ÉTAIN
Extraction du bismuth. — Le bismuth est si fusible, qu’il suffit, pour l’obtenir, ou de projeter sa mine pulvérisée dans une fosse creusée en terre et remplie de fagots, ou de la mettre avec des copeaux dans une rainure pratiquée longitudinalement à un tronc d’arbre incliné au-dessus d’une fosse, et de mettre le feu aux copeaux ; ou enfin de la chauffer dans des tuyaux de fonte qui traversent presque horizontalement un fourneau. Dans tous les cas, le bismuth se fond, ou se réduit s’il est à l’état d’oxyde, et coule dans le bassin destiné à le recevoir. On le fond ordinairement une seconde fois, et on le chauffe môme assez fortement pour le priver de l’arsenic qu’il contient. Malgré celte précaution, il en retient toujours une portion, et de plus du soufre, du zinc, du cuivre et du fer. Pour l’usage médical, il faut que ce bismuth soit purifié par la fusion avec une petite quantité de nitrate de potasse, qui convertit l’arsenic et le soufre en arséniate et sulfate de potasse, lesquels surnagent le métal fondu. Le zinc, le cuivre et le fer restent unis au bismuth ; mais ils n’offrent pas d’inconvénient dans la préparation du sous-nitrate de bismuth, obtenu en précipitant par l’eau la dissolution du métal dans l’acide nitrique, parce qu’ils sont retenus dans la dissolution. Le sousnitrate de bismuth est blanc, argenté et très-éclatant. On le nommait autrefois magistère de bismuth, et aussi blanc de fard, à cause de l'usage que les femmes en faisaient pour se blanchir la peau ; mais son emploi présentait beaucoup d’inconvénients, dont le moindre était de noircir très-promptement dans les lieux d’assemblée, en raison des exhalaisons sulfurées dont l’air de ces sortes de lieux est saturé.
L’étain se trouve sous deux états seulement dans la nature, sulfuré et oxydé. Le sulfure est très-rare et n’a encore été trouvé que dans le Cornouailles, en Angleterre ; encore est-ce plutôt un composé de plusieurs sulfures métalliques qu’un véritable sulfure d’étain, car il contient :
Rapports moléculaires.
Soufre . 30,5 lot 4
Étain . 26,5 35 1
Cuivre . 30 75 2
Fer . 12 35 I
d'où l’on peut tirer : SnS-(-Cu2S-{-FeS2.
Ce sulfure triple est métalloïde, d’un gris jaunâtre, compacte, à cassure granulaire ou conchoïde. Il pèse de 4,35 à 4,78. Il fond au chalumeau, en couvrant le charbon d’une poudre blanche non
volatile. Il se dissout dans l’acide nitrique en laissant un résidu blanc d’acide stannique. La liqueur rougit une lame de fer, et prend une belle couleur bleu foncé par l’ammoniaque, qui en précipite en même temps l’oxyde de fer.
Étain oxydé ou t'assltérltc.
Cet oxyde, qui n’est autre que l’acide stannique des chimsites (SnO1), se trouve très-souvent en cristaux qui dérivent d’un prisme droit à base carrée, dont la hauteur est au côté de la base, comme 4 : 3; ou d’un octaèdre obtus, à base carrée, dans lequel l’incidence des faces d’une même pyramide est de 133°36'18", et celle des faces d’une pyramide sur l’autre de 67°42'32". Les cristaux peuvent offrir :
1° Des prismes carrés terminés par des pyramides à 4 faces opposées aux faces du prisme (fig. 10 ï).
2° Des prismes semblables, dont les quatre arêtes verticales sont remplacées par des facettes tangentes (fig. 103).
3° Des prismes carrés terminés par un pointe ment à 4 faces, qui reposent sur les arêtes du prisme (fig. 106). Ce cristal se rapproche du dodécaèdre rhomboïdal, et en deviendrait un, si les arêtes verticales disparaissaient par le raccourcissement du prisme.
4° Des prismes carrés, dont toutes les arêtes verticales et les arêtes des pyramides sont remplacées par des facettes tangentes (fig. *07).
5° Des prismes octogones terminés par un rang de facettes annulaires (fig. 108); c’est la forme précédente modifiée par deux faces terminales perpendiculaires à l’axe.
6° Des prismes carrés terminés par un poinlemunt à 4 faces (forme n° 3), augmentés de part et d’autre de 8 facettes obliquesinférieures (fig. 109).