‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 128 sur 139 · DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES · texte numérisé non relu

DICOTYLÉDONES THALAMIFLORES

sous-cordifomes pa"- le bas, crénelées sur le bord; celles de la tige sont également très-grandes d’abord, longuement pétiolées, lancéolées-aigu6s, dentées en scie, assez semblables à celles de certaines patiences, mais reconnaissables à leur âcreté. Les feuilles supérieures sont petites, presque sessiles, lancéolées incisées. La tige est haute de 70 centimètres, droite, ferme, cannelée, ramifiée supérieurement. Les fleurs sont blanches, nombreuses, disposées en panicules à l’extrémité de la tige et des

Fig. 788.— Raifort sauvage.

rameaux; le style est court et filiforme, terminé par un stigmate en tête et presque discoïde. La silicule est elliptique.

La racine de raifort sauvage est un des plus puissants excitants et antiscorbutiques que nous ayons. Jointe au cochléaria, elle forme la base de l’alcoolat de cochléaria; réunie au cochléaria, au cresson et à d’autres substances toniques ou excitantes, elle concourt puissamment aussi aux propriétés du sirop et du vin antiscorbutique. Elle est complètement inodore lorsqu’elle est entière, et présente peu ' d’odeur lorsqu’on l’ouvre longitudinalement ou lorsqu’on la coupe immergée dans de l’alcool rectifié. Mais par la section transversale ou par la contusion opérées à l’air, elle développe un principe volatil ayant tous les caractères de l’essence de moutarde, d’une telle âcreté que les yeux ne peuvent le supporter. Celle circonstance indique que ce prin-

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Cipe âcre, volatil, n’esl pas tout formé dans la racine et qu’il ne prend naissance que lorsque, par la rupture des vaisseaux et par l’intermédiaire de l’eau, des principes différents, isolés dans des vaisseaux particuliers, viennent à se mêler et à réagir les uns sur les autres. Einhoff a fait anciennement l’analyse de la racine de raifort et en a retiré Vhuüe volatile produite par la réaction précédente, de Valbumine, de Vamidon, de la gomme, du sucre, une résine amère, de \’ acétate et du sulfate de chaux, du ligneux. L’huile volatile est liquide, épaisse, d’un jaune clair, plus pesante que l’eau, d’une odeur insupportable et qui provoque la sécrétion des larmes. Cette huile est âcre, caustique, un peu soluble dans l’eau, à laquelle elle communique la propriété de rubéfier la peau; elle est soluble dans l’alcool; ses dissolutions sont neutres et précipitent en noir les sels de plomb et d’argent; elle contient du soufre au nombre de ses éléments. C’est à la présence de ce corps que le raifort doit la propriété de noircir les vaisseaux de métal dans lesquels on le distille, et Baumé a vu des cristaux de soufre se former dans un esprit de cocbléaria trèschargé, qu’il avait préparé à ce dessein.

•lêroHe li;g^romi‘<rique.

Hogc «le «léricho, Anastatica hierochuntica, L. Petite plante fort curieuse, haute de 8 à i I ccnlimèlres, croissant dans les lieux sablonneux et maritimes de la Syrie, de l’Arabie et de la Barbarie. Elle pousse, d'une racine pivotante et ramifiée, une tige divisée dès sa base en plusieurs rameaux ouverts, subdivisés eux-mémes en rameaux plus petits, garnis de feuilles alternes, spathulées, légèrement dentées, parsemées de poils blancs fasciculés, de môme que les rameaux. Les fleurs sont blanches, petites, placées sur des épis sessiles, axillaires, courts et velus. Le fruit est une silicule arrondie, surmontée du style persistant, recourbé en forme de crochet. 11 s’ouvre en deux valves munies chacune d’un appendice dorsal arrondi, et pourvues à l’intérieur d’un diaphragme incomplet qui n’atteint pas sa cloison. Les semences sont au nombre de deux dans chaque loge, séparées par le diaphragme, sousorbiculaires, un peu aplaties.

Lorsque cette plante a terminé sa végétation annuelle, et que ses fruits ont mûri, toutes ses feuilles tombent ; ses rameaux alors se dessèchent, se rapprochent, s’entrelacent, se courbent en dedans et se contractent en un peloton arrondi, moins gros que le poing, que les vents de l’automne arrachent de terre et portent sur les rivages de la mer. On la recueille en cet état et on l’apporte en Europe, comme un objet de curiosité, sous le nom très-impropre de rose de Jéricho. Placée dans un air humide, ses rameaux s’ouvrent et s’étendent; elle se resserre de nouveau et se remet en boule, à me- ■sure qu elle se dessèche. Des charlatans profitaient autrefois de cette

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propriété pour prédire aux femmes enceintes un heureux accouchement, si, mettant celte rose tremper dans l’eau, pendant leurs douleurs, elles la voyaient s’épanouir: c’est ce qui avait presque toujours lieu.

Éryilmum ou Vélar.

Nommé aussi lortcllc et herbe aux chantres, Sùymbrium officinale, DG. ; Erysimum officinale, L. {fig. 780). Tribu des Sisymbriées ou des Nolorhizées siliqueuses (O || ).

Caractères du genre Sisymbriuni : calice à 4 sépales lâches, égaux par la base; corolle à 4 pétales onguiculés, indivis; étamines privées de dents; stigmate simple ; silique bivalve, cylindrique, hexagone, à valves convexes, à 3 nervures ; semences nombreuses, pendantes, unisériées, non marginées, lisses, à funicules fdiformes. — Car.

spécifiques : feuilles roncinées , velues; tige velue; siliques subulées, terminées en style très-court, appliquées contre la tige.

L’érysimiim croît dans les lieux incultes, contre les murs et sur le bord des champs, dans toute l’Europe. Il est annuel et s’élève à la hauteur de 60 à 100 centimètres. Ses tiges sont cylindriques, dures, rameuses, étalées. Ses fleurs sont jaunes et très-petites; ses siliques grêles et anguleuses, amincies en pointe de la base au sommet, et s’ouvrant en deux valves.

L’érysimum n’est ni âcre ni piquant, comme un grand nombre d’autres plantes crucifères; ses feuilles sont seulement acerbes et astringentes. On les emploie en infusion théiforme dans le catarrhe pulmonaire, et elles forment la base du sirop d’érysimum composé.

On emploie encore quelquefois en médecine deux autres plantes que Linné avait comprises dans le genre Erysimum, mais qui s'en trouvent aujourd’hui séparées. L’une est l’alliaire [Erysimum AUiaria, L. ; Alliaria officinalis, DG.; Sùymbrium Alliaria, Endl.). Cette plante est vivace, croit le long des haies et s’élève à la hauteur de 50 à 60 centimètres. Sa racine est longue, blanche et menue, pourvue d’une odeur d’ail, ainsi que les feuilles. Les feuilles sont condiformes. Les fleurs sont blanches, petites, ler-

ft

Fig. 789. — Vélar.

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minales, pourvues d’un calice lâche. Les siliques sont grêles, prismatiques, plusieurs fois plus longues que le pédoncule et longues de 30 à 80 millimètres; les semences sont sous-cylindriques. Toute la plante est diurétique et antiscorbutique.

L’autre plante porte le nom de barbarée ou d’herbe de Sainte- Barbe {Erysimum Barbarea. L. ; Barbarea vulgaris, 11. Brown) ; elle appartient à la tribu des Arabidées ou des Pleurorhizées siliqueuses. Elle croit en France, dans les prairies humides et sur le bord des ruisseaux. Sa racine est fusiforme, ligneuse, vivace. Sa tige est striée, glabre, rameuse à la partie supérieure, garnie de feuilles glabres, dont les inférieures sont péliolées et lyrées, et les supérieures sessiles et irrégulièrement dentées. Les fleurs sont d’un jaune d’or, disposées en grappes serrées à l'extrémité de la tige et des rameaux. Les siliques sont courtes, redressées, terminées par le style persistant sous la forme d’une longue corne, marquées de quatre angles peu saillants et presque cylindriques.

Camellne cultivée.

Cainelina saliva, Grantz. Cette plante croît dans les champs et est cultivée dans le nord de la France pour retirer de ses semences, par expression, une huile propre à l’éclairage. Elle est annuelle, et pousse une tige ramifiée, haute de 30 centimètres, garnie de feuilles amplexicaules, auriculées par le bas, molles, un peu velues, à dentelure espacée. Les fleurs sont jaunes, disposées en grappes terminales paniculées. Ses siliques sont très-courtes, biloculaires, polyspermes, renflées supérieurement en forme de coin ou de poire, à 4 côtes, et terminées par le style persistant. Les semences sont très-petites et rougeâtres.

Thlaspi officinal.

Lepidium campestre, Br. Le nom de ihlaspi, comme tous les anciens noms grecs ou latins de plantes imparfaitement décrites, a été appliqué à un très-grand nombre de crucifères que l’on trouve aujourd’hui dispersées dans les difl’érentes tribus de cette vaste famille; mais il a été principalement donné au plus grand nombre de celles qui forment les genres Thlaspi, Hutchinsia, lùeris Biscutella de la tribu des Tlaspidées ou Pleurorhizées à cloison rétrécie, et les genres Capsella et Lepidium de la tribu des Lépidinées ou Notorhizées à cloison étroite. Il était cependant intéressant de connaître à laquelle de ces plantes il faut rapporter la semence de thlaapi qui doit faire partie de la thériaque, semence que j’ai trouvée plusieurs fois chez les droguistes, où elle

Güiiiob»t, Drogue», 7» édit. T-

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se trouve probablement encore. Cette semence, d’abord, ne peut pas appartenir au thlaopi de* cham-p» {Thlaspi arvense, L.) dont la graine, bien représentée par Gærtner (tab. cxli), est orbiculaire un peu aplatie, brune, luisante, marquée, sur toute sa surface, d'une rayure fine et régulière, parallèle à son contour. Mais elle appartient au Lepidium campestre, Br. {Tblaspi campestre, L.), qui est indiqué par les meilleurs auteurs comme la plante dont les semences doivent entrer dans la thériaque ; Thlaspi verum eujus semine in theriacâ utimur, dit Cameriarus (1). La racine de cette plante est annuelle, pivotante, peu divisée. Sa tige est droite pubescente, rameuse dans sa partie supérieure, haute de 22 à 27 centimètres. Ses feuilles radicales sont ovales ou en lyre, pétiolées, glabres ou presque glabres ; celles de la tige sont lancéolées, pubescentes, plus ou moins dentées, sessiles et prolongées à la base en fer de flèche. Ses fleurs sont blanches, petites, d’abord resserrées en corymbe, ensuite allongées en grappes. Les silicules sont ovales, entourées d’un rebord distinct, tronquées au sommet, planes d’un côté, convexes de l’autre, contenant dans chacune des deux loges une seule semence ovoïde, noirâtre, suspendue à la cloison par un funicule, et un peu terminée en pointe à l’extrémité supérieure. Examinée à la loupe, cette semence parait toute couverte de petites aspérités rangées par lignes parallèles très-serrées, et elle offre comme un commencement de séparation à la partie supérieure, de sorte qu’elle présente d’une manière moins marquée, il est vrai, et sauf sa forme ovoïde, les mêmes caractères que celle du Thlaspi arvense. Elle possède une saveur âcre et piquante, analogue à celle de la moutarde. On l’apporte de la Provence et du Languedoc.

Pastel des teinturiers.

Ciu<'‘de OU vouède. Isatis tinctoria, L. {fig. 790). Tribu des Isatidées ou Notorhizées nucamentacées (O || ).

(1) Le Thlaspi arvense, L. et le Lepidium campestre, Br. ont été souvent confondus par les botanistes, et Decandolle lui-même, dans son Systema naturale, a commis à leur sujet quelques erreurs de synonymie. On est tout d'abord étonné qu’il est indiqué également, comme synonyme des deux plantes, le Thlaspi latifolium de Fuchsius et le Thlaspi secuudum de Matthiole. Voici quelques-uns des synonymes les plus certains :

Thlaspi arvense, L.; Thlaspi or Treacle muslard de Blackwell (pi. 68'; Thlaspi drnbcepdio de Lobel (obs. 108, flg. 1,; Thlaspi cum siliquis lalis, J.-B. {Hist. U p. 923); Thlaspi II de Matthiole (lib. II, cap. cl). ’

Lepidium camprestre, Br.; Thlaspi campestre, L.; Thlaspi vulgare or Idithridate muslard, Blackw. (t. 402); Thlaspi vulgalissimum vaccariœ folio Lobel (obs. 108, fig. 2); Thlaspi vulgatius, J.-B. {Hist. H, p. 921); Thlaspi de Lemeru et Thlaspi I des différentes éditions de Matthiole. s

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