‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 165 sur 194 · EA.U · texte numérisé non relu

EA.U

L’eau se trouve, dans la nature, sous trois états physiques : à l’état solide ou de glace, à l’état liquide ou d’eau, à l’état gazeux • ou de nuages, de brouillards et de vapeurs. Dans nos climats, nous voyons le plus habituellement l’eau à l’état liquide, mais elle n’est presque jamais pure. On la purifie facilement en la distillant dans un alambic ou dans une cornue ; car, des substances qui altèrent sa pureté, les unes sont fixes, comme les sels, et les autres gazeuses, comme l’air et l’acide carbonique : les premières restent dans la cornue, les secondes passent dans l’air, et l’eau distille pure dans le récipient.

L’eau pure est un corps liquide à la température moyenne de nos climats, diaphane, insipide, inodore, élastique puisqu’elle transmet le son, et cependant difficilement compressible.

L’eau se solidifie par le froid, en prenant un accroissement de volume dû à la cristallisation de la glace. Cet accroissement commence môme un instant avant la congélation; de sorte que la plus grande densité de l’eau est à 4 degrés environ au dessus du zéro thermométrique, qui est le degré de la glace fondante.

L’eau soumise à l’action du calorique se dilate, s’échauffe, et finit par bouillir et se volatiliser. Alors sa température se fixe et répond au 100° degré du thermomètre centigrade, sous la pression habituelle de l’air; mais cette température baisse lorsque la pression diminue, ou augmente avec elle. Les sels dissous dans l’eau retardent aussi son point d’ébullition.

On reconnaît que l’eau est entièrement pure, lorsqu’elle ne précipite, ni par les dissolutions barytiques, qui indiquent la présence de l’acide sulfurique ou des sulfates; ni par le nitrate d’argent qui y découvre l’acide chlorhydrique ou les chlorures, en y formant un précipité blanc, ou y montre la présence de l’acide sulfhydrique et des sulfhydrates, en y formant un précipité noir; ni par l’acide sulfhydrique et les sulfhydrates qui indiquent la présence des substances métalliques (1).

L’eau, considérée sous les rapports d’économie domestique, de propriétés chimiques ou de propriétés médicamenteuses, a été distinguée en plusieurs sortes, dont les principales sont :

1° L’eau de pluie.

Elle est presque pure, surtout après quelque temps de pluie. Elle est saturée d’air. On doit la recevoir immédiatement de l’atmosphère, dans des vases de grès, de faïence ou de verre ; car

(I) Voyez Jules Lefort, Traité de chimie hydrologique comprenant générales d’hydrologie à r analyse chimique des eaux douces et des raies. 2e édition. Paris, 1873, in-8.

des Notions eaux miné.

EAU MINÉRALE. 5H

• celle qui a coulé sur les toits, et qu’on reçoit dans des citernes, est déjà impure.

2° L’eau de fontaine ou de source.

Elle peut contenir diverses substances, selon la nature des terrains qu’elle a déjà parcourus. Celles qui s’y trouvent le plus communément sont le carbonate et le sulfate de chaux. Elle parait ordinairement fraîche et vive au goût, en raison de ce qu’ayant un cours assez rapide et un petit volume, elle se refroidit beaucoup par l’évaporation et se sature d’air. En générale, plus une eau est saturée d’air, plus, toutes choses égales d’ailleurs, elle paraît agréable et se trouve propre à la digestion des aliments.

3° li’eau «le puits.

Comme l’eau de source, elle contient différentes substances, suivant le terrain à travers lequel elle fdtre. Celle des puits de Paris traversant un sol presque tout formé de sulfate de chaux, est saturée de ce sel, qui la rend impropre à la plupart des usages domestiques : ainsi elle a une saveur crue; elle précipite l’eau de savon et ne peut servir au blanchissage; elle durcit les légumes en les cuisant, à cause du sel insoluble qu’elle précipite, et qui pénètre dans la substance même de ces sortes d’aliments.

4° li'eau de rivière.

Elle varie dans sa composition comme les autres. Celle de la Seine, prise au-dessus de Paris, est une des plus pures que l’on connaisse ; cependant elle contient toujours du sulfate de chaux, un chlorure, et des traces de matière organique.

5° L'eau de mer.

Elle est salée, âcre et désagréable. Elle lient en dissolution des chlorures de sodium, de magnésium et de calcium, et du sulfate de soude. On en relire le premier de ces sels, par l’évaporation spontanée, comme je l’ai dit en parlant du sel marin (p. 449).

6° L’eau minérale.

On donne le nom d’eaux minérales à des eaux naturelles qui sortent du sein de la terre chargées d’un certain nombre de principes qu’elles y ont puisés, et auxquelles on a reconnu des propriétés médicinales (I).

(1) Voyez O. Henry, Instruction sur le puisement et l’envoi des eaux minérale; naturelles (Bulletin de l’Académie de méd., 1815, p. 760). — Dictionnaire général des eaux minérales et d'hydrologie médicale, par M. Durand-Fardel, Lebret et Lefort. Paris, 1860, 2 vol. in-8. — Voyez aussi dans le Bull, de l’ Académie de médecine. Paris, 1837-1871, toutes les analyses officielles des eaux minérales.

EAU

On les divise en quatre classes principales, fondées sur la nature des substances qui leur communiquent leurs qualités les plus sensibles : ce sont les eaux acides non gazeuses, les eaux acidulés gazeuses, les eaux salines et les eaux sulfureuses. Qn distingue, en outre, dans chaque classe, les eaux dont la température ne diffère pas sensiblement de celle de l’atmosphère, que l’on nomme froides, de celles dont la température est évidemment plus élevée. Ces dernières, qui s’élèvent quelquefois jusqu’au degré de l’eau bouillante, portent la dénomination d’eaux thermales.

La division précédente des eaux minérales en quatre classes n’est pas absolue et n’est que relative à la prédominance de tel ou tel principe sur les autres. Ainsi :

I. Les eaux acides non gazeuses sont celles qui contiennent une quantité marquée d’un acide non effervescent à l’état de liberté ; telles sont l’eau du cratère-lac du mont Idienne, dans l’île de Java, qui contient de l’acide sulfurique uni à une petite quantité d’acide chlorhydrique, à du sulfate de soude et à du sulfate d’alumine, et celle du Rio vinagre de Popayan, dans la Colombie, dont j’ai rapporté l’analyse, page 118. Il faut comprendre dans la même classe les eaux des lacunes de Toscane, qui doivent leur acidité peu marquée à l’acide borique libre qu’on en extrait pour les besoins du commerce.

II. Les eaux acidulés gazeuses sont celles qui contiennent une grande quantité d’acide carbonique libre, indépendamment des sels qui peuvent s’y trouver. Elles moussent et pétillent par l’agitation, rougissent passagèrement le papier de tournesol, et forment avec l’eau de chaux un précipité blanc qui se dissout avec effervescence dans les acides. On peut les diviser en trois groupes :

1° Les eaux alcalines gazeuses, qui offrent à 1 analyse une quantité assez forte de carbonate de soude ; telles sont les eaux de Tœplitz, de Bilin et de Carlsbad en Bohême, et celle de Vichy en France.

2° Les eaux calcaires ou incrustantes, dans lesquelles il entre une si grande quantité de carbonate de chaux en dissolution dans l’acide cavbonique, qu’elles recouvrent d’une croûte solide, en fort peu de temps, les objets qui s’y trouvent plongés : telles sont l’eau de Saint-Allyre, près de Clermont, en Auvergne, et celle des bains de Saint- Philippe, en Toscane.

3» Les eaux acidulés ferrugineuses, qui ne diffèrent des deux groupes précédents que par la présence du carbonate de fer en quantité fort petite, mais suffisante cependant pour donner au liquide une saveur ferrugineuse sensible, et la propriété de se colorer en bleu noirâtre ou violacé par la noix de galle. Ces eaux

EAUX MINÉRALES. 813

en s’écoulant à l’air, forment un dépôt ocracé dans lequel on a reconnu assez récemment la présence de l’acide arsénieux ; en sorte qu’il faut admettre que l’eau elle-même en contient. Quelle qu’en soit la minime quantité, il est évident qu’un principe aussi actif doit avoir une grande importance sous le rapport thérapeutique ; c’est une preuve de plus qu’il ne faut pas juger de la vertu des eaux minérales naturelles par le peu d’énergie ou la petite quantité des matières que l’analyse y avait fait d’abord découvrir. Presque toutes ces eaux contiennent aussi une matière organique azotée, qui avait d’abord été assimilée à celle des eaux sulfureuses et décrite sous le nom de barégine ou de glairine ; mais qui paraît constituer différentes espèces déplantés confervoïdes. Enfin les eaux acidulés ferrugineuses, plus spécialement, renferment un acide organique soluble nommé acide crénique, analogue aux acides du terreau, et que l’on peut extraire, par l’intermède d’un alcali, du dépôtocracé formé par l’eau minérale. M. O. Henry admet même qu’il y a des eaux acidulés ferrugineuses dans lesquelles le fer est principalement tenu en dissolution par l’acide crénique, et en forme un groupe particulier sous le nom d 'eaux ferrugineuses crénatées ; mais il est possible que l’acide crénique existe dans ces eaux sans être nécessairement combiné au fer, et que la combinaison n’ait lieu que lorsque l’oxyde de fer se sépare de l’acide carbonique et se précipite après sa suroxydation à l’air.

III. Les eaux saunes sont celles qui contiennent beaucoup de sels solubles, abstraction faite de la faible portion d’acide carbonique et de carbonates qu’elles peuvent également renfermer. On les distingue on :

1° Eaux ferrugineuses sulfatées ou eaux vitrioliques. — Elles ont une saveur atramentaire, noircissent par la teinture de noix de galle et forment un précipité bleu par le cyanure ferroso-potassique. Elles conservent ces caractères après avoir été soumises à l’ébullition, tandis que les eaux ferrugineuses carbonatées les perdent complètement.

On forme ordinairement une classe distincte de toutes les eaux ferrugineuses, qu’elles s'ôient carbonatées ou sulfatées ; mais on trouve si peu de rapports,' ïftiême sous le point de vue médical, entre ces deux sortes d’eaux, et il en existe tant au contraire entre toutes les eaux acidulés carbonatées, qu’elles soient ferrugineuses ou non, que je crois pouvoir proposer de les elasser ainsi que je le fais ici.

2° Eaux séléniteuses. — Elles sont saKurées de sulfate de chaux ; elles ont un goût fade, précipitent abondamment le savon et durcissent les légumes à la cuisson. Telles sont les eaux des puits de Paris.

Goiboubt, Drogues, 7« édit.

EAU

3° Eaux magnésiennes. — Elles doivent leur propriété amère et purgative à la présence d’un forte proportion de sulfate et de chlorhydrate de magnésie. Telles sont les eaux de Pullna, de Sedlitz et de Seydschutz en Bohême, et celle d’Epsom çn Angleter e

4° Eaux salées. — Ce sont celles dans lesquelles domine le sel marin, souvent accompagné de ses acolytes habituels le chlorure de potassium et les iodures ou bromures alcalins. Telles sont l’eau de la mer, celle des salines de tous les pays, les eaux de Bourbonne-les-Bains, deBalaruc, etc.

IV. Les EAUX sulfureuses sont celles qui contiennent de l’acide sulfhydrique libre ou combiné; elles présentent une odeur et une saveur d’œufs gâtés, et noircissent les dissolutions de plomb et d’argent. On les a distinguées en :

Eaux sulfhydriquées, ne contenant que de l’acide sulfhydrique libre.

Eaux sulfhydratées, ne contenant que de l’acide sulfhydrique combiné, c’est-à-dire à l’état de sulfhydrate alcalin.

Eaux sulfhydriquées sulfhydratées , contenant tout à la fois un sulfure ou un sulfhydrate alcalin et. de l’acide sulfhydrique en excès.

Eaux sulfhydriquées sulfurées, contenant un sulfhydrate sulfuré.

Mais cette classification est plutôt théorique qu’effective; d’abord parce qu’il ne paraît pas exister d’eau qui doive sa qualité sulfureuse à de l’acide sulfhydrique libre de toute combinaison; ensuite parce qu’on peut admettre que toutes les eaux sulfureuses, sans exception, sont primitivement formées de un ou plusieurs sulfhydrates, ou sulfures simples à l’état de dissolution, et que ceux-ci ne passent à l’état de sur-sulfhydrates ou de sulfhydrates sulfurés que par l’action décomposante de 1 acide carbonique ou de l’oxygène de l’air. M. Fontan (1) a été mieux inspiré lorsqu’il a divisé les eaux sulfureuses en deux groupes qu’il a désignés par les noms de naturelles et A' accidentelles, mais que je nommerai primitives et secondaires, d’après la nature des terrains où elles prennent naissance. Les eaux sulfureuses pnVnùwesnaissent toutes dans le terrain primitif, ou sur les limites de ce terrain et du terrain de transition. Elles sont toutes thermales, et ne contiennent qu’une minime quantité de matière saline qui se compose de sulfhydrate, de sulfate, de silicate, de carbonate de soude, de chlorure de sodium, avec^les traces seulement de fer, de magnésie et d’alumine. Elles contiennent toutes une matière organique

(1) Fontan, Recherches sur tes eaux minérales des Pyrénées. Paris, 1853.

EAUX MINÉRALES. SIS

azotée, qui contribue, avec le sulfhydrate, le silicate, et le carbonate sodiques, à leur donner l’onctuosité qui les distingue, et qui se précipite sous forme de gelée dans les réservoirs où l’eau séjourne. Cette substance, qui a reçu les noms de barégine et de glairme, se compose, d’après Turpin, d’une matière muqueuse sans organisation appréciable, enveloppant des sporules globuleuses ou ovoïdes, d’où naissent des filaments blancs, simples, non cloisonnés, début d’une végétation confervoïde. Celte même matière, lorsqu’elle se trouve soumise à l’action de l’air, à une température de 35 à 15 degrés, donne naissance à de longs filaments blancs, simples, non cloisonnés, et d’une excessive ténuité, que M. Fontan a décrits sous le nom de sulfuraire, et qui appartiennent à la tribu des oscillariées. La presque totalité des eaux sulfureuses des Pyrénées appartiennent à ce groupe. On remarque qu’elles sont d’autant plus thermales et plus sulfureuses, qu’elles sont situées à la base de montagnes primitives plus élevées, et qu’elles sont plus rapprochées du centre de la chaîne. Le gaz qui s’en dégage est de l’azote pur ou ne contenant que des traces de sulfide hydrique et d’acide carbonique.

Les eaux sulfureuses secondaires prennent naissance dans les terrains de sédiment, secondaires ou tertiaires ; elles sont froides ou thermales, et elles sont évidemment dues à l’action réductive exercée sur les sulfates d’une eau minérale quelconque par des matières organiques provenant de couches de tourbe ou de lignite, que l’eau traverse avant d’arriver à la surface du sol. Il en résulte que la nature de ces sources varie comme celle des eaux primitivement salines qui leur donne naissance ; elles sont salées, si l’eau primitive était salée; séléniteuses, magnésiennes, etc., si l’eau était chargée de sulfate de chaux ou de magnésie, etc. La seule règle de composition à laquelle elles paraissent assujetties, est qu’elles sont d’autant plus sulfureuses qu'elles sont plus froides, plus chargées de sulfates, surtout de sulfate de chaux, et qu’elles filtrent à travers des matières organiques plus abondantes; telle est spécialement Veau d'Enghien près de Paris, qui est une des plus sulfureuses connues, et qui est formée d’une eau fortement séléniteuse filtrant à travers un fond tourbeux. Ces eaux dégagent spontanément de l’azote toujours mêlé d’acide carbonique et de sulfide hydrique.

M. Fontan, ainsi que je l’ai dit plus haut, a désigné ces deux groupes d’eaux sulfureuses par les noms de naturelles et d’accidentelles, parce qu’il suppose que les dernières seules sont dues à l’altération d’une eau premièrement sulfatée; tandis que les premières tireraient directement leurs matériaux des terrains primitifs, ce qui n’est pas dénué de toute vraisemblance. Mais

EAU

néanmoins, puisque ces eaux elles-mêmes contiennent constamment une matière organique, la glairine, qui a besoin d’oxygène pour s’organiser et végéter, rien n’empêche de croire que ce ne soit aussi à la réduction du sulfate de soude par cette matière que les eaux dites naturelles doivent leur nature sulfureuse. D’ailleurs toutes les eaux minérales, les sulfureuses comme les salines, les sulfureuses primitives comme les secondaires, ne peuvent avoir qu’une seule et première origine. Toutes proviennent de l’eau atmosphérique qui se précipite presque continuellement sur les montagnes sous forme de pluie, de brouillards ou de rosée. Une partie de ce fluide coule à leur surface, ou sort de leurs flancs sous forme de sources et de ruisseaux; et celte eau, qui n’a parcouru qu’un faible trajet à travers les couches supérieures du terrain, n’a pu dissoudre ni un grand nombre ni une grande quantité de substances minérales : mais une autre partie de l’eau, condensée sur les hauteurs, tombe dans les tissures du sol et s’enfonce à des profondeurs d’autant plus grandes que, continuellement pressée par une colonne très-élevée de liquide, elle ne s’arrête que lorsqu’elle ne trouve plus aucun moyen de pénétrer plus avant. Tout nous porte à croire même que cette eau peut parvenir jusqu’aux couches incandescentes du globe, et que c’est à son action chimique sur les corps non oxydés qui se trouvent à cette profondeur et à sa vaporisation instantanée, qu’il faut attribuer les tremblements de terre et les éruptions volcaniques. Lorsque, par la nature compacte des couches intermédiaires, ou par suite de bouleversements qui ont obstrué les conduits primitifs, soit encore à cause du refroidissement lent et progressif du globe, l’eau ne parvient plus jusqu’à des couches d’une température assez forte pour la volatiliser et surmonter l’obstacle de la masse superposée, alors cette eau, seulement échauffée, et toujours pressée par;,la colonne qui pèse [sur elle, remonte par d’autres conduits vers des points de la surface moins élevés que ceux d’où elle est partie, et en sort sous forme de sources chaudes, toujours plus ou moins chargée de substances minérales. Il est d’ailleurs facile de concevoir que la nature diverse des couches traversées, et la profondeur plus ou moins grande à laquelle parviennent le3 eaux avant de retourner vers la surface du globe, déterminent leur température variable et leur composition.

Voici l’énumération des principales eaux minérales de l’Europe et surtout de France, rangées suivant les cinq classes admisescidessus; mais leur description sera rangée seulement suivant l’ordre alphabétique, afin de faciliter la recherche des articles.

Page 1