‹ Histoire naturelle des drogues simples, ou Cours d'histoire naturelle professé à l'École supérieure de pharmacie de Paris. Tome troisièmeChapitre 64 sur 139 · LÉGUMINEUSES. — RACINE DE BUGRANE · texte numérisé non relu

LÉGUMINEUSES. — RACINE DE BUGRANE

Gommier blanc .

Gommier de l’Inde .

Diababul de l’Inde .

Bablad de l’Inde .

Gommier de Barbarie .

Bablad du Sénégal .

Acacia de Farnèsc .

Fleurs de cassie .

Balibabolali. .

Acacia Lebbek .

Bois néphrétique .

Gommier de la Nouvelle-Hollande-

II suffit d’avoir jeté les yeux sur cette nomenclature encore bien incomplète, pour voir quel nombre et quelle variété de plantes, de parties de plantes ou de produits, la famille des légumineuses fournit à la vie domestique, aux arts et à la pliarmacie; mais comme il est plus important peut-être pour nous de connaître ces parties ou produits, dont la plupart sont exotiques, que les végétaux qui les fournissent, dans la description queje vais en faire, je les rangerai plutôt d’après leur similitude de nature et de propriétés que suivant l'ordre botanique. Je décrirai donc successivement les racines, les écorces, les bois, les feuilles ou fleurs, les fruits, les sucs astringents, les gommes, les résines, les baumes et l’indigo.

Racines de Légumineuses.

Racine de Biigraiie ou d’ Arrête-Bœuf.

— gummifem.

— Adansonii.

).tcacia famesiana.

j Vnche/ia famesiana, Wiglit et Arn.

— Lebbek.

Acacia scandens, Willd. î

— decurrens, W.

Ononis spinosa, Willd, tribu des Lotées. Cette plante ligneuse et vivace croît dans les champs et le long des chemins; elle pousse des tiges hautes de 50 à 65 centimètres, très-ramifiées, pliantes, rougeâtres et velues; les rameaux se terminent ordinairement en une longue épine. Ses feuilles inférieures sont ternées, et les supérieures simples; elles sont ovées-lancéolées, dentées, d’un vert foncé, velues, gluantes et d’une odeur désagréable. Ses fleurs sont axillaires et souvent géminées, purpurines ou incarnates, rarement blanches, pourvues d’un étendard ample, relevé, agréablement rayé; les étamines sont monadelphes, mais la dixième est quelquelois à demi séparée. Les racines sont longues de 65 centimètres, grosses comme le doigt au moins, ligneuses, flexibles et difficiles à rompre. Elles arrêtent souvent la charrue du laboureur, ce qui a valu à la plante son nom. Cette racine sèche est d’un gris foncé à l’extérieur, blanche en dedans, et offre une cassure rayonnée : elle a une saveur douce qui a quelque analogie avec celle de la réglisse, niais qui est bien moins marquée; son odeur est faible et désagréable. On prétend qu’on a tenté quelquefois de la mêler à la salsepareille; il faut avoir bien compté

sur le peu d’atlenlion de l’acheteur, car rien n’esl si facile à distinguer que ces deux racines.

La racine d’arrête-bœuf est regardée comme apérilive. On emploie indifféremment avec elle les racines des Ononis antiquorum, altmima et repens, espèces très-voisines, souvent confondues avec la première.

Racine de Réglisse officinale.

Glycyrrhiza glabra, L., tribu des Lotées {fig. 682). Cette plante croit naturellement dans le midi de l’Europe et est cultivée dans nos jardins; ses tiges sont hautes de 100 à 130 ceulimètres; ses feuilles sont privées de stipules, à G ou 7 paires de folioles avec impaire, glabres et un peu visqueuses; ses fleurs sont petites, rougeâtres, papilionacées, portées sur des épis axillaires, pédonculés, lâches et allongés; le calice est tubuleux, bilabié; la carène est formée de 2 pétales distincts; le légume est ovale, comprimé, glabre, à 3 ou 4 graines; sa racine, qui est plutôt une tige souterraine pourvue d'un canal médullaire, est longue de un à 2 mètres, traçante, cylindrique, lisse, de la grosseur du doigt. Elle est brune au dehors, jaune en dedans, d’une saveur sucrée, mêlée d’une certaine âcreté. La réglisse qu'on nous apporte sèche de la Sicile et de l’Espagne est plus sucrée que celle des environs de Paris. Il faut la choisir d’uii beau jaune à l’intérieur, ce qui est un indice certain qu’elle n’a pas été avariée; car souvent elle est plus ou moins rousse, et d’un goût âcre fort désagréable.

Nous devons à Robiquet l’analyse de la racine de réglisse. 11 y a trouvé : 1“ de l’amidon ; 2“ une matière azotée, coagulable par la chaleur (albumine?) ; 3° du ligneux ; 4° des phosphates et malales de chaux et de magnésie ; 5° une huile résineuse, brune et épaisse, à laquelle la réglisse doit son âcreté; 6® un principe particulier, non cristallisable, d’une saveur sucrée, nommée glycyrrhizine, soluble également dans l’eau et dans l’alcool, qui diffère du sucre parce qu’il n’esl pas susceptible d’éprouver la fermentation alcoolique, qu’il ne donne pas d’acide oxalique par l’acide nitrique, enfin parce qu’il forme avec les acides des composés peu solubles dans l’eau. C’est même à l’état de combinaison avec l’acide acétique que Robiquet a connu la glycyrrhizine, et c’est Berzélius qui adonné le procédé pour l’obtenir pure; 7® Robiquet a retiré de la racine de réglisse un principe cristallisable, azoté, soluble dans l’eau, qui a porté le nom A'agêdoîte jusqu’à ce que Plisson eût constaté son identité avec l’asparagine.

C’est avec la racine du Glycyrrhiza glabra que l’on prépare, en Italie et en Espagne, le suc de réglisse du commerce. Nous employons la racine en nature pour sucrer les tisanes ; alors il faut

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