‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 31 sur 194 · ANTHRACITE · texte numérisé non relu

ANTHRACITE

forment une même tache grise noirâtre sur le papier. Mais le sulfure de molybdène pèse de 4,5 à 4,7 ; il forme sur la porcelaine une tache verdâtre ; il dégage au chalumeau de l’acide sulfureux et une fumée blanche. 11 se dissout dans l’acide nitrique en formant un précipité blanc d’acide molybdique, qui bleuit sur une lame de zinc. Le même effet de coloration peut être produit dans la liqueur.

Gisement. — Le graphite se trouve dans le gneiss, le micaschiste et le calcaire saccharoïde des terrains primitifs, dans les montagnes du Labour, dans les Pyrénées. Il y forme des filons, des amas ou des rognons. On le trouve aussi dans les schistes intermédiaires, comme à Pluffier, près de Morlaix, et à Borrodale, dans le Cumberland, qui en présente le plus beau gisement connu, tant par l’étendue que par la pureté de la masse; on en cite aussi dans les calcaires intermédiaires, dans le grès houiller, et jusque dans les schistes alpins, comme au col du Chardonet, dans les Hautes- Alpes, où il accompagne les anthracites.

Le graphite sert principalement à la fabrication des crayons à dessiner. Les plus estimés sont fabriqués en Angleterre', avec le graphite lui-même scié en petites baguettes carrées que l’on renferme dans des cylindres de bois de genévrier de Virginie. On en fait d’inférieurs avec la poudre du graphite liée par un mucilage. On emploie aussi le graphite dans les arts mécaniques, pour adoucir le frottement des rouages, pour préserver la tôle de la rouille, pour fabriquer des creusets, etc.

Les deux formes naturelles du carbone dont nous venons de parler, à savoir, le diamant et le graphite, appartiennent essentiellement aux terrains primitifs, et ce n’est que par suite de quelque révolution du globe que le diamant se trouve dans un terrain de transport qui paraît beaucoup plus moderne, mais qui n’est formé que des débris du premier. Ces deux substances prouvent donc l’existence du carbone dans les premiers matériaux de la terre, et bien avant l’apparition des êtres organisés ; mais ce sont les seules. Tous les autres charbons terrestres sont postérieurs à l’existence des végétaux, qui en ont puisé le carbone dans l’atmosphère, où il existait à l’état d’acide carbonique, et qui l’ont dépesé dans la terre, comme une preuve de leur passage. Ce sont ces charbons, ou composés dans lesquels le carbone domine, que nous allons décrire présentement, en commençant par les plus anciens et finissant par les plus modernes.

Anthracile.

Il existe quelque confusion entre cette espèce et la houille ou

charbon de terre, causée pai'ce que toules deux proviennent de l’action de la chaleur centrale sur d’anciens végétaux enfouis dans la terre et qu’elles passent quelquefois de l’une à l’autre. Pour nous V anthracite (à part le quartz et les autres composés minéraux qu’il peut contenir par mélange) sera du carbone presque entière^ ment privé de principes volatils pyrogénés par suite de la haute température qu’il a subie; comme le serait un charbon formé en exposant, dans une cornue, une matière organique à la plus forte chaleur que nous puissions produire.

L’anthracite est noir, mais doué d’un grand éclat métallique, assez dur pour rayer la chaux sulfatée, mais non la chaux carbonatée spathique dont la dureté est égale à la sienne. Il ne tache pas les doigts et laisse difficilement sa trace sur le papier. Il acquiert l’électricité résineuse par le frottement, mais seulement lorsqu’il est isolé, car il conduit assez l’électricité pour qu’on puisse en tirer des étincelles, lorsqu’il fait suite à un conducteur électrisé.

On a cru remarquer que l’anthracite se divisait suivant les faces d’un prisme rhomboïdal; mais ce caractère est douteux. Il est ordinairement en masses lamelleuses, dont les feuillets sont fortement ondulés. Il est infusible et inaltérable par l’action de la chaleur. Il ne dégage aucune odeur au chalumeau et y brûle d’autant plus difficilement.

Gisement. L’anthracite se montre d’abord dans les terrains intermédiaires ^u de transition, et le plus souvent au milieu des roches schisteuses et arénacées (comme dans les Vosges, au Harz, en Saxe, en Bohême). Il est alors antérieur à la houille, et l’on conçoit qu’il ait pu subir une chaleur plus forte; mais on le trouve aussi plus haut dans la série des formations. Par exemple, avec la houille, au milieu de laquelle il forme des veines, des rognons ou même des couches, comme à Anzin (Nord) ; puis principalement dans le lias ou calcaire bleu du Dauphiné, de la Tarentaise .et du Valais. Mais, dans ce dernier cas, on observe que l’anthracite se trouve toujours dans le voisinage des roches amygdaloïdes, des dolérites et des porphyres, qui sont le produit d’anciens cratères ayant épanché à la surface du globe sa matière intérieure, obligée de céder à la contraction de sa couche solide. Et l’on conçoit que ces roches brûlantes aient pu carboniser des amas de végétaux enfouis à leur portée. Il y a d’ailleurs une circonstance essentielle, indépendamment d’une haute température, à la conversion d’un végétal en anthracite. C’est que les produits pyrogénés volatils aient pu trouver une issue. Supposez, en elTet, qu’une matière végétale soit fortement chauffée dans une capacité fermée, qui offre une résistance insurmontable au dégagement

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