‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 57 sur 194 · ARGENT BROMURE · texte numérisé non relu

ARGENT BROMURE

Argent bromure.

Découvert en 1841 par Berthier, dans un minerai provenant de la mine de Saint-Onofre, district de Plateros, au Mexique.

Ce minerai est un hydrate de fer compacte, mélangé de quartz et percé de petites cavités tapissées de cristaux incolores et transparents de chloro-arséniate de plomb. Ces cristaux sont accompagnés de carbonate de plomb compacte et d’autre3 cristaux d’un vert olive, qui sont le bromure d’argent.

Composition de l’incrustation :

Quartz et argile . 51

Hydrate de fer . T 11

Chloro-arséniate de plomb . 22

Carbonate de plomb . 7,50

Bromure d’argent . 5,50

Pour extraire le bromure, on traite d’abord l’incrustation par l’acide acétique, qui dissout le carbonate de plomb, puis par l’acide nitrique faible, qui dissout l’arséniate ; en troisième lieu, par l’acide oxalique bouillant, qui s’empare de l’oxyde de fer. Le résidu, bien lavé et séché, est alors traité par l’ammoniaque liquide, qui dissout le bromure. Si l’on veut en extraire le brème, on ajoute à la liqueur de l’acide sulfhydrique, qui en précipite l’argent à l’état de sulfure et amène le brème à l’étal d’acide bromhydrique ; on filtre et l’on sature la liqueur bouillante par du carbonate de potasse. On forme ainsi du bromure de potassium, qu’on amène à siccité afin de le dissoudre dans l’alcool. L’alcool étant évaporé, on traite le bromure dans un petit appareil convenable avec un peu d’acide sulfurique et d’oxyde de manganèse, pour en extraire le brème.

Argent carbonaté. — Ce sel est très-rare, puisqu’il a été observé une seule fois par M. Selb, dans la mine de Wenseslas, dans le Purstemberg. Il y est mélangé avec de l’antimonite d’argent dans une gangue de baryte sulfatée; il est composé de AgO.CO3.

Indépendamment des états naturels précédents qui, réunis, forment la famille des argentiques , on trouve encore l’argent amalgamé au mercure, ou mercure argentai de Haüy, susceptible de cristalliser.

On le trouve aussi sous un état de combinaison très-compliqué, nommé autrefois argent gris, puis cuivre gris, et aujourd’hui panabase. Cette substance varie par le nombre et la proportion de ses éléments ; mais, le plus ordinairement, elle contient du

Guisoukt, Drogues, "• édit. T . I . — 11

cuivre, de Yantimoine, de l 'argent, du fer et du soufre. Quelquefois l’arsenic remplace en tout ou en partie l’antimoine, de môme que le zinc et le manganèse peuvent y prendre la place du fer.

Enfin, on trouve l’argent disséminé dans le sulfure de plomb (galène), surtout dans celui qui est en masses cristallines à petites facettes ou à grains d'acier. Ces sulfures contiennent de 30 à 900 grammes d’argent par 80 kilogrammes, de sorte que ce métal devient le produit principal de l’exploitation.

Extraction de l’argent. — Les mines d’argent les plus considérables sont celles du Mexique et du Pérou, qui en fournissent incomparablement plus à elles seules que les mines des autres parties du monde. En Europe, c’est la mine de Kongsberg qui est la plus riche ; viennent ensuite celles de Hongrie et de Saxe : nous n’avons en France que les mines d’Allemont (Isère), et de Sainte- Marie aux Mines (Haut-Rhin), qui produisent fort peu actuellement. On en obtient davantage des mines de plomb argentifère de Huelgoat et de Poullaouen (Finistère).

Les procédés employés dans ces différents pays pour extraire l’argent varient en raison de la nature des mines, de leur richesse et des localités ; cependant, en dernier résultat, ces procédés consistent à ramener l’argent à l’état métallique lorsqu’il n’y est pas, à l’allier au plomb ou au mercure pour le séparer des autres métaux, à l’isoler enfin de ces derniers.

Argent natif. — A Kongsberg, où la mineconsiste principalement en argent natif, on la fait fondre avec partie égale de plomb, après l’avoir bocardée et séparée de sa gangue par le lavage : il en résulte un alliage qui contient de 0,30 à 0,35 d’argent; on en retire celui-ci par la coupellation. Voici en peu de mots comment on procède à cette opération :

On fabrique un très-grand creuset avec des os calcinés, pulvérisés et mis en pâte avec de l’eau ; lorsque ce creuset, qui se nomme coupelle, est bien sec, on le place au milieu de 1 aire d’un four ù réverbère, ce qui se fait en l’élevant peu à peu à travers le sol du fourneau qui est à jour, jusqu’à ce que le bord supérieur de la coupelle se trouve de niveau avec l’air du four ; alors, on l’assujettit avec la môme pâle qui a servi à le former, de manière qu’il fasse corps avec le fourneau.

Quelquefois la coupelle n’est autre chose que l’aire môme du four qui est creusée en coupe, et recouverte d’une couche de cendre lessivée et fortement battue; dans les deux cas, la voûte du four qui recouvre la coupelle est très-surbaissée ; d’un côté de la coupelle se trouve le foyer ; la cheminée est à l’opposé : dans un des côtés attenant au foyer est placée la douille d’un

Page 1