EAUX MINÉRALES. — BALARUC
Bains (Vosges, France). — Ville à trois lieues de Plombières et sept lieues d’Épinal. On y trouve au moins onze sources d’eau très-faiblement salines, dont la température varie de 33 à SI0 centigrades. L’une d’elles, ditel e Robinet de fer (température 46°, b), a donné à Vauquelin, pour 1 litre :
gr.
Sulfate de soude cristallisé . 0,28
— de chaux . 0,08
Chlorure de sodium . 0,08
Magnésie et silice . traces.
Bains d’Arles ou Bains près d’Arles ou Amélie (Pyrénées- Orientales, France). — Ville sur le Tech et à trois quarts de lieue d’Arles, au pied d'une montagne sur laquelle Louis XIV a fait construire un fort nommé fort des Bains. On y trouve plus de vingt sources d’eaux sulfureuses, dont la principale, dite le gros Escaldadou, ne fournit pas moins de 1 ,029,888 litres en vingt-quatre heures, à la température de 6t°,25. Cette source alimente un établissement thermal dont les constructions colossales remontent à une grande antiquité. Elle a fourni à M. Poggiale, en 1858, par litre :
Sulfure de sodium . 0,012
Chlorure de sodium . 0,044
Carbonate de soude . 0,071
— de potasse . 0,010
Sulfate de soude . 0,049
Silica te de sou de . t), 1 1 8
Alumine et oxyde de fer . 0,004
Chaux et magnésie . traces.
Glairine . °»009
Ces eaux présentent donc, en aussi faible quantité, les mêmes principes que les eaux d’Aix, de Bagnères-de-Luchon, de Baréges, et doivent jouir des mêmes propriétés.
On trouve en France quelques autres villages du nom de Bains, qui doivent devoir leur nom à des sources minérales aujourd’hui négligées. Remarquons d’ailleurs que les noms de Bad, Baden, Bat/i, Bagnols ou Bagnoles et Bagnères, ont la même signification que Bain, de même que Acqui , Aix, Ax, et Dax, sont des dérivés A’Aqua.
Balaruc (Hérault, France). — Bourg à cinq lieues au sud-ouest de Montpellier, et près de l’étang salé de Thau, qui communique avec la mer par le canal de Celte. La source est très-abondante,
EAU
salée, et d’une température de 47 à 50 degrés centigrades. Les vents du nord-ouest, en diminuant la hauteur de l’eau dans l’étang de Thau, diminuent le volume et la température de l’eau de Balaruc, et les vents du sud, au contraire, qui amènent dans l’étang une plus grande quantité d’eau salée, augmentent le volume et la température de l’eau, ce qui est difficile à expliquer. Un autre fait très-remarquable, c’est qu’il existe dans l’étang môme de Thau, très-près de Balaruc, un abîme qui pousse sans cesse à l’extérieur un volume très-considérable d’une eau souterraine, fraîche, douce et bonne à boire.
Plusieurs chimistes ont pnblié des analyses de l’eau de Balaruc, dont les résultats sont assez différents, si ce n’est sous le rapporL de la nature des éléments, au moins sous celui de leur quantité, ce qui peut s’expliquer par les causes mentionnées plus haut. Voici les résultats de la plus récente et de la plus complète analyse faite par MM. Béchamp et Gautier (1) :
Chlorure de sodium . 7,0451
de lithium . 0,0072
— de cuivre . 0,0007
— de magnésium . 0,8890
Sulfate de potasse . 0,1459
— • de chaux . 0,9900
Bicarbonate de chaux . 0,8358
— de magnésie . 0,2167
Acide silicique . . 0,0228
— borique . 0,0080
Oxyde ferrique . 0,00 i 2
Bromures . traces.
Nitrates . traces.
Alumine . j
Manganèse..-. . °>OOU
Acide phosphorique . 1
Total des principes fixes . 10,1 695 ^
Acide carbonique libre . 0,0984
Azote et oxygène . . 4 3,42
L’eau de Balaruc purge à la dose de deux à trois litres par jour ; prise à la dose de quelques verres, elle donne du ressort à l’estomac, et fait cesser les symptômes qui sont le résultat d’un état bilieux ou muqueux des premières voies. Son plus grand usage est sous la forme de bains, contre les rhumatismes chroniques et articulaires, les engorgements du bas-ventre, la contracture et la débilité des membres, qui sont la suite de fractures, etc.
(1) Béchamp et Gautier, Montpellier médical, 1861.
EAUX MINÉRALES. — BATII.
Baréges (Hautes-Pyrénées, France). — Village dans la vallée-du Bastan, au milieu des montagnes, et dans un pays triste qui n’est habitable que pendant quelques mois de l’année. C’est cependant un de nos principaux établissements thermaux. L’État y possède un hôpital militaire élevé sous Louis XV, et renommé par le grand nombre de soldats et d’officiers qui y sont guéris chaque année. On y compte au moins seize sources d’eau sulfureuse dont la température varie de 26 à 45 degrés ; mais elles sont peu abondantes. Elles ont été analysées par un grand nombre de chimistes, mais c’est Borgella, Anglada et M. Longchamp qui en ont fait connaître la véritable nature. Ce dernier a retiré de l’eau de la Buvette, par litre :
Azote . 0'“, 004
Sulfure de sodium . 0,04210
Sulfate de soude . 0,05004
Chlorure de sodium . 0,04005
Soude caustique . ’ 0,00510
Potasse caustique . traces.
Silice . 0,06783
Chaux . 0,00290
Magnésie . 0,00034
Ammoniaque . traces.
Barégine . »
M. Longchamp suppose que la soude est complètement à l’état caustique dans l’eau de Baréges et qu’aucune portion ne s’y trouve carbonatée (1). Mais il me semble, au contraire, qu’ Anglada (2) a prouvé sans réplique l’existence du carbonate de soude dans l’eau de Baréges. Ce qui me semble raisonnable de conclure de la controverse qui a eu lieu à cet égard, c’est que le sodium existe dans l’eau de Baréges, de même que dans toutes les eaux sulfureuses primitives des Pyrénées, tout à la fois à l’état de sulfure et de chlorure de sodium, et à l’état de sulfate, de silicate et de carbonate de soude.
Bath (Sommersetshire, Angleterre), à quarante-quatre lieues ouest de Londres. — Ses eaux thermales sont très-anciennement connues et très-fréquentées. Leur température est d’environ 46 degrés. Voici le résultat de leur analyse, faite par M. Philips, avec la correction indiquée par M. J. Murray (3). Afin de rendre celte analyse comparable aux autres, nous l’avons réduite au kilogramme et au grartime.
(1) Longchamp, Ann. tiechim. eide phys., t. XIX, p. 188, et t. XXII, p. I AC.
(2) Anglada, t. XX, p. 252.
(3) J. Murray, Ann. de chim., t. XCVI, p. 268.
Guibourt, Drogues, T» édit. '*'• *• — 84
EAU
Acide carbonique .
Sulfate de chaux .
Chlorure de calcium .
Chlorure de sodium .
Sulfate de soude .
Carbonate de chaux .
Silice .
Oxyde de fer .
La première colonne de chiffres donne les résultats de l’analyse tels que M. Philips les a obtenus ; mais M. Murray ayant observé: 1° que la plupart du temps les sels ainsi obtenus sont produits par l’analyse et en quantité variable, suivant les procédés mis en usage ; 2° que ce sont en général les sels les plus insolubles qui puissent se former entre les diverses combinaisons des acides et des bases contenues dans l’eau minérale ; 3° enfin, que ces sels sont peu propres à expliquer les propriétés, souvent très-actives, des eaux minérales ; il a pensé qu’on représenterait bien mieux la véritable composition de ces eaux eu combinant les acides et les bases de manière à remplacer les sels insolubles par des sels solubles. Par exemple, M. Philips a trouvé, dans l’eau de Bath, 1 ,2317 grammes de sulfate de chaux, dont 0,5200 ont pu être produits, ainsi que les 0,4616 de chlorure de sodium, pendant l’évaporation à siccité, par la réaction de 0,4243 de chlorure de calcium, sel existant primitivement dans l’eau minérale, sur 0,5474 de sulfate de soude. Or, il est certain que cette quantité de sulfate de soude, jointe à celle trouvée par l’analyse et le chlorure de calcium, est plus propre à justifier les qualités purgatives et fondantes de l’eau de Bath que le sulfate de chaux et le sel marin. Tout nous porte donc à croire que telle est en effet la composition naturelle de l’eau de Bath.
Bonnes ou Eaux-Bonnes (Basses-Pyrénées, France). — Village à quatre lieues de Pau, près de la vallée d’Ossau. Ses eaux sulfureuses marquent de 26 à 37 degrés. Elles sont limpides et légèrement pétillantes. Elles ont été analysées par M. Filhol, qui assigne à l’eau de la Buvette ou source Vieille, de toutes la plus importante, la composition suivante :
Sulfure de sodium . 0,0210
— de calcium . traces.
Sulfate de chaux . 0,1750
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