‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 161 sur 194 · ARGILE · texte numérisé non relu

ARGILE

mènes qui ont déterminé ou modifié la constitution du globe, les secondes se confondant avec les roches des anciens minéralogistes. Ce sont celles-ci seulement qui vont maintenant nous occuper ; mais comme le cadre de cet ouvrage ne me permet pas de leur accorder beaucoup d’étendue, je me bornerai à en donner une courte description, quelquefois môme une simple définition, en les rangeant seulement d’après l’ordre alphabétique, afin d’en faciliter la recherche.

Ampélite, voyez Schiste.

Amphiboute. — Roche composée principalement d’amphibole hornblende, empâtant différents minéraux, tels que des grenats, du feldspath, du mica, et, comme parties accessoires, du quartz, de la diallage, du dislhène, de l’épidote, du titane, des pyrites, du fer oxydulé. La structure peut en être schisloïde ou massive. Elle appartient aux terrains supérieurs de cristallisation, où elle est subordonnée au gneiss et au micaschiste.

Amygdaloïue. — Ce nom, qui répond au mol allemand mandelstein, a été donné à plusieurs roches qui offrent, dans une pâte de pétrosilex ou d’aphanite, des noyaux arrondis d’une substance qui peut être de même nature que la pâte, mais de couleur différente, ou de nature différente. Dans le premier cas, la roche porte aujourd'hui le nom de variolite ; dans le second, celui de spillite.

Anagénite. Grauwacke à gros grains des géologues allemands. — Roche composée de fragments arrondis de roches primitives , réunis par un ciment soit schisteux, soit de calcaire saccharoïde. Elle appartient aux terrains de transition. Voyez aussi poudingue.

Amanite (Haüy). — Rpche d’apparence homogène, mais que l’on suppose formée d'amphibole hornblende et de feldspath fondus imperceptiblement l’un dans l’autre. Elle provient d’anciens épanchements qui ont traversé à peu près tous les terrains. Elle répond à la cornéenne et au trapp des anciens minéralogistes. Elle est noirâtre, compacte, tenace et difficile à casser. La cassure en est raboteuse. Elle est toujours assez dure pour ne pas être rayée par le cuivre, mais elle ne raie pas toujours le verre et n’use pas toujours le fer. C’est la plus dure, qui raie le verre et use le fer, qui porte plus spécialement ’e nom de trapp. Elle agit ordinairement sur l’aiguille aimantée, ce qui indique qu’elle contient une petite quantité de fer oxydulé à l’état de mélange, indépendamment' des 10 à 20 centièmes qui s’y trouvent à l’état de silicate. Elle fond au chalumeau en un émail noir. L’aphanite forme la pâte d’une roche composée nommée spillite.

Argile. — Plusieurs des substances qui ont été précédemment décrites sous ce nom (p. 356) peuvent être considérées comme

des roches tendres provenant, soit de la décomposition chimique de roches feldspathiques (ex. le kaolin), soit de l’atténuation d’autres minéraux alumino-siliceux. Elles sont principalement composées de silice, d’alumine et d’eau ; elles font pâte avec l’eau, etc.

Argiloute. — Roche d’apparence homogène qui paraît provenir d’une première altération du feldspath compacte. Elle sert de base à la suivante.

Argilophtre ou Porphyre argileux.— Roche porphyroïde formée d’une pâte d’argilolile et de cristaux de feldspath ; en d’autres termes, c’est un porphyre qui, par suite d’un commencement d’altération, a perdu une partie de sa dureté et de sa cohésion et a pris un aspect terreux.

Arrose.— Roche d’agrégation composée de gros grains de quartz hyalin et de grains de feldspath laminaire, compacte ou argiloïde. Elle constitue souvent des masses très-étendues au-dessus des granités, dont les éléments séparés mécaniquement ont concouru à la former. Elle renferme à la fois des amas de minerais métalliques et des débris végétaux et animaux; elle appartient aux plus anciens terrains de sédiment.

Basalte. — Cette roche a été produite, sous forme de coulées très -considérables, par des volcans antérieurs à ceux de l’époque actuelle ; tels sont les volcans éteints de l’Écosse et des Hébrides, et ceux de l’Auvergne, du Forez, du Velay et du Vivarais (Puyde-Dôme, Loire, Haute-Loire et Ardèche). La matière, en se refroidissant, s’est divisée en colonnes prismaloïdes à trois, quatre, cinq, six ou neuf pans, ce qui donne à ces terrains l’aspect de constructions gigantesques. La roche fii elle-môme est principalement composée de pyroxène en très-petites particules cristallines, mélangé d’une certaine quantité de feldspath. Elle a une texture grenue, une cassure male, inégale, un aspect âpre et une couleur grise, quelquefois blanchâtre ; elle se décompose à la longue sous les influences météorologiques et passe à l’état de wacke et d’argile.

Basanite. — C’est un basalte qui renferme des cristaux de pyroxène distincts et disséminés, et, comme parties accessoires ou accidentelles, du péridot, du fer titané, des zircons, du quartz agate, etc,

Brèche. — Roche hétérogène, formée de fragments assez volumineux, anguleux, quelquefois émoussés, mais non roulés, agglutinés par une pâte contemporaine ou un peu postérieure à la formation des fragments. On en distingue deux espèces principales : la brèche siliceuse composée de fragments de jaspe ou d’agale, réunis par un ciment siliceux, et la brèche calcaire, ou

DOLÉRITE.

marbre brèche, formée de fragments de marbres anciens, empâtés dans un ciment calcaire. Une des brèches calcaires les plus connues est la brèche d ’Alet près d’Aix, en Provence, qui porte improprement le nom de brèche d’Alep. On connaît encore des brèches volcaniques, formées de morceaux de lave solidifiée, empâtés dans un courant de lave encore liquide. Quant aux brèches formées de fragments de roches primitives, elles ont reçu le nom particulier d ’anagénies.

Brecciole, c’est-à-dire petite brèche. — Roche formée de parties anguleuses, ayant environ la grosseur d’un pois, réunies par un ciment. On en connaît à base d’argilolite, avec des grains de quartz ;à base d’alunite, formée de fragments d’alunite cristalline, empâtés dans de l’alunite siliceuse ; à base de wacke dure, etc.

Calciphyre. — Pâte de calcaire enveloppant des cristaux de diverse nature. On a distingué comme espèces le calciphyre feldspathique qui présente des cristaux de feldspath blanchâtre, dans un calcaire compacte (au Petit-Saint-Bernard); le calciphyre pyroxénique formé de cristaux de pyroxène verdâtre, disséminés dans un calcaire translucide et rosâtre (île de Tyry) ; le calciphyre pyropien, mélaniqyp, etc.

Calschiste. — Schiste argileux mélangé de calcaire lamellaire.

Ci polit iî ou Marbre cipolin. — Calcaire saccharoïde renfermant du talc ou du mica qui lui communique une structure schistoïde.

Cobnéenne = aphanite.

Diorite. — Roche composée de hornblende lamellaire et de feldspath compacte, en parties distinctes et assez uniformément répandues. Elle présente deux couleurs mélangées, mais non confondues : la couleur vert-noirâtre de l’ainjfhibole hornblende qui y domine généralement, et la couleur blanche du feldspath compacte. Lorsque les parties des deux éléments cessent d’être discernables, la roche passe à l 'aphanite. Quand elle contient, indépendamment des parties de feldspath compacte qui en forment la pâte, des cristaux plus volumineux de feldspath disséminés, elle se rapproche du porphyre et prend le nom de diorite porphyroïde. On trouve en Corse une variété de diorite très-remarquable ( diorite orbiculaire de Corse), qui présente des sphéroïdes à couches alternatives et concentriques de feldspath et d’amphibole, dans une masse de diorite à grains moyens. La diorite forme des montagnes ou remplit des espaces très-étendus dans la partie supérieure des terrains de cristallisation ou dans ceux de transition ; elle est souvent traversée par des filons métalliques.

Dolérite. — Celle roche, qui appartient aux terrains d’épanchements trappéens, est essentiellement composée de pyroxène et de feldspath. Sa couleur, toujours sombre, est le gris ou le brun

plus ou moins mélangé de parties blanches. Lorsque les deux éléments sont à peu près également répandus et entrelacés, la roche prend le nom de dolérite granitoïde ; lorsqu'elle renferme en plus des cristaux distincts et plus volumineux de feldspath, elle prend l’épithète de porphyroïde. Elle passe au basalle par la prédominance du pyroxène et la confusion de toutes ses parties.

Domite. — Ce nom a été affecté particulièrement à la roche trachytique qui constitue la plus grande partie du Puy-de-Dôme. Elle est formée de feldspath argileux renfermant des paillettes de mica et quelques rares cristaux de feldspath vitreux. Elle a peu de cohésion, présente un aspect terreux et une cassure raboteuse ; elle est blanchâtre ou grisâtre ; elle est infusible au feu.

Dolomie. — Roche composée de chaux et de magnésie carbonalées, souvent combinées en proportions définies et constituant alors une espèce minérale distincte dont il a été traité précédemment (p. 413).

Éclogite. — Roche composée de diallage verte (amphibole pyroxénique) et de grenats. On y trouve comme parties accidentelles du dislhène ou de la chlorile. Cette roche ne se rencontre que rarement et en couches peu étendues parrpi le gneiss, le micaschiste ou la diorite.

Eumotide. — Très-belle roche composée d’albite compacte ou de feldspath tenace (jade de Saussure) avec mélange de diallage verte ou de diallage métalloïde ; celle à diallage verte porte le nom de vert de Corse. Elle appartient aux terrains de serpentine.

Eurite. — Roche principalement composée d’albite compacte ou de pétrosilex grisâtre, verdâtre ou jaunâtre, renfermant des grains de feldsparti laminaire, du mica ou d’autres minéraux disséminés(quarlz, amphibole, tourmaline, dislhène, etc.). Elle peut être compacte, porphyroïde, granitoïde ou schisloïde. Elle présente une stratification distincte et une structure quelquefois fissile. On la trouve dans les terrains de transition et dans les plus anciens terrains d’épanchement. Elle renferme très-rarement des substances métalliques.

Gabbho de Corse = euphotide à diallage verte.

Gabbro de Gênes = ophiolite diallagique.

Gallinace — C’est une obsidienne (verre volcanique) tout à fait vitreuse et d’une belle couleur noire. Elle est fusible au chalumeau en un émail noir. Elle vient principalement d’Islande et des Andes du Pérou. On en fait des miroirs qui sont recherchés par les paysagistes.

Glauconie. — Roche à texture grenue, composée de. proportions variables de calcaire non cristallisé, de sable quarzeux et de grains verts. Elle a quelquefois une texture compacle ; mais elle

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