‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 126 sur 139 · CRUCIFÈRES. — CRESSON DE FONTAINE · texte numérisé non relu

CRUCIFÈRES. — CRESSON DE FONTAINE

Cresson de fontaine.

ISaHurtium officinale^ Br., DG.; Sisymbrium Nasturtium, L. {fig, 786). Tribu des Arabidées ou des Pleurorhizées siliqueuses (0 = ).

Car. gén. : silique presque cylindrique, raccourcie, un peu recourbée. Stigmate sous- lobé; calice égal par la base, très-ouvert; semences petites, irrégulièrement bisériées, pourvues d’une

marge. — Cm'.sjoéc. .-feuilles pinnatisectées; segments ovéssouscordés, à surface irrégulièrement ondulée.

Le cresson croit dans les lieux humides, au bord des fontaines, ou même au fond de leur lit; on le cultive aussi à Senlis et dans les environs de Rouen, dans les jardins à demi inondés, nommés cressonmèt'es. 11 pousse des tiges hautes de 6 pouces à 1 pied, rameuses, creuses, vertes ou rougeâtres. Ses feuilles sont ailées avec impaire, et sont composées de folioles obrondes, ovales ou elliptiques, d’un vert foncé, lisses et succulentes; la foliole terminale est plus grande que les autres. Les fleurs sont petites, blanchesetdisposées en une sorte de corymbe très-court. Les siliqucs sont courtes, horizontales, un peu courbées, à peine aussi longues que le pédoncule.

Cette plante contient beaucoup d’eau de végétation, est un peu odorante et d’une saveur piquante non désagréable; elle est excitante, diurétique et antiscorbutique. On la mange en salade.

M. Ghatin (d), professeur de botanique à l’École de pharmacie,

(1) Ghatin, Le cresson, sa cullure et ses applications médicales el alimentaires, Paris, 1860.

68i DICOTYLÉDONES TtlALAMlFLORES.

a fait l’observation que le cresson et toutes les plantes d’eau douce renfermaient de l’iode, le plus souvent en quantité minime, quelquefois en dose très-apparente. Il a vu, de plus, que celles de ces plantes qui vivent dans les eaux courantes contiennent plus d’iode que celles placées dans les eaux stagnantes; d’où il suit que le cresson qui croit naturellement dans les eaux de source en contiendrait plus que celui qui est cultivé dans les marais artificiels.

Autres plantes qui portent le nom de cresson :

Cresson sauTaf^^e, Nasturtium sylvestre, Br., DC. ; Eruca sylvestris, Puchs., 263. Feuilles pinnatisectées, à segments lancéolés, dentés ou incisés; pétales jaunes plus longs que le calice. Cette plante croît sur Je Wd des rivières et dans les ruisseaux; on la substitue quelquefois à la première.

Cresson dos prés, Cardamine pratensis, L. ; Cardamine altéra simplici et pleno flore (1). Car. gén. : siliqnes linéaires, valves planes s’ouvrant avec élasticité; semences ovées, non marginées; funicules ténus. — Car. spéc. : feuilles pinnatisectées; segments des feuilles radicales arrondis, ceux de la tige linéaires ou lancéolés, entiers; style très-court, à peine plus mince que la silique; stigmate en tête. Cette plante croît dans les prés humides de toute l’Europe.

Cresson alénols, cresson desjardins, nasltort, Lepidium sativum (2), L. Tribu des Lépidinées ou des Notorhizéesà cloisons trèsétroites. Car. gén. : silicule ovée ou sous-eordée, à valves carénées ou plus rarement ventrues, déhiscentes, à loges monospermes; grappes terminales, fleurs blanches. — Car. spéc. : silicules orhiculaires ailées. Feuilles diversement divisées ou incisées; rameaux non spinescents. Fleurs très-petites. Plante originaire du Levant, maintenant cultivée dans tous les jardins. Elle est âcre, antiscorbutique et sternutatoire; on la mange en salade dans sa jeunesse.

CresBon de Para, Spilanthes oleracea, L. Plante bien différente des précédentes, appartenant à la famille des Synanthérées (Voy. précédemment).

Cochléaria officinal {fig. 787).

Oerbe aux cuillers, Cochlearia officilani's, L. Tribu des Alyssinées siliculeuses ou à cloison élargie. Car. gén. : silicule sessile ou courlementstipitée, globuleuse ou oblongue, à valves ventrues; plusieurs semences non marginées; calice ouvert, égal à la base;

(1) Glus., Il, p. 128, fiij. 2 et 129, fij. 1).

(2) Blackwell, Herb., t. 23.

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