OMBELLIFÈRES. — GOMMES-RÉSINES
L’asa-fœlida est quelquefois en larmes détachées ; mais le plus ordinairement il est en masses considérables, brunes rougeâtres, parsemées de larmes blanchâtres, demi-transparantes. Souvent aussi il est en masses très-impures et mélangées d’une grande quantité de terre ou de petites pierres; il faut alors le rejeter de. l’offlcine du pharmacien. Lorsqu’on casse le bel asa-fœtida, la nouvelle surface, qui est ordinairement d’une couleur peu foncée, rougit promptement à l’air. Il répand une odeur alliacée forte et fétide, et possède une saveur amère, âcre et repoussante. Il est beaucoup plus soluble dans l’alcool que dans l’eau et donne une huile volatile alliacée, à la distillation.
D’après M. Vigié (1), bouilli avec un lait de chaux, l’asa-fœtida donne une couleur verte au mélange. La chaux desséchée conserve cette coloration.
M. Théodore Lefèvre, droguiste à Paris, a bien voulu me remettre une collection de drogues médicinales de l’Inde, au nombre desquelles se trouvait un échantillon d’asa-fœtida assez remarquable. Cet asa-fœtida, renfermé dans une boite de fer-blanc, présentait une odeur d’une fétidité repoussante, infiniment plus forte que celle de l’asa-fœtida du commerce (2) ; de plus, il formait une seule masse d’une couleur de miel foncé, ne rougissant pas à l’air, uniformément entremêlée d’une grande quantité de fragment,? coupés de l’écorce striée de la tige, et sans aucune parcelle de terre ; de sorte que je suis convaincu que cet asafœtida s’est écoulé sous forme de stalagmite le long de la tige, et qu’il a été récolté en enlevant à la fois, avec un couteau, l’écorce et le suc résineux. Au surplus, les anciens auteurs, et Théophraste en particulier (3), ont mentionné deux sortes d’asa-fœtida : l’une tirée de la tige, surnommée caulias, et l’autre extraite de ta racine, nommée rhizias;\3i chose n’est donc pas nouvelle.
Pelletier a trouvé que V Asa-fœtida était composé de :
Résine . 05.00
Gomme . 19,44
Bassorine . 11,00
Huile volatile . 3,00
Malate acide de chaux et perte . 9,30
La résine à’ Asa-fœtidalomiAé propriétés particulières, et entre autres de celle de se colorer en rouge par l’action de la lumière
(IJ Vigié, Gommes-résines d'ombeltifères (Thèses de l’École supérieure de Pharmacie de Paris, 1871).
(2) D’après Ksempfer, un gros d’asa-fœtida récent répand plus de puanteur que 100 livres de celui qui est vieux et sec.
(3) Théophraste, De nat. plant., lib. VI, cap. ni.
. GviBOukT) Drogues, ?• édit*.
2i2 DICOTYLÉDONES CALICIFLORES.
et de l’air réunis. C’est elle, comme on le voit, qui communique
cette propriété à Y Asa-fœtida.
[D’après les dernières recherches deMM.Hlasiwelz etBarlh.elle contient un acide très-soluble et crislalisable, l’acide férulique, quisous l’action de la potasse donne de l’acide proto catéchique , de l’acide oxalique, carbonique et des acides gras (1). Quant à l’huile essentielle, c’est un liquide jaune ayant l’odeur très-prononcée à’ Asa-fœtida ; elle est composée de carbone, d’hydro gène et de soufre, et a été regardée comme un sulfure d’allyle (2).]
L’Asa-fœtida est un puissant antihystérique. 11 entre dans les pilules de Fuller. On l’emploie beaucoup dans la médecine vétérinaire. On assure que, malgré ses qualités si désagréables pour les Européens, qui l’ont nommé stercus diaboli, les Orientaux s’en servent pour assaisonner leurs mets. On ne doit pas Être surpris, dit Geoffroy, quand on pense que l’odeur du citron, qui nous plaît tant aujourd’hui, était en exécration chez la plupart des anciens ; et que notre ail ordinaire, dont l’odeur a beaucoup de rapport avec celle de Y Asa-fœtida, paraît insupportable aux uns et très-agréable aux autres, qui le prodiguent dans tous leurs mets. Il y a longtemps qu’on dit qu’il ne faut pas disputer des goûts.
Masapénum ou Bamme svraphiqne. .
Le Sagapénum a été attribué par quelques auteurs au Ferula persica Willd,'qui se trouve dans les mêmes régions que le Scorodosma fœtidum, mais dans les terrains arides où ne vient pas ce Scorodosma. Mais rien ne prouve quecetteombellifèresoit en eflet l’originedu sagapénum, et dans l’état actuel de nos connaissances nous ne pouvons affirmer rien de positif à ce sujet.
Cette gomme-résine a de l’analogie, par son odeur, avec l’asafœtida, et vient de la Perse comme ce dernier. Elle est ordinairement en masse et rarement en larmes. Dans l’un et l’autre cas le sagapénum est mou, demi-transparent, mêlé d’impuretés et de semences brisées d’onibellifères. Il ne différerait guère du galbanum mou que par sa couleur plus foncée, si ce n'était son odeur et sa saveur qui sont celles de l’asa-fœtida affaibli et très-désagréable. D’un autre côté, il diffère de l’asa-fœtida par ses propriétés plus faibles, et parce qu’il ne se colore pas en rouge par le contact de l’air et de la lumière.
. (1) Voir Hlasiwetz, Recherches sur l’huile d'asa-fceiida {Ann. der Chemie und Pharmacie, LXXI, et Journal de Pharmacie et de Chimie, 3* série. XVIl;.
(î) Hlasiwetz et Bartli, Bulletin mensuel de la Soc. chimique de Paris, octobre 1866.