‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 157 sur 194 · OUTREMER · texte numérisé non relu

OUTREMER

encore une très-belle couleur bleue. Enfin une dernière eau ne produit plus qu’une matière d’un bleu pâle nommée cendre d’outremer. C’est l’outremer le plus pur que Clément et Desormes ont analysé et qu’ils ont trouvé composé de :

Rapports moléculaires.

Silice . .

Alumine .

Soude .

Soufre .

Carbonate de chaux . .

Le carbonate de chaux appartient encore à la gangue de l’outremer ; quant aux autres principes, si l’on admet que leurs rapports soient Si*, Al3, Sd* et S, on arrive à une formule très-simple 3 Al Si -f- Sd3Si -f- SdS, qui représente de la néphéline additionnée de sulfure de sodium ; mais comme il n’est pas probable qu’une couleur aussi indestructible à l’air contienne un sulfure alcalin, et que d’ailleurs les résultats de l’analyse sont véritablement Si*, Âi3,s, Sd4 et S, je préfère la formule A]3Sia 2Sds Si + AIS, qui s’accorde mieux avec les propriétés du composé.

Voici les propriétés de l’outremer: il pèse 2,36; on peut le faire rougir au feu sans en altérer la couleur ; mais à une très-forte chaleur il se fond en un verre transparent et incolore. 11 se fond également avec le borax, en un verre très-transparent, après qu’il S’est dégagé du soufre. A la chaleur rouge, le gaz oxygène le décolore en partie et en augmente le poids ; le gaz hydrogène lui enlève du soufre et lui communique une couleur rougeâtre ; le soufre n’exerce aucune action sur lui; les acides sulfurique et chlorhydrique peu étendus d’eau, le décolorent avec dégagement de sullide hydrique, dissolution de soude et d’alumine, et dépôt de silice gélatineuse. L’acide azotique le décolore également avec dégagement de deutoxyde d’azote et formation d’acide sulfurique.

Pour fabriquer l’outremer factice, on prépare d’abord de la soude caustique liquide saturée de silice ; on y ajouté de l’alumine en gelée jusqu’à ce qu’il y ait dans la liqueur parties égales de silice et d’alumine supposées sèches. On évapore à siccité, on pulvérise le produit et on le projette dans du sulfure de sodium fondu au feu. On chauffe pendant une heure et on laisse refroidir. La masse pulvérisée est traitée par l’eau bouillante pour enlever le sulfure de sodium, et on lave avec soin le résklu qui est déjà bleu. On chauffe cette poudre bleue dans un creuseL pour lui enlever un excès de soufre qu’elle contient ; on la broie enfin avec de l eau et on la soumet à la dilution et à la décantation, pour 1 avoir

d’une grande finesse et de la plus belle couleur possible. L’outremer naturel se vendait autrefois 125 francs l’once ; l’outremer artificiel vaut aujourd’hui 10 francs le kilogramme.

Les minéralogistes connaissent, sous les noms de haüyne et de spinellane , deux substances qui offrent quelque rapport, non pas avec l’outremer proprement dit, mais avec le mélange qui lui sert de gangue. La première se montre fréquemment dans les roches volcaniques de différentes contrées, comme au lac de Laach sur les bords du Rhin, au Mont-Dore, au Cantal, au Vésuve etc Elle est disséminée dans la roche volcanique, sous la forme de cristaux qui sont des dodécaèdres réguliers ; elle est transparente d’un bleu pâle et verdâtre, assez dure pour rayer le verre et quelquefois le quartz ; elle pèse de 2,6 à 3,3 ; elle se dissout en gelée dans les acides, et se fond au chalumeau en un verre bulleux.

Le spinellape se trouve au lac de Laach, dans la môme roche que la haüyne, et n’en diffère que par sa couleur qui est brunâtre, et par une pesanteur spécifique plus faible (2,28) . Voici du reste le résultat des analyses faites sur les trois substances :

Silice .

Lapis lazuli.

Spinellane.

Alumine .

Il à 14,5

Potasse ou soude . . .

[Carbonate de chaux.

I Sulfate de chaux. . .

ou

[Chaux .

Acide sulfurique . .

Soufre

des traces.

Eau .

La différence la plus saillante qui résulte de ce tableau est que la haüyne et le spinellane ne contiennent pas de carbonate de chaux ; tandis que ce composé fait partie essentielle du lapis et paraît même être plus immédiatement mélangé à l’outremer que le quartz et le sulfate de chaux.

Micas.

On a donné le nom de mica (de micare, briller) à des minéraux siliceux qui sont tellement caractérisés par leur éclat demi-métal lique et par la propriété de pouvoir être divisés en lames d’une très-grande minceur, qne 1 on a peine à comprendre qu’il faille en faire plusieurs espèces distinctes. C’est cependant ce qui res-

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