rompre.
Le fer a une saveur très- marquée; il a aussi une odeur particulière qui se développe par le frottement des mains ; il est attirable à l’aimant, qui n’est, comme je l’ai dit, qu’une mine de fer oxydulé, et il est susceptible de devenir aimaut lui-même, soit par le frottement d'un autre aimant, soit spontanément, lorsqu’il se trouve placé dans quelques circonstances particulières. Le fer n’est pas le seul métal qui jouisse de ces propriétés : le nickel et le cobalt les possèdent également, quoique dans un moindre degré.
Le fer est un des métaux les moins fusibles, car sa fusion n’a lieu qu’au-dessus du 150" degré du pyromètre de Wedgwood.
Le fer se combine avec presque tous les corps simples non métalliques : les plus importants de ses composés avec ces corps sont ceux qu’il forme avec l’oxygène et le carbone.
Indépendamment de la fonte dont nous avons parlé plus haut, l’acier est encore une combinaison de fer et de carbone, mais qui ne contient guère que 0,01 dté ce dernier; il est plus dur que le fer, très-ductile, très-maUéable, sans saveur ni odeur, moins pesant que le fer, et susceptible d’un poli parfait. 11 se distingue surtout du fer par «propriété suivante : que Ion fasse rougir une barre de fer et une d’acier, et qu’on les laisse refroidir lentement, elles conserveront leurs propriétés primitives; mais qu’on les fasse rougir et qu’on les plonge dans l’eau froide, le 1er conservera sensiblement les mômes propriétés, tandis que l’acier en acquerra de nouvelles : il deviendra plus dur, moins dense, plUs élastique, moins ductile et d’un grain plus lin qu’auparavanl. On le nomme alors acier trempé , et il sert, comme on le sait, à fabriquer toutes sortes d’instruments tranchants et autres.
Dissolutions. — Le fer en dissolution est facile à reconnaître quoique la couleur des précipités qu’y forment les réactifs varié selon le degré d’oxydation du métal. Lorsqu’il est au minimum d’oxydation, il forme avec les alcalis un précipité blanc qui passe de suite au vert par le contact de l’air, ensuite au vert noirâtre enfin au rouge. Il forme avec le cyanure ferroso-potassique Ur! précipité blanc passant au bleu par le contact de l’air. Il préci pile immédiatement eu bleu par le cyanure ferrico-polas$ique •