partie est dispersée par les vagues, et les habitants la pèchent, à
la marée montante, avec de petits filets.
Le succin se rencontre en beaucoup d’autres lieux, en Angleterre, en Allemagne, en France, dans les terrains de lignite. On en trouve à Auteuil près de Paris, à Soissous (Aisne), à Fîmes près de Reims, à Noyer près de Gisors, auprès du château d’Eu (Seine-Inférieure), etc.
Le succin est solide, dur, cassant, mais non friable. Il est susceptible d’être tourné et poli, et l’on en fait des bijoux d’ornement. Le plus pur est transparent et d’un jaune doré, mais il est souvent opaque et blanchâtre. Il pèse de 1,065 à 1,070. Il est insipide et paraît inodore à froid, mais, renfermé dans un bocal, frotté ou pulvérisé, il développe une odeur assez prononcée qui lui est propre.
Le succin acquiert par le frottement une électricité résineuse très-marquée. De là est venu le nom de karabê qui, en persan, dit-on, signifie tire-faille ; de là sont aussi venus les mots électrique et électricité, dérivés d 'électron, qui est le nom grec du succin.
Le succin, exposé à la flamme d’une bougie, brûle avec flamme en se boursouflant, mais sans se fondre complètement et sans tomber en gouttes, ce qui le distingue du copal ; il dégage en même temps l’odeur forte qui lui est propre. Chauffé dans une cornue, il se fond en se boursouflant beaucoup au commencement, et en dégageant des vapeurs blanches formées d’eau, d’acide succinique et d’huile volatile.il se dégage, en outre, un mélange d’âcide carbonique et d’hydrogène carburé. L’huile distillée, qui forme environ les trois quarts du produit, est d’une odeur très-forte d’une couleur brune et d’une consistance qui augmentent avec la marche de l’opération et la température. Sur la fin il se condense en une matière jaune particulière, et il reste dans la cornue un charbon volumineux.
Le succin est complètement insoluble dans l’eau. L'acide succinique cependant y existe tout formé; mais il ne peut guère en être séparé par le moyen dés alcalis, ou par l’éther qui dissout environ un dixième de succin, composé d’acide succinique, d’huile volatile et de deux résines inégalement solubles dans l’alcool. Le reste, formant 0,88 à 90 du poids du succin, est un corps bitumineux tout à fait insoluble dans l’éther et l’alcool.
Le succin est évidemment un produit direct d’anciens végétaux, ou une résine découlée d’arbres vivants, comme la térébenthine ou le copal, et qui n’a subi d’autre altération que celle apportée par un séjour de quelques miliers de siècles dans le sein de la terre. On trouve la preuve tout à la fois que le succn n’est