‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 30 sur 194 · DIAMANT · texte numérisé non relu

DIAMANT

périeure plane et rectangulaire, de belle qualité et du poids de 1/2 grain à 3 grains, se vend à raison de 168 à 192 francs le ka-

Le brillant de 3 grains (16 centigrammes) vaut 216 francs le karat.

— 4 grains (216 roilligramm.) — 240 à 288 francs,

— S à 6 grains (26 à 22 centigr.) — 312 à 336 —

— 6 grains . — 400 à 880 —

— 12 grains (64 centigrammes) — 1700 à 1900 —

— 16 grains . — 2400 à 3100 — J

— 17 grains . — 3800 francs.

Le diamant est souvent coloré. Lorsqu’il est jaunâtre ou d’une couleur quelconque peu marquée, il est moins estimé que le diamant blanc. Mais quand la couleur est pure et bien décidée, il augmente beaucoup de prix. Ainsi un diamant de 8 grains (43 centigrammes) d’un beau vert, s’est vendu 900 francs, et un diamant rose de 11 grains (58 centigrammes) a valu 2000 francs. On a trouvé dans la province de Bahia,-au Brésil, de véritables diamants noirs, très-réfractaires à la taille, qu’on regarde comme plus durs que les autres, et qu’on distingue dans la joaillerie sous le nom de diamants de nature. Ce diamant noir parait à M. Gôppert un mélange de carbone non cristallisé avec du diamant. C’est ce qui résulte aussi des recherches faites- par M. Lôwig sur sa combustion.

Le plus gros diamant connu est celui du rajah de Matan, à Bornéo; il pèse 337 karats, ou 77gr, 804. Celui de l’empereur du Mogol pesait 279 karats, ou 49 grammes; il a été estimé, par Tavernier, à près de 12 millions. Le diamant de l’empereur de Russie pèse 193 karats , ou 40»' , 92 ; il a été acheté 2,160,000 francs, plus 96,000 francs de pension viagère. Le Ko-inoor ou montagne de lumière (diamant de Runjet Singh), souverain de Lahore, pèse 186 karats. Le diamant de l’empereur d’Autriche égale 139 karats; il est jaunâtre, taillé en rose, et de mauvaise forme. Le principal diamant de la couronne de France, nommé le Régent , pesait brut 410 karats, et a été acheté, par le duc d’Orléans, régent, 2,225,000 francs. Il a coûté deux ans de travail pour la taille, et s’est trouvé réduit à 136 karats 28Br 32. Il est de la plus belle forme, d’une limpidité parfaite, et est estimé plus du double du prix d’achat. Enfin, le nouveau Koh-i-noor ou V Étoile du Sud, le plus gros des diamants limpides trouvés au Brésil, vient de la province de Minas Geraès. Il pesait 234 karats avant la taille et se trouve réduit maintenant à 125.

Graphite.

Le graphite se présente en masses amorphes, d'un gris bleuâtre foncé, joint à l’état métallique. 11 est très-tendre, facile à entamer

par l’ongle, et s’use par le frottement sur le papier, en y produisant une trace semblable à celle du plomb, ce qui lui fait donner les noms vulgaires de mine de plomb et de plombagine. 11 offre un toucher gras et onctueux, et se divise par la pression en petites lames écailleuses, quelquefois hexagones. Il pèse spécifiquement 2,089.

Il acquiert l’électricité résineuse par le frottement, est infusible au chalumeau, et y brûle très-difficilement ; à plus forte raison est-il incombustible dans un creuset. Il ne brûle bien que par l’intermède du nitre, et laisse pour résidu du carbonate de potasse. Ce résultat prouve que le graphite est du charbon; mais est-ce du carbone pur comme le diamant, ou du carbone mélangé ou combiné avec quelque autre substance? Cette question a longtemps partagé les chimistes.

D’abord le graphite contient toujours du fer, mais en quantité petite et variable. De Saussure en a trouvé 0,04, et Berlhollet 0,09. Pour expliquer cette quantité petite et variable, Berzelius a supposé que le graphite était un mélange de décarbure de fer avec du carbone ; mais il est évident qu’il aurait pu admettre toute autre combinaison; et l’on sait d’ailleurs aujourd’hui que le graphite est du carbone libre de toute combinaison, comme le diamant, dont il ne diffère que par son état d’agrégation.

D’abord on a trouvé qu’il se déposait dans les fentes qui se forment aux parois des hauts fournaux où l’on réduit le fer, une matière noirâtre, d’aspect métallique, tendre au toucher, enfin possédant tous les caractères physiques du graphite; et l’analyse a montré que cette substance produite par la décomposition du gaz hydrogène carburé, à une haute température, était du carbone pur.

Ensuite, Berthier a vu qu’en traitant du graphite naturel par de l’acide chlorhydrique pur, on le privait complètement de fer, sans en changer les caractères physiques, et sans dégagement d’hydrogène, soit pur, soit carburé ; preuve que le fer ne s’y trouve ni métallique pi carburé, qu’il y est à l’état d 'oxyde, et qu’il appartient par conséquent à la gangue disséminée dans l’intérieur du graphite. Enlin, M. Régnault ayant brûlé dans du gaz oxygène un graphite d’Allemagne, très-brillant, onctueux et écailleux, a trouvé qu’il était formé de 97,27 de carbone, et de 2,73 de gangue quartzeuse en petits grains, sans un atome de fer. Il résulte, de tous ces faits, que le fer n’est pas essentiele au graphite, et que celui-ci doit être considéré comme une forme naturelle et particulière du carbone.

Le graphite ressemble beaucoup au sulfure de molybdène : ces deux corps ont même couleur, même éclat, même onctuosité, et

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