XXVII. Cincliona heterophvlla, Pav
(Pav., A’iieia QuinoL, in IIow., loc. cit.)
C. à feuilles ovales, ovales-cordées ou obovales; capsules ovales.
Habite las Azogués, province de Cuença.
üuiNQUiNA iiiTEnopiiYLi.A. — I.’écorce de celle espèce, appelée Quina ucgra ou negrüla, arrive assez souvent mêlée au Calisaya roulé; c’est, d’après M. Howard, l’écorce figurée par Gobel et Kiinze dans la plancbo V de leur Waarmkunde, et attribuée par eux au C. scrobicidata. Elle est remarquable par sa couleur gris-noir, sur laquelle tranchent de beaux lichens blancs foliacés. La couleur de la surface extérieure est d’un brun foncé. L’écorce contient une forte proportion d’acide cin- (diolanniqiie et d’acide quinovique et f,.48p. 100 d’alcaloïdes: quinidiiie et cinchonine.
(I) Cascarilla delgada (Laub., Bidl. pliarm., I|, pag. 396), Vulgo Coscurilla fina delgada des Péruviens. — An Wiry loxa barlc (Peroira, Mat. niéd., 1C4(1?).
(-3) Laiib., Bull, ph., loc. cil.
UUBIACÉES. — CASCARILLA MAGNIFOLIA.
XXI'III. Cinchoiia siilicrosa.
(l*av., QuinoL, in Ilow., loc. cit.)
Arbre à feuilles oblongues, acuminées, pubescentes, à la face inférieure; écorce subéreuse; fleurs paniculées.
Habile la province de Loxa.
Quinquina subeiiosa. — - Cette écorce se trouve parfois mêlée aux quinquinas gris ou même au Calisaya de Carabaya. Reichel, qui l’a parfaitement décrite {flde Hoxvard), la distingue du pseudo-Loxa de liergen : t® à sa moindre densité ; 2» à sa couleur passant au gris-brun; 3“ au petit nombre de ses fentes transversales, si faiblement imprimées qu’elles échappent à un premier coup d’œil ; 4° à son goût moins amer.
Sun action paraît aussi puissante que celle du pseudo-Loxa.
* Faux <]uin<iuiiiu8.
Nous venons de passer en revue toutes [les espèces du genre Cmchona qui sont connues pour fournir des écorces officinales. Nous pourrions traiter maintenant avec les mêmes détails des faux quinquinas fournis par desgenres voisins et qui ont à diverses époques paru dans le commerce mêlés aux quinquinas vrais ou donnés comme tels : mais nous ne croyons pas devoir y insister. Ces écorces sont actuellement assez dépréciées pour ne tromper personne, et l’analyse chimique est là pour faire justice de celles qui se glisseraient dans les pharmacies: nous nous contenterons de décrire très-brièvement les principales, celles qui ont joué un rôle de quelque' importance en matière médicale.]
Cuscurilla mngnifoliu (/îy. 623).
AVeddell, Hist. nat. Çiiinquinus.
p. 79 {Cinchona maym folia, Ituiz et Pavon; Cinchona oblomjifolia, Mulis; — Quinquina rcmgo de Mutis.)
Celte espèce fournil le quinquina rouye de Mutis, qu’on a longtemps confondu avec le quinquina rouge vrai (voir pag. 172), et que nous décrirons sous le nom de quinquina KovA(^y. C3). Arbre élevé de 43 mètres, dont la tête est large et très-loulVue, les feuilles sont péliolées
li'O DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
amples, ovales-oblongues, trùs-enliùrcs, d’tine couleur pAle, brillantes en dessus, veineuses en dessous; veines infléchies vers le sommet et portant à la base de nombreux poils fasciculés, blancs. Les plus grandes feuilles sont longues de 30 à 40 centimètres; les pétioles sont demicylindriques, pourpres, longs de 3 àü centimètres. Le calice est pourpre, petit, à cinq dents; la corolle est presque longue de 27 millimètres, blanclie, à limbe ouvert, un peu velu en dedans; la capsule est oblongue, presque longue de 4 centimètres, faiblement striée, couronnée par le calice.
Quinoltna nova. — Écorce longue de 3a centimètres, plus ou moins, roulée lorsqu’elle est petite, ouverte ou presque plate lorsqu’elle est plus grosse, ayant en général une forme parfaitement cylindrique, ce qui lui a fait donner le nom de quinquina chandelle. L’épiderme est mince, blanchâtre à l’extérieur, uni, offrant à peine quelques cryptogames, dont un entre autres est sous forme de plaques jaunes, cireuses, mamelonnées. Il n’offre pas d’autres solutions de continuité que quelques déchirures ou fentes transversales répondant à celles de la couche extérieure de l’écorce; et celles-ci ne paraissent être qu’un effet de la dessiccation, tandis que les impressions circulaires observées sur d’autres quinquinas, sur le Calisaya principalement, tiennent à l’organisation môme de l’écorce. Quelquefois l’épiderme manque. L’écorce proprement dite est épaisse de 2 à 7 mi llli mètres, d’un rouge pâte incarnat, devenant plus foncé à l’air, surtout à la I surface externe qui, lorsqu’elle est dénudée, est toujours d’un rouge brunâtre. La cassure est feuilletée à l’extérieur, courtement fibreuse â l'intérieur; lorsqu’on l’examine à la loupe, on découvre entre les fibres, et surtout entre les feuillets, une très-grande abondance de deux matières grenues, l’une rouge et l’autre blanche, ce qui donne à la masse sa couleur rosée. Quelques morceaux offrent dans leur cassure, plus près du bord externe que de l’interne, une exsudation jaune et transparente, ressemblant â une gomme. L’écorce a une saveur fade, astringente, analogue à celle du tan et du quinquina gris. La poudre est d'un rouge assez prononcé.
Pelletier et M. Caventou n’ont trouvé dans ce quinquina ni quinine ni cinchonine, et ils en ont retiré neuf principes, savoir : une matière grasse ; un acide particulier, analogue aux acides gras et nommé acide kinovique; une matière résino'ide cQU'mune matière tannante; une gomme; de l’amidon; une matière jaune: une substance alcalescente en très-petite quantité- du ligneux (1).
(I) Lt/ r. t. VU, p;.g. 1;«J.
RUniACÉES. — CASCARILLA MAGNIFOLIA. ISl
Quinquina noya colorada. — J’appelle ainsi une écorce qui a parti dans le commerce, en 182o, sous le nom de Quina colorada et qui, loin d’être analogue aux bonnes espèces de quinquina qui ont été nommées de même, se rapproche des Quinquinas nova, malgré son aspect extérieur qui parait l’en éloigner.
Écorces roulées, grosses comme le pouce ou davantage, pourvues d’une croûte très-rugueuse, d’un rouge brun à l’intérieur, mais généralement couvei'te d’un enduit blanc argenté, et offrant en outre, souvent, un crj’ptogame foliacé, découpé, d’un beau rouge de carmin sur ses bords et sur toute sa face inferieure {Hy~ pocnus rubro-cinctus, Fée). Dans les plus jeunes écorces, la croûte est seulement striée longitudinalement, presque sans fissures transversales, et ressemble beaucoup à la croûte du jeune quinquina rouge non verruqueux (espèce xi. A). Dans les écorces plus Agées, la croûte est plus épaisse et marquée de profondes crevasses tant longitudinales que transversales. Le liber est d’une couleur lie de vin, assez mince dans les jeunes écorces, épais de O à 7 millimètres dans les grosses ; il est compacte, médiocrement fibreux, et présente souvent, vers sa partie interne, une exsudation jaune et transparente.
Cette écorce possède une saveur très-astringente, plus ou moins amère, et une odeur faible, analogue à celle des quinquinas gris M. Ossian Henry a constaté qu’elle contenait une petite quantité de cinchonine.
Je suis certain que le quinquina que je viens de décrire arrivait du Pérou. Il m’a cependant été présenté depuis sous le nom de quinquina du Brésil et comme venant de lUo-Janeiro, et on l’aliribuaiten conséquence au Buenaltexandru, Pohl.(l). Mais ce quinquina, quoique contenant un certain nombre d’écorces courtes, mondées à l’extérieur, très-épaisses et souvent courbées en arc (2), ce qui lui donnait un aspect différent du premier, lui ressemble Irop par ses écorces non mondées, pour que ce ne soit pas la môme espèce. J’ai d’ailleurs cherché plusieurs fois A faire venir directement de Rio-Janeiro ce quinquina, qui aurait dû en être originaire, et je n’ai pu y parvenir. On ne le connaît pas dans les pharmacies de Rio-Janeiro. Mais ce qui est fort singulier, c’est que M. Félix Cad’et-Gassicourt m’a remis, pour le drogiiier de 1 École de pharmacie, un échantillon de nova colorada envoyé, en 1834, de Haïti, par M. Germain Cadet, juge de paix de la commune de Yerrelte, qui proposait d’en faire des envois commer-
(0 Voir De Candolle, Prodr , t. IV, p. ÜSG.
(2) Cette écorce est quelquefois épaisse d un centimètre et tellement compacte, que sa coupe transversale, opérée à l'aide de la scie, présente la dureté et le poli du bois d'acajou.
182 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
ciaiix, ce quinquina étant alors cultivé en assez grande quantité à Haïti, ainsi que la rhubarbe et deux autres espèces de Cinchona désignées sous les noms de rubra et de spînosa. Quant au nova colorada, il est nommé dans la lettre d'ehvoi quinquina brun ou Cinchona cordi folia, ce qui est une erreur, sans aucun doute. Je présume que l’espèce y avait été transportée de la Colombie.
Conilaminra tinctorla, D G.
Écorce de pabaguatan, nommée socchi au Pérou, Tafalla. L'écorce, telle qu’elle se trouve dans le commerce, est en morceaux courts, épais de 3 à 13 millimètres, souvent courbés en dehors par la dessiccation. Elle est raclée à l’extérieur, ou pourvue d’une croûte blanchâtre ou jaunâtre et fongueuse, semblable à celle du gros Quinquina nova. Elle a une texture grenue du côté externe, un peu fd)reuse du côté interne ; mais cette partie interne est gorgée d'un suc rouge desséché qui lui donne une grande compacité et de la dureté. Cette écorce du commerce, étant plus on moins altérée à sa surface par la lumière ou l’humidité, ne présente qu’une teinte générale d’un rouge rosé terne ; mais elle possède à l’intérieur une belle couleur de laque rouge qui est très-foncée, surtout du côté interne, où elle est gorgée de suc rouge. Tafalla dit qu'en raclant la surface interne des écorces fraîches, on en tire un suc qui, épaissi au soleil, peut remplacer la laque (1). Cette écorce est propre à la' teinture ; on la trouve au Musée britannique sous le nom de Cinchona laccifera, Quina parecida à la cinchonao Quina roxade Mutis (écorce n° 14).
Cascarllla macrocarpa, Weddell (flg, 626).
[Cinchona macrocarpa, Vahl. — C. ovalifolia, Mutis.)
Feuilles pétiolées, ovales-oblongues, longues de 12 â 14 centimètres, larges de 7. Elles sont épaisses, glabres et brillantes en dessus, pubescentes en dessous, à eûtes saillantes, velues. Pétiole long d’un pouce, plan en dessus, convexe en dessous; stipules plus longues que les pétioles, lancéolées, soudées à la base, glabres en dedans, caduques. Panicule terminale, raccourcie, trichotome, à pédoncules trillores. Fleurs sous-sessiles, accompagnées chacune à la base d’une bractée subulée. Calice campanulé-urcéolé, à 3 dents très-courtes et obtuses, plus rarement à 6 dents ou plus. Corolle épaisse, longue de 40 millimètres, tomenteuse au dehors. Divisions du limbe lancéolées-obtuses, de la même longueur que le tube, velues à l’intérieur. Filets des étamines très-courts; anthères linéaires dépassant un peu l’ouverture du
(I) BuH. pharm,, t. II, p. 307.
KUBIACEES. — CASCARILLA MACROCARPA.
lube. Capsule glabre, cylindrique, longue de S5 millimètres, un peu rétrécie à la base, s’ouvrant de haut en bas ; semences entourées d’une membrane.
On en connaît une variété à feuilles complètement glabres.
Fig. 626. — Cascarilla macrocariia.
ÜuiNoniNA BLANC DE MuTis. — L’écorce de cet arbre est tout k fait différente du quinquina blanc de Loxa et des autres quinquinas blancs précédemment décrits. Telle qu’elle a été rapportée par M. de Ilumboldt, au Muséum d’histoire naturelle, elle se compose de morceaux plats souvent recourbés en arc, en dehors, par la dessiccation. Souvent ils sont épais seulement de un ou 2 millimètres, et les plus épais ne dépassent pas 7 millimètres. Ils sont durs, cassants et ont une cassure grossière et grenue. Us sont composés de deux couches distinctes : il’extérieure rougeâtre, offrant des fibres transversales blanches, entremêlées d’une matière rouge; l’intérieure formée seulement de fibres longitudinales, dures, demi-transparentes et comme agglutinées. La surface extérieure des grosses écorces est souvent déchirée comme celle du gros Quinquina nova, auquel alors elles ressemblent beaucoup. L’épiderme manque entièrement. La poudre est d’une teinte rosée, dure sous la dent, d’une saveur peu sensible d’abord, qui devient ensuite d’une amertume forte et désagréable. Elle n’offre rien de savonneux, comme on l’a dit jusqu’ici.
On rencontre assez souvent chez les droguistes de petites parties de vieux quinquina blanc deMutis, dont ils ne connaissent pas la nature. Il est épais de 5 à 9 millimètres, plat, taché de brun noirâtre et de blanc à sa surface; brunâtre à sa face interne et comme recouvert d'une pellicule formée de fibres agglutinées ;
d’une cassure toujours grossière et grenue, rougeâtre du côté externe, plntôt jaunâtre du côté interne. J’ai aussi vu anciennement, chez M. Marchand, une écorce venant de Neyhas, dans la Colombie, assez volumineuse, cintrée, en partie couverte d’un épiderme blanc et uni, toujours rougeâtre au dehors, jaunâtre en dedans, très-amère, qui me paraît être encore du quinquina blanc (le Mutis. Enfin Goudot m’a remis, comme étant une variété du quinquina blanc de Mutis, une écorce bien cylindrique, roulée en volute, du volume du pouce, épaisse de 2 ou 3 millimètres, couverte d’un épiderme uni et d’un gris un peu rosé; rosée à l’intérieur et toujours formée de deux couches distinctes, l’une intérieure à fibres rayonnantes, l’autre extérieure à structure conrentrique.
CostuB amer «le l’ilisloire «les «Iro)rueB.
Cette écorce est en morceaux de différentes longueurs et grosseurs qui ont dû provenir des gros rameaux et des branches de l’arbre. Les plus gros morceaux sont épais de 7 millimètres, légers, recouverts d’une croûte grise, mince, rugueuse, légèrement crevassée. Ils ont une cassure médiocrement fibreuse, jaunâtre, et une surface intérieure d'une apparence fibreuse. Quelquefois ils ont été raclés à l'extérieur et alors leur surface est unie et d’un blanc rosé. Ils sont inodores, et leur saveur amère, plus forte vers la partie interne qu’à l’extérieur, est mêlée d'un goût nauséeux fort désagréable.
Les morceaux roulés sont recouverts d’un épiderme gris, moins rugueux, souvent parsemé de taches blanches. La cassure est moins fibreuse que dans les morceaux et plutôt grenue; la surface interne est recouverte d’une pellicule unie, comme formée de fibres agglutinées, et d’une couleur plus foncée que l’écorce elle-même, qui est d’un jaune très-pâle à l’intérieur. La saveur est semblable à celle des morceaux précédents.
Kcurcc amère de IfadagaBcar.
En 1837, une personne qui résidait à l’ile Bourbon a envoyé à Paris une écorce très-usitée comme antidyssentérique dans cette île, où elle est apportée de Madagascar. J’ai pensé, d’après cela, que celte écorce pouvait être celle de béla/ié oa béla nyé, ({ui vient en effet de Madagascar ; mais elle présente une bien plus grande ressemblance avec le Costus amer de l’Histoire des drogues, et c’est même cette grande ressemblance, principalement, qui m’a empêché de confondre en un seul article le costus amer elle quin-
UL'BIACÉES. — LASIONEMA HOSEÜM.
quina azaharilo. Cependant l’écorce amère de Madagascar présente aussi quelques caractères particuliers ; quoique provenant évidemment de très-gros rameaux, puisqu’elle présente quelquefois plus de 30 centimètres de développement, elle n’a pas 2 millimètres d’épaisseur. Elle est couverte d’un épiderme tantôt gris, un peu rugueux, mais non fendillé ; tantôt presque uni, gris blanchâtre et parsemé de taches blanches ; alors l’écorce ressemble tout à fait â celle du costus amer. Cette grande ressemblance se retrouve dans l’essai par les réactifs, ainsi que le montre le tableau suivant.
REACTIFS.
cosns