LÉGUMINEUSES. — ÉCORCES DE GEOFFRÉES
qu’ello est produite par ï Acacia adstringens. J’en ai reçu pareillement un autre échantillon, de la part du docteur Ambrosioni de Fernambouc, sous les noms de Barbatimâo de minas, Stryphnodendron Barbatimâo. Cette origine, qui s’accorde avec la précédente, me parait en assurer rexacliludc.
Cette écorce est souvent roulée, épaisse de 4 à 6 millimètres, couverte d’une croûte grise foncé, très-rugueuse et même tuberculeuse ; le liber est dur, compacte, fibreux à l’intérieur, et sa coupe, opérée à l’aide d’une scie fine, est aussi dure et aussi compacte que celle de la première sorte. Mais sa couleur est moins rouge et sa surface intérieure présente des fibres longitudinales grossières, blanchâtres, pouvant s’enlever sous forme de lames. La saveur de cette écorce est astringente et fortement amère.
4° Enfln, je possède une dernière espèce de baibalimâo, représentée également par Schenk (2). Cette écorce est régulièrement cintrée, couverte d’uu périderme gris ou gris rougeître, profondément crevassé. Le liber est composé de fibres droites, très-fines et serrées, et d’une teinte rosée. La surface intérieure est unie, très-finement rayée, et d’une teinte gris rosé. La coupe transversale est lerneet rougeâtre; la saveur est modérément astringente. Celle écorce est inférieure en qualité à la précédente cl à la première décrite, que je regarde comme les seules vraies écorces de barbatimâo. Henfermée dans un bocal, elle exhale une odeur assez marquée d’acide acétique.
I.es écorces de barbatiuiâo sont employées au Brésil pour la guérison radicale des hernies, et pour un autre usage rapporté par Pison, qui est loin d’èlre tombé en désuétude et qui leur a valu les noms à' écorces de jeunesse et de virginité.
Écorces de Cieoffrées.
Le genre Geoffrœa ou Geoffroya, dédié par Jacquin au célèbre auteur de la Matière médicale, appartient, avec le genre Andira, qui en diffère très-peu, à la tribu des Geoffrées de la sous-fanaille des Papilionacées. Les arbres qui composent ces deux genres s’éloignent des autres Légumineuses par leur fruit, qui est un drupe semblable à celui des Amygdalées, de la famille des Rosacées; nous en parlerons tout à l’heure sous le nom d’Anyelin, qu’on leur donne au Brésil.
Deux écorces surtout sont citées pour appartenir à ce genre et pour avoir été employées comme vermifuges : ce sont celles nommées Geoffroya jamaicensis et surinamensis, produites par les Andira inermis et Andira refusa de Kunlh et Ilumboldt; mais les caractères qu’on a donnés à ces écorces sont si différents, qu'il est difficile de les reconnaître parmi celles que le commerce peut nous fournir.
(IJ Ern. Schenk, vol. It, tab. XXX, fig. 6 à 11.
332 dicotylédones CALICIFLORES.
Écorce de g-eoffrf^e de lo Jamaïque {Andira inermis, II. B. * Geofroya inermis, Swarlz; Wild. Cabbage-tree, Engl.; bois palmiste des Antilles). Murray (1) mentionne deux écorces de geoffrée de la Jamaïque : l’une de couleur très-pâle, d’une saveur peu marquée, mais produisant des effets violents, tels que déjections fluides, tranchées, nausées, défaillances, etc.; l’autre, qui entre dans la pratique habituelle médicale des îles de l’Amérique, est d’une couleur plus obscure, comparable à celle du Cnssia lignea. Cette môme écorce est grise au dehors, d’après Chamberlain, d’une couleur de rouille de fer en dedans, grisâtre à sa surface interne, ayant quelque ressemblance extérieure avec la cascarille. Enfin Murray décrit ainsi l’écorce du Geoffroya inermis qui lui avait été donnée par Wright : Morceaux convexes, longs d'un pied, de diamètre variable, ayant quelquefois plus d’une ligne d’épaisseur. Certains morceaux sont entièrement gris ou d’une couleur de fer de chaque côté; mais d’autres sont rougeâtres à l’extérieur et plus ou moins profondément à l’intérieur; leur texture est fibreuse et médiocrement tenace; leur saveur est mucilagineuse et insipide; leur odeur est désagréable et un peu nauséeuse.
J’ai reçu, quant à moi, sous le môme nom de Cabbage-tree bark ou d’écorce de bois palmiste (2), deux substances totalement différentes. L’une m’a été envoyée de Londres par M. Pereira : elle est longue de KO centimètres, large de 5,S à 8 cenlimètres, épaisse au plus de 2 millimètres, couverte d’un périderme noir, très-mince et adhérent, avec des plaques lichénoïdes d’un gris blanchâtre. L’écorce elle-môme, ou mieux le liber, est gris, compacte, tout composé de lames ou de feuillets fibreux, denses et serrés, que l’on ne peut rompre en les pliant transversalement. Cette écorce a une odeur faible et cependant persis-
(1) Murray, Apparatu! meiHcaminum, t. VI, p. 95.
(2) Voici l’explication do ces noms ; Il existe, comme on le sait, dans les Antilles, un palmier très-élové et très-élégant, du genre Arecn, auquel on donne le nom de cAou palmisfe ou de cabltnge-lree, parce que son bourgeon terminal, qui est tendre et succulent, représente & peu près la forme d'un cliou, et est un aliment très-recherché des habitants qui sacrifient la vie de l’arbre pour se le procurer. D’un autre côté, ce palmier, comme tous ses congénères, a le tronc formé do fibres ligneuses longitudinales et parallèles, colorées, plus serrées vers la circonférence qu’au centre, et séparées par un tissu ccllulairo blanchâtre. Or le bois des andira, tout en étant formé de couches ligneuses concentriques, comme appartenant aux dicotylédones, présente, dans la disposition longitudinale et presque -parallèle de ses fibres et dans sa couleur alternativement pâle et plus foncée, une assez grande ressemblance avec le bois des palmiers ; c’est donc lâ ce qui a valu â ces arbres, et surtout à celui dos Antilles, le nom de bois palmiste, ou, en anglais* de cabbage-tree. Seulement, pour distinguer \andira de l’areco, les Anglais ajoutent au premier la qualification de wild ou de bastard, et disent wild cabbage-tree, ou bastard cabbage-tree.