‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 71 sur 194 · ÉTAIN OXYDÉ · texte numérisé non relu

ÉTAIN OXYDÉ

7° Des prismes carrés terminés par des pyramides qui reposent sur les faces du prisme (forme n° 1), mais modifiés de chaque côté par une rangée de 8 facettes intermédiaires très-allongées (fig. 110).

Indépendamment des formes précédentes et de quelques au¬

tres plus compliquées qui en dérivent, on trouve très-souvent l’étain oxydé en cristaux maclés ou hémitropes. On nomme ainsi des cristaux que l’on peut supposer avoir été formés par un cris-

Fig. U#. — Étain Fig. 111.— Étair

al simple qui, après avoir été coupé obliquement en deux parties par un plan, aurait éprouvé, dans l’une de ses parties, un retournement sur son axe, qui en fait coïncider les faces avec celles qui lui étaient opposées dans l’autre partie, et cette coïncidence ne peut se faire sans que, vu l’obliquité de la coupe, plusieurs des faces ne forment des angles rentrants que ne prosentent jamais les cristaux simples. D’autres fois, aussi, les cristaux maclés

offrent, dans chaque partie, plus de la moitié d’un cristal primitif, et semblent provenir de la réunion de deux cristaux, dont une partie a été éliminée. Tel est le cristal maclé d’oxyde d’étain, représenté figure MI, lequel provient de la jonction ou de la pénétration oblique de deux prismes pyramidés (fi g. 112), qui conservent chacun une pyramide entière, et une petite partie de la pyramide opposée. Ce cristal offre trois angles rentrants formés par les faces M,M', s, s' et s s'.

Enfin, on trouve de l’oxyde d’étain concrétionné, ou en fragments de stalactites, dont l’intérieur offre des couches variées de brun ou de rouge, et qui imitent certains bois, d’où lui vient le nom d’étain de bois; on le trouve encore en masses d’une figure globuleuse, ovoïde ou mamelonnée, dont l’intérieur est formé de fibres rayonnantes.

L’oxyde d’étain pèse 6,9 à 6, 93. Il est plus dur que le quartz et moins dur que la topaze qui le raie. Il étincelle par conséquent très-fortement sous le briquet. Il est blanchâtre et translucide, ou môme transparent, lorsqu’il est pur; mais il est le plus souvent opaque et coloré en brun par d$ l’oxyde de fer, dont il contient de 0,0025 à 0,09. Berzélius a trouvé dans celui de Fimbo de l’oxyde de tantale et un peu d’oxyde de manganèse.

L’étain oxydé est assez répandu dans la nature; la France en offre quelques gîtes (dans la Haute-Vienne, dans le Morbihan, et à Piriac, près du Croisic), mais aucun d’eux n’est exploitable, en sorte que tout l’étain qu’on y emploie y est importé de l’étranger. L’Espagne en possède quelques mines dans la Galice. Les lieux où l’on en trouve le plus sont le comté de Cornouailles en Angleterre, la Bohème, la Saxe, la presqu’île de Malaca, Banca, le Mexique et le Brésil. On le trouve dans les terrains primitifs les plus anciens avec le titane et le molybdène. Il est en filons, en amas ou disséminé dans les roches. Les terrains intermédiaires en offrent une certaine quantité; les porphyres et les schistes également; les terrains de sédiment n’en contiennent pas. Mais on le relire en très-grande quantité des terrains de transport semblables à ceux où l’on trouve l’or, le platine, le diamant et les autres substances précieuses. Ces terrains proviennent, ainsi que je l’ai déjà dit, de la destruction par les eaux des terrains primitifs; de telle sorte qu’il n’y a que les matières les plus dures ou les plus tenaces qui, ayant résisté à. l’usure et au broiement, se retrouvent dans quelques lieux où ils se sont rassemblés. C’est à cette sorte de gisement qu’appartient tout l’étain de Banca et une partie de celui de Cornouailles.

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