‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 164 sur 194 · SCHISTE. SOS · texte numérisé non relu

SCHISTE. SOS

terrains de transition et de sédiment inférieur. On la trouve à Coutances, etc.

Pumite = ponce.

Fyroméride. — Roche composée d’une pâle de feldspath compacte et de quartz, enveloppant des sphéroïdes de même nature à structure radiée. Elle est d’une couleur ocreuse inégale et renferme du fer oxydé en petits cristaux cubiques ou dodécaèdres pentagonaux, qui proviennent par conséquent de la décomposition du fer sulfuré de même forme. Cette roche, qui porte le nom vulgaire de porphyre orbiculaire de Corse, n’a encore été trouvée qu’en Corse. Peut-être faudrait-il la réunir à l’espèce pegmatite, sous le nom de pegmatique orbiculaire.

Quarzite. — Roche essentiellement composée de quartz sublamellaire ou grenu, translucide, à cassure raboteuse, sub-vitreuse dans quelques-unes de ses parties. Elle forme des couches puissantes dans les terrains de cristallisation et dans les plus anciens terrains de sédiment. Elle peut avoir deux origines : ou c’est du quartz granitique isolé de ses autres éléments, ou c’est un grès quarzeux qui est repassé à l’état vitreux par l’approche des roches ignées.

Rétinite ou Résinite. — Ces noms pouvant faire confusion avec le rétinasphalle et le quartz résinite, peut-être serait-il convenable d’adopter sans modification le nom allemand pechstein qui appartient à une roche pyrogène composée d’une grande quantité de silice (73 à 78 pour 100), d’alumine, de soude, de chaux, d’oxyde de fer, d’une petite quantité d’eau et quelquefois de bitume. Celte roche est compacte, homogène, opaque ou un peu translucide, à cassure vitreuse avec un éclat résineux très-marqué, quelquefois un peu gras. Elle donne de l’eau et souvent du bitume lorsqu’on la chauffe dans un tube fermé. Au chalumeau elle se fond tantôt facilement et d’autres fois difficilement, ce qui indique une nature variable.

Le pechstein présente une grande variété de couleurs dont les principales sont le vert olivâtre, brunâtre ou noirâtre ; le jaune brunâtre, le rouge sale et brunâtre, le noir verdâtre. Il se trouve en masses non stratifiées ou en couches, dans les terrains de porphyre et de trachyte. Mais il est rarement homogène sur une grande étendue ; il renferme souvent des grains de feldspath, du mica ou d’autres minéraux, et il constitue alors une roche plus composée à laquelle on a donné le nom de stigmite.

Scuiste. — ltoche d’apparence homogène, d une structure fissile, non susceptible de se délayer dans l’eau et ne faisant pas pâte avec ce liquide, même après avoir été pulvérisée. Elle présente à la vue simple, à la loupe surtout, une multitude de petites la-

melles de mica ; en sorte qu’elle paraît n’être souvent qu’un mica très-divisé, réuni en masse compacte. Elle a une cassure esquilleuse ; elle est souvent assez tendre pour se laisser rayer par le cuivre, et elle est toujours rayée par le fer; elle est complètement opaque, sans éclat ou n’ayant qu’un faible éclat soyeux. Les couleurs en sont ternes et varient entre le noir, le brun bleuâtre le gris bleuâtre, le verdâtre, le jaunâtre et le rougeâtre. Presque tous les schistes sont fusibles en émail noir ou brun ; quelquesuns font effervescence avec les acides; d’autres contiennent une matière charbonneuse ou bitumeuse ; mais leurs principes essentiels sont la silice, l’alumine, l’oxyde de fer, la magnésie, la potasse ou la chaux et l’eau. En voici les principales variétés :

1° Schiste luisant. — Il est luisant et comme soyeux dans le sens de ses lames, qui sont souvent ondulées ou püssées. Il se fond facilement en un émail gris ou jaunâtre rempli de bulles. Il est évidemment composé de mica, et il passe au micaschiste par des nuances insensibles. Il appartient aux premiers terrains de sédiment ; il ne renferme aucun débris de corps organisé.

2° Schiste ardoise. — En masses très-fissiles et faciles à diviser en grands feuillets minces et planes. Il est encore un peu luisant ; il est sonore lorsqu’on le frappe avec un corps dur, et est souvent assez dur pour recevoir la trace du cuivre ; il fond facilement au chalumeau.

On trouve le schiste ardoise dans un grand nombre de localités, et, en France, à Angers principalement. Le chiste y forme masse de plusieurs lieues d’étendue, à stratification très-relevée ou presque verticale, qui vient affleurer le sol presque partout. On l’exploite à ciel ouvert, ou dans de vastes excavations souterraines qui ont plus de 100 mètres de profondeur. On y trouve des cristaux cubiques de fer sulfuré, et fréquemment des empreintes de trilobites. •

3° Schiste argileux. — Plus tendre que le précédent, ce schiste répand une odeur argileuse très-sensible et absorbe l’eau assez abondamment. Il ne reçoit pas la trace du cuivre. 11 ne peut se diviser en feuillets minces. 11 appartient, comme le schiste ardoise, aux terrains primordiaux de sédiment, et l’on peut admettre qu’il n’en diffère que parce que le mica qui le compose est réduit par sa grande division à l’état argileux.

4° Schiste novaculaire ou pierre à rasoir. — Ce schiste est formé d’une pâte beaucoup plus fine que les autres, compacte et à cassure plutôt écailleuse que feuilletée. 11 présente des couches superposées de deux couleurs différentes, l’une jaune, l’autre d’un brun violacé. La présence de deux couches ainsi diversement colorées est un caractère si reconnu dans le commerce, qu’on les réunit

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toujours artificiellement lorsqu’elles ne le sont pas naturellement. Cette roche me paraît contenir de la stéatite à l’état de mélange intime et essentiel; peut-être serait-elle mieux rangée parmi les stéaschistcs.

5° Schiste siliceux. — Solide, à structure fissile, assez dur pour rayer le fer, très-difficile à fondre. Il est ordinairement noir et les fissures de stratification sont souvent enduites d’un vernis brillant de la nature de l’anthracite ou du graphite. C’est un mélange en parties non distinctes de schiste argileux et de silice.

6° Schiste bitumeux. — Noir, solide, à feuillets épais et contournés ; il perd en partie sa couleur au feu, en répandant une odeur bitumineuse. 11 alterne avec les phyllades pailletés et les psammites dans les terrains houillers. Il se confond presque avec le phyllade carbonifère.

7° Schiste grafique, ampélite graphique , crayon noir, crayon des charpentiers. — Celte substance est tout à fait noire, à cassure homogène et conchoïde, assez tendre pour laisser des traces sur le papier. Elle est fissile en grand. Elle perd sa couleur noire par la calcination et laisse un résidu coloré en rouge par l'oxyde de fer. Elle se délite et s’effleurit souvent à l’air humide, en raison du sulfure de fer qu’elle renferme.

8° Schiste alumineux, ampélite ou terre à vigne des anciens. — 11 ne diffère du précédent que par le mélange d’une plus grande quantité de fer sulfuré qui le rend très-altérable à l’air et trèspropre à la fabrication de l’alun.

Sélagite. — C’est une diorite qui contient du mica disséminé.

Serpentin = ophite.

Sidérocriste. — Roche composée de fer oligiste micacé et de quartz, observée dans les environs de Villarica au Brésil. Elle paraît être le gîte originaire de l’or et des diamants déposés dans le terrain d’ail uvion.

Spillite. — Roche composée d’une pâte d’aphanite renfermant des noyaux arrondis de nature différente. Le spillite commun présente des noyaux de calcaire spalhique, et quelquefois des noyaux d’agate, dans une pâle compacte d’un vert sombre ou d’un brun violâtre; par exemple, la roche nommée variolite du Drac. Le spillite bufonite a la pâte noire. Le spillite veiné renferme des veines et de petits grains de calcaire cristallisé. Le spillite porphyroïde contient dans la pâte des cristaux de feldspath. Cette roche appartient à des terrains d’épanchement probablement postérieurs aux terrains de sédiment moyens.

Stéascuiste. — Ce nom devrait signifier roche composée de steatite et de schiste { tel est le schiste novaculaire) ; mais il a été donné à unè roche formée d’une base de talc enveloppant des minéraux

MINÉRAUX MÉLANGÉS OU ROCHES, très-variables, et qui sont principalement le quartz, le feldspath la diallage, le grenat, la clilorile, la serpentine, le fer oxydulé’ les pyrites, etc. Au moins aurait-on dû la nommer talschiste comme le font les Allemands. Cette roche constitue des roches subordonnées dans les micaschistes primitifs et les schistes argileux.

Stigmite. — Pâte de pechstein ou d’obsidienne renfermant des grains ou des cristaux de feldspath. Les parties accessoires sont le quartz, le mica, l’obsidienne perlée. Cette roche fait partie des terrains d’épanchement trachytiques et trappéens et des terrains pyroïdes de tous les âges.

Syénite . — Roche composée de feldspath laminaire prédominant, d’amphibole et de quartz. On peut dire que c’est du granité dans lequel l’amphibole a remplacé le mica. Sa couleur dominante varie avec celle du feldspath, et elle est souvent d’un rouge incarnat. On y trouve comme parties accidentelles. du mica, du zircon, du fer oxydulé ou tilané; des cristaux de sphène, etc. La syénite existe d’abord en couches subordonnées dans le gneiss et le micaschiste ; elle est beaucoup plus répandue dans les terrains de transition, où elle existe d’abord en formation parallèle aux porphyres les plus anciens ; on la trouve ensuite en couches subordonnées aux schistes argileux; elle constitue enfin, au-dessus de ces terrains, une formation indépendante et parallèle aux porphyres et à la diorite porphyroïde métallifère.

Téphrine. — D’après de Lamétherie, la téphrine est une pierre volcanique intermédiaire entre le pélrosilex et l’amphibole. Elle est grisâtre, rude au toucher, remplie de vacuoles et fusible en un émail grisâtre ou verdâtre picoté de noir. C’est elle qui forme la base des anciennes laves de Volvic, d’Andernach, etc., et celle des laves actuelles de l’Etna, du Vésuve et de la Guadeloupe. Elle peut renfermer des cristaux distincts de diverses substances et on la désigne alors par les noms de téphrine feldspatique, pyroxénique, amphiyénique, etc., suivant la nature des cristaux.

Tuonporpuyre = argilophyre.

Thonschiefer = schiste argileux etphyllade.

Trachyte. — Roche à base d’albite grenue empâtant des cristaux de feldspath vitreux. Elle est généralement d’un gris terne, un peu celluleuse et présente une cassure très-raboteuse. Elle fond au eha

lum'eau. Elle présente comme parties accessoires ou accidentelles

du mica, de lamphibole, du pyroxène, du fer oligiste, etc. Elle pas par des degrés peu distincts à l’eurite ou à la leucosline ; à Farcit ^ phyre, au porphyre, au basalte et à la dolomie. Elle appartient au * terrains d’épanchement qui portent son nom, antérieurs aux vol* cans de l’époque actuelle; elle forme des plateaux à escarpement'

EAU

presque verticaux et des montagnes coniques très-élevées, comme au mont Dore, dans le Cantal, en Italie, à la Martinique, et dans toutes les Andes de l’Amérique dont elle occupe les parties lesplus élevées, en présentant des couches de 2 à 3000 mètres d’épaisseur (au Chimborazo, au volcan de Guagua-Pichincha).

Trapp. — Variété de cornéenne ou d’aphanite assez dure pour user le fer, mais non scintillante. Elle est compacte, très-homogène, à cassure unie et mate, ni grenue ni cristalline. Elle se brise en morceaux parallélipipèdes; elfe est ordinairement noire; mais il y en a de bleuâtre, de verdâtre et de rougeâtre. On lui a donné le nom de trapp, ce qui veut dire escalier, parce que les montagnes qui en sont composées présentent, sur leurs pentes escarpées, des espèces de gradins.

Trappite. — Roche formée d’aphanite dure enveloppant des minéraux disséminés, tels que mica, feldspath ou amphibole. La structure en est empâtée et porphyroïde.

Vacke ou Wacke. — Roche tendre et facile à casser, à cassure unie, assez douce au toucher. Elle est d’une couleur grisâtre, brunâtre ou verdâtre ; elle répand une odeur argileuse par l’injection de l’haleine; mais elle ne happe pas à la langue et ne fait pas pâte avec l’eau. Elle paraît être produite par l’altération des basaltes au milieu desquels on la trouve.

Wackite. — î C’est une roche composée de wacke qui empâte du mica et du pyroxène. On y trouve comme parties accessoires du feldspath, de l’amphibole, de l’agate, du calcaire spalhique, etc.

Variolite. — Roche formée de pétrosilex coloré, renfermant des noyaux sphéroïdaux de la même substance, mais d’une couleur différente. La variété principale est la variolite verdâtre que l’on trouve en morceaux roulés dans la Durance ( variolite de la Durance). Une autre roche roulée que l’on trouve dans le Drac, et qui porte le nom de variolite du Drac , est une spillite.

EAU

L’eau ou l’oxyde d’hydrogène, a longtemps été regardée comme un élément. Newton, le premier, a pensé qu’elle pouvait contenir un corps combustible, parce qu’elle réfracte la lumière dans une raison plus forte que ne l’indique sa densité ; mais c’est à Lavoisier, surtout, qu’on doit la découverte de ses principes constituants de leurs proportions.

L’eau est formée de 88,89 parties d’oxygène et de 11,11 parties d’hydrogène en poids, ou de 1 partie du premier et de 2 parties du second en volume.

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