ARSENIC BLANC
que leur éclat rend propres à faire des miroirs de télescope, mais qui ont l’inconvénient de se ternir par le contact prolongé de l’air. On remarque en général qu’il blanchit les métaux colorés et rend aigres et cassants ceux qui sont ductiles.
Acide arsénieux ou arsenic blanc .
Cet acide provient aussi du grillage des mines de cobalt arsenical. On le sublime une seconde fois dans des cucurbiles de fonte surmontées d’un chapiteau de même matière. Lorsqu’il vient d’être fabriqué, il est sous la forme de masses transparentes comme du cristal, tantôt incolores, tantôt colorées en jaune pâle, et offrant souvent des couches concentriques, dues à ce qu’on fait plusieurs sublimations dans le même vase avant d’en retirer le produit. La transparence de ces masses ne tarde pas à se perdre, d’abord superficiellement, puis en pénétrant peu à peu jusqu’au centre ; et alors l’oxyde, tout en conservant un éclat vitreux, a pris la blancheur et l’opacité du lait. Quelquefois aussi il devient tout à fait mat, friable et pulvérulent.
( Cette altération que l’acide arsénieux éprouve au contact de l’air, a lieu sans qu’il perde ou acquière aucune particule matérielle, et provient d’un changement de disposition entre ses propres particules, qui lui communique des propriétés physiques et chimiques différentes. Ainsi, l’acide arsénieux transparent pèse 3,7391 ; il est soluble à la température de 1S degrés centigrades dans 103 parties d’eau, et se dissout dans 9,33 d’eau bouillante. Son dissoluté rougit faiblement la teinture de tournesol.
L’acide arsénieux devenu opaque ne pèse plus que 3,693 ; il se dissout dans 80 parties d’eau à 13 degrés, et dans 7,72 parties d’eau bouillante. Son dissoluté rétablit la couleur bleue du tournesol rougi par un acide.
L’acide arsénieux vitreux et transparent, étant dissous dans de l’acide chlorhydrique étendu et bouillant, cristallise en grande partie par le refroidissement de la liqueur. Or, tant que dure la cristallisation, si on opère dans l’obscurité, on observera une vive lumière à chaque formation de cristal, et l’acide cristallisé jouira des propriétés de l’acide opaque. En opérant avec l’acide opaque, ce curieux phénomène n’a pas lieu. Du reste, les deux acides se volatilisent promptement sur les charbons ardents en répandant une forte odeur alliacée, et peuvent se condenser sur une lame de cuivre en une couche blanche pulvérulente. Leur dissoluté forme également un précipité jaune par l’acide suifhydrique ; un précipité vert par le sulfate de cuivre ammoniacal, un précipité blanc par l’eau de chaux.
L’acide arsénieux se fabrique surtout en Saxe, en Bohème et en Silésie; c’est un des poisons les plus violents du règne minéral. On s’en est servi longtemps pour chauler le blé, opération qui, sans nuire à la germination, avait pour but de détruire les animaux qui mangent le grain. On en employait pour cet usage de grandes quantités, dont la malveillance a souvent abusé. Le chaulage du blé par l’arsenic est aujourd’hui défendu, et cette dangereuse substance ne peut plus être vendue, pour d’autres usages que la médecine (pour la destruction des animaux nuisibles et pour la conservation des objets d’histoire naturelle), que mélangée ou combinée suivant des formules approuvées par le gouvernement.
En pharmacie, l’acide arsénieux sert à la préparation de la liqueur arsenicale de Fowler (arsénite de potasse), à celle de- l’acide arsénique, et des arséniates de potasse et de soude.
Oxyde d'arsenic sulfuré jaune ou arsenic juune du commerce, faux orpiment.
L’arsenfc jaune se prépare en Allemagne, en sublimant, dans des vases de fonte, de l’acide arsénieux avec une certaine quantité de soufre. Il est en masses jaunes, compactes, presque opaques, ayant l’éclat vitreux de l’oxyde d’arsenic, et offrant souvent, comme lui, des couches superposées, qui sont le résultat du procédé sublimatoire employé pour sa préparation.
Cet arsenic pèse de 3,608 à 3,648 ; sa poudre est d’un jaune serin ; il se volatilise au feu, comme l’oxyde et les sulfures d’arsenic, en répandant une forte odeur d’ail. Il se dissout presque entièrement dans l'eau bouillante, à laquelle il communique tous les caractères d’une forte solution d’acide arsénieux. Je l’ai trouvé composé, sur 400 parties, de 94 d’acide arsénieux et de 6 seulement de sulfure d’arsenic. Il est employé, comme corps désoxygénani, dans la composition des cuves d’indigo. Quelques marchands de couleurs le mêlent en fraude à l’orpiment ; mais les autres s’en défendent, en répondant : C’est un arsenic , c’est-à-dire c’est un violent poison.
Sulfure d’arsenic rouge artificiel, arsenic rouge, faux réalgar.
Ce sulfure se prépare en Allemagne, et probablement par simple fusion dans un creuset fermé, avec de l’arsenic métallique ou de l’acide arsénieux et un excès de soufre. 11 est en morceaux volumineux, d’un rouge tirant sur l’orangé, d’une cassure conchoïde et d’une masse homogène, ou qui n’offre pas les couches concentriques des corps sublimés en plusieurs reprises. 11 est un