‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 44 sur 194 · HYDROGÈNE CARBONÉ · texte numérisé non relu

HYDROGÈNE CARBONÉ

pas un produit pyrogéné, et qu’il a découlé à l’état fluide d’un 'végétal, dans les fleurs et les insectes qu’il renferme et qui sont très-souvent parfaitement intacts. Mais ces insectes et ces fleurs n’appartiennent pas au pays où se trouve le succin et n’ont pas été rencontrés ailleurs à l’état vivant. Ils faisaient donc partie d’un monde qui n’est plus! Cette conséquence montre combien sont peu fondés en raison ceux qui veulent que le succin soit un produit de nos pins et sapins, et cela parce qu’on trouve une minime quantité d’acide succinique dans la térébenthine de nos arbres conifères. M. Alessi, de Catane, sur l’observation d’une résine trouvée dans un terrain arénacé, en Sicile, encore fixée à un tronc d’arbre qu’il a cru reconnaître pour un pain sauvage, a conclu que le succin était un produit de cet arbre. Mais on a tant de fois confondu avec le succin des résines fossiles qui n’en sont pas, qu’il ne serait pas étonnant qu’il en eût été encore de môme cette dernière fois. C’est dans les contrées les plus chaudes de la terre qu’il convient de chercher des arbres analogues à ceux qui, dans les temps anciens, ont donné naissance au succin ; et, sans compter les hymenœa qui produisent de nos jours le copal et l’animé, résines déjà si semblables au succin, n’avons-nous pas le pinus dammara des îles Moluques, dont le produit résineux s’en rapproche encore plus? De tous les végétaux connus, c’est donc le pinus dammara qui nous représente le mieux celui qui a dû produire le succin.

■l)<lrog<‘ii<‘ protoearboné.

Pour ne rien omettre des états naturels du carbone, je dois faire mention maintenant de deux de ses composés gazeux assez abondants dans la nature ; ce sont l 'hydrogène profocarburé et l'acide carbonique.

Le gaz hydrogène protocarburé, no mmé également gaz des marais, se dégage en abondance, pendant les temps chauds, des eaux stagnantes au fond desquelles se trouvent des matières organiques en décomposition. On peut le recueillir {fig. 77) en renversant dans l’eau d’un marais un flacon plein d’eau, dont le col est garni d’un large entonnoir, et ^tonMiTpciTrèj “acUon gâi remuant la vase du fond avec un bâton : inflammable de ia vase des mail s’en élève des bulles qui passent de r“18' l’entonnoir dans la bouteille et qui finissent par la remplir. Il est toujours niêléd’un peu d’acide carbonique et d’azote. Mais ce gaz

est bien plus abondant dans les mines de houille, qui le tiennent renfermé dans leurs interstices à l’état d’une grande condensation, de sorte qu’il suffit souvent d’un coup de pioche ou d’un trou de sonde pour donner lieu à un jet de gaz susceptible d’être enflammé sans danger, à sa sortie. Mais lorsque, au lieu d’être brûlé de cette manière, le gaz se mêle à l’air de la mine, il arrive bientôt, à moins d'une ventilation puissante, qu’il forme un mélange détonant par l’approche d’une lumière, et alors il cause des explosions fatales aux ouvriers. Pour remédier à ces malheurs trop fréquents, Humphry Davy a imaginé une lampe de sûreté qui consiste à renfermer la flamme d’une lampe à huile ordinaire dans un cylindre fermé de toutes parts par une toile métallique à mailles serrées. Le gaz détonant qui arrive dans l’intérieur du cylindre brûle bien au contact de la flamme, mais il ne peut pas transmettre la combustion au dehors, en raison du refroidissement que le métal fait éprouver au gaz enflammé. Enfin le gaz hydrogène protocarburé, souvent accompagné de naphte ou de pétrole, se dégage dans un grand nombre de lieux de l’intérieur delà terre, tantôt à travers les fissures de couches solides, d’autres fois accompagné de matières terreuses délayées dans de l’eau salée ; ce qui a fait donner à cet ensemble de phénomènes le nom de salses ou de volcans boueux.

Lorsque le jet de gaz se trouve accidentellement enflammé, il constitue des feux naturels ou des fontaines ardentes qui peuvent ainsi brûler pendant un grand nombre d’années et même de siècles; on en observe de semblables au mont Chimère sur les côtes de l’Asie Mineure; auprès de Bakou, précédemment cité; auprès de Cumana, en Amérique ; en divers lieux des Apennins, en Italie, etc.

Acide carbonique.

Dans la nature, l’acide carbonique est gazeux, mais il se liquéfie sous une forte pression, et peut même être obtenu à l’état solide, en se refroidissant lui-même lorsqu’il repasse en partie à l’état gazeux. L’acide carbonique gazeux est une fois et demie plus pesant que l’air atmosphérique, et peut se transvaser d’une cloche dans une autre à travers l’air, comme le ferait un liquide. Il éteint les corps en combustion, asphyxie les animaux, rougit la teinture de tournesol, précipite l’eau de chaux et est entièrement absorbé par les solutions alcalines. L’eau, à la température mordinaire et sous une pression de 76 centimètres, en dissout une fois son volume. La solubilité augmente avec la pression et le froid, et diminue dans les deux circonstances contraires. L’acide

SOUFRE NATIF

carbonique contient son propre volume de gaz oxygène, ou est formé du poids de

Carbone . 27,27

Oxygène . 72,73

Sa formule est CO2, c’est-à-dire qu’on le suppose formé d’un volume de carbone et de deux volumes d’oxygène condensés en un volume.

Ainsi que je l’ai dit précédemment (pag. H), l’acide carbonique était autrefois beaucoup plus abondant dans l’air qu’aujourd’hui, et il en a été soustrait par les végétaux, qui l’ont ensuite déposé dans la terre à l’état d’anthracite, de houille et de lignite. Aujourd’hui il ne forme guère que 1/2000° du volume de l’air que nous respirons; mais il est plus abondant dans les lieux bas et fermés, comme les grottes et les cavernes. Il se dégage du sol de ces cavernes et y forme, avant de se mêler à l’air, une couche de S à6 décimètres, où les animaux périssent, tandis que l’homme, en raison de sa station verticale, peut y respirer. Telles sont : la Grotte du Chien, sur les bords du lac Aguano, près de Naples ; la grotte de Tiphon, en Cilicie (Asie Mineure); celle d’Aubenas, (Ardèche) ; celle de 1 ’Estoufli, au. mont Joli, près de Clermont- Ferrand.

L’acide carbonique se' trouve aussi dissous dans un grand nombre d’eaux minérales, tant froides que thermales : telles sont celles de Seltz, de Vichy, de Carlsbad, etc. Nous en traiterons plus lard.

Soufre natif.

Dans la famille minéralogique du soufre, nous ne comprendrons que le soufre natif, Yacide sulfureux et V acide sulfui'ique; les nombreux composés du soufre avec les métaux devant faire partie de la famille du métal positif, ou le plus électro-positif, qui lui sert de base.

Le soufre est un corps simple non métallique, d’un jaune citron, solide, très-fragile, insipide et inodore. Il pèse 1,99. Le frottement lui communique l’électricité résineuse et une odeur très-marquée. 11 fond à 108 degrés centigrades, et s’enflamme à une température plus élevée, s’il a le contact de l’air. Il brûle alors avec une flamme bleuâtre et forme de l’acide sulfureux gazeux, reconnaissable à son action irritante et suffocante sur les organes de la respiration. Quand, au contraire, le soufre n’a pas le contact de l’air, lorsque, par exemple, on le chauffe dans une cornue, il se sublime ou distille sans altération.

Drogues, “• édit.

Gi'inùORT,

Le soufre nalif se trouve sous plusieurs formes dans la terre : cristallisé, en masses amorphes, ou pulvérulent .

Le soufre cristallisé a pour forme primitive un octaèdre aigu (fiy. 77) à base rhombe, dépendant du système du prisme droit rhomboïdal (3° type). Les angles, entre les plans d’un môme sommet, sont de 106°, 38' et de 84° 38'; l’inclinaison des faces d’un des sommets sur celles de l’autre est de 143° 17'; les faces sont des triangles scalènes, c’est-à-dire à trois côtés inégaux. Les formes secondaires ne sont que de légères modifications de la forme primitive, et qui n’empêchent pas de la reconnaître ; telles sont les variétés Fig. i8. -cils- cunéiforme ( fig . 79), basée (fig. 80), prismée(fig. 81), en "octaèdre dioctaèdre {fig. 82), etc.

aigu. Le soufre cristallisé est transparent, et d’un jaune

pur ou d’un jaune verdâtre. 11 réfracte très-fortement la lumière, et jouit d’une réfraction double entre deux faces parallèles ; mais il est souvent mélangé de particules argileuses ou bitumineuses qui lui ôtent sa transparence, et s’opposent

à la vérification de celte propriété. Souvent aussi il est coloré en rouge, soit par du réalgar, comme on l’a supposé pour les cristaux de Sicile, soit par du sélénium, comme l’a constaté Stromeyer pour le soufre sublimé de Vulcano ou des lies Lipari.

Le soufre de Radobog, en Hongrie, est d’une couleur orangée, qui parait due à une substance bitumineuse, mêlée d’une matière fixe composée de silice, d’alumine et d’oxyde de fer.

D’après Mitscherlich, le soufre est susceptible de cristalliser dans deux systèmes ou d’avoir deux formes primitives différentes. Celui qui cristallise par refroidissement, après avoir été fondu, sé forme en cristaux aiguillés qui sont des prismes obliques à base

SOUFRE NATIF

rhombe (5° type), susceptibles de clivage parallèlement à leurs faces (fig. 83), et cette forme ne peut conduire à l’octaèdre à triangles scalènes du soufre natif, tandis que celui-ci se produit quand

on fait cristalliser du — ..

soufre après l’avoir l|||ggpgj| dissous dans du sulfure de carbone ou dans Fjg 33> CrU(> de l’essence de téré¬

benthine.

Celte observation semble démontrer que ce n’est pas par refroidissement succédant à la fusion ignée que le soufre naturel a été produit.

Gisement. — Le soufre ne forme pas de roche proprement dite, c’est-à-dire qu’on ne le trouve pas en masses d’une grande étendue; mais on le rencontre dans les terrains de diverses époques, tantôt en cristaux déterminés implantés sur les roches qui composent ces terrains, tantôt disséminé dans leur intérieur en lits de peu d’étendue, en nodules ou en amas plus ou moins volumineux, quelquefois en enduit pulvérulent à leur surface.

Le soufre est assez rare dans les terrains primordiaux cristallisés ( granité , gneiss , micaschite, calcaire saccharoïde, etc.), si ce n’est dans les Andes du Pérou, où Alex, de Humboldt l’a trouvé plusieurs fois. 11 n’est guère plus eornmun dans les terrains intermédiaires ou de transition; mais il est beaucoup plus abondant dans les terrains secondaires, au milieu des gypses, des calcaires et des marnes des dépôts salifères. On le trouve dans ces roches en nids plus ou moins étendus, et qui ont quelquefois plusieurs pieds d’épaisseur.

Les terrains tertiaires ne sont pas non plus dépourvus de soufre. On le trouve à l’état pulvérulent au milieu des lignites, à Artern (Thuringe), dans le gypse aux environs de Meaux et dans la marne argileuse de Montmartre.

Le soufre est très-rare dans les terrains volcaniques anciens : les volcans en activité, comme le Vésuve, l’Etna, les volcans de l’Islande, de Java, de la Guadeloupe, de Sainte-Lucie, de Saint- Domingue, le fournissent en très-grande abondance. Le soufre sublimé par l’action des feux volcaniques se dépose à la surface des laves, où il forme des croûtes et des concrétions, et on le retrouve, à la profondeur de quelques pieds, dans le sol encore fumant qui avoisine les vieux cratères.

C’est ainsi qu’il abonde à Vulcano, et qu’en Islande, dans les districts de Husevik, et de Krysevik , le soufre se trouve en si grande quantité qu’on le ramasse à la pelle jusqu’à la profondeur de 10 à 13 décimètres.

Mais c’est surtout dans les solfatares ou soufrières naturelles, qui sont des volcans à demi éteints, ou des cratères encore fumants d’anciens volcans affaissés, que le soufre est le plus abondant. La soufrière la plus célèbre de ce genre, celle qui porte le nom de Solfatare, est située à Pouzzoles, près de Naples. Le soufre y est exploité de toute antiquité sans pouvoir s’y épuiser, car il s’y renouvelle perpétuellement.

Le soufre se rencontre fréquemment aussi dans le voisinage des eaux thermales sulfureuses, dans lesquelles il existe à l’état de sulfure de sodium, de calcium ou de magnésium. Par l’action de l’oxygène de l’air qui oxyde la base, et de l’acide carbonique qui la change en carbonate, le soufre se dépose. Enfin, ce corps combustible se forme journellement au fond des marais, des étangs, et dans tous les lieux où se trouvent des matières organiques en putréfaction. On explique alors facilement sa formation en considérant que toutes les matières végétales et animales contiennent des sulfates alcalins ; que, par la putréfaction, ces sulfates se changent en sulfures, et que ces sulfures, par l’action simultanée de l’acide carbonique et d’une certaine quantité d’oxygène, se changent en carbonate et en soufre. Lorsqu’on détruisit la porte Saint-Antoine, en 1778, on retira d’une fouille que l’on fit des plâtras qui avaient servi à combler une ancienne voirie, et qui s’étaient trouvés exposés aux émanations des matières enfouies en dessus ; la surface de ces plâtras était recouverte de soufre cristallisé.

Extraction. — Les différents procédés usités pour extraire le soufre se réduisent à le votatiliser, ou au moins à le fondre, et à le séparer par ce moyen des composés terreux qui lui servent de gangue. A la Solfatare, ou chauffe le minerai de soufre dans de grands pots en terre cuite rangés sur les deux côtés et dans l’intérieur d’un fourneau long nommé galère. Chacun de ces pots est fermé par un couvercle, et est muni, en outre, vers sa partie supérieure, d’un tuyau qui conduit le soufre à l’extérieur du fourneau dans un autre pot percé par le fond, et placé au-dessus d’un baquet plein d’eau. C’est dans cette eau que le soufre coule et se solidifie.

Mais ce soufre n’est pas pur,. car il est passé pour la plus grande partie dans les récipients sous forme de liquide, en se boursouflant dans les premiers pots, et en élevant des matières terreuses jusqu’au tuyau d’écoulement. Il faut donc le purifier.

La plus ancienne manière d’y procéder consiste à refondre le soufre dans une chaudière de fonte, et à le tenir fondu jusqu'à ce que les matières terreuses soient précipitées au fond ; alors on le puise avec une cuiller, et on le coule dans des moules cylin-

SOUFRE NATIF

driques en bois dont il prend la forme. Ce soufre porte le nom de soufre en canons. Il est encore impur et d’un jaune terne et grisâtre.

Aujourd’hui on obtient lé soufre beaucoup plus pur en le distillant dans une grande chaudière de fonte couverte d’un chapiteau, et communiquant avec une chambre en maçonnerie qui sert de récipient. On obtient même à volonté, par ce moyen, du soufre en canon ou du soufre en poudre.

Pour cela, il suffit de faire varier la grandeur de la chambre, et la quantité de soufre qui y passe dans un temps donné. Lorsque la chambre est très-grande et que la distillation du soufre est lente, ou qu’on l’interrompt pendant la nuit, les murs s’échauffent peu, et le soufre s’y condense à l'état solide sous la forme d’une poussière jaune nommée fleur de soufre ou soufre sublimé. Lorsque la chambre est petite et que la distillation du soufre est accélérée et non interrompue, les parois s'échauffent, le soufre ne s’y condense qu’à l’état liquide, et coule vers le sol qui le conduit, suivant son inclinaison, dans un grand nombre de moules en bois légèrement coniques, oü il se solidifie. Ce soufre est tout à fait exempt de matières terreuses, et est d’un jaune pur. Celui qui est sublimé renferme dans sa masse pulvérulente une petite quantité d'acide sulfureux, qui passe ensuite, par l’influence réunie de l'air et de l’humidité, à l'état d’acide sulfurique. Il est nécessaire de le priver de cet acide par le lavage, lorsqu’on le destine à quelques usages pharmaceutiques.

Le soufre en canons donne lieu à un effet singulier, lorsqu’on le presse pendant quelques instants dans la main : il craque et se brise en plusieurs morceaux. Cet effet est vraisemblablement dû à deux causes : d’abord à ce que, les couches extérieures du soufre s’étant solidifiées lorsque l’intérieur était encore liquide et dilaté par le calorique, la masse totale occupe un espace plus grand que si toutes les parties s’étaient solidifiées isolément, ce qui la met dans un état de tension que la moindre pression peut détruire. Secondement, le calorique, qui se transmet inégalement de la main au soufre, y occasionne encore un tiraillement qui favorise la rupture.

Dans les pays qui n’offrent pas de soufre natif, mais qui sont riches en sulfures métalliques, principalement en pyrite ou bisulfure de fer (Fe Sa), on obtient une certaine quantité de soufre en chauffant la pyrite dans des vases fermés. On ne relire par ée moyen qu’un peu moins de la moitié du soufre du bisulfure, car ce n’est pas du protosulfure qui reste, mais un sulfure intermédiaire formé de Fe7 S8, ou de 6 Fe S + Fe Sa. Il est facile de voir que dans cette transformation le protosulfure perd les 3/7 de son

soufre, et comme il en contient 53,3 pour 100, il en perd 22,9. Mais ce soufre est rarement pur, en raison de ce que la pyrite est souvent mélangée de mispikel ou de sulfo-arséniure de fer, dont l’arsenic se mélange en partie au soufre distillé. Ce sont ces soufres arsénifères, principalement obtenue en Allemagne, qui produisent par leur combustion, dans les chambres de plomb, de l’acide sulfurique arsenical, lequel, servant ensuite à la fabrica lion de l’acide nitrique, de l’acide chlorhydrique, de l’acide phosphorique et de beaucoup d’autres produits chimiques, leur transmet plus ou moins de l’acide arsénieux qu’il contient, et nécessite un examen minutieux de ces matières, lorsqu’on veut les employer dans des recherches judiciaires.

Acides sulfureux et sulfurique.

Il ne s’agit pas ici des composés salins que ces acides peuvent former avec les bases salifiables, et qui existent dans la nature, mais seulement de ces deux acides à l’état de liberté. Or, l’acide sulfureux se transforme si facilement en acide sulfurique, et celuici présente une telle tendance à la combinaison, que tous deux ne peuvent avoir qu’une existence rare et momentanée.

L’acide sulfureux (SOa) est au nombre des gaz qui s’échappent des volcans en activité, tels que le Vésuve, 1 Etna et l’Hécla ; la formation en est toute naturelle, puisque le soufre volatilisé des terrains échauffés par les laves rencontre, dans le cratère môme du volcan ou dans les crevasses qui l’avoisinent, de l’air atmosphérique qui le brûle. Mais cet acide, emporté par les vents et bientôt condensé avec l’eau atmosphérique, retombe sur la terre, où il se combine aux bases terreuses ou alcalines. D’autres fois, en traversant les fissures des terrains volcaniques, l’acide sulfureux rencontre des réservoirs d’eau qu’il sature d’abord; bientôt après, il se convertit en acide sulfurique par l’absorption de l’oxygène de l’air.

M. Leschenault a rapporté de l’acide sulfurique puisé dans le cratère-lac du mont Idienne, à Java, dans lequel Vauquelin a trouvé une petite quantité d’acide chlorhydrique, du sulfate de soude et du sulfate d’alumine. Il existe également proche de la vHIe de Popayan, dans la Colombie, une rivière nommmée Rio- Vinagre, à cause de sa forte acidité et dont l’eau, analysée par M> Mariano de Rivero, contient par litre lgr,080 d’acide sulfurique, C*r,184 d’acide chlorhydrique, 0gr,24 d’alumine, 0*r,l de chaux et des indices de fer (1). Mais puisqu’on cite ces faits et quelques autres comme des cas remarquables, il est évident que ce n’es.t pas

(1) Mariano de Rivero, Ann. de chim. phy<., t. XXVII, 113.

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