‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 26 sur 194 · SIGNES · texte numérisé non relu

SIGNES

Oxure céreux .

— yttrique .

— thorique .

— lanthanique .

— glucique .

— zirconique .

— aluminiquc .

— cadmique .

— zincique .

— magnifique .

— calcique .

— strontique.. . . .

— barytique .

— litliique . j

— sodique .

— potassique .

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Conversion «l'une analyse chimique en formule.

J’ai fait suivre le tableau des corps simples de celui des principaux acides et des bases qui constituent le plus ordinairement les minéraux, et j’ai ajouté aux uns et aux autres leur signe ou formule chimique, leur poids moléculaire, et une dernière colonne comprenant ce que j’appelle leur multiplicateur moléculaire, dont l’usage est de faciliter considérablement la conversion de l’analyse quantitative d’un minéral en sa formule chimique. Voici d’ailleurs de quelle manière on s’y prend ordinairement pour déduire la composition moléculaire d’un minéral des résultats de son analyse.

Prenons pour premier exemple l’analyse suivante de l’or tellure argentifère ( tellurè graphique ou sylvane) faite anciennement par Klaproth :

Tellure . 60 parties.

Or . 30

Argent . 10

IOu parties.

U est évident que, pour trouver le nombre des molécules de tellure, d’or et d’argent contenues dans les quantités ci-dessus, il faut diviser ces quantités par le poids moléculaire de chaque corps; et, comme ces poids moléculaires sont beaucoup plus

grands que les quantités données par l’analyse, il en résulte que les quotients n’offriront que des fractions assez minimes des molécules, mais dont la comparaison fera toujours connaître le rapport de ces molécules.

Par exemple, dans l’analyse de l’or tellure argentifère, en divisant, ainsi qu’il est indiqué ci-dessous, les quantités de l’analyse par le poids moléculaire de chaque substance, on trouve :

Poids moléculaire. Rapports moléculaires.

Tellure . 60 : 801,5 = 0,o75 10

Or . 30 : 1229,16 = 0,024 3

Argent . 10 : 1349,1 = 0,007,4 1

Les quotients 0,075, 0,024 et 0,007.4, indiquent le rapport des molécules de chaque substance; et comme ces nombres sont entre eux très-sensiblement, comme 10,3 et 1, on en conclut que le minéral analysé est formé de Te10Au3Ag.

Maintenant, il est certain qu’au lieu de représenter le nombre des molécules par les fractions 0,075, 0,024 et 0,007.4, il serait préférable de multiplier ces fractions par 1000 et de représenter le nombre des molécules par 75, 24 et 7,4. Or, au lieu de diviser les quantités de l’analyse par le nombre moléculaire, ou par m, et de multiplier le quotient par 1000; ou, ce qui revient au même5 au lieu de multiplier les quantités de l’analyse par 1000 et de les diviser par m, il est bien préférable d’opérer par avance la division de 1000 par m et de multiplier les quantités de l’analyse par le produit. L’opération se dispose de la manière suivante, en empruntant au tableau des corps simples les multiplicateurs du tellure, de l’or et de l’argent.

Rapports moléculaires.

Tellure . 60 + 1,2476 == 75 Te10

Or . 30 + 0,8135 = 24,4 Au"

Argent . 10 -f- 0,7412 = ,7,4 Ag

Après avoir tiré de l’analyse les nombres moléculaires les plus probables de chaque corps, il reste deux choses h faire pour se former une idée plus nette de la composition du minéral. La première est de repasser de la formule chimique à la composition en centièmes, et d’obtenir ainsi la composition du minéral dégagée du mélange possible de particules étrangères et des erreurs inévitables de l’analyse; la seconde est de disposer les molécules du principe minéralisateur ou électro- négatif, qui est ici le tellure, par rapport aux deux métaux, de manière à savoir sous quel état de combinaison chacun de ceux-ci se trouve dans le minéral.

Le premier résultat s’obtient très-facilement en multipliant les

nombres de molécules déduits de l’analyse par le poids moléculaire de chaque corps, et formant une somme du tout.

Ainsi 10 molécules de tellure ou 10 X 801 ,5 = SOIS

3 molécules d’or (3 X 1216,7) . = 3687

I molécule d’argent (I X 1349,1).... = 1349

Somme . 13051

Ce nombre représente le poids moléculaire du composé minéral ; mais si on le prend pour la quantité du minéral qui ait été analysée, on réduira facilement le poids des composants en centièmes, au moyen des proportions suivantes :

Enfin il nous reste à déterminer l’état de combinaison de chaque métal avec le tellure. Pour arriver à ce résultat, il faut remarquer que les combinaisons des métaux avec le chlore, le soufre, le tellure, etc., répondent le plus ordinairement à leurs combinaisons avec l’oxvgène. Or, l’oxure d’argent contenant une seule molécule d’oxygène et l’oxyde d’or en contenant trois, il est probable que tel est aussi le rapport du tellure combiné à l'or et à l’argent. Si donc, sur les 10 molécules de tellure données par l’analyse, nous en prenons une pour former du tellurure d’argent AgTe, il en restera neuf pour les trois molécules d’or, et la composition du minéral pourra être représentée par AgTe -f- Au3Te9, ou mieux par AgTe -f- 3AuTe3, qui indique la combinaison d’une molécule de tellurure d’argent avec trois molécules de tri-tellurure d’or.

11 est d’autant plus probable que telle est la composition réelle du tellure graphique analysé par Klaproth, que des analyses plus récentes conduisent à admettre l’existence des mômes tellurures d’or et d’argent, bien que réunis en proportion différente. Par exemple, l’analyse du tellure graphique d’Otfenbanya par M. Pest présente :

Rapports moléculaires.

Tellure . 59,97 X 1,2476 = 75 17

Or . 26,97 X 0,8135 = 22 b

Argent . 11,47 X 0,7412 = 8,5 2

Plomb . 0,25

Antimoine. . . 0.58

Cuivre . 8,76

D’où l’on tire la formule 2AgTe + SAuTe3.

La méthode que je viens d’indiquer peut être employée sans exception pour régulariser toutes les analyses minérales, même celles des minéraux oxygénés. C’est par celte raison que j’ai fait suivre la liste des corps simples de celle des acides et des hases oxydées que l’on rencontre le plus ordinairement dans les minéraux, en y joignant leur multiplicateur moléculaire ou

Prenons pour exemple l'analyse du plomb chromaté ou plomb rouge de Sibérie, faite par Berzelius, et traitons cette analyse comme nous avons fait précédemment. Nous aurons s

Rapports moléculaires.

Acide chromique. . . 3!,S X 1,5910 = 80 1

Oxure plombique. . . fiS,8 0,717 = 49,3 I

Il résulte évidemment de ce calcul que le chromaté de plomb naturel est un chromaté neutre, formé d’une molécule d’acide chromique et d’une molécule d'oxyde de plomb, et que sa formule est PbO.CrO3, que l'on peut écrire PbCr. en remplaçant les molécules d’oxygène par un nombre égal de points placés sur le signe de chaque radical.

Les minéralogistes emploient presque toujours de préférence une autre méthode pour trouver la formule des composés salins oxygénés, et cette méthode consiste à comparer les quantités d’oxygène de l’acide et de la base. Par exemple, étant donnée l’analyse ci-dessus du chromaté de plomb, on calcule combien il y a d’oxygène dans l’acide chromique et dans l’oxure de plomb au moyen des tables précédentes qui donnent en centièmes la quantité d’oxygène de ces deux corps. On trouve alors que

Si ICO parties d’acide chromique contiennent 47,75 d’oxygène,

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