Trombolite
M. Plattner a donné ce nom à un phosphate de cuivre fibreux trouvé à Retzbanya, en Hongrie, qui lui a présenté une composition fort différente des précédentes.
Rapports moléculaires.
Oxyde de cuivre . 39,2 79 7
Acide phosphorique . 41 45,5 4
Formule : 2 (Cu9 P,” H‘) 4. CuH.
CUIVRE IIYDROSILICATÉ.
Cuivre hydrosilicaté.
Il existe plusieurs composés de ce genre dont le mieux défini est un minéral très-rare, presque semblable à l’émeraude et d’abord confondu avec elle, jusqu’à ce que Haiiy, par les caractères cristallographiques, et Yauquelin, par l’analyse, aient montré qu’il en différait totalement. Cette substance, nommée dioptase par Haüy, achirite ou émeraude cuivreuse par d’autres, a été apportée de la Tartarie Chinoise par un marchand nommé Achir- Malmed. Elle est d’un Vert pur, transparente, cristallisée en prisme hexaèdre régulier terminé par trois faces rhomboïdales, ce qui en forme un dodécaèdre. Les joints naturels sont trèsnets et parallèles aux faces des sommets, et conduisent à la forme primitive qui est un rhomboèdre obtus.
Le dioptase pèse 3,278; il raie difficilement le verre, conduit l’électricité et prend l’électricité résineuse lorsqu’il est isolé. Au chalumeau, il devient brun-marron et colore la flamme en vert jaunâtre; avec le borax, il finit par donner du cuivre métallique.
L’émeraude, qui est un silicate double d’alumine et de glucine coloré par de l’oxyde de chrome, se distingue du dioptase par les caractères suivants. Elle pèse 2,7 ; raie difficilement le verre, ne conduit pas l'électricité, s’électrise vitreusement par le frottement, et se divise parallèlement aux faces d’un prisme hexaèdre régulier.
Vauquelin, qui a le premier reconnu la nature cuivreuse du dioptase, n’en a cependant publié que deux analyses fautives, en raison du mélange d’une grande quantité de carbonate de chaux et d’oxyde de fer que contenait la matière employée. Lowilz en a
donné une autre analyse qui conduisait à la formule Gu2 Si -|-2Aq. Mais il résulte des nouvelles analyses de M. Hess et de M. Damour que le dioptase est composé de :
Oxygène.
Silice . 38,93 20,22 (!
Oxyde cuivrique . 49,31 9,99 3
Eau . 1 i ,29 10,01 3
D’où résulte la formule Gu3 Si* + 3Aq.
Cuivre hydrosilicaté amorphe, cuivre hydraté siliceux de Haüy , chrysocolle de quelques minéralogistes. — Substance amorphe, compacte, ayant une cassure conçhoïde, un éclat résineux et une couleur vert-bleuâtre. Elle pèse 2,733, donne de l’eau à la distillation, perd sa couleur dans l’acide nitrique et y devient blanche et translucide, Elle est presque toujours mélangée d un peu
de carbonate de cuivre qui en rend la composition douteuse. Cependant, en faisant abstraction des corps étrangers, le minéral paraît formé de
Oxygène.
Silice . 34,37 C
Oxyde de cuivre . 45,17 3
Eau . 20,46 C
Cu’Si’ -+- 6Aq.
Ce qui indique un silicate deux fois plus hydraté que le dioptase.
Le cuivre hydrosilicaté amorphe se trouve en petits amas dans les dépôts cuivreux ; notamment dans la mine deTurschink, en Sibérie; à Saalfeld, en Tburinge; à Schwarlzcnberg, en Saxe; il Joachimsthal, en Bohême; à Sommerville, dans le New-Jersey.
Cuivre carlionaté.
Il en existe trois espèces distinctes : une anhydre, amorphe et d’une couleur brune; une sesquibasique hydratée, d’une belle couleur bleue; une bibasique hydratée d’une belle couleur verte.
Cuivre carbonati anhydre.
En petites masses brunes, compactes ou terreuses, presque toujours mélangées de carbonate hydraté vert et de fer peroxydé. Il est tendre, se laisse couper au couteau, ne donne pas d’eau à la distillation. Se dissout avec effervescence dans les acides. Une seule analyse faite par Thompson donne :
Acide carbonique.
Oxyde de cuivre. .
Peroxyde de fer. .
Silice .
Oxygène.
CusC.
Cette substance, très-rare, a été trouvée dans l’Indostan, près de la frontière orientale du Mysore ; d’où vient le nom de mysorine que les minéralogistes lui donnent.
Cuivre carbonaU bleu , Azurite.
Carbonate d'un bleu d’azur passant au bleu foncé, pesant 3 6 rayant la chaux carbonatée, rayé par le calcium fluoruré. Il donné de l’eau à la distillation et devient brun-noirâtre. Il fait effervescence avec les acides et fournit un dissolulé de cuivre. On le trouve cristallisé en prismes obliques rhomboïdaux de 98° 5(y et
81° 10', dont la base est inclinée sur les pans de 91° 30' et 88° 30' ; ou en masses globuleuses formées de cristaux agglomérés qui ne présentent que leurs pointes à l’extérieur ; ou sous forme de petites concrétions irrégulières, striées du centre à la circonférence, connues anciennement sous le nom de pierres d’Arménie ; ou bien encore sous une apparence terreuse et mélangée de matières calcaires qui en affaiblissent la couleur. On le nomme sous ce dernier état bleu de montagne. Composition moyenne résultant de plusieurs analyses :
Oijgène.
Acide carbonique . 23,60 18,52 4
Oxyde de cuivre . 69,13 13,94 3
Eau . 5,27 4,69 1
Cette composition indique un carbonate de cuivre sesquibasique hydraté, ou plutôt, d'après Berzélius, une combinaison de deux molécules de carbonate anhydre avec une molécule d’hydrate d’oxyde de cuivre=2CuC-f-CuH.
Lê cuivre carbonalé bleu se trouve dans deux gisements différents : tantôt il tapisse en enduits, concrétions ou cristaux, les parois des filons cuprifères ; tantôt il est en masses cristallisées, disséminées au milieu du grès-rouge des anciens terrains secondaires. C’est ainsi^qu’on le trouve à Chessy, près de Lyon, et sur le revers occidental des monts Ourals, en Russie, où il est accompagné de cuivre oxydulé cristallisé et de cuivre carbonaté vert. Lorsqu’il est très-abondant, on l’emploie pour l’extraction du cuivre ; mais en France on le réserve pour la fabrication du sulfate de cuivre ; ou pour la peinture à l’huile ; car, broyé avec de l’huile, il conserve sa belle couleur bleue, tandis que le phosphate de fer bleu naturel, par exemple, que l’on pourrait quelquefois confondre avec lui, quant à la couleur, acquiert avec l’huile une teinte brun-noirâtre qui en empêche l’usage.
On fabrique en Angleterre, pour l’usage de la peinture et par un procédé encore inconnu, un carbonate bleu composé chimiquement comme le carbonate naturel et qui porte le nom de cendres bleues.
Cuivre carbonate vert, Malachite.
Substance d’un beau vert, plus ou moins foncé ; fragile, à cassure souvent testacée et striée ; fusible et facilement réductible au chalumeau, donnant de l’eau à la distillation, soluble dans l’acide nitrique avec effervescence.
Ce carbonate se trouve très-rarement cristallisé, et seulement en cristaux aciculaires très-brillants, qui dérivent, d’après Dufrénoy, d’un prisme rhomboïdal oblique. Beaucoup plus fréquem-
ment, le carbonate vert parait cristallisé en octaèdres réguliers, en cubes on en dodécaèdres rhomboïdaux ; mais ces cristaux sont toujours du cuivre oxydulé qui s’est transformé superficiellement en malachite. Quelquefois aussi on le trouve en prismes rhomboïdaux obliques, qui proviennent de l’altération de l’azurite.
Le cuivre carbonaté vert est le plus souvent sans forme déterminable, et présente trois variétés principales.
1» Fibreux, ou en aiguilles fines, brillantes et soyeuses, rayonnées, entrelacées ou parallèles.
2° Concrélionné, ou en masses mamelonnées, compactes, formées de couches concentriques de différentes nuances de vert, et susceptibles d’un beau poli. C’est à cet état spécialement qu’il portele nom de malachite; on en fait des objets d’ornement et môme quelquefois des meubles d’un très-grand prix.
3° Terreux, ou rendu impur par différents mélanges qui en affaiblissent la couleur. On le nomme cendres vertes ou vert de montagne.
Le cuivre carbonaté vert se distingue de tous les autres composés naturels du cuivre pourvus d’une couleur verte par l’effervescence qu’il fait avec l’acide nitrique. 11 est formé de :
Oiygèae.
Acide carbonique . 19,95 2 n,ol‘
Oxyde de cuivre . 71,84 2
Eau . 8,21 I
Formules : Cu’C -j-J^ou CuC -j- CuH.
ce qui indique un carbonate bibasique hydraté, ou une combinaison d’une molécule de carbonate neutre avec une molécule d’hydrate de cuivre .
Le carbonate de cuivre vert se trouve dans les mômes lieux que le bleu, et est généralement plus abondant. C est la mine de Goumechefski, en Sibérie, qui fournit les plus belles malachites. On en trouve aussi en Hongrie, au Hartz, à Chessy, près de Lyon, en Pensylvanie, au Chili.
Cuivre oxycliloruré, Atacamite.
Celle substance est un oxychlorure de cuivre hydraté, souvent mélangé de sable, d’oxyde de fer ou de sulfate de chaux, mais qui, séparé des substances qui lui sont étrangères, parait formé de
3 molécules d’oxyde de cuivre
1 — de chlorure .
4 — d’eau .
3Cu 53,7
CuCl* 30,3
4IFO 16
CUIVRE SOUS-SULFATÉ.
Cet oxychlorure est d’un vert brillant; il colore en vert et en bleu la flamme d’une bougie ; il se dissout dans l’acide nitrique sans effervescence, et forme une liqueur qui précipite le nitrate d’argent et rougit une lame de fer. Il se réduit au chalumeau en un globule de cuivre, sans dégager d’odeur arsenicale.
L’oxychlorure de cuivre se trouve, au Chili, en masses rayonnées dans leur intérieur, et, au Pérou, en filons assez puissants dans une gangue de quartz. Ce dernier nous parvient sous forme d’une poudre grossière, qu’on a crue naturelle ; il a longtemps porté, par cette raison, le nom de sable vert du Pérou.
Cuivre soua-sulfaté.
Ce sous-sel, provenant de plusieurs localités, présente dans sa constitution quelques différences peu importantes, qui le font cependant distinguer en plusieurs espèces par les minéralogistes. Ainsi l’on donne le nom de brochantite à un sous-sulfate trouvé en petits cristaux droits rhomboïdaux de 104° 10* 6175° 50' à Ekatherinenbourg, en Sibérie, duquel M. Magnus a retiré :
Acide sulfurique Oxyde de cuivre,
Eau .
Oxyde de zinc. .
— de plomb
Formule : Cu‘ S -|- 3Aq.
Un autre sous-sulfate, trouvé à Krisuvig, en couches plus ou moins épaisses, et nommé krisuviyite , contient, d'après M. Forchhammer :
Oxygène.
Acide sulfurique . 18,88 10,04 3
Oxvde cuivrique . 67,73 13,68 4
Eau . 12,81 11,38 3,5
Acide ferrique . •....) „ 0(,
Alumine..: . 1 °’36
Enfin un troisième sous-sulfate, extrait d’un minerai de Yalparaiso, qui le contient mélangé de silicate, de cuivre natif, oxydulé, sulfuré et pyriteux, présente à l’analyse, d’après M. Jacquot :
: Cu*S-f 4Aq.
Acide sulfurique.
Oxyde cuivrique.
Eau .
Cuivre sulfaté.
Ce sel est le sulfate de cuivre neutre ordinaire, ou vitriol bleu, formé de :
Acide sulfurique . . . 32,14 j . ...
Oxyde cuivrique . 3 1 ,80 j — CuS + SAq.
Eau . 36,06)
Il est bleu, transparent, d’une saveur très-slyptique, cristallisant en prismes obliques, à base de parallélogramme obliquangle. Il pèse 2,49 ; il s’effleurit à l’air, et dévient verdâtre et opaque à sa surface. Il perd toute son eau par une chaleur modérée, et laisse d’abord 64 pour 100 de sulfate anhydre blanc, qui, par une température élevée, perd son acide sulfurique et se convertit en oxyde de cuivre. Le soluté du sulfate dans l’eau précipite le nitrate de baryte, rougit une lame de fer et prend une couleur bleue très-foncée par l’ammoniaque. Le cyanure ferroso-potassique y forme un précipité brun-rougeâtre, et l’acide sulfhydrique un précipité brun-noir.
Le sulfate de cuivre ne se trouve qu’en petite quantité à la surface des minerais de cuivre, ou dissous dans les eaux qui cir- ' culent dans ses raines. Dans quelques pays, on l’obtient par l’évaporation de ces eaux ; mais la presque totalité de celui du commerce est préparé artificiellement par l’un ou l’autre des procédés suivants :
Dans les pays abondants en sulfures de cuivre, on grille ces sulfures lentement, afin d'en brûler le soufre et le cuivre, et de les transformer en sulfate de cuivre. Après le grillage, on laisse la mine exposée à l’air pendant un certain temps et on l’arrose quelquefois. Enfin on la lessive, on fait évaporer les liqueurs et on les laisse cristalliser.
En France, où le sulfure de cuivre naturel n’est pas très-abondant, et où le sulfate conserve un prix assez élevé, il y a de l’avantage à faire du sulfure artificiel, en combinant le soufre et le cuivre à l’aide de la chaleur. Ensuite on calcine ce sulfure pour „ le sulfatiser, et on le plonge tout rouge dans l’eau. Le sulfate de cuivre se dissout dans le liquide et en est retiré par la cristallisation.
On peut également chauffer au rouge des plaques de cuivre en séparer l’oxyde sous forme de battitures par l’action du marteau, et dissoudre cet oxyde par l’acide sulfurique.
Enfin j’ai dit précédemment que le cuivre carbonaté de Chessy servait principalement à la fabrication du sulfate de cuivre au moyen de sa dissolution dans l’acide sulfurique.