‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 53 sur 139 · OMBEUIFÈRES. — GOMME-RÉSINE AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

OMBEUIFÈRES. — GOMME-RÉSINE AMMONIAQUE

Le sagapénum s’enflamme facilement et brûle en répandant beaucoup de fumée. La résine y domine sur le principe gommeux, et il fournit de l’huile volatile à la distillation. Il entre dans la thériaque et l’emplâtre diachylon gommé.

Ciomme-résine ammoniaque.

Cetlo substance, nommée communément gomme ammoniaque, était connue des anciens. Suivant Dioscoride, elle découlait d’une espèce de férule qui croît dans la Libye Cyrénaïque, non loin du temple de Jupiter Ammon, et c’est de là que lui est venu son nom. Dioscoride appelle la plante Agasyllis, et Pline Metopion. Celte difi'érence est à noter, parce que Dioscoride attribue le galbanum au méloplon, plante de Syrie, et qu’il paraît en effet que, par une confusion qui s’est perpétuée jusqu’à nous, beaucoup de personnes ont pris l’une pour l’autre ces deux gommes-résines.

Tous les auteurs, jusqu’à Murray, ne font presque que répéter l’origine donnée par Dioscoride à la gomme ammoniaque. Murray cependant la fait venir par la voie de Turquie et des Indes orientales ; tandis qu’un voyageur anglais, M. Jackson, assure qu’elle est produite, dans le royaume de Maroc, par une grande plante semblable au fenouil, nommée faskook ou feskouk : mais il est probable que M. Jackson aura pris quelque autre gommerésine pour de la gomme ammoniaque.

Les renseignements lés plus récents font venir la gomme ammoniaque du nord de la Perse et de l’Arménie, et je suis du sentiment de Don, qui pense que son nom ammoniacum ou armoniacum, comme beaucoup l’ont écrit, est corrompu d’armeniacum. La plante qui la produit a été rapportée de Perse par te colonel Wright, et Don en a formé un nouveau genre d’ombellifère, voisin des Ferula, mais en différant par son disque épigyne large et cyathiforme, et par ses canaux résinifères (vitlœ, DG.), solitaires entre chacune des côtes du fruit. Willdenow s’kait antérieurement procuré la môme plante en semant les semences que l’on trouve assez souvent dans la gomme ammoniaque du commerce, et qui en sont tellement gorgées, qu’on ne peut mettre en doute qu’elles ne soient celles de la plante môme qui produit cette gomme-résine ; mais il la décrivit mal et lui donna le nom ù’Heracleum gummiferum, landi^que Don la nomma Dorema ammoniacum {l).

(1) Observons que les caractères sur lesquels se fonde Don pour séparer cette plante des Férules ne sont pas tous exacts : il suppose, en effet, que les canaux résinifères sont isolés dans chaque vallécule du fruit, tandis qu'il y en

Page 1