EAUX MINÉRALES. — EAU DE MER
des eaux terrestres ; c'est qu’elle ne perd que de l’eau par l’évaporation, et que celle qui lui revient de la terre apporte toujours avec elle quelques substances en dissolution. Il semblerait, d’un autre côté, en raison de cette cause parmanente d’augmentation des principes fixes, que la proportion des sels contenus dans l’eau de la mer aurait dû s’accroître jusqu’au point où elle en eût été saturée; puisqu’il n’en est pas ainsi, il faut bien admettre qu’il existe des causes encore inconnues qui limitent la salure de la mer et la restituent au sol bien avant qu’elle ait atteint le point de saturation.
Des chimistes d’un grand mérite ont aussi pensé que l’eau de mer devait en tenir en dissolution toutes les substances trouvées dans les eaux terrestres; mais jusqu’ici l’expérience n’a pas confirmé celte vue, qui semblait une conséquence nécessaire de l’origine des eaux marines, soit que leur degré de salure en exclue déjà un grand nombre de composés peu solubles, ou que nos méthodes d’analyse n’aient pas encore acquis un assez grand degré de précision .
La salure de la mer est à peu près uniforme partout, ou, pour parler plus exactement, elle tend sans cesse, parle mélange des eaux des différentes régions, à toucher ce point d’uniformité sans l’atteindre en réalité. La raison en est facile à dire : les grands fleuves diminuent sensiblement la salure de la mer environnante, surtout s’ils se déchargent dans un golfe ou dans une mer intérieure qui n’ait qu’une communication médiocre avec l’Océan : telle est, en liurope, la Baltique. On peut dire aussi que la salure, vers les pôles, ne doit pas être la même qu’à l’équateur, soit qu’elle augmente lorsque, par un hiver rigoureux, l’eau se congèle sur une grande étendue, soit qu'elle diminue quand, dans une autre saison, la fonte des glaces mêle de l’eau douce à l’eau salée; dans tous les cas, d’immenses courants d’eau, de température et de salure différentes, observés au sein de l’Atlantique, démontrent suffisamment que si l’eau de l’Océan ne s’éloigne pas sensiblement d’une salure moyenne, il est difficile qu’elle se maintienne exactement la même partout.
L’eau de l’Océan est généralement inodore, transparente, légèrement colorée, ayant une saveur salée, âcre et saumâtre. Sa pesanteur spécifique moyenne, déterminée par Gay-Lussac, est de 1,0286 elle résidu salin qu’elle produit par une dessiccation parfaite au rouge obscur, est de 36,5 grammes par litre (1).
Dans cette évaluation, le chlorhydrate de magnésie est compté comme chlorure de magnésium. Si on le supposait à l’état de
(I) Gay-Lussac, Ann. chim. et phys., t. VI, p. 423.
EAU
chlorhydrate, comme on l’obtient par la seule dessiccation à 100 degrés, la quantité de résidu serait nécessairement plus considérable.
Quant à sa composition, elle a été l’objet des recherches d’un grand nombre d’habiles chimistes, et cependant on peut dire qu’elle n’est pas encore exactement connue. L’analyse de Lavoisier, faite en 1772, sur de l’eau puisée à Dieppe, doit être rejetée toute la première, la totalité des sels déterminés par lui ne s’élevant qu’à 19,07 grammes par litre, tandis que leur quantité moyenne est de 36,5 grammes, comme nous venons de le dire. Celle de Bergmann (1), faite sur une eau puisée à la hauteur des Canaries, et à la profondeur de 60 brasses, pèche, au contraire, par un excès de sel marin ; enlin celle de Bouillon-Lagrange et Yogel (2) est fautive surtout par suite d’évaluations calculées sur la composition inexacte des sels. En y faisant les corrections nécessaires, on est amené aux résultats suivant
Eau do mer, I kilogramme.
Acide carbonique. .
Chlorure de sodium .
Chlorhydrate de magnésie .
Sulfate de magnésie .
— de chaux .
Carbon, de chaux et de magnésie
Depuis le travail de Bouillon-Lagrange et Yogel deux chimistes anglais, d’un éminent mérite, ont fait l’analyse de l’eau de la mer. En voici les résultats :
Eau du golfe de Forth, près de Leilh, en Ecosse (3).
„„„ , L.In
par
Chlorure de sodium .
évaporation.
précipitation.
— de magnésium .
Sulfate de magnésie .
— de soude .
A reporter .
(1) Bergmann, Opuscules chimiques, t. I.
(2) Bouillon-Lagrange, Ann. chim.y t. LXXXVII, p. 190.
(3) John Murray, Ann. de chim. et de phys., t. VI, p. 03.
Bergmann. B. Lagrange et Yogel.
Manche
Atlantique.
• Mlanetliqati
Méditerranée.
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