‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 140 sur 194 · MAGNÉSITE OU ÉCUME DE MER · texte numérisé non relu

MAGNÉSITE OU ÉCUME DE MER

cate de magnésie, et la seconde ayant été complètement enlevée, pour faire place au nouveau composé.

Magnésite oïl Ecume île mer.

Substance d’un blanc grisâtre, poreuse, légère, et cependant assez tenace, offrant souvent une disposition schisteuse. Elle est sèche au toucher et happe fortement à la langue. Elle donne beaucoup d’eau par la distillation ; elle est très-difficilement fusible au chalumeau. Elle est attaquée par les acides concentrés, et le dissoluté, séparé de la silice, offre tous les caractères des sels magnésiens.

La magnésite la plus estimée, celle qui, sous le nom d 'écume de mer, sert dans l’Orient à la fabrication des pipes, provient de divers lieux del’Asie-Mineure, de l’îlede Négrepontet de la Crimée. Elle se trouve dans des calcaires compactes qui renferment des rognons de silex, et dont on ne connaît pas bien l’âge. On la rencontre ensuite dans la colline de Yallecas près de Madrid, en couches assez puissantesqui renferment des rognonsde silex et qui alternentavec des couches d’argile, au-dessus d’un terrain gypseux. On la trouve à Salinelle (Hérault), près de Lunel, et enfin dans le terrain tertiaire parisien, comme à Coulommiers, à Crécy, à Saint-Ouen et à Chenevières, au milieu de marnes calcaires et argileuses.

On trouve encore la magnésite à Daldisero et à Caslella- Monte (Piémont), formant des rognons ou des veines dans la serpentine, et souvent mélangée avec la magnésie carbonalée.

La magnésite de Yallecas, de Coulommiers et de Chenevières, présente la môme composition, qui est de 54 de silice, 24 de magnésie et 20 d’eau, ce qui répond à MgSi + 2H. Celle de l’Asie-Mineure contient, d’après Berthier, 50 de magnésie, 25 de silice et 25 d’eau, et sa formule est 2MgSi + 5JJ .

Quincytc. — On a donné ce nom à une véritable magnésite, colorée en rouge par une matière organique, que l’on trouve au milieu des calcaires d’eau douce de Melun et de Quincy.

Aphrodite. — Berthier a décrit sous ce nom une écume de mer trouvée à Langbanshytta (Suède) ; elle est formée de :

Rapports moléculaires.

Silice . 51 ,55 90,94 t0

Magnésie . 33,72 130,33 \

Oxure manganeux 1 ,62 3,3a ( 135,39 P'

— ferreux.... 0,39 1,31 J

Eau . 12,32 109,31 12

Alumine . 0,20

Formule : 5Mg»Si* + I2ti.

llnrmolilhe.

Substance d’un blanc verdâtre et jaunâtre, avec un éclat un peu nacré ; à texture foliée, à lames opaques, non flexibles ; plus dure que le talc ; donnant une poudre douce et onctueuse au toucher ; attaquable par l’acide nitrique; perdant de l’eau et prenant de la dureté par la calcination. Elle a été trouvée en veines étroites dans des roches de serpentine, à Hoboken et à Bare- Hill, près de Baltimore. Elle contient, suivant l’analyse de Nuttall :

Silice .

Magnésie .

Chaux .

Oxydes de fer et de chrome Eau .

Formule : Mg’si -f 2H.

On l’a aussi trouvée dans la Finlande ; elle y est compacte et possède une cassure conchoide et transparente sur les bords. Il est friable, et sa poudre est d’un blanc verdâtre. Sa densité est 2,44; sa dureté, un peu plus grande que celle du spath d’Islande.

Serpentine et Pierre ollairc.

La serpentine est une substance verdâtre, compacte, moins douce au toucher que le talc et beaucoup plus dure ; cependant elle se laisse facilement rayer par une pointe d'acier. Elle a une cassure esquilleuse et un éclat cireux. Elle perd de l’eau par la calcination et acquiert une dureté plus considérable. Elle est assez tenace, facile à scier, à tailler et à tourner, ce qui permet d'en fabriquer des mortiers, des encriers, des salières, des théières et d’autres vases culinaires d’autant plus utiles qu’il supportent bien le feu et y acquièrent une plus grande dureté. La serpentine commune, qui sert principalement à cet usage, en a reçu le nom de pierre ollaire, bien qu’il existe aussi des pierres ollaires qui ne sont pas de la serpentine.

La serpentine étant massive et non cristallisée, est rarement pure. Presque toujours elle présente sur un fond vert-olive ou vert-poireau des taches ou des bandes d’un vert plus clair ou sur un fond vert clair des bandes ou des taches d’un vert foncé ce qui indique déjà un mélange de parties hétérogènes. Elle renferme de plus très-souvent du fer oxydulé, du fer sulfuré d î mispickel, des grenats, de la diallage, du pyroxène, de l’amphi bole, de l’asbeste, du talc, du spath calcaire, etc. Lorsqu’on 1 "

SILICATES DE MAGNÉSIE ALUMINEUX. 39S

sépare de ces différents mélanges, on lui trouve une composition qui n’est pas toujours semblable, mais qui paraît avoir pour point de départ un hydrosilicale de magnésie de la formule Mg9 Si*-}-6H, qUi appartient à la serpentine pure et incolore de Gulsjo, analysée parM. Mosander :

Rapports moléculaires.

Silice . 42,34 X 4 ,7042 = 74,7 =4

Magnésie . 44,20 X 3,8707 = 171,81 § 93

Oxure ferreux . 0,t8 x 2,22 22 = 4 (

Eau . 12,38 X 8,8889 = 118,4 — 6

Plusieurs autres serpentines ont olfert la môme composition, avec substitution d’une certaine quantité de chaux, d’oxyde de fer, de manganèse, de chrome ou de cérium à la magnésie ; telles sont:

La serpentine de Gerraantown, analysée par Nultall ;

— jaune de Finlande, analysée par M. Lychnell ;

La néphrite de Smilhfield, analysée par M. Bowen ;

La picrolite de Braltfor, analysée par Stromeyer.

J’admets donc que la formule Mg9Si4-|-6H représente la composition normale ou fondamentale de la serpentine ; en voici maintenant quelques modifications que j’indiquerai seulement par leurs formules :

Hydrophijte de Taberg, par Svanberg : Mg9Si*-f-'JH.

Picrolite de Taberg, par Almroth : 2Mg9Si4 + !)H.

Serpentine de Norberg, par Hisinger : MglâSi4-|-9H=Mg9Si , H6 + 3MgH.

SILICATES DE MAGNÉSIE ALUMINEUX.

CortUcrite.

Iolite,dichroïte, saphir d'eau. — Substance vitreuse translucide ou transparente, d’une assez belle couleur bleue lorsqu’on la regarde dans le sens de l’axe, d’un jaune brunâtre lorsqu’on la voit perpendiculairement à l’axe ; elle possède deux axes de double réfraction ; elle pèse de 2,36 à 2,66 ; elle raie fortement le verre et faiblement le quartz; elle fond difficilement au chalumeau et est insoluble dans les acides.

La cordiérite se présente sous la forme d’un prisme hexaè re régulier modifié sur les arêtes et pouvant offrir plusieurs rangs de facettes sur les bases. On la trouve à.Bodenmais, disséminée dans un micaschiste avec de la pyrite magnétique ; à Siminlak au

Groenland ; en Finlande prèsd’Abo ; au cap de Gâte en Espagne dans une roche trachytique, etc. Il en vient également de Ceylan qui est employée par les joailliers sous le nom de saphir d’eau. Il en existe un assez grand nombre d’analyses qui donnen toutes pour sa composition SisAPMg3, que l’on suppose unis de la manière suivante : 3AlSi + Mg3Siâ.

Clilorite.

Substance dont la couleur varie du vert noirâtre ou du vert bouteille foncé au vert jaunâtre, composée de lamelles brillantes plus ou moins agrégées, douces au toucher, flexibles et non élastiques, comme celles du talc.

Elle est fusible au chalumeau en une scorie noire attirable à l’aimant.

Elle se présente en couches fréquentes et étendues dans les terrains primitifs sujérieurs, dans les schistes de transition et dans les schistes argileux, . dont die emprunte la structure schisteuse, avec un caractère particulier de courbure ou de contournement des lames qui la composent. Quelques variétés dont la forme cristalline est bien déterminée, ou dont la composition oflre une modification assez marquée, ont été considérées par quelques minéralogistes comme des espèces distinctes et ont reçu des noms particuliers. C’est ainsi qu’on donne le nom de pennine à une chlorite qui se présente sous la forme d'un rhomboèdre aigu de 63° 15', ou en tables plus ou moins épaisses, à bases triangulaires ou hexagonales, qui proviennent de la troncature plus ou moins avancée des deux angles-sommets du rhomboèdre. Ges cristaux paraissent d’un vert noir sur les faces; mais ils sont transparents et jouissent à un haut degré du dichroïsme : dans le sens du grand axe, la lumière est d’un beau vert d’émeraude, tandis qu’elle est brune ou rouge-hyacinthe, perpendiculairement à cet axe. Sa pesanteur spécifique est de 2,653 à 2,659. On la trouve dans une gangue de schiste, au milieu des roches serpentineuses qui avoisinent le mont Rose ; j’en donnerai plus loin la composition.

MM. Marignac et Descloiseaux ont décrit, sous le nom particulier de chlorite hexagonale , une substance verte, cristallisée quelquefois en une double pyramide hexagonale tronquée, mais qui se présente plutôt en lames hexagonales biselées, ou en prismes allongés et contournés. Ce minéral pèse 2,672; est tendre, onctueux au toucher, flexible, non élastique, transparent dans ses lames minces et dépourvu de dichroïsme. On le trouve principalement dans la vallée d’Ala (Piémont), où il accompagne de

CULORITE

beaux grenats cristallisés, à Slatoust et à Achmaloivsk en Sibérie, à Mauléon dans les Pyrénées, etc. On a pris longtemps cette chlorite pour du talc cristallisé.

Enfin M. Kobell, en se fondant sur un certain nombre d’analyses, a pensé que l’on pouvait diviser les chlorites en deux sousespèces, à l’une desquelles il a conservé le nom de chlorite , et dont l’autre a reçu celui de ripidolithe ; mais, sans compter que la chlorite de M. Kobell n’est pas celle de M. Marignac, d’anciennes analyses qui me paraissent très-régulières me semblent démontrer que la composition de la chlorite peut éprouver d’assez nom-

breuses variations sans sensiblement altérés.

que les

; caractères du minéral en soient

Ut.

SiO3 .

Cr*05 .

Fu*Ü3 .

FeO .

MnO .

MgO . .

PsO .

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