C. micranllia
Total..
et un nombre de C. Pahudiana, ne pouvant plus être donné même approximativement. En 1871, le nombre des pieds de Cinchona atteignait 1,261, 804.
En Angleterre, le docteur Koyle avait depuis 1839 émis l’idée de pareilles introductions dans les montagnes des Indes, et avec une persévérance louable il revint à la charge en 1832 en même temps que le docteur Palconer ; il obtint enfin que les consuls anglais de l’Amérique itiéridionale fussent chargés de recueillir des graines de Cinchona destinées à la culture. Quelques plantes de l’Équateur furent seules expédiées par cette voie, et elles étaient mortes à leur arrivée en Angleterre.
Après un pareil insuccès, il fallait prendre des mesures plus sérieuses. M. Markham offrait, en 1839, de recueillir lui-même des graines et des jeunes plants en vue de leur introduction dans
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l’Inde. Personne n’élait mieux qualilié que lui pour une pareille entreprise : il connaissait les forêts du Pérou et les frontières de la Bolivie; il parlait la langue des indigènes; il était enfin en rapport avec la plupart des autorités de ces régions. Le gouvernement anglais accepta ses services, et il partit immédiatement d’Angleterre pour sa mission. Au mois de mars 1860, il quittait Areqiiipa, accompagné seulement d’un jardinier et d’un homme de peine, et après un voyage des plus difficiles à travers les deux Cordillères, il arrivait le 20 avril à Sandia.
Celle région devait lui être favorable ; elle lui offrit dans un magnifique site de beaux pieds de Calisaya tout jeunes, de telle sorte que, vingt jours après, il avait une provision d’arbres suffisante, et pouvait reprendre le chemin de la côte. 11 emportait avec lui, soigneusement empaquetés, 529 jeunes arbres, sur lesquels près de 300 Calisayas. A la fin de mai, toutes ces plantes étaient placées dans des boîtes à la Ward et expédiées en Angleterre. Par malheur elles furent compromises par un trop long trajet, et arrivèrent mourantes à Bombay.
Le plan qu’avait proposé M. Maikham au gouvernement anglais ne se bornait pas à l’e.xploilalion des provinces péruviennes voisines de la Bolivie ; quatre explorateurs devaient en môme temps visiter les principaux districts de la région cinchonifère. Tandis que lui-même allait à la recherche des C. Calisaya et micranlha, un second voyageur devait parcourir les forêts de Huanuco et de Huamalies, pour se procurer les C. niiida et glandulifera ; le troisième, prenant pour but le Ghimborazo, rechercherait les quinquinas rouges elles variétés du C. Condaminea ; enfin, un dernier parcourrait la Nouvelle-Grenade pour en rapporter les espèces intéressantes.
M. Pritchell fut chargé de l’exploration de Huanuco. 11 y arriva en mai 1860, et, parcourant tout le district, il se procura de jeunes plants de C. niiida, C. purpurea, C. avala, C. micrunlha var. L’envoi de ces plantes dans les Indes par la roule de l’Angleterre ne réussit pas mieux que celui de M. Markham ; mais les graines qui furent remises au Jardin d’Oolakamund levèrent parfaitement au printemps suivant. En 1861, elles avaient donné 890 pieds de C. nitida, 91)5 de C. micrantha, 40 de C. peruviana, et 298 Cin chona indéterminés.
Pendant ce temps, le savant voyageur Spruce, chargé d’explorer les régions voisines du Ghimborazo, recherchait principalement l’espèce qui produit le quinquina rouge {C. swxirubra). Il arriva au commencement de 1860 dans le district de Huaranda, et -put mettre la main sur cette plante précieuse. Plus de 10,000 graines et 637 jeunes arbres furent envoyés dans les
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Indes, sous la surveillance de M. Cross; 463 arrivèrent en bon état à leur destination.
Pendant l’année 1861, M. Cross, de retour en Amérique, s’occupa de rechercher les diverses variétés du C. Condaminea, et il s’acquitta de cette lâche avec un zèle et une intelligence remarquables. L’année suivante, on le chargeait de parcourir la Nouvelle-Grenade.
Enfin, le gouvernement hollandais voulut bien offrir à l’Angleterre un certain nombre de plants de Calisaya venus à Java. M. Anderson, directeur du Jardin de Calcutta, fut chargé d’aller recevoir ce don : il revint de la colonie hollandai>e en novembre 1861, avec 412 pieds de C. Calisaya, de C. Pahudiana el de C. lanctfolia, et environ 40,000 graines.
Différentes localités des colonies anglaises reçurent ces graines et ces jeunes plantes. Ce furent d’abord les montagnes de Neilgherries, sur la côte de Malabar. Les graines arrivaient au jardin d’Ootakamund, placé dans le voisinage; elles y germaient, et donnaient de jeunes plantes qui, après quelque temps, étaient transportées en pleine terre. En 1863,35,000 pieds avaient pris possession de la montagne et s’y maintenaient à l’air libre. — Plus tard, des envois furent dirigés sur le Bengale, et une nouvelle localité de quinquinas fut établie à Darjeeling, dans le Sikhim britannique, au pied de l’Hymalaya; en 1862, elle comptait 086 plantes de pleine terre. Enfin, Geylan eut aussi son contingent de richesses : en 1862, 230 arbres étaient établis dans ses forêts, au voisinage des jardins de Hakgalle et Peradania. On voit que le succès a couronné la persévérance du gouvernement anglais. Les quinquinas semblent prospérer dans leur nouvelle patrie, et l’on ne néglige aucun des nombreux moyens de multiplication qu’ils présentent; les marcottes, les boutures réussissent parfaitement chez ces arbres, et de nombreuses graines en germination assurent l’avenir de celle belle entreprise.
A la ün de 1866, il n’y avait pas moins de 1,500,000 plants de cinchonas sur les collines de Neilgherries; et l’on pouvait évaluer à 2,500,'ü00 le nombre de pieds des diverses plantations des Indes Anglaises. En outre, de jeunes plants avaient été distribués à des particuliers, qui se livrent à leur culture : on évaluait alors à 300,000 le nombre qui était sorti des pépinières du gouvernement.
D’autres résultats d’un autre ordre ont été obtenus. En transportant les Cinchonas de leur région naturelle dans des contrées toutes nouvelles pour eux, on pouvait craindre qu’ils ne subissent un appauvrissement dans leurs principes actifs. L’expérience a démontré qu’il n’en est rien et que les nouveaux plants renfer-
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ment au moins autant d’alcaloïdes que les mêmes espèces dans leur patrie primitive. En outre, des procédés particuliers ont permis d’augmenter considérablement les proportions de ces alcaloïdes. L’habile directeur des plantations de Neilgherries, Mac- Yvor a eu l’idée de recouvrir de mousse les troncs des Cinchonas cultivés, et, par cette simple opération, il a obtenu des résultats auxquels on était loin de s’attendre. Les espèces déjà riches en alcaloïdes ont presque doublé de valeur :* c’est ainsi que M. Bronglhon a pu constater dans une écorce de C. officinalis Bomplandiana, renouvelée sous la mousse, une quantité totale d’alcaloïdes de 6,8 pour 101), tandis que la même écorce non couverte de mousse ne donnait que 3, 7 p. 100. De môme une écorce de C. succirubra, âgée de quatre ans, qui développée à l’air, libre, donnait déjà la proportion très-considérable de 6, 9o pour 100, est arrivée à produire, après avoir été placée pendant six mois sous une couche de mousse, près de 01 pour 100. Quant aux espèces pauvres, comme le C. Pahudiana, eWes se sont sensiblement améliorées et M. Howard a pu retirer de celte écorce, regardée comme sans valeur dans les conditions ordinaires, 2,21 p. 100 d’alcaloïdes, dus presque uniquement à l’influence du moussage. Aussi cette méthode est-élle maintenant généralement appliquée, dans toutes les plantations des Indes anglaises, et va-t-elle être étendue à celle de Java.
L’écorce de la lige n’est pas la seule à contenir des principes actifs ; celle de la racine est même en général [ilus riche : M. de Vrij, qui a rendu tant de services en analysant les produits des plantations hollandaises, a présenté récemment à la Société de Pharmacie de Paris (1) des échantillons d’écorce de jeunes racines qui lui ont donné, ainsi qu’àM. Howard, l’énorme proportion deI2p. 100 d’alcaloïdes, et il a émis l’idée qu’il y aurait peutêtre avantage, surtout pour l’industrie particulière, à cultiver les cinchonas à la façon de la garance, c’est-à-dire à les laisser pousser deux ou trois ans seulement, et à retirer alors de leurs racines les quantités d’alcaloïdes qu’elles contiennent.
La Jamaïque, la Trinité, l'île de la Réunion, etc., possèdent également quelques plantations de quinquinas,
L’Algérie nous offrira-t-elle un jour les mêmes avantages ? Jusqu’ici, les quelques tentatives qu’on a faites n’ont abouti à aucun résultat satisfaisant; mais il ne faut peut-être pas désespérer de rencontrer dans la chaîne de l’Atlas quelques localités favorables au développement des Cinchonas.
(1) Séance du t novembre ISCS.
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