‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 47 sur 139 · ANIS · texte numérisé non relu

ANIS

lanière réfléchie en dedans; fruit ové, contracté latéralement, couronné au sommet par le stylopode et par 2 styles réfléchis, à stigmates globuleux. Méricarpes à S côtes filiformes égales, valléculesà plusieurs canaux oléifères; ombelles privées d’involucre et d’iiivolucelles, inclinées avant la floraison. — Car. spéc.; lige glabre; feuilles radicales cordiformes-arrondies, à lobes incisésdenlés ; feuilles mitoyennes pinnati-lobées à lobes cunéiformes ou lancéolés; feuilles supérieures trifides,à divisions entières et linéaires; involu- .

celle peu marqué.

Cette plante est herbacée, annuelle, originaire d’Afrique, et cultivée en Europe dans les jardins; son fruit est verdâtre, ové, strié, pubescent, trèsaromatique, d’une saveur piquante, agréable, légèrement sucrée; les environs de Tours en produisent une très-grande quantité; mais le plus estimé vient de Malle et d’Alicante ; il est très-employé par les liquorisles, les confiseurs et les pharmaciens. La petite amande qu’if renferme fournit une huile fixe, qu’on peut en retirer par expression , mélangée avec l’essence contenue dans le péricarpe. Celle-ci peut être obtenue par distillation et cristallise par le moindre froid. Elle est composée d’une essence liquide, ayant la composition de l’essence de térébenlbine, et d’un stéaroptène (C^W'^Ü^). Celui-ci cristallise en larges écailles brillantes ; il est un peu plus dense que l’eau, est fusible à 16°, bout à 220“ et distille sans altération.

Les racines de plusieurs espèces de Pimpinella ont été usitées en médecine sous le nom de saxifrage ou de boucage{TragoseUnum)m Le premier nom était fondé sur leur prétendue propriété de briser ou de dissoudre la pierre dans la vessie, et le second leur était donné à cause de l’odeur de bouc dont ces racines sont pourvues, lorsqu’elles sont récentes; telles étaient;

La racine de grande saxifrage ou de Baxifraj;c blanche, Pinipinella magna, Willd.

'-^24 ÜICOTÏLÉÜONES CALICIFLORES.

La racine de «iixifraKe noire , produite par une variété du Piwpinella magna, à Heurs rouges et à racine noirâtre.

La racine de petite suxifraj^e, Pùnpinetla Saxifraga, Willd. • celle-ci est douée d’une odeur plus forte et d’une ûcreté considérable.

Car>i.

Cai'um Carvi, L., tribu des Ammidées {/ig. 044). Celte plante croît al)ondamni8ut dans les contrées méridionales -de la Franceses liges sont lisses, striées, liantes de 50 centimètres’ garnies de feuilles deux fois ailées, à folioles muliindes dont les inférieures sont rapprochées et comme venicillées autour de la côte principale. Les fleurs sont blanches, petites, disposées en ombelles privées d’involucelles et dont l’involucre est formé d’une seule foliole linéaire. Le fruit est oblong, contracté latéralement, h 10 côtes égales, tiliformes ; le carpophore se divise profondément à la séparation des deux carlielles. Dans le commerce, les méricarpes sont presque toujours isolés; ils sont allongés, amincis en pointe rc du côté de la commissure, è 5 côtes égales, blanchâtres; les sillons sont brunâtres, n’offrant le plus souvent qu’un canal oléifère, conformément au caractère adopté par les bolanistes, mais en présentant aussi, assez souvent, 2 ou 3. Chaque raéricarpe, coupé transversalement, présente une amande blanche entourée par les 3 côtes saillantes disposées comme les rayons d’une étoile.

Le carvi est pourvu d’une odeur très-forte, analogue à celle du cumin, mais moins désagréable. Il est stomachique et carminalif; les peuples du Nord en ajoutent très-souvent dans leur pain

aux deux extrémités, courbés e

et dans leurs autres aliments.

Tvrre-notx, Bunium Bulbo-caslanum,h.', Carum Bulbo-castanuin, Koch. Cette liante croît en France dans les champs maigres et dans les terres à vigne. Sa racine produit des tubercules sphéri-

OMBELLIFÈRES. — CUMIN

ques, de la grosseur d’une cerise, noirâtres au dehors, blancs à l’intérieur, qui sont propres à la nourriture de l’homme. On les emploie à cet usage dans les contrées où la plante est abondante. Les fruits sont âcres, très-aromatiques, presque semblables à ceux du carvi.

Cumin .

Cuminum Cyminum, L. {fig. 64b). Plante annuelle, assez semblable au fenouil par ses feuilles multifides et à divisions sétacées, originaire d’Égypte et d’Éthiopie, mais cultivée en Sicile et surtout à Malte, d’où on exporte presque tout le cumin qui se trouve dansle commerce.

Le fruit est formé de 2 carpelles qui restent réunis, et, par une suite nécessaire, il est droit et régulier dans sa forme. Il est oblong, aminci aux deux bouts,mai qué sur chaque méricarpe de S côtes primaires et de 4 côtes secondaires, les unes et les autres couvertes de trèspetits aiguillons qui font paraître le fruit pubescent. De plus, il présenle, à l’extrémité supérieure, les 5 dents du calice qui sont lancéolées et persistantes ; il estd’une couleur jaunâtre ou fauve, terne et uniforme; coupé transversalement, il présente une amande volumineuse, blanche et huileuse, entourée d’un péricarpe mince et foliacé. 11 a une odeur très-forte et fatigante et une saveur très-aromatique, agréable ou désagréable, selon le goût ou l’habitude. Les Hollandais en mettent dans le fromage et les Allemands dans le pain.ll entre dans plusieurs compositions de pharmacie et il est très-usité dans la médecine vétérinaire.

11 résulte des expériences de MM. Cahours et Gerhardt que l’essence de cumin est composée, pour un tiers, d’un hydrure de carbone nommé cymène, dont la composition = et de

deux tiers d’une essence oxygénée à laquelle ces chimistes ont donné le nom de cuminol, composée de et isomérique

avec l’essence d’anis. Cette essence oxygénée, en absorbant deux

CuiBooRT, Drogues, 7» édit. Ul, — 15

DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.

nouvelles molécules d’oxygène, se convertit en acide cuminique hydraté dont la composition égale

j Aneth.

Anethum graveolem, L. {fig. 646), tribu des Peucédanées. Cette plante croît en Égypte et dans l’Europe méridionale; elle ressemble beaucoup au fenouil par ses feuilles, mais en diffère par son fruit dont les carpelles se séparent à maturité; chaque carpelle est brunâtre, ovale, convexe sur le dos avec 3 côtes dorsales blanchâtres et aiguës, et 2 côtes latérales élargies en une membrane blanchâtre, qui encadre complètement le méricarpe et en double le diamètre. Ce fruit a une odeur très-forte, analogue à celle du cumin, et une saveur très-aromatique. On en retire l’huile volatile par la distillation.

Fenonil officinal.

L’histoire du fenouil, quoique ce fruit soit connu de toute antiquité et que ce soit une production de notre pays, est encore remplie d’obscurité. Désirant prouver cette assertion, je comparerai les dires de quatre auteurs principaux avec le résultat de mes propres obsei’vations.

Uioscoride (2) s’est beaucoup étendu sur les propriétés d’une plante nommée gapaSpov ; mais, la supposant sans doute très-connue de ceux à qui il s’adressait, il n’en a donné aucune description, de sorte que ce n’est que par la comparaison de son texte avec ceux de Pline et de Galien, que l’on voit que le Marathrum doit être un fenouil.

Dans le chapitre suivant, Dioscoride traite d’une autre plante nommée l7tito(»apaepov [hippomarathrum], qui est un grand Marathrum sauvage, mais portant un fruit semblable à celui du Cachrys, Quelques auteurs ont cru voir dans cette plante le fenouil sauvage, lequel croit

(!) Cahonrs et Gerhardt, Ann. de chim. et de phys., 2* série, 1. 1, p. OO.

(2) Dioscorides, Materia medica.

OMBELLIFÉRES. — FENOUIL. 227

naturellemeat en France et en Allemagne ; mais il est probable qu’il s’agit ici, en effet, d’une espèce de Cacht'ys.

Enfin, dans le môme chapitre, üioscoride mentionne une autre espèce d'Hippomarathrum à feuilles longues, menues et étroites et à semence pareille à celle de la coriandre, ronde, âcre et odorante. Cette plante possède les propriétés du Marathrum, mais dans un moindre degré. Il est difficile de supposer que cette plante puisse être un fenouil. Voilà véritablement tout ce qu’on peut tirer de Dioscoride.

G. Bauhin (1) mentionne sept espèces de fenouil.

t. Fœniculum vulgare germanicum, C. B.

Fœiüculum de Fuchsius; Fœniculum sylvestre eiijus semcn exilius et ucrius, Cæs. ; Fœniculum nostrum vulgare, quibusdam hippcmarathmm pulatum, Cam.

De cette espèce se rapproche le Fœniculum mediolanense (F. de Milan), quoique celui-ci soit plus agréable que le vulgaire germanique.

2. Fœniculum vulgare üalicum, semine oblongo, gustu acuto, C. B.

Fœniculum domesticum semine oblongo, gustu aculo, odorato, Matth.

Fœniculum vulgare, cujussemen pallidum sive luteum, oblongum, Dalech. l.ugd. ; Fœniculum acre, Anguill.

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