‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome premier (volume 2)Chapitre 93 sur 194 · EXTRACTION DU CUIVRE · texte numérisé non relu

EXTRACTION DU CUIVRE

Extraction du cuivre. — Les minerais qui sont l’objet d’un traitement métallurgique sont: le cuivre natif, sulfuré, pyriteux, oxydulé, carbonaté, enfin le cuivre gris lorsqu’il est argentifère. Le cuivre pyriteux est le plus commun et le plus habituellement exploité. Les autres, qui s’y trouvent accidentellement mélangés, sont traités avec lui. Il n’y a qu’en Sibérie que le cuivre sulfuré et les deux carbonates sont assez abondants pour former l’objet principal de l’exploitation.

Je ne décrirai que l’extraction du cuivre pyriteux ou sulfure ferroso-cuivreux . C’est une des opérations métallurgiques les plus longues et les plus compliquées.

On commence par griller le minerai, ce qui s’exécute suivant plusieurs procédés, entre autres par le suivant : on dispose le minerai en pyramides tronquées ( fig . 122), sur un lit de bois, de telle manière que les plus gros morceaux soient placés au centre, et les plus petits à la surface ; ceux-ci sont battus, et quelquefois mêlés d’un peu de terre, pour ralentir la combustion et diriger les Fig. 122. - Grillage du minerai en tas. vapeurs vers le haut ; au centre de

la pyramide est un canal vertical dans lequel 011 jette quelques lisons enflammés. Le bois placé au bas prend feu, et le communique peu à peu au sulfure, qui, une fois échauffé, continue de brûler et de se griller par lui-même. Il se forme, pendant ce grillage, qui dure quelquefois plus d’un an, des oxydes et des sulfates de cuivre et de fer, de l’acide sulfureux et du soufre qui se dégagent : une partie de ce dernier est recueillie dans des cavités que l’on pratique à cet effet dans la partie supérieure de la pyramide.

La mine grillée, et composée surtout des oxydes et des sulfates de cuivre et de fer, est traitée, dans un fourneau à manche, avec du charbon de bois ou de la houille épurée : par la fusion, les sulfates de cuivre et de fer reviennent à l’état de sulfures ; les oxydes, et surtout celui du cuivre, se réduisent : il en résulte un métal impur, noir et cassant, nommé matte, composé encore de cuivre, de fer et de soufre.

La matte est concassée et soumise à un assez grand nombre de grillages successifs, qui oxydent de nouveau les métaux, et reforment un peu de leurs sulfates ; ensuite elle est refondue dans un fourneau è manche, mais avec l’addition d'une certaine quantité de quartz, lequel s’oppose à la réduction de l’oxyde de fer, par l’affinité qu’il a pour lui. Les résultats de cette opération sont du cuivre noir , une nouvelle matte et des scories composées

principalement de silice et d’oxyde de fer : on rejette ces scories ; la matte est grillée derechef ; quant au cuivre noir, qui contient environ 0,90 de cuivre pur, on le porte au fourneau d affinage.

Ce fourneau est à réverbère : son sol, qui est concave et recouvert d’une brasque de charbon et d’argile,sert pour la fusion du métal ; sur l’un des côtés se trouvent deux soufflets, de l’autre deux bassins de réception; à une extrémité est le foyer, à l’autre la cheminée. On charge le sol du fourneau de cuivre noir, et on allume le feu : le cuivre fond, et forme à sa surface des scories que l’on enlève avec une espèce de râteau sans dents ; alors on dirige dessus le vent des soufflets, ce qui fait rouler le métal sur lui-même, et lui fait présenter successivement toutes ses parties au contact de l’air. A l’aide de ce mouvement, le fer et le soufre, qui sont beaucoup plus combustibles, se brûlent d’abord, et le cuivre s’affine. Au bout de deux heures, ou lorsqu’on s’aperçoit de la pureté du métal à sa couleur et à l’absence des scories, on met le bassin de fusion en communication avec ceux de réception : le cuivre y coule ei s’y refroidit ; on hâte son refroidissement, surtout à la surface, en y jetant un peu d’eau avec un balai, et on enlève avec un ringard la croûte solide à mesure qu’elle se forme. Le cuivre, ainsi obtenu, se nomme cuivre de rosette.

Outre le cuivre que l’on extrait de ses sulfures, on en retire aussi une assez grande quantité dé diverses variétés de cuivre gris.

J’ai rapporté, en parlant de l’argent (p. 163), la manière dont cette mine était grillée et réduite, et celle dont le métal, d’abord allié au plomb et mis sous la forme (le pains de liquation, était ensuite privé de ce plomb et de l’argent par une fusion ménagée, le cuivre ne se fondant pas au même degré de chaleur et conservant la forme des pains. Ce cuivre, qui est très-poreux, retient toujours une certaine quantité de plomb dont il faut le priver ; on y parvient en le tenant fondu pendant quelque temps dans un fourneau à réverbère, à peu près de la même manière que pour l’affinage dont il vient d’être parlé ; car le plomb se convertit en litharge, et le cuivre s’approche de plus en plus de l’état de pureté. Cependant il paraît que ce métal, ainsi obtenu, ne se travaille pas aussi bien que le cuivre neuf ; d’un autre côté, il résiste mieux, dit-on, à l’action de l’air et de l’eau, et est avantageux pour le doublage des vaisseaux.

Propriétés. — Le cuivre pur est solide, très-éclalant et d’un rouge rosé ; ü a une saveur très- marquée et acquiert Une odeur désagréable par le frottement. C’est le plus élastique et le plus sonore de tous les métaux; c’est aussi l’un des plus ductiles

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