d’oxure en contiennent
On compare alors les deux nombres 15,04 et 4,91, qui sont
très-sensiblement entre eux comme 3 et 1 ; et comme une molécule d’acide chromique contient en effet trois molécules d'oxygène, tandis qu’une molécule d’oxure de plomb n’en contient qu’une, on en conclut, comme nous l’avons fait précédemment, que le chromaté de plomb naturel est composé d’une molécule d'acide et une d’oxure, et que sa formule est Pb0,Cr08, ou PbCr. Cette méthode conduit au même résultat que la première, mais elle est moins directe.
Voici cependant sur quoi se fonde la préférence qu’on lui accorde généralement. On connaît bien en réalité la composition en centième des acides et des bases, et l’on sait par exemple que L’acide silicique contient 52,93 d’oxygène pour 100.
L’acide borique . 08,78
L’acide carbonique . 72,73
L’alumine . 49,71
Laglucine . 63,26
La üircone - • . 26,33, etc.
Mais on n’est pas certain que celte quantité d’oxygène représente trois molécules d’oxygène dans l’acide silicique, trois dans l’acide borique, deux dans l’acide carbonique, un dans la glucine, etc., parce que l’acide silicique, par exemple, étant le seul degré d’oxydation connu du silicium, on ne voit pas pourquoi on ne le supposerait pas formé de SiO, auquel cas le poids moléculaire du silicium se trouverait au moyen de la proportion suivante :
et le poids moléculaire de la silice serait 188,94.
Mais on pourrait supposer aussi que la quantité d’oxygène trouvée dans la silice en représentât deux molécules, et dans ce cas le poids moléculaire du silicium deviendrait
-ÜM3 : 47,07 :: 100 : x = 177,98 ,
celui de la silice serait 377,99 et sa formule SiOs.
Enfin, si on admet que l’acide silicique renferme trois molécules d’oxygène comme l’acide chromique et l’acide sulfurique, le poids moléculaire du silicium devient
la molécule de la silice pèse 566,82 et sa formule est SiO3.
Prenons maintenant l’analyse de la wollastonite dont la composition, débarrassée de quelques substances hétérogènes, est de :
Oxygène.
Acide silicique . 51,92 27,48 2
En cherchant, au moyen des laides précédentes, les quantités d’oxygène contenues dans l’acide silicique et la chaux, on trouve 27,48 d’oxygène pour le premier, et 13,74 pour la chaux, et l’on voit que l’acide contient deux fois autant d’oxygène que la base. Or, pour remplir cette condition avec la formule SiO, il faut pren-
dre deux molécules d’acide silicique et écrire pour la wollastonite CaO-|-2SiO ou CaSi*.
Si l’on adopte SiO* pour la formule de l’acide silicique, celle de la wollastonite devient CaO+SiO* ou CaSi.
Si l’on prend enfin SiO* pour la formule de l’acide silicique, il faut écrire pour la wollostonite 3CaO+2SiO* ou Ca8Si*.
Dans ces trois formules de wollastonite il rj’y a qu’une chose qui ne varie pas et qui soit indépendante de l’opinion qu’on peut se former sur la constitution de l’acide silicique, c’est le rapport de l’oxygène de l’acide à celui de la base. C’est pour cette raison même que Berzelius a proposé pour les minéraux oxydés un système de formules différent du système chimique, et qui consiste à écrire seulement le signe des radicaux et le rapport de l’oxygène qui s’y trouve combiné. Dans ce système, on représente la wollastonite par CaSi*, parce que Ca et Si ne représentent plus seulement du calcium et du silicium, mais représentent de la chaux el de la silice, et que l’exposant 2 placé à la droite de la base. Si exprime que la silice contient deux fois autant d’oxygène que la base. Quel que soit l’avantage attaché à celte notation, nous nous tiendrons presque toujours à la formule chimique, qui exprime d'une manière bien plus explicite la composition des corps, et quand il s’agira des minéraux formés de bases et d’acides oxygénés, nous en déterminerons indifféremment la formule par l’une ou l’autre des méthodes que nous avons exposées.